Des Mots et des Maux http://rochambeau.blogsudouest.com Poèmes, Souvenirs de rencontres de personnages connus,Réactions d'Humeur,Musique, Peinture,Images de ma vie,Photos,Littérature,Autographes. Tue, 19 Aug 2008 13:04:54 +0000 http://wordpress.org/?v=wordpress-mu-1.2.1 fr Marre de la Marée Noire littéraire. http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/19/marre-de-la-maree-noire-litteraire/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/19/marre-de-la-maree-noire-litteraire/#comments Tue, 19 Aug 2008 11:40:57 +0000 rochambeau http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/19/marre-de-la-maree-noire-litteraire/

Marre de la Marée Noire littéraire.

Ca y est ! La marée est encore en noir! Dès la mi-août et jusqu’à la fin octobre, les livres vont encore envahir les rayons des libraires, des grandes surfaces comme de vulgaires produits de consommation :

Avec leurs Bandeaux flamboyants, leurs couvertures attirantes, leurs quatrièmes de couvertures racoleuses… Les presque 700 ( je crois) nouveaux romans ( dont 400 français) et 200 Essais arrivent dans le port de départ des Prix littéraires, cette Grande Solitaire. La plupart vont s’échouer sur la grève. Ils iront mourir pour la plupart dans le cimetière du pilon. D’autres continueront un bout de chemin. Là, les nefs lancées sont aussi sponsorisées par les « grandes marques » des Editeurs puissants, ou du moins certaines qui investissent de grosses sommes sur des « skippers-écrivains » déjà hyper connus ou sur quelques nouveaux ayant montré des talents cachés ou bien encore sur des auteurs sortant de l’ordinaire.

Certes les critiques se consolent en disant qu’il y a moins de livres au départ que l’an dernier. Mais il faut reconnaître que depuis plusieurs années l’inflation va grandissante.

Mais pensons aux critiques ! Si l’un d’entre eux voulait être vraiment sérieux en lisant tous les livres, il aurait 11 (onze !) livres à lire par jour pendant 3 mois! Alors que font-ils pour donner leurs opinions qui vont fleurir dans tous les hebdomadaires (généralistes ou littéraires) et même dans les journaux ? Après les marronniers de l’été sur les gens célèbres ou très riches (ce thème fut abordé dans maintes revues, de droite ou de gauche avec les photos de leurs villas de rêve ou de leurs yachts insolents alors qu’on parle de baisse de pouvoir d’achat, de S.D.F, de licenciés économique), vont arriver les livres de la Rentrée, un autre marronier qui fait vendre les dites publications ! Les critiques vont donc émettre des opinions sorties de rumeurs, de commentaires glissés par les Editeurs !

Déjà les vedettes habituelles partent en pôle position :Amélie Nothomb

litt-nothomb.jpgaux tirages impressionnants pour le “Fait du Prince”,, Houellbeck qui peut-être va sortir un nouveau roman mais le mystère est finement entretenu. Et bien sûr les « polémiqueuses »Christine Angot

litt-angot.jpg
pour “Le marché des amants” au Seuil, Catherine Millet pour “Mille jour de souffrance” chez Flammarion,. Ajoutons Régis Jauffret pour “Lacrimosa” chez Gallimard, Laurent Gaudé pour “Les portes de l’enfer” chez Actes Sud, Jean-Paul Dubois pour “Les accommodements raisonnables”, Olivier Rolin pour “Un chasseur de lion” au Seuil, Olivier Poivre d’Arvor pour « Le voyage du fils », Elie Wiesel

litt-wiesel.jpgpour « Le cas Sonderberg »,
le nouveau Khadra,

litt-khadra.jpg»Ce que le jour doit à la nuit »( J’avais bien aimé “l’Attentat” ).

Les Abécassis ( Mère et fille), Catherine Cusset avec « Un brillant avenir », Alice Ferney (Paradis Conjugal),Sylvie Germain (L’inaperçu),Marie Nimier (Les Inséparables), Fatou Diomé, la si sympathique Sénégalaise, avec qui j’avais sympathisée à Brive ( Inassouvies, nos vies), la désormais lancée Faïza Guène ( Les Gens du Balto) et pourquoi pas “Val-de-Grâce“, le troisième roman de la jolie journaliste Colombe Schneck,

litt-colombe-scneck.jpg

( que les auditeurs de France Inter connaîssent ! Remarquons l’arrivée massive des femmes aussi bien en France qu’à l’Etranger !

