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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
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Angoisse mexicaine.

ANNIE…

Pourquoi m’avoir dit seulement

Avec un air si triste,

Avant mon embarquement,

Que peut-être nous nous reverrions

A mon retour dans trois semaines,

Si Dieu le voulait !

Depuis, dans l’avion, à chaque site,

Ce mystère me hante.

M’as-tu caché une maladie grave ?

C’est vrai, maintenant j’y repense,

Que parfois, semble-t-il,

Tu profitais de mon absence

Voulue par Toi,

Pour fuir en silence

Vers ces lieux où l’on soigne.

C’était ton secret, me disais-tu…

Mais, ensembles, nous profitions de la vie

Sans nous poser de questions !

Abasourdi, perdu

J’ai oublié la notion du temps.

Le temps devient fou

Et ma tête va éclater.

C’est dimanche, je vais me coucher

Pour toi, c’est lundi et tu vas te lever.

Déjà une nuit nous sépare.

Nos vies sont décalées.

Tu vis plus vite que moi

De huit heures d’avance tu me bats.

Dans vingt et un jours je te rattraperai

Mon amour.

Première nuit si loin de toi

Vingt et un jours à égrener.

Chapelet des jours

Où je prierai

Pour te retrouver pleine de vie.


-Mexique. Eté 87

 

 

 

_ ,

. Palenque

Palenque perdu dans sa touffeur verte,

A chaque pas la vie, cachée est porteuse de mort.

Mort qui rampe,

Mort qui plane,

Mort cachée.

Mort, pourquoi ce mot dans mon esprit?

Palenque, Temple des Inscriptions.

Les marches sont hautes, mes jambes pèsent des tonnes

Je monte vers je ne sais quoi,

Je ne sais plus.

Ma tête est vide.

Je monte, automate devenu

Dans ma tête s’élève le chant du Passage,

Ta chanson préférée,

Je monte

On se retrouvera.

Au sommet, dans la lumière violente je vacille

Et je redescends déjà dans les profondeurs de la pyramide.

Je ne sens plus rien dans ce sauna de nuit.

Les pierres glissent, mes pas hésitent

Mort… Vais-je vers toi ?

Elle aussi m’a parlé de toi.

Car ce n’est pas toi que je crains.

Mort… C’est pour elle que j’ai peur.

Lumière blafarde, un tombeau vide.

Non Mort, je le sais maintenant, tu n’étais pas au rendez-vous,

Je sais qu’elle rit peut-être maintenant

Et je remonte vers la lumière.

Mes pas sont plus légers.

Palenque, j’ai retrouvé la vie

Au milieu de tes vies porteuses de mort.

Ecrit à CAMPECHE (Mexique) ­17.7-87


palenque-2.JPG

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