Mon Ami Manolo RUIZ-PIPO
Mes Amis ou relations.
J’ai
quand même eu la chance de rencontrer sur le chemin si
Les peintres.
Avant
tout je parlerai de mon Ami Manolo RUIZ-PIPO, rencontré dans une galerie où il
exposait. Sa joie de vivre, sa gentillesse, son humour nous ont rapprochés.
Cet Ami peintre était un de ces hommes du Sud jovial, intelligent, au grand
cœur, bavard. Nous nous ressemblions au niveau du caractère et des goûts :
amour de l’art en général, des voyages, de l’humour, des gens rencontrés, des
femmes, des bonnes choses qui font qu’un repas devienne une fête, et nous
sommes donc devenus amis. Non seulement j’aimais l’homme heureux de vivre mais
j’aimais aussi ses œuvres., qu’admirent d’autres milliers de personnes, ses
œuvres éternelles faites d’ombres et de lumières et de ces couleurs qui
reflètent son Andalousie natale. Il avait dans sa jeunesse, après être partie
de son Espagne natale, de sa ville si belle, si envoûtante, Grenade, cette
oasis de verdure au milieu des Sierras arides, pied de nez semble-t-il de la
nature ou des Hommes, paradoxe déjà, ville symbole de tous les
contraires ! Ville symbole de liberté et Ville symbole d’oppression, ville
musulmane et ville chrétienne, ville ancienne et ville moderne. Ville où
l’histoire a laissé ses témoignages de
pierre ou ses blessures dans les âmes ; pierres ocres de l’Alhambra,
fièrement dressé sur son piedestal ,
luxuriance fraîche des jardins du Generalife , symbole d’une occupation
musulmane ou pendant un certain temps, le Califat était un modèle de
gouvernance, de tolérance et de paix. Blessures tout juste cicatrisées de cette
guerre civile où les morts furent nombreuses. Quand je pense à Grenade je ne
peux m’empêcher de penser à ces poèmes de Lorca appris dans mon Lycée de
province. Grenade où l’esprit Andalou est resté authentique malgré les remous
du temps.
Manolo,
qui était un homme du présent et d’avenir me parlait peu de sa jeunesse, sauf
si je l’amenais insensiblement sur ses routes du passé. Né en 1929, il fit des
études primaires plus que moyennes, préférant déjà, pendant les cours dessiner
ou même caricaturer ses professeurs. Son Père, un homme intelligent,
libre-penseur, proche de sa famille, ne lui en tenait pas rigueur et au
contraire, l’encourageait à dessiner encore plus. Manolo vécut donc ses
premières années dans une atmosphère d’amour, de bonheur, de liberté. Mais
hélas à sept ans seulement, il découvre l’absurdité de la guerre civile et ses
conséquences tragiques : une nuit, son Père chéri, est enlevé brutalement
à sa famille. On ne le retrouvera jamais. Cela rappelle étrangement, la
disparition de Federico Garcia-Lorca, retrouvé mort.
Ces
épreuves terribles, déclenchèrent chez l’enfant cet appétit immense de vie, de
liberté et ce besoin incommensurable d’humanité dans sa vie quotidienne. Son
Grand-Père maternel, alors le prend en charge et l’amène dans une ville
protégée :Barcelone. A 13 ans, Manolo est reçu à l’Ecole des Arts et
Métiers, la Lonja, où Picasso fut élève lui aussi. Il y apprend pour se
perfectionner le dessin et obtient une bourse pour entrer aux Beaux Arts.
Vivant dans un milieu modeste, il connaît les difficultés de la vie
laborieuse : ouvrier métallurgiste, puis dessinateur et restaurateur de
tableaux anciens.
Dès
l’age de 17 ans, il expose ses œuvres dans des Salons de groupe, puis dès
1954-55, il a droit à des expositions personnelles et côtoie les plus grands
peintres : Picasso, (Andalou), Dali, Miro et Grau Sala.(Catalans)
Après
son service militaire, il passe un concours et gagne une bourse qui lui permet
de suivre les cours des Beaux Arts de Paris. Il va souvent au Louvre,
travailler en étudiant les tableaux de Georges de Latour ou de Louis Le Nain. Il retrouve à