Chez les Ecrivains étrangers, la rentrée est marquée par Salman Rushdie pour “L’enchanteresse de Florence” chez Plon, le prix Nobel de littérature, Doris Lessing pour “Alfred et Emily” chez Flammarion. Joyce Carol Oates publie “La fille du fossoyeur” chez Philippe Rey. On parle aussi de Ian Mc Ewan pour “Sur la place de Chesil” aux éditions de l’Olivier. David Lodge pour “La vie en sourdine” chez Rivages, Thomas Pynchon propose “Contrejour” au Seuil. Hanif Kureishi pour “Quelque chose à te dire” chez Christian Bourgeois. Richard Ford pour “L’état des lieux” aux éditions de l’Olivier.

Mais il y a aussi les nouveaux, les outsiders : Tristan Garcia

litt-garcia-tristan.jpg

pour “La meilleure part des hommes” chez Gallimard, Jean-Marie Blas de Roblès pour “Là où les tigres sont chez eux” chez Zulma, Mathieu Bélézi ( C’était notre terre :livre très poétique. En octobre on découvrira “Ritournelle de la Faim” de Jean-Marie Le Clezio chez Gallimard. Et Jean Echenoz revient avec “Courir” aux éditions de Minuit.

Enfin comme d’habitude le peloton de tête ne change pas avec les mêmes Equipes ( Editions: Le Seuil, Albin Michel, Gallimard …) et les mêmes champions ( auteurs). Le dopage comme dans le cyclisme existe aussi ici d’une manière cachée, sous jacente. Là il s’agit de pub, détournée, d’agents littéraires influents, de critiques amis, d’auteurs ayant le sens de la commercialisation, peut-être de dessous de table ! Chi lo sa ?.

Les hebdomadaires et journaux se feront une joie de répercuter ces échos faussés et présenteront leurs coups de cœur, leur « incontournables », leurs préférés, leurs valeurs sûres…

Mais moi-même je tombe dans le piège de cette course, pompe à fric, dévoreuse d’arbres, développeuse d’égos surdimensionnés et ne fais que rapporter des échos ! Mais moi, je vous jure je n’ai reçu aucun “Pot de vin” !

Pourtant on devrait aussi parler des libraires : certains font un travail admirable et leurs conseils sont peut-être plus sûrs que ceux de certains critiques pervertis ou abusés. On devrait aussi parler de tous ces « petits » éditeurs qui luttent remarquablement avec beaucoup moins de moyens que les “gros” si ce n’est avec celui de la qualité d’auteurs de talent qu’ils découvrent et qu’essaieront d’achèter à prix d’or au Mercato littéraire prochain les grosses Editions!!

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/19/marre-de-la-maree-noire-litteraire/feed/
2 Chansons d’Avant… http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/17/chansons-davant/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/17/chansons-davant/#comments Sun, 17 Aug 2008 09:51:55 +0000 rochambeau Cat StevenDans un vieux rock and rollerranceMy Lady dArbanvillesolitudeWilliam Sheller http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/17/chansons-davant/

Chansons.

Il est un temps où les jours paraissent vides de sens tellement les ennuis s’accumulent dans notre vie. Alors il vaut mieux partir seul sur des voies inconnues d’errance, d’éloignement, d’égarement, de quête indécise.

Oui partir on ne sait où pour oublier ces heures trop noires…

Partir sur des routes désertes même un 15 Août où une escorte de platanes, symboles de vie et hélas de nos jours, de mort, vous escortent silencieux et respectueux..



sur-la-route-1.jpg

…..Aller sans but sur des chemins qui vont on ne sait où

sur-la-route-2.jpg


…..Et puis envie soudaine de s’arrêter devant un portail rouillé qui s’ouvre sur un parc mystérieux.

sur-la-route-3.jpg
Fermer les yeux pour ne plus penser à rien, mais machinalement le doigt appuie sur le bouton de le radio, histoire de sortir de ce silence où l’on s’enlise…
Et puis une chanson qui s’élève et qui vous fait remonter au temps où vous êtiez svelte, jeune et plein d’espoirs et de volonté : « Ma lady d’Arbanville », chanson mythique de Cat Steven écrite pour une comédienne, en hommage à l’actrice Patti d’Arbanville, sa petite amie du moment. C’est devenu le succès planétaire que l’on sait. Patti d’Arbanville, égérie warholienne, actrice à 17 ans dans le cultissime Flesh (1968) de Paul Morrissey.Une chanson de 70 qui m’a fait me souvenir de cette blonde des années 60, disparue si jeune ( voir archives)?. En effet, fait du hasard,je suis passé hier près près du lieu où elle repose en ayant un petite pensée pour ce temps révolu! :
…..


Ma dame d’Arbanville, pourquoi dormez-vous tellement ?
Je vous réveillerai demain
Et vous serez ma suffisance, oui, vous serez ma suffisance.

Ma dame d’Arbanville pourquoi me fait-il autant de peine ?
Mais votre coeur semble si silencieux.
Pourquoi respirez vous si bas, pourquoi respirez vous si bas ?

