logo
visu

Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
Poèmes, Souvenirs de rencontres de personnages connus,Réactions d’Humeur,Musique, Peinture,Images de ma vie,Photos,Littérature,Autographes.

“Sans Bac t’es Rien !”. 1°


Ou « Un des plus durs moments de ma vie » sur cette sacrée Route de Mes Souvenirs..

Comme je vous l’avais laissé entendre dans « Le filou de Philo », j’étais un assez bon élève en classe de Philo. Surtout d’ailleurs en Philo, mais aussi en français et Espagnol. J’entrevoyais donc le bac sans me faire trop de soucis. A l’époque, nous avions toutes les matières à l’écrit. Si nous étions reçu à cette première épreuve, nous avions le droit de passer l’oral dans la préfecture avec à nouveau, toutes les matières

Je passais donc fin Juin les épreuves de l’écrit et était reçu. Par conséquent, il fallait tout recommencer pour l’oral. Heureux de mon succès à l’écrit, je partis à peu près confiant avec deux copains (Alain est assureur à la retraite, et l’autre, Roger fut attaché d’ambassade- il fut même ambassadeur aux Petites Antilles, je parle au passé, car il est hélas mort il y a 2 ans du cancer des fumeurs). Le 1er, Alain fils d’un riche boucher nous conduisait plutôt calmement avec la B.M de son Père.( Je pensais à cela, moi qui roulait en solex, et lui déjà qui conduisait une voiture superbe.) En effet, il était plutôt inquiet, alors que Roger, excellent élève, avait l’air confiant et calme au possible. Pour lui, ça ne devait être qu’une formalité. Au contraire, Alain, pas très bon élève, avait même été surpris d’avoir été reçu à l’écrit. Il avait dit au début avec une sorte de gravité incantatoire « Ah si je pouvais l’avoir ce « putain » de Bac ! Tu comprends, sans le Bac t’es rien !

Cela me fit rire. Il me demanda :

- Pourquoi ris-tu ? Je suis sérieux.

-Tu as dit : « Sans le Bac t’es rien ». Bac t’es rien, ça me fait sourire. Tu aurais du dire : Sans le Bac tu n’es rien.

-Ah c’est malin.

Moi qui voulais détendre l’atmosphère ! C’était raté.

Je me tus donc et repensais à mon Père qui m’avait dit à peu près la même chose, la veille au dîner :

-Tu sais ton Bac tu dois l’avoir. On verra si tu es capable ! Le Bac c’est important. Sans Bac qu’est-ce que tu vas faire. Avec lui, tu pourras préparer un bon concours pour entrer dans les Postes, les Banques, les Impôts, enfin dans l’administration ! Tu auras un emploi sûr. Regarde ton frère aîné, tout ce qu’il a pu en baver avec les patrons quand il était menuisier. Et avec son mauvais caractère qu’est-ce qu’il a pu en faire des places. Depuis qu’il est dans la S.NC.F, il est comme un Pacha ! (Mon frère sur les instances de mon Père avait bûché, passé un concours et avait réussi à entrer dans les Chemins de fer. Je n’avais pas eu le courage de dire à mon Père, que la situation actuelle de mon frère n’était pas brillante : seul à Paris et sa femme et ses deux filles, ici en Province. Et quand pourrait-il redescendre ? Mon Père avait continué)

-Et regarde la vie d’esclave de ton autre frère : maître d’hôtel. Il rentre tard le soir. Souvent à 2 ou 3 heures du matin, quand il y a dans son restaurant réputé, des noces ou des banquets. Il n’a pas de vie de famille ! Et il n’est qu’employé. Au contraire, vois ta sœur, institutrice : elle est heureuse dans son travail !

Là encore je n’avais pas osé lui rappeler tout ce qu’elle avait bavé avec les remplacements, avant de partir, quand elle s’est mariée, dans la Région Parisienne. Et puis je ne lui avais pas dit surtout, que si j’avais mon Bac, j’irai en Fac d’Espagnol pour être prof. Mais je n’avais même pas pensé encore aux moyens matériels. Je n’aurais pas droit à une bourse et mon Père visiblement souhaitait que j’entre dans la vie active et que je ne sois plus à sa charge.

Plutôt optimiste, je n’avais pas pensé à l’échec, si ce n’est que je ne retournerai en aucune façon au Lycée !