Paris Picasso qui le prend sous son aile ; ainsi il ira souvent travailler
au Bateau-Lavoir. Picasso, devenu son ami, lui présente les grands galeristes
ou marchands de tableaux, notamment Jeannine Castel. Il commence à exposer dans
la capitale avec des peintres comme Fautrier, Brasilier.En 1957 il remporte le
Grand prix de peinture de Villeneuve ( où l’on compte aussi comme lauréats :
Bierge,Tanaka, Schenck ,etc..) En mai 1960, il entre au Musée d’Art
Moderne. Puis c’est Londres où il est merveilleusement accueilli par le monde
de l’Art. Puis ce nomade épris de liberté s’installera pendant 10 ans en
Italie, à Bologne : il exposera alors à Milan, Venise, Florence et
deviendra l’ami du célèbre Giorgio Di Chirico.
Peu
à peu ses tableaux sont exposés dans l’Europe entière ? Il ira notamment à
Amsterdam où il se passionne pour Rembrandt et Vermeer.
D’ailleurs
preuve de ses pérégrinations, Manolo aura trois fils : Rodrigo né en
France, Orlando né en Italie et Flavio né en Hollande !
En
1971, il fait la connaissance d’un grand collectionneur australien de Newcastle
( Australie), William Browmore, possesseur
d’œuvres de Modigliani, Renoir, Picasso, Degas,Monet, Max Ernst et il ajoute Manolo
Ruiz-Pipo ! Il fera découvrir à Picasso ce pays extraordinaire et le fera
exposer à Sydney, Newcastle.
Quand en 1975, Manolo revient en Europe, il est
déjà un peintre consacré dont les toiles s’exposent dans le monde
entier. :de Paris à Sydney, De New-York à Madrid, de l’Italie aux pays
Bas ! Et surtout des musées importants ont fait l’acquisition de ses
œuvres.
En
80, Manolo s’installe dans notre Lot et Garonne, à côté de ce magnifique
château de Bonaguil ( château dans lequel son frère, le célèbre pianiste et
compositeur Antonio Ruiz-Pipo ( 1934.1997) jouera après de sacrés problèmes
pour monter le piano !) Ils seront à la base de la création des “Nuits Musicales de Bonaguil”, qui se transformeront en ” Festival” où
les plus grands interprètes sont venus jouer dans ce cadre grandiose !
Ensuite
il a habité du côté de Clairac puis près d’Agen où il eut l’extrême joie que sa
charmante épouse Anne lui donne en 90, un fils :Olivier.
J’aime l’œuvre de Manolo car elle est le véritable reflet de son âme : nostalgie de son Andalousie, esprit de liberté et de tolérance, amour de la femme : on la retrouve dans ses tableaux à tous les stades de sa vie : jeune fille, fragile, mère, grand-mère. Nomade sentimental pendant un certain temps, il a donc voulu rendre hommage à la, la fragilité féminine, mais devenu Père il a voulu aussi mettre en relief, la condition sacrée de la maternité. Et forcément il a peint aussi la grâce, la joie, l’innocence pure des enfants.
(Suivront deux pages d’autres tableaux:Femmes et autres scènes, Puis ses Nus.)
On retrouve aussi ses amis communiant
autour d’un bon repas ! Son esprit indépendant ne l’a jamais laissé
s’enfermer dans un groupe, dans une école, un mouvement.
Ses toiles sont l’aboutissement d’un long travail de préparation ( croquis sur ses nombreux carnets, études, essais, ébauches) et d’une maturation lente où il se plongeait longuement. Manolo, en pur Andalou, pétri de traditions ancestrales, a peint bien sûr des scènes tauromachiques : mais son âme sensible a représenté le toréador, plus en brute sadique qu’en héros d’un ballet coloré et flamboyant au milieu d’une arène en folie. Le final n’étant plus un sacrifice rituel mais une vulgaire exécution. Dans ces toiles le taureau est toujours mis en valeur.

Une excellente soirée chez moi avec Manolo, sa femme et deux autres couples d’amis.

Ina Mindzenti récemment disparue ( voir archives) et Manolo au cours d’un sacré repas chez moi!




mindszenti dit :
Merci de me faire connaître Manolo Ruiz Pipo. A.Grillo