Ma dame d’Arbanville pourquoi dormez-vous tellement ?
Je vous réveillerai demain
Et vous serez ma suffisance, oui, vous serez ma suffisance.

Ma dame d’Arbanville, vous avez l’air si froide ce soir.
Vos lèvres ont l’air comme l’hiver,
Votre peau a viré au blanc, votre peau a viré au blanc.

Ma dame d’Arbanville, pourquoi dormez-vous tellement ?
Je vous réveillerai demain
Et vous serez ma suffisance, oui, vous serez ma suffisance.

La la la la la….

Ma dame d’Arbanville pourquoi me fait-il autant de peine ?
Mais votre coeur semble si silencieux.
Pourquoi respirez vous si bas, pourquoi respirez vous si bas ?

Je vous ai aimé ma dame, cependant c’est dans votre tombe que vous vous trouvez,
Je serai toujours avec vous
Cette rose ne mourra jamais, cette rose ne mourra jamais.

Je vous ai aimé ma dame, cependant c’est dans votre tombe que vous vous trouvez,
Je serai toujours avec vous
Cette rose ne mourra jamais, cette rose ne mourra jamais

….

Et puis c’est une autre chanson, « Dans un vieux rock’n'roll »de William Sheller


qui me fait remonter dans le grenier de mes souvenirs ou dorment tant de fleurs séchées et toujours odorantes : étranges paroles qui collent au présent !

 
Ça tient souvent à presque rien
Un simple geste de sa main
A changé jusqu’au bout
Mes moindres habitudes
Et c’est bien
 
Je te dis ça, c’est entre nous
Mais les amours de passe-partout
M’ont laissé l’impression
D’une drôle de solitude
Après coup
 
Et si je craque c’est pas des histoires
Ris-en si tu veux, il faudra bien y croire
C’est comme dans un vieux rock’n'roll
J’ai dans la tête un transistor qui fredonne
Comme dans un très vieux rock’n'roll
Serre la main d’un fou que rien ne raisonne
 
Passant la bride sur mon cou
Une fille au charme aigre-doux
Emplit ma vie d’un mieux
Que je ne saurais dire
Et c’est beaucoup
 
Je sais d’elle encore peu de choses
Mais justement ce que j’en suppose
Est le début d’un jeu
Qui fait qu’elle m’attire
Et s’impose
 
Et si je craque c’est pas des histoires
Ris-en si tu veux, il faudra bien y croire
C’est comme dans un vieux rock’n'roll
J’ai dans la tête un transistor qui fredonne
Comme dans un très vieux rock’n'roll
Serre la main d’un fou que rien ne raisonne.
 
Chansons qui m’ont soudain fait comprendre que la vie 
continuait et qu’il fallait l’affronter malgré les orages 
inattendus et si désagréables….

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/17/chansons-davant/feed/
L’Etrange Etudiant Catholique (Suite et fin.) http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/11/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique-suite-et-fin/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/11/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique-suite-et-fin/#comments Mon, 11 Aug 2008 07:02:48 +0000 rochambeau http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/11/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique-suite-et-fin/

L’Etrange Etudiant Catholique (Suite et fin.)

Nous passâmes l’après-midi à traînasser. J’allais à N-F où j’avais retenu un voyage, puis dans des librairies. Il me suivit. Il avait un peu vieilli et surtout était devenu assez costaud. Il m’expliqua qu’il faisait de la musculation ! Sa tenue vestimentaire était aussi plus raffinée. Il m’expliqua qu’il travaillait dans une administration après avoir réussi le concours de rédacteur. Ca me faisait bizarre de le rencontrer ; ça me rappelait beaucoup de souvenirs et la gentille F.. mais il ne m’en parla pas. Son Bar avait disparu. Qu’était-elle devenue ? Des choses avaient changé à Bordeaux.

Cependant m’étant garé sur la place des QuinconcesJe vis donc que sur les Allées d’Orléans existait toujours sous un ancien grand hôtel, une boite.(Je ne me souviens plus de son nom..) J’y avais déjà été. Et un collègue divorcé m’avait dit qu’il y venait parfois car on y trouvait pleins de jeunes femmes d’au moins trente ans, naufragées elles aussi du mariage. Et m’avait-il dit, elles avaient soif de s’amuser.

Or comme mon Jean-Jacques avait l’air heureux de m’avoir rencontré et qu’il me confia qu’il était toujours aussi timide avec les femmes, j’eus une idée. Je n’osais lui demander s’il n’avait pas eu encore d’expérience amoureuse mais pour l’aider, alors que nous prenions un café vers 18H je lui demandai :

-Tu as prévu quelque chose ce soir ?

- Ah non pas du tout Pourquoi ?

