«Solde»
«J’ai
l’impression d’être ridicule
Dans leurs souliers
Dans leurs smoking
Dans leur plastron
Dans leur faux-col
Dans leur monocle
Dans leur melon
J’ai
l’impression d’être ridicule
Avec mes orteils qui ne sont pas faits
Pour transpirer du matin jusqu’au soir qui déshabille
Avec l’emmaillotage qui m’affaiblit les membres
Et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe
J’ai
l’impression d’être ridicule
avec mon cou en cheminée d’usine
avec ces maux de tête qui cessent
chaque fois que je salue quelqu’un
J’ai
l’impression d’être ridicule
dans leurs salons
dans leurs manières
dans leurs courbettes
dans leur multiple besoin de singeries
J’ai
l’impression d’être ridicule
avec tout ce qu’ils racontent
jusqu’à ce qu’ils vous servent l’après-midi
un peu d’eau chaude
et des gâteaux enrhumés
J’ai
l’impression d’être ridicule
avec les théories qu’ils assaisonnent
au goût de leurs besoins
de leurs passions
de leurs instincts ouverts la nuit
en forme de paillasson
J’ai
l’impression d’être ridicule
parmi eux complice
parmi eux souteneur
parmi eux égorgeur
les mains effroyablement rouges
du sang de leur
ci-vi-li-sa-tion »
Régalons
nous encore quand il parle d’amour tout court, ou d’amour de sa terre ou quand encore il critique ces singeries de notre civilsation où on veut l’enfermer !
|
allo allo encore une nuit pas la peine de chercher c’est moi
l’homme des cavernes il y a les cigales qui étourdissent leur vie comme leur
mort il y a aussi l’eau verte des lagunes même noyé je n’aurai jamais cette
couleur- là pour penser à toi j’ai déposé tous mes mots au monts de piété un
fleuve de traîneaux de baigneuses dans le courant de la journée blonde comme
le pain et l’alcool de tes seins
allo allo je voudrais être à l’envers clair de la terre le bout de tes seins
à la couleur et le goût de cette terre-la
allo allo encore une nuit il y a la pluie et ses doigts de fossoyeur il y a
la pluie qui met ses pieds dans le plat sur les toits la pluie a mangé le
soleil avec des baguettes de chinois
allo allo l’accroissement du cristal c’est toi…c’est toi ô absente dans le
vent et baigneuse de lombric quand viendra l’aube c’est toi qui poindras tes
yeux de rivière sur l’émail bougé des îles et dans ma tête c’est toi le
maguey éblouissant d’un ressac d’aigles sous le banian
Prophétie
Là
où l’aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois
là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux
là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d’une ruche
plus ardente que la nuit
là où le bruit de mes talons remplit l’espace et lève
à rebours la face du temps
là où l’arc-en-ciel de ma parole est chargé d’unir demain
à l’espoir et l’infant à la reine,
d’avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d’avoir gémi dans le désert
d’avoir crié vers mes gardiens
d’avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
de la scène ourle un instant la lave
de sa fragile queue de paon puis se déchirant
la chemise s’ouvre d’un coup la poitrine et
je la regarde en îles britanniques en îlots
en rochers déchiquetés se fondre
peu à peu dans la mer lucide de l’air
où baignent prophétiques
ma gueule
ma révolte
mon nom.
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«Solde»
«J’ai
l’impression d’être ridicule
Dans leurs souliers
Dans leurs smoking
Dans leur plastron
Dans leur faux-col
Dans leur monocle
Dans leur melon
J’ai
l’impression d’être ridicule
Avec mes orteils qui ne sont pas faits
Pour transpirer du matin jusqu’au soir qui déshabille
Avec l’emmaillotage qui m’affaiblit les membres
Et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe
J’ai
l’impression d’être ridicule
avec mon cou en cheminée d’usine
avec ces maux de tête qui cessent
chaque fois que je salue quelqu’un
J’ai
l’impression d’être ridicule
dans leurs salons
dans leurs manières
dans leurs courbettes
dans leur multiple besoin de singeries
J’ai
l’impression d’être ridicule
avec tout ce qu’ils racontent
jusqu’à ce qu’ils vous servent l’après-midi
un peu d’eau chaude
et des gâteaux enrhumés
J’ai
l’impression d’être ridicule
avec les théories qu’ils assaisonnent
au goût de leurs besoins
de leurs passions
de leurs instincts ouverts la nuit
en forme de paillasson
J’ai
l’impression d’être ridicule
parmi eux complice
parmi eux souteneur
parmi eux égorgeur
les mains effroyablement rouges
du sang de leur
ci-vi-li-sa-tion »
Régalons
nous encore quand il parle d’amour, de sa terre.
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allo allo encore une nuit pas la peine de chercher c’est moi
l’homme des cavernes il y a les cigales qui étourdissent leur vie comme leur
mort il y a aussi l’eau verte des lagunes même noyé je n’aurai jamais cette
couleur- là pour penser à toi j’ai déposé tous mes mots au monts de piété un
fleuve de traîneaux de baigneuses dans le courant de la journée blonde comme
le pain et l’alcool de tes seins
allo allo je voudrais être à l’envers clair de la terre le bout de tes seins
à la couleur et le goût de cette terre-la
allo allo encore une nuit il y a la pluie et ses doigts de fossoyeur il y a
la pluie qui met ses pieds dans le plat sur les toits la pluie a mangé le
soleil avec des baguettes de chinois
allo allo l’accroissement du cristal c’est toi…c’est toi ô absente dans le
vent et baigneuse de lombric quand viendra l’aube c’est toi qui poindras tes
yeux de rivière sur l’émail bougé des îles et dans ma tête c’est toi le
maguey éblouissant d’un ressac d’aigles sous le banian
Prophétie
Là
où l’aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois
là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux
là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d’une ruche
plus ardente que la nuit
là où le bruit de mes talons remplit l’espace et lève
à rebours la face du temps
là où l’arc-en-ciel de ma parole est chargé d’unir demain
à l’espoir et l’infant à la reine,
d’avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d’avoir gémi dans le désert
d’avoir crié vers mes gardiens
d’avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
de la scène ourle un instant la lave
de sa fragile queue de paon puis se déchirant
la chemise s’ouvre d’un coup la poitrine et
je la regarde en îles britanniques en îlots
en rochers déchiquetés se fondre
peu à peu dans la mer lucide de l’air
où baignent prophétiques
ma gueule
ma révolte
mon nom.
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