Marre de la Marée Noire littéraire.
Marre de la Marée Noire littéraire.
Ca y est ! La marée est encore en noir! Dès la mi-août et jusqu’à la fin octobre, les livres vont encore envahir les rayons des libraires, des grandes surfaces comme de vulgaires produits de consommation :
Avec leurs Bandeaux flamboyants, leurs couvertures
attirantes, leurs quatrièmes de couvertures racoleuses… Les presque 700 ( je
crois) nouveaux romans ( dont 400 français) et 200 Essais arrivent dans le port
de départ des Prix littéraires, cette Grande Solitaire. La plupart vont
s’échouer sur la grève. Ils iront mourir pour la plupart dans le cimetière du
pilon. D’autres continueront un bout de chemin. Là, les nefs lancées sont aussi sponsorisées par
les « grandes marques » des Editeurs puissants, ou du moins certaines
qui investissent de grosses sommes sur
des « skippers-écrivains » déjà hyper connus ou sur quelques nouveaux
ayant montré des talents cachés ou bien encore sur des auteurs sortant de l’ordinaire.
Certes les critiques se consolent en disant qu’il
y a moins de livres au départ que l’an dernier. Mais il faut reconnaître que
depuis plusieurs années l’inflation va grandissante.
Mais pensons aux critiques ! Si l’un d’entre
eux voulait être vraiment sérieux en lisant tous les livres, il aurait 11 (onze !)
livres à lire par jour pendant 3 mois! Alors que font-ils pour donner leurs
opinions qui vont fleurir dans tous les hebdomadaires (généralistes ou
littéraires) et même dans les journaux ? Après les marronniers de l’été sur les
gens célèbres ou très riches (ce thème fut abordé dans maintes revues, de
droite ou de gauche avec les photos de leurs villas de rêve ou de leurs yachts
insolents alors qu’on parle de baisse de pouvoir d’achat, de S.D.F, de licenciés économique), vont arriver les livres de la Rentrée, un autre marronier qui fait vendre les dites publications ! Les critiques vont
donc émettre des opinions sorties de rumeurs, de commentaires glissés par les
Editeurs !
Déjà les vedettes habituelles partent en pôle position :Amélie Nothomb
aux tirages
impressionnants pour le “Fait du Prince”,, Houellbeck qui peut-être
va sortir un nouveau roman mais le
mystère est finement entretenu. Et bien sûr
les « polémiqueuses »Christine Angot

pour “Le
marché des amants” au Seuil, Catherine Millet pour “Mille jour
de souffrance” chez Flammarion,. Ajoutons Régis Jauffret pour
“Lacrimosa” chez Gallimard, Laurent Gaudé pour “Les
portes de l’enfer” chez Actes Sud, Jean-Paul Dubois pour “Les accommodements
raisonnables”, Olivier Rolin pour “Un chasseur de lion” au
Seuil, Olivier Poivre d’Arvor pour « Le voyage du fils », Elie Wiesel
pour « Le cas Sonderberg »,le nouveau Khadra,
»Ce que le jour
doit à la nuit »( J’avais bien aimé “l’Attentat” ).
Les Abécassis ( Mère et fille), Catherine Cusset
avec « Un brillant avenir », Alice Ferney (Paradis Conjugal),Sylvie
Germain (L’inaperçu),Marie Nimier (Les Inséparables), Fatou Diomé, la si
sympathique Sénégalaise, avec qui j’avais sympathisée à Brive ( Inassouvies,
nos vies), la désormais lancée Faïza Guène ( Les Gens du Balto) et pourquoi pas
“Val-de-Grâce“,
le troisième roman de la jolie journaliste Colombe Schneck,
( que les auditeurs de France Inter connaîssent !
Remarquons l’arrivée massive des femmes aussi bien en France qu’à l’Etranger !
Chez les
Ecrivains étrangers, la rentrée est marquée par Salman Rushdie pour
“L’enchanteresse de Florence” chez Plon, le prix Nobel de
littérature, Doris Lessing pour “Alfred et Emily” chez
Flammarion. Joyce Carol Oates publie “La fille du fossoyeur” chez
Philippe Rey. On parle aussi de Ian Mc Ewan pour “Sur la place de
Chesil” aux éditions de l’Olivier. David Lodge pour “La vie en
sourdine” chez Rivages, Thomas Pynchon propose
“Contrejour” au Seuil. Hanif Kureishi pour “Quelque chose
à te dire” chez Christian Bourgeois. Richard Ford pour “L’état
des lieux” aux éditions de l’Olivier.