- Est-ce que cela te dirai d’aller dans une boite où il y a des jeunes femmes venues pour s’amuser et très accueillantes. Avec elles il te suffit de danser et elles prennent les choses en main ! Mais il ne faut y aller que vers 22 H.

Il me regarda un instant. Puis s’écria :

-Oh oui je crois qu’en ta compagnie, j’oserai aller danser et si ma partenaire fait les premiers gestes, je te promets de me laisser aller ! Pour la peine je t’invite dans une pizzéria et puis après on ira boire un café et un alcool fort pour attendre l’heure.

Il paraissait plus gai subitement.

La soirée passa vite. Au repas, il me raconta un peu sa vie. Il ne faisait plus partie de son Asso, passait ses soirées avec un copain, sans doute aussi timide que lui à aller au cinéma, ou au spectacle puis regagnait son T2 du côté de Mérignac, avec sa voiture. il pratiquait toujours avec son ami de la natation en semaine en plus de ses séances de musculation et du tir à l’arc presque toutes les fins de semaine. Mais pas de compagne féminine dans sa vie. Et si moi je voyageais beaucoup, lui passait ses vacances sur le bassin. Dans la maison d’un oncle.

J’étais allé me changer et prendre une douche à mon hôtel près du théâtre où j’avais pris une chambre. Jean-Jacques m’avait attendu en bas dans l’entrée sur une banquette.

Puis nous nous rendîmes dans un café près de l’Office des vins, près de l’Office de Tourime où on resta plus d’une heure.

Enfin nous allâmes à la fameuse boite. Il fallait descendre un escalier assez raide. En bas comme dans toutes les boites, il y avait de la fumée, peu de lumière et pas mal de monde. Je remarquai aussitôt qu’il y avait pas mal de jeunes et jolies femmes. Nous prîmes une consommation : Prudent j’en profitais pour regarder si je voyais une danseuse attrayante. En fait je vis deux jeunes femmes assises à une table. La blonde se leva et vint à côté de moi demander des glaçons. J’enlevais aussitôt mes lunettes et pendant qu’elle était à côté de moi, je m’approchais tout contre elle. Forcément à moment donné, juste sous une lumière, ce qui me permit de l’admirer, elle se retourna pour appeler son amie rejointe par un gars et sans le faire exprès me donna un coup de coude ! Elle s’excusa aussitôt. Elle avait un regard doux aux yeux de menthe. Elle devait bien avoir trente deux ans. Aussitôt je me mis à parler.

Nous nous connaissons ? me demanda-t-elle.

-Ah non surement pas, je viens de loin mais je suis venu ici il y a longtemps dans une autre vie et hélas je n’ai pas eu la chance de vous rencontrer, alors.

L’humour, le titillement de la curiosité et le compliment sont toujours d’excellentes entrées en matière.

-Ah bon, et d’où venez-vous ? Vous m’intriguez ?

Ca y était la conversation était amorcée, le courant semblait passer. Nous échangeâmes plusieurs phrases. Elle tenait son récipient avec les glaçons.

-Je ne voudrais pas faire de mauvais jeu de mots, mais pour ne pas jeter un froid entre nous, si vous alliez poser vos glaçons sur votre table.

Elle éclata de rire !

-Vous avez raison mais venez à notre table. D’ailleurs ma copine je crois, ne va pas tarder à partir.

Avant de la suivre, je vis Jean Jacques que j’avais oublié toujours à côté du bar. Je lui criais presque :

-Eh Jean Jacques, une série de slows d’au moins vingt minutes commence, les lumières vont baisser, vas, tu m’as promis. Bientôt on ne verra plus rien, lance-toi dans l’arène, vas demander à danser à une que tu as repérée. Et je rejoignis ma découverte blonde. Après tout il était un homme et il pouvait se débrouiller tout seul.

Ma nouvelle connaissance s’appelait Marlène . Comme sa copine était partie danser, très bavarde elle me raconta, tout en me posant des questions, qu’elle travaillait dans une société d’assurances, qu’elle était divorcée, qu’elle avait un enfant. Je luis donnais ma carte avec mes coordonnées. On partit danser. Tout de suite le contact fut franc, chaud, accueillant. Nous commençâmes à flirter. Ma soirée se présentait on ne peut mieux.

J’aperçus alors avec plaisir Jean-Jacques, près du bar sous les lumières, entraîné sur la piste, par une grande brune aux cheveux courts et superbement habillée. Elle le tenait par la main pour le guider sur la piste. Lui avait l’air heureux comme un enfant. Ils se mirent à danser à deux mètres de nous. Malgré le peu de lumière, je vis qu’elle avait le type légèrement asiatique, une métisse sans doute. Elle était presque aussi grande que lui. Une belle plante quoi ! Pour un coup d’essai c’était un coup de maître ! Tant mieux pour lui pensai-je, cette expérience, il ne l’oubliera jamais.

