Lassitude ?
Lassitude ?
C’est bizarre. Maintenant que mon pas se ralentit, le temps semble s’accélérer. Dans l’île de ma maison j’ai envie de me replier sur moi même. Je me suis rendu compte de ce besoin toujours plus grand de m’accroupir, de m’arrêter, peut-être pour avoir l’impression que le temps aussi s’immobilise ? Je ferme les yeux et médite. Peut-être n’ai-je plus envie de voir cet horizon qui semble se rapprocher ? Besoin d’inertie qui annihile mes envies, mes désirs, mes projets. Oh il suffit d’un petit grain d’imprévu pour arrêter mes élans les plus vifs.
Ainsi je voulais fixer du grillage pour éviter que mon Cairn qui a des tendances de fugueur, puisse monter sur la murette de devant et ensuite passer par dessus les barres trop basses .
Mais au moment de me mettre au travail, impossible de retrouver ma perceuse mal rangée ou trop bien rangée! Alors j’ai abandonné mon projet.
Autre exemple: Je veux tondre mon, gazon
mais ne retrouve plus la rallonge électrique. Décision remise à plus tard ! Je veux visionner des photos
mais impossible de mettre la main sur le câble secteur avec son transformateur.
Les projets remis au lendemain se multiplient. Est-ce le fait d’un vieillissement de l’esprit ou d’une envie indicible et passagère de ne plus rien faire ou peut-être de retenir ces heures ?
Est-ce la conséquence de ces crépuscules lents et désespérants?
Est-ce la horde de ces nuages qui étouffent la moindre apparition de bleu qui me déprime?
Est-ce ce soliloque presque muet avec cette campagne déserte qui rend ma solitude moins agréable ?
Ainsi, aujourd’hui j’avais prévu d’
envoyer mes photos sur Gérone avec le texte prévu. Le texte était prêt et
pratiquement mis en forme dans sa présentation ( police, couleur, etc..) mais
quand j’ai voulu mettre en place ma galerie proposée par l’Equipe de Sud-Ouest,
je me suis mélangé les pinceaux et ça n’a pas marché. Alors ce ne sera pas pour
aujourd’hui.. Seule consolation : je ne savais pas que j’avais pris autant
de photos qui finalement ne sont pas trop mauvaises. ! J’ai pris du temps
à les travailler ( titres, luminosité, recadrage, allégeage, etc.. ) Ainsi, j’ai
eu le temps de les revoir. Par contre il me semble que je ne retrouve plus
certaines, notamment celles prises dans le Musée de la Cathédrale. Il est vrai
que j’avais 2 appareils ( Mon Canon numérique PowerrShot et mon Panasonic Lumix
X 18 !
Je continue à être agcé par les
apparitions intempestives et répétées de Win Spyware Protect. Je suis allé sur
des forums et vu que ce type de
pollution s’appelle un rogue, généré par un ordinateur qui envoie comme une
mitraillette ses messages affolants sur l’ordinateur dont il a eu l’adresse. Il
semble ralentir la marche de mes programmes et même émettre des comportements
bizarres. J’espère qu’il n’arrivera pas à entrer dans mon Carnet d’adresses et
à aller polluer les P.C de mes relations avec ses messages répétés.
. Je n’ai plus envie de
regarder la télévision si ce n’est la 5 ou la 7. Les autres ont pris leur régime
d’été. Entre les marronniers habituels et les rediffusions, je n’y trouve plus
de plaisir sauf avec la vue de quelques bons films. Seule sensation
de plaisir : me trouver bien chez moi quand je vois aux actualités les bouchons
de plusieurs kilomètres aux péages d’autoroutes ou que je vois les gens
déambuler en K,Way dans des stations balnéaires et se nourrir de sandwich, crêpes
ou chiche kébab ! Et peut-être regarder le long serpent mouvant du Tour de France, évènement qui faisait ma joie dans ma jeunesse! Encore que…l’image que je me faisais dans ma jeunesse, du sport, a été ternie par les énormes salaires et par les soupçons de dopage ( je me souviendrais toujours de la mort de Tom Simpson, en Juillet 67 sur les pentes du Mont Ventoux, 1° preuve de la saloperie que les dirigeants d’équipe font injecter dans les veines de leurs poulains ! Les équipes nationales, contrairement aux équipes de marques- nos sportifs deviennent des panneaux publicitaires !-, n’étaient-elles pas plus vraies ?
A propos de télé, ce soir je reverrai avec plaisir “Rocco et ses frères ” superbe film de Visconti avec le jeune Alain Delon et la jolie Annie Girardot ( que j’ai rencontrée et qui est adorable; hélas pour elle le brouillard de cette saloperie de maladie d’Alzheimer a noyé sa mémoire). Dans ce film de 1960 jouent aussi celui qui fut son mari, de 62 à 88, Rénato Salvatori, la superbe Claudia Cardinale et même Roger Hanin. Ensuite toujours sur Arte, une émission sur le grand compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos
Alors quand mon esprit s’embrume, inconsciemment il fait marche arrière et je revis ces vacances sans pratiquement de touristes, et avec un soleil de Printemps si agréable, des vacances où le temps s’était arrêté mais pour mon plaisir.J’étais heureux alors avec le ciel si bleu et la nature si accueillante !





DEB dit :
Eh bien Charles, tu vois que tu peux faire de bons papiers quand tu veux… Pas donneurs de leçons, pas connaissance du Monde. Bravo, j’ai beaucoup aimé la “lassitude”.
rochambeau dit :
Merci !
amb55 dit :
J’ai bien aimé moi aussi la forme et le fond, d’autant que curieusement j’étais depuis quelques jours dans le même état de latence, d’indolence, de somnolence, de fatigue surtout.
Je me retrouve donc un peu ici.
Le titre m’a donné envie de venir jeter un oeil et je ne regrette point. Les mots simples, les simples mots, permettent d’échanger les mêmes émotions, et ça fait … un peu … de bien.
iguane dit :
Une lassitude qui m’en rappelle d’autres, je n’aurais pas mieux dit …
En même temps on ne s’y trouve pas si mal, une sorte de début de commencement de renoncement, parfois ! et c’est bon !
rochambeau dit :
Je me croyais seul à m’égarer sur les sentes du Spleen, ce pays inconnu et mystérieux comme les landes d’Ecosse, or j’aperçois entre les buissons d’autres silhouettes ! Ça me rassure ! Je ne suis pas un extra terrestre ni un donneur de leçons ! Je me sens tellement “petit” ! Connaisseur du Monde ? J’aimerai tant! J’ai parcouru beaucoup de Pays mais l’Être humain est tellement complexe, sorte de hiéroglyphe ambulant, qu’il est difficile à déchiffrer et arriver à le connaître me paraît bien présomptueux