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du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
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Un monde kafkadien. (suite 7)

Bien sûr, j’ai rempli à mon départ, le dit-questionnaire ! J’ai écrit presque deux pages ! » Quand j’ai revu deux mois plus tard, à une visite, le neurochirurgien, je lui dis que je ne sens toujours pas mes pieds et lui rappelle l’incident ; il me fait comprendre qu’ils sont trois chirurgiens dans le service de neurochirurgie et qu’ils ne s’occupent pas vraiment du personnel ! Il ajoute que je pouvais tenter une action en justice mais qu’elle n’aurait aucune chance d’aboutir, car je n’avais ni preuve, ni témoin ! Comme mon médecin généraliste, m’a fait faire une radio, d’après opération, ce qu’on n’avait pas fait à la clinique et que le chirurgien aurait du demander, il s’est aperçu qu’en fait il n’y avait pas de plaque au niveau de la L5 et de la L6, mais une sorte de masse sombre. De plus il semblait bien que le chirurgien n’avait élargi le canal qu’en un seul endroit. A la dite visite, je l’interroge donc deux fois, car je suis têtu, avant qu’il me réponde sur le pourquoi de ces deux découvertes. Il me répond : « Puisque vous tenez semble-t-il à le savoir, et bien j’ai immobilisé les deux vertèbres, non avec une plaque vissée mais avec un soudure avec un morceau d’os iliaque, car vos os se sont révélés friables et les vis ne tenaient pas. » Toujours aussi têtu, je lui demande pourquoi il ne m’avait pas fait faire une scintigraphie osseuse avant l’opération. « Et bien Monsieur, si je devais faire faire cet examen à tous mes futurs opérés, le trou de la Sécurité Sociale serait un gouffre, que dis-je, un abîme ! En principe ce problème touche essentiellement les femmes vieillissantes. Est-ce que vous rendez compte que vous êtes un cas Monsieur ? Quand aux deux autres étroitesse que je vous avais signalées, et bien, je me suis aperçu que c’étaient des compressions de la moelle dues à des poches de la graisse épidurale postérieure qui est passée par le dedans par l’avant : on nomme cela une lipomatose épidurale, car elles forment des lipomes. Ca ne m’a pas paru trop grave, la compression étant moins forte, et comme votre opération avait déjà duré un certain temps, je n’y ai pas touché ! ». Mes questions semblaient l’avoir agacé, lui le grand patron.Il termina la consultation en me disant:” Vos fourmillements passeront : il faut donner du temps au temps.”

En fait pendant mon séjour il n’est venu que deux fois plus le fameux soir ; les deux premières fois il était accompagné d’une femme d’environ quarante ans, une brune qui portait un dossier : qui était-elle, je ne sais, car je ne la revis jamais seule ; je n’avais aucune interlocutrice si ce n’est les infirmières ou aides soignantes, pressées et peu sympas : seules dans le lot deux jeunes infirmières et les deux aides soignantes qui m’avaient lavé la première fois étaient plus souriantes et compréhensives ! Les infirmières se contentaient de me donner dans un pilulier les médicaments le matin, de me prendre la température dans l’oreille avec un nouvel appareil, certaines me prenaient la tension. Mais personne, aucun médecin ne venait m’ausculter en détail. Et la nuit c’était le bouquet ! En effet, pour pouvoir dormir je fus obligé de mettre des boules « Qui est-ce » ! Il y avait trois équipes de nuit : la première, une femme et un homme d’une quarantaine d’années, peu bavards, mais sérieux et discrets surtout. Ensuite il y avait une équipe de filles qui devaient se raconter des blagues car elles n’arrêtaient pas de rire bruyamment et même de trépigner. Je les entendais bien, car leur salle jouxtait la mienne. La troisième était composée, elle aussi de gamines, qui elles, faisaient le soir, dans le couloir des concours de charriot : elles devaient les pousser jusqu’à une certaine limite, puis devaient se jeter dessus pour voir celle qui allait le plus loin ! Bien sûr, elles criaient, riaient ! »Tout cela paraît incroyable pourtant, hélas, c’est bien la réalité ! »

« Puis on me mit un corset. Ce fut une jeune femme brune envoyée par une célèbre maison d’orthopédie qui m’avait pris les mesures : je me souviens de son sourire, de ses yeux et de sa beauté !

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