Mais bon, moi aussi je pensais à Moi. Marlène était intelligente, coquine, pleine d’humour. Ses bras qui m’enserraient étaient rassurants et ses lèvres douces comme les leechees. Cette idée me fit regarder vers Jean-Jacques. Avec sa brune les choses aussi allaient vite et eux aussi s’embrassaient.

Je commençais à inviter Marlène à sortir pour aller faire un tour. Elle acquiesça en riant et ajouta toute douce avec un sourire coquin.

-Tu sais, ce soir je n’ai pas mon fils, il est chez mes ex-beaux parents et mon appartement est tous près.

Décidemment pensai-je, les femmes, maintenant savent prendre des initiatives

Elle prit sa pochette et au moment où j’allais la suivre, je me mis à regarder du côté de Jean-Jacques pour lui faire comprendre que je m’en allais quand avec stupeur, je le vis reculer et donner un coup de poing terrible à la fille avec laquelle il dansait. Cette dernière partit en arrière et disparut derrière les autres couples qui reculèrent . Des filles poussaient des cris. Jean –Jacques se précipita vers la sortie où Marlène déjà montait. Il m’attrapa presque par le col et semble-t-il hors de lui hurla :

-Viens je t’en supplie. Il monta quatre à quatre les escaliers et je le suivis moi aussi en courant.

Arrivé sur le trottoir il se dirigea sur la place vers les quais. Il marchait vite.

Marlène abasourdie me demanda.

-Mais tu le connais ? Qu’est-ce qui lui est arrivé. Il est devenu fou ? Taper une jeune femme il faut le faire !

-Oui je le connais. Je ne comprends pas ce qui lui est arrivé car c’est un gars au grand cœur et du genre pacifique.

Soudain je me souvins en partant de l’image du barman qui regardait Jean-Jacques partir en se marrant. Dans ma tête une idée horrible traversa mon esprit. Non ce n’est pas possible me dis-je. Ce serait une catastrophe. Jean-Jacques était parti s’asseoir sur des sortes de marches. Il avait l’air désespéré. Marlène respectueuse, resta deux mètres en arrière et je m’assis sans rien dire à coté de lui ; il ne disait rien et soudain se mit à pleurer en se tenant la figure dans ses mains puis il regarda vers le haut et ses pleurs se transformèrent en sanglots.

J’étais presque gêné de voir cet homme, comme un enfant désespéré.

-Mais enfin Jean-Jacques, qu’est-ce qui t’arrive. Tu peux me le dire.

Et soudain il me regarda avec une colère extrême. Je ne comprenais plus rien ou peut-être comprenais-je trop.

- Ah toi avec ton plan de merde, ta soirée pleine de surprises agréables je te retiens. Je fous le camp chez moi. C’est fini je ne sortirai plus.

- Mais enfin, tu es un adulte, un homme, tu sais quand même ce que tu fais, tu es maître de tes actes. Moi je t’ai proposé gentiment de sortir pour te faire connaître une jeune femme et il me semblait que tu avais trouvé. Alors dis-moi ce qui s’est passé ? Allez Jean-Jacques.

Il se mit alors à rire étrangement ! Une sorte de rire nerveux, rauque, inquiétant.

Puis il me regarda fixement :

- Mais putain tu ne comprends pas ! Toi le mec qui sort !

La nana avec qui je dansais, et bien putain de con, c’était un mec ! Tu te rends compte !m Un mec ! Je dansais avec un mec, je me collais contre un mec.

Ce que j’avais pensé, c’est-à-dire le pire pour lui pour sa première expérience était arrivé. Vu de l’extérieur ça aurait pu paraître sans doute comique. Mais pour moi qui le connaissais, timide, ayant peur des femmes, mais cependant fier, je savais que c’était presque tragique dans sa tête. Mais c’était quand même bien la première fois que je rencontrais un homme aussi peu au courant des choses de ma vie et surtout de l’amour. Moi qui avais eu la chance, très jeune d’être dans une bande de joyeux drilles, où filles et garçons, nous apprenions ensembles, poussées par cette soif de plaisir, à égrener le chapelet des gestes de l’amour, dans nos multiples surboums, avec une envie de découverte au début naïve, puis de plus en plus assurée, je me retrouvais avec ce que l’on qualifiait méchamment alors de puceau. ! Et surtout un naïf aussi grand ! Et bien que je me dise que ce n’était pas moi qui lui avais présenté le travesti, et que c’était lui tout seul qui était allé le chercher ou lui tout seul qui s’était laissé embarqué je culpabilisai quand même un peu. Mais non de non pensai-je, pourquoi le destin me l’a fait retrouver ! Tout cela risque de gâcher ma soirée et ma douce blonde, lassée risque de s’en aller. Je sentais que j’allais m’énerver. Du calme Charles, sois diplomate.

