Le ciel et les mots étaient bleus ‘Vidéos)
A la recherche des rêves perdus.
C’est bizarre, parfois, je suis
parfois entre le rêve et le semi réveil et je vois mes représentations
nocturnes. Si j’arrive à me réveiller soudain et si une image de mes songes
nocturnes, reste à la surface, j’ai la possibilité à partir de ce seul cliché
de reconstituer une bonne partie du rêve. Rêve souvent surréaliste fait de ville
bizarre, de rivières encaissées aux berges abruptes et dangereuses, routes
périlleuses, gens étrangers à moi et surprenants. Cet exercice de réappropriation
d’un rêve me fait penser à un fouillis de fils emmêlés. Il suffit de trouver un
début pour arriver à en démêler avec patience tout le reste.
Là où ma mémoire me joue des tours
c’est lors d’une rediffusion. L’autre jour par exemple je regardais un policier
télévisé en deux parties. Ce n’est qu’ au premier tiers de la 2+ partie que
j’ai compris que je l’avais déjà vu il y a 2 ou 3 ans ! Sans doute parce
que j’ai tellement vu de films et que celui là ne m’avait pas tellement marqué.Non ce n’est ni le gâtisme ni Alzheimer qui me guettent.
Si ma mémoire me joue des tours au niveau
des noms ( j’ai tellement eu d’élèves ) et surtout au niveau des nombres, j’ai
une mémoire factuelle assez étonnante. Je me souviens dans les détails de la
plupart des évènements passés ( voyages, rencontres, histoires d’amour, faits
divers)
Heureusement dans la mémoire il y a
des aides. Bergson disait bien que la mémoire c’est de la mécanique plaqué sur du vivant. il suffit donc de trouver la clef de contact pour mettre la machine en route. Pas forcément les photos ; car il m’arrive de me voir en photo
et je ne sais plus dans quelles conditions le cliché a été pris : lieu,
occasion et surtout année. Aussi je conseille à tous de marquer aussitôt au dos
d’une photo la date exacte et le lieu.
Par contre j’ai toujours été étonné
par le pouvoir de la musique ou d’une chanson. C’est fou comme une simple mélodie,
une simple voix fait remonter une ambiance, un parfum, des phrases, des émotions
que je croyais enfouis. En fait cette écoute n’est que le stimuli qui aide à
soulever le couvercle de la boite où était rangées ces images parfois
anciennes.
Ainsi je vous ai parlé récemment de
cette rencontre d’une jeune fille,(” Lointain souvenir et Poésie triste” du Vendredi 25 Juillet) il y a longtemps, jeune femme hélas emportée
par la maladie.65, 66 c’est loin et pourtant l’effet magique opère. Si je veux vraiment revivre ces instants si doux passés en sa
compagnies et nos rêves fous, il me suffit d’écouter:”Les mots bleus’ que l’orchestre jouait. Je revois sa blondeur, ses yeux bleus, son visage si doux. J’avais osé lui dire tous ces mots si bleus qui ouvrent le cœur…Christophe…était à l’époque dans l’air du temps…
Et cette autre de Christophe ‘Les marionnettes” que nous chantions en duo ! La version moderne d’abord
mais c’était celle là que nous chantions, sa version première plus rapide.
Et puis une chanson qui bizarrement est ressorti de l’oubli où elle avait sombré.Ces paroles qu’elles me chantaient ont sonné étrangement après son départ.”Ballade pour Toi” de Michel Polnareff.

amb55 dit :
Beau texte sur la mémoire. Questionnement, réflexion …
Mémoire auditive plutôt pour vous Rochambeau, pour d’autres elle peut être de préférence visuelle ou olfactive ou tactile, c’est selon la sensibilité de chacun. La mémoire est précieuse, c’est sur elle que l’on se construit.
Il est toujours émouvant de retrouver dans la boîte à souvenirs (comme vous le dites si bien) des visages aimés, des coeurs qui ont fait battre le nôtre. Le printemps est propice aux belles rencontres, l’été permet de consolider des liens et récolter les fruits de l’âge tendre. Le blé n’est plus en herbe, les épis blonds se font crissants sous le soleil et le grain craquant sous la dent gourmande. Il est doux lorsque l’automne arrive, puis l’hiver, de pouvoir encore toucher de la mémoire ce que l’on a chéri. Bel été à vous Rochambeau. Profitez-en pour vous construire encore de beaux souvenirs, en mordant encore la vie à pleines dents. Il n’est jamais trop tard.
rochambeau dit :
Merci pour vos paroles si poétiques. Oui à l’automne de ma vie, j’ai eu la chance d’entasser dans les greniers de ma Mémoire les pailles blondes des beaux jours, parfois quelques chardons ou mauvaises herbes…. Mais quelle bonne odeurs d’herbes séchées s’échappent de ces souvenirs.Vous avez raison tant que le tranchant de la serpe de ma curiosité et de mes mains tendues pourront profiter des herbes folles et nouvelles de cette vie, je continuerai à faire des réserves.Hélas nous sommes tous égoïstes et quand l’autre grande et invincible faucheuse viendra, tous ces souvenirs intimes disparaîtront à jamais, sauf si on les on les a couchés sur le papier !