Dali errance,délivrance.
La maison de Dali m’a fait penser à
une sorte de bateau avec ses différentes cabines( 15 pièces au total !),
étages, ses coursives, couloirs escaliers, mais les hublots étaient comme sur
un yacht de grandes baies vitrées où l’on voyait la mer Elles laissaient passer
une lumière douce, tamisée, envoûtante. Maison bateau où Dali a tant fait de
croisières sur les eaux parfois troubles, parfois agitées, parfois si calmes,
de ses rêves, de ses cauchemars, de ses délires, de ses folies de ses fantasmes.
Il s’en croyait le capitaine, mais c’est bien Gala qui commandait le plus
souvent. Maison immense, bateau-fantôme qui m’a entraîné sur les chemins
surannés du passé avec ses souvenirs, son ameublement surprenant où même
délirant où tous les styles se côtoient : meubles Louis XIV, salon
marocain,, meubles des années 70 plutôt kitch. Oui osons ; maison yacht
immobile, si riche, ancrée depuis si longtemps au fond de sa fameuse et tant
aimée anse de Port Lligat. Protégée par la petite île et les rochers solides et
monstrueux du Cap Créu !
Quelques marches, et puis soudain c’est l’arrivée sur le pont, à l’air libre : terrasse, jardin, patio,
piscine. Après le rêve, l’enivrement subit par l’alcool de cette lumière si
forte, presque aveuglante. Réveil revigorant où pourtant les souvenirs des
rêves daliniens refaisaient surface. Lumière souvenir si pure, si éclatante qui
m’a ramené à sa vitesse dans mon enfance oubliée .Et ce chuintement d’une brise
si légère dans les branches des oliviers, et cet air iodée qui faisait tourner
mon regard vers cette immense flaque de bleu étale !
Tableau
extraordinaire Bonheur profond, joie soudaine ressentie au plus profond de moi..Je suis monté, descendu, fureté, mitraillé, j’ai oublié les douleurs dans mes mollets. La magie opérait..
Mais moi le bavard je ne vais plus rien dire, sans
quelconque commentaire; je vais seulement aligner les
photos pêle-mêle et vous laisser découvrir ce jardin, cet Eden, ce paradis, simple au départ, mais que Dali au fil des ans,
a décoré, égayé suivant son humour, ses fantasmes…Bassins, statues,fontaines, objets diverses et fantasques. Je ne vais rien dire…enfin je vais essayer…
Oeuf, amphore sous escalier. Que de symboles encore. Mais ce serait trop long à expliquer ! Non j’ai promis..
Pigeonnier aux perchoirs daliniens faits de fourches de bois pour la fenaison .Pigeonnier,escale de ces symboles de liberté, oiseaux, auxquels l’homme a tout fait pour leur ressembler.
…Et depuis le jardin où git le cadavre géant des rêves de Dali ( que je vous montrerai), je découvre ces deux têtes énormes. Je croyais que c’étaient celles de Gala et Dali, tendrement rapprochés, mais une guide m’a précisé:’Non, c’est Castor et Pollux”.Soit ! Mon esprit toujours marche. Je replonge dans mes études et le mythe de Castor et Pollux, ces frères batailleurs, qui sont allés délivrer leur sœur.
…De face, se cachant derrière les branches des oliviers.Mais pourquoi Castor et Pollux ? Je réfléchis toujours..Les frères jumeaux. Dali et son double? Dali allant à deux, comme eux, délivrer sa soeur Gala ?Non ce n’est pas ça…
Dali et son Frère mort qui l’habitait?Voilà la clef! Oui ça y est je me souviens de la conférence de Dali expliquant “qu’il a tout fait pour tuer son frère mort,- ce frère détesté puis vénéré dont il fit le portrait-,
oui j’ai tout fait pour le tuer, me débarrasser ainsi de mon double trop lourd à porter, et de cette façon, trouver l’immortalité !” Son frère qui a dominé sa plus tendre enfance et qui réuni avec lui enfin délivré, veillait et veille encore , sur Port Lligat ! Etrange, mais je vous expliquerai…
Demain nous continuerons la visite de ce jardin extraordinaire où l’eau, autre symbole, rafraîchit.






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