- Mais enfin ce n’est pas grave. C’est un simple incident. Avec le peu de lumière ça aurait pu arriver à d’autres mecs ! Enfin, remets-toi !

- Putain (c’est la 1° fois que je l’entendais jurer autant.) mais tu ne comprends rien. J’étais heureux car je croyais avoir enfin trouvé enfin une femme. Mais tu ne rends même pas compte ! J’ai roulé des pelles à un homme ! Et moi je ne suis pas un homo !

Il avait presque hurlé cette dernière partie de phrase et paraissait vraiment malheureux.

-Et alors quand tu l’as fait tu croyais que c’était une femme. Ton intention était normale puisque tu n’es pas homo. Le salaud c’est lui ce n’est pas toi. C’est lui qui t’a trompé. .Et honnêtement moi aussi j’ai cru que c’était une nana. Attends, bien sapé, le visage fin. Je me suis même dit : Et bien dis-donc le Jean Jacques , j’aimerais être à sa place. Tu vois, moi aussi ça aurait pu m’arriver ! Maintenant ça te paraît grave mais plus tard quand tu repenseras à cet incident tu souriras. Là tu es sous le coup de la surprise et surtout de la déception. Et puis allez, je crois que tu t’es bien vengé ! Oh la vache, le coup de poing que tu lui as envoyé. Dis-donc je n’aurais pas aimé le recevoir. Heureusement qu’on a filé car si ça se trouve les flics sont venus !

Mes paroles semblèrent avoir atténué son ressentiment.

Il sembla presque une seconde sourire et ajouta simplement.

-Oui peut-être, mais ça n’est pas arrivé à Toi mais à Moi.

-Tu sais nous avions un jour parlé : la vie c’est une loterie. Cette fois tu as perdu, une autre fois tu gagneras. Je parie que tu vas revenir un soir dans cette boite. Mais cette fois là tu feras drôlement attention. Tu feras comme moi. Tu regarderas bien et surtout tu parleras avant avec la jeune femme, tu engageras la conversation.

Marlène s’était rapprochée et s’était assise de l’autre côté de Jean-Jacques. Elle l’enserra de son bras droit, lui fit un bisou sur la joue et lui glissa la voix plein de miel :

-Allez, Jean Jacques, Charles a raison. Il faut dédramatiser. Vous êtes un garçon pas mal, je suis sûr que vous rencontrerez une jeune femme aussi gentille que vous. Allez Bonne chance.

Ce geste d’amitié d’une femme qu’il ne connaissait pas eu l’air de lui redonner confiance.

Il me sera longuement la main puis me dit »Pardonne moi, tu n’y es pour rien. Et vous avez raison, il vaut mieux ça que se retrouver à l’hôpital. Alors au revoir peut-être.

Puis il se tourna vers Marlène et à ma grande surprise, se pencha vers elle :

- Je vous remercie pour vos paroles et votre geste si sincère et si gentil. Si vous permettez je vous embrasse et vous dis Bonne Nuit.

Il lui fit une bise sur les deux joues et s’en alla. Avant de disparaître, il se retourna et nous fit un petit signe de la main.

C’était la dernière fois que je le voyais.

Je reverrai toujours cette scène surréaliste à trois personnages. Lui en colère, moi le calmant et la blonde Marlène à un mètre nous regardant en pleine nuit sous la lueur blafarde des lumières de la place

Jean-Jacques donc, un autre fantôme qui hante ma mémoire, un être immature qui a bien existé et qui m’a accompagné sans que je le veuille, un bout de chemin sur la route de ma vie, une personne avec qui j’ai partagé plein de choses malgré moi. Qu’est-il devenu ? Je ne lui souhaite qu’une chose : qu’il soit enfin devenu un homme. Peut-être est-il marié et a-t-il des enfants que moi je n’ai pas. Oui la vie est différente pour chacun. Peut-être par le plus grand des hasards lira-t-il ce texte et se reconnaîtra-t-il ? Chi lo sa ?

J’ai bien retrouvé 40 ans après des gens que j’ai connus……et qui se trouvent parfois très loin. Le monde est à la fois immense et parfois si petit…

Marlène ??Chut..

Enfin, pour tout vous dire sans rien vous dire, j’ai du revenir 5 ou 6 W-E à Bordeaux sans descendre à l’hôtel … Et j’ai eu la chance de promener dans ma verte campagne plusieurs fois une douce fée blonde….

Mais la vie, mais le temps, nous joue parfois de sacrés tours. Surprenant destin qui efface nos traces de pas ou qui enlève les cailloux semés: difficile alors de retrouver le chemin tant aimé.Quand je remonte sur la route de ma vie que de sentes, sentiers commencés qui se terminent en voie sans issue au milieu d’une clairière ou en plein fouillis d’une végétation ennemie. Pistes que j’ai du abandonner, désabusé, pour revenir sur la route initialement suivie…..

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/11/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique-suite-et-fin/feed/
Chanson choc;vidéo. http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/10/chanson-chocvideo/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/10/chanson-chocvideo/#comments Sun, 10 Aug 2008 08:28:30 +0000 rochambeau http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/10/chanson-chocvideo/ Intermède musical avant la fin incroyable, époustouflante, du récit d’une rencontre faite avec un copain de Fac il y a longtemps !!!

Abd Al Malik.

Un ancien rappeur devenu slameur. Un français d’origine congolaise. Un musulman prêchant l’amour et la paix et non la haine et la guerre comme d’autres dont je parlerai. C’est rare. Ces autres d’ailleurs qui le haïssent..Pourvu que cette route qu’il a prise ne s’arrête pas. Mais qu’il fasse attention, elle est étroite et périlleuse. Ne déviera-t-il pas dans un sens ou dans l’autre.. ? Des mots qui cognent. Une musique mélange de jazz, de blues et de bien d’autres origines qui soutient le texte. Ici une référence subtile à Brel. Une certaine poésie, une grande érudition,( il a fait des études et beaucoup lu ), une sincérité réelle, une vérité certaine qui fait parfois mal. Une fenêtre qu’il ouvre pour que l’on aperçoive cet autre monde qui fait peur, que l’on honnit parfois mais que l’on ne connaît pas vraiment, si ce n’est à travers des clichés ou des suppositions, monde qui pourtant existe ! Un monde opaque et puis gris, noir et même rouge comme le sang, un monde triste, spirale descendante sans concession d’où il est difficile de remonter. Remonter de l’enfer n’est pas chose aisée…Des facilités, des habitudes, des automatismes à effacer… Lui semble l’avoir fait. Après un monde normal puis un clash dans sa vie, il y était pourtant tombé…Chapeau.

. Voici un chanteur qui ne laisse pas insensible. Certes il n’a pas la voix sublime de Grand Corps malade que j’avais présenté, mais je crois que s’il continue sur ce chemin il deviendra grand.


Les Autres

Moi, moi quand j’étais petit, j’avais mal
C’était l’état de mon esprit, je suis né malade
Sur l’échelle de Richter de la misère, malade ça vaut bien 6
quelques degrés en dessous de là où c’est gradué “fou”

J’étais voleur et avant d’aller voler, je priais
Je demandais à Dieu de ne pas me faire attraper
Je lui demandais que la pêche soit bonne
Qu’à la fin de la journée, le liquide déborde de mes poches
Bien souvent, j’ai failli me noyer, j’ai été à sec aussi, souvent….
Quand je croisais papa, le matin, aller travailler avec sa 102 bleue
En rentrant, le matin, de soirée, j’me disais “c’est un bonhomme mon vieux”
Ensuite, j’me faufilais dans mes couvertures et j’dormais toute la journée
Le style “Vampire” dormir la journée et rôder une fois le soleil couché
Le genre de prédateur à l’envers, le genre qui à la vue d’un poulet meurt de peur
Je ne me suis jamais fait prendre, et si j’avais été pris, aux keufs, j’aurais dit….

J’étais beau-parleur et je souriais aux filles en jean’s avec de grosses ceintures
Celles qui aiment bien l’odeur que dégagent les gars
qui ont la réputation d’être des ordures
Le genre à jurer sur la vie de sa mère dès qu’il ouvre la bouche
Rêve de BMW pour asseoir à la place du mort celle qui couche
Dans mon monde, un mec comme moi, c’est le top

J’aurais été une fille, on m’aurait traité de sal….
Quand je croisais ma sœur avec ses copines dans le quartier
Moi, qui allait en soirée, j’lui disais “rentre à la baraque !, va faire à bouffer !”
Ensuite, j’allais rejoindre mes copines, celles qui me faisaient bien délirer
Celles qui, comme moi, avaient un père, une mère
Peut-être bien des frères et sœurs qui sait…..
Mais moi, du genre beau parleur à l’endroit, sans foi ni loi
Mais c’était pas moi le chien, mais….

Et puis du jour au lendemain, j’ai viré prêcheur
Promettant des flammes aux pêcheurs et des femmes aux bons adorateurs
Comme si Dieu avait besoin de ça pour mériter qu’on l’aime
mais moi, moi pour que les autres m’aiment, moi
Moi, j’en ai dit des choses pas belles et j’en ai acceptées aussi
On m’a dit “t’es noir, tu veux te marier avec elle, mais t’es noir….”
Les autres y disaient comme ça, qu’elle était trop bien pour moi
Donc moi, moi j’faisais de la peine à voir
moi, j’continuais ma parodie, mon escroquerie spirituelle
Sauf que, j’me carottais moi-même, j’étais devenu un mensonge sur pattes
Qui saoule grave et qui sait même pas ce qu’il dit
Qui voit même pas que c’est un malade et qui dit comme ça
tout le dit y dit comme ça….