Mais il y a aussi les nouveaux, les outsiders : Tristan Garcia
pour “La
meilleure part des hommes” chez Gallimard, Jean-Marie Blas de Roblès
pour “Là où les tigres sont chez eux” chez Zulma, Mathieu Bélézi ( C’était
notre terre :livre très poétique. En octobre on découvrira
“Ritournelle de la Faim” de Jean-Marie Le Clezio chez
Gallimard. Et Jean Echenoz revient avec “Courir” aux éditions
de Minuit.
Enfin comme d’habitude le peloton de tête ne
change pas avec les mêmes Equipes ( Editions: Le Seuil, Albin Michel, Gallimard …) et les mêmes champions (
auteurs). Le dopage comme dans le cyclisme existe aussi ici d’une manière cachée, sous jacente. Là il s’agit
de pub, détournée, d’agents littéraires influents, de critiques amis, d’auteurs
ayant le sens de la commercialisation, peut-être de dessous de table ! Chi lo sa ?.
Les hebdomadaires et journaux se feront une joie
de répercuter ces échos faussés et présenteront leurs coups de cœur, leur
« incontournables », leurs préférés, leurs valeurs sûres…
Mais moi-même je tombe dans le piège de cette
course, pompe à fric, dévoreuse d’arbres, développeuse d’égos surdimensionnés
et ne fais que rapporter des échos ! Mais moi, je vous jure je n’ai reçu aucun “Pot de vin” !
Pourtant on devrait aussi parler des
libraires : certains font un travail admirable et leurs conseils sont
peut-être plus sûrs que ceux de certains critiques pervertis ou abusés. On
devrait aussi parler de tous ces « petits » éditeurs qui luttent remarquablement avec
beaucoup moins de moyens que les “gros” si ce n’est avec celui de la qualité d’auteurs de
talent qu’ils découvrent et qu’essaieront d’achèter à prix d’or au Mercato littéraire prochain les grosses Editions!!


amb55 dit :
Joli coup de gueule Rochambeau ( si je puis me permettre l’expression) !
Et tour de table intéressant qui nous dévoile quelques nouveautés.
M’Ouais, on n’a pas fini d’en bouffer du salon littéraire, et des interviews d’auteurs “de talent”, et de petites légumes du show-biz ou de grosses de la politique qui pour l’occasion se font négriers.
Garçon, s’il vous plait, un petit noir !
A tous les autres, ceux qui écrivent de leurs propres mains, je dis “respects” et les prie de m’excuser de ne pouvoir tous les lire. Serai-je alors plus sotte ?
Mon bouquin à moi, reporté aux calendes grecques … quand il sortira, si un jour il sort, il me faudra le relire car je vais finir par oublier ce que j’avais écrit.
Rochambeau, ce jour-là, je compte sur vous pour en faire la promo
rochambeau dit :
Et oui Amb j’ai encore de la gueule ! Je râle bien, je mange bien ! Moi aussi je vais faire un tour sur beaucoup de Blogs S-O ! Je lis; parfois je les trouve tellement bien que j’en serai presque jaloux, moi l’amateur et je voudrais laisser des commentaires mais j’ai peur de passer pour un cireur de pompes ! Parfois j’ai envie de réagir, moi l’homme libre de nulle part, à des propos trop violents ou trop partisans, mais je respecte tellement le droit d’exprimer ses idées et même de les gueuler comme m’avait conseillé de le faire, un soir, cet étonnant et si sensible Léo Ferré ( je reparlerai de cette rencontre ) Moi aussi j’ai un roman fini que m’avait promis de publier Yves Berger ! Hélas il est parti avant !Bizarre comme je n’emploie pas les mots “mort”, “décédé”. Promis, juré, Chère Amb, quand ton livre sortira, j’en parlerai à la radio, dans des articles. J’en ferai une “Ambellie”. Mais je suis sûr qu’il sera vrai, beau.