Je me rendais compte que j’étais à une charnière importante de la vie : l’adolescence finissait et la vie inconnue allait commencer.

Je me souviens surtout du regard de ma mère ce matin même avant que je m’en aille : un regard plein d’espoir et de confiance. Il ne fallait pas que je la trahisse. Pour moi aussi finalement, c’était vital, je devais avoir ce sacré Bac.

Moi le traqueur, je commençais à perdre mon optimisme !

Arrivés au grand Lycée Bernard Palissy d’Agen, nous repérâmes nos noms et vîmes ainsi dans quel jury nous étions ainsi que la liste des profs. Mes deux copains n’étaient pas dans mon jury. Chacun partit de son côté. Bien sûr nous ne connaissions pas ces enseignants qui allaient nous faire passer les épreuves.. Je vis tout de suite que la Présidente de mon Jury était Demoiselle et faisait passer l’histoire et la Géographie. Je m’écriais « Et en plus d’être jeune, si ça se trouve elle est mignonne et sympa ! Ca sera plus marrant ! ». Mais un gars que je ne connaissais pas (sans doute d’Agen) me lança : « Détrompe-toi. Je la connais. Tu vas être plutôt déçu ! Mon frère l’a eue au Lycée Montaigne de Bordeaux. C’est une vieille fille et une vache finie. Une harpie qui semait la terreur chez les élèves ! »

Je fus un peu interloqué et me dis : je passerai l’histoire et géo en dernier. Comme ça je verrai les réactions des autres. Surtout que nous aussi , dans mon collège, nous avions eu une vieille fille! Mais, elle, au contraire, elle était tellement sympa qu’on n’arrêtait pas de la faire marcher. Un copain qui est aujourd’hui, avocat, se permettait même de joindre sa photo à ses copies de compositions (comme on disait alors). Et au lieu de le punir, le cours suivant, elle riait et nous disait en montrant sa photo : »Ah son devoir n’est pas mal et en plus il est mignon !). Résultat à la fin de l’année, nous n’avions vu que la moitié du programme ! J’avais bien sûr révisé, mais enfin….

Je passais en premier le Français. J’eus 17. Heureux je passais l’Espagnol où j’obtins 16,5 ! Puis ce fut l’Anglais où je ne brillais pas trop. J’eus quand même 11. Les enseignantes, car je n’avais eu que des femmes étaient sympathiques. Entre chaque passage je demandais à ceux qui étaient passés comment étaient les profs qui me restaient. On me dit que le prof de philo (le seul homme du Jury) était très sympa mais sérieux, mais que la fameuse vieille fille était horrible et saquait ! De plus si dans les autres jurys les profs d’histoire et géo faisaient tirer deux sujets dans chaque matière et demandaient ensuite à l’élève d’en choisir un pour chaque matière, elle non. Cela m’inquiéta, et je décidais de passer la philo pour me rassurer.

6 commentaires pour ““Sans Bac t’es Rien !”. 1°”

  • iguane dit :

    Et alors ? et alors ? et alors ?

    Zorro ou zéro est arrivé ????

  • rochambeau dit :

    Suspense ! En tous les cas j’ai rencontré une sorcière non de Salem mais de Montaigne !

  • angoustrine dit :

    donc, on attend la suite… Et l’orthographe? et les femmmes dans l’enseignement… tu prends des risques, mon ami!

  • rochambeau dit :

    Angoustrine: précise tes questions . Je prends des risques: comment? Je raconte des faits vieux de….42 ans!!!!

  • iguane dit :

    Les précisions attendront, un peu de sérieux s’il vous plaît, ma langue touche le sol, depuis hier, ce suspens est insoutenable pour l’iguane, ce bac, bien passé ou plouf ?

    Même s’il y a 42 ans, tu dois bien t’en souvenir quand même ….. lol :-D

  • rochambeau dit :

    C’est ça le suspense ! Et ce n’est pas fini! Et surtout que ces lignes sont tirés de mon journal de l’époque avec peut-être leurs imperfections mais avec leurs sentiments ( légèrement voilées car j’aurais pu être plus méchant, plus violent!). Mais je trouve que ça donne le reflet d’une époque révolue! Heureusement…Et surtout ça montre à quoi tient le destin d’un être!

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Fermer
Envoyer à l'email