Et je vous dis monsieur, je vous dis monsieur,
quand je pense à tout ça, je pleure

REFRAIN :

Les autres, les autres, c’est pas moi c’est les autres

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/10/chanson-chocvideo/feed/
L’Etrange Etudiant Catholique (Suite) http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/09/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique-suite/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/09/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique-suite/#comments Sat, 09 Aug 2008 11:43:12 +0000 rochambeau http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/09/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique-suite/

L’Etrange Etudiant Catholique (Suite)

Je regardais cette femme qui vidait ainsi son sac à l’inconnu que j’étais. Ca fait du bien parfois je pense de pouvoir se confier comme cela à quelqu’un de neutre, qui sait écouter en silence, sans juger, sans pitié offensante mais avec un intérêt réel. Je n’ose d’ailleurs plus entrer dans les détails de ce qui arriva ce soir là à cette jeune femme. Son soi disant compagnon est devenu un autre et s’est montré violent, l’obligeant à certains actes pour l’humilier, la salir. Ensuite elle est tombée dans la spirale horrible qui la faisait descendre au stade de la prostitution. J’étais complètement horrifié d’entendre de la voix même de ce type de victime cette terrible confession. Certes j’avais lu ce genre d’histoire mais se trouver en face de cette femme racontant sa tragédie avec calme, comme si elle avait compris qu’elle ne pourrait plus sortir de la nasse ; lassée, fatiguée, résignée, n’ayant même plus la force de se révolter, de lutter elle s’était résolue à accepter son accident de parcours. Le salaud avait très bien armé le piège, avec patience, ruse et maintenant il la tenait avec son fils car pour elle, cet enfant, c’était sa vie, son bonheur, sa raison de vivre et de supporter son triste sort. En sortant je mis un moment à retrouver du goût à la vie. De temps en temps quand je passais dans le coin, j’allais faire un petit coucou à cette chic femme. Pour moi malgré sa position, je la respectais et maudissais ces bonshommes avides de sexe qui la faisait à chaque fois entrer un peu plus dans les ombres d’une vie bien triste. Quand je pensais à elle, je me demandais comment le destin m’avait fait rencontrer cette femme et comment elle s’était aussi facilement confié à moi, car d’après ce qu’elle m’avait raconté, c’était la 1° fois qu’elle racontait cela à un visiteur comme elle disait. Car moi je n’avais pas été un client. Peut-être que ce destin avait voulu me faire réfléchir sur ma condition de travailleur étudiant, position du cul entre deux chaises qui me donnait l’occasion de me donner des excuses pour mon assiduité assez faible pour ces cours que je voulais suivre et me procurait quelque subside pour me permettre quelques avantages : restaurant, virées aux 1° rayons de soleil avec quelque petite amie au Porge, à Lacanau ou même au Cap Ferret. Evidemment je n’avais parlé à personne de ce destin terrible et surtout pas au petit bourgeois friqué et libertin( c’était lui-même qui se qualifiait ainsi avec humour sinon je n’aurai pas osé ainsi le surnommer ! !) qui m’avait amené dans ce lieu où je ne serai jamais entré seul .En effet un jour il voulut savoir. Son prénom me revient : Fabrice. Je le rencontrais de temps en temps car à part son défaut de vouloir en mettre plein la vue et ses goûts pour certaines attirances que je déplorais, il était sympathique et parfois intéressant. Il avait une autre passion ; le vin. Un jour, il m’invita ( était-il généreux avec son argent par amitié ou pour frimer ??) dans un grand restau ( l^encore lieu où j’ai pu entre grâce à lui !) et commanda une bouteille au prix incroyable. Le sommelier fit tout son cérémonial comme un grand prêtre devant le regard approbateur du Maître d’hôtel pour vider la bouteille dans une carafe avec des précautions infinies. C’était la 1° fois que j’assistais à ce genre de cérémonie ! Presque un tiers de la bouteille était du dépôt. Fabrice goûta avec les gestes d’usage ce cher nectar et le déclara excellent. A mon tour j’en bus une gorgée mais ne fus pas aussi émerveillé. Pour moi ce vin était trop vieux. Mais Fabrice voulait-il éprouver le dicton « In vino veritas », il me demanda « Alors que penses-tu de F.. ? Elle est mignonne hein ! Que t’a-t-elle raconté car j’ai vu les deux fois où je t’ai laissé avec elle que vous aviez discuté ? Car pour moi c’est une énigme. Comment une fille aussi bien élevée, jolie, sympathique, peut avoir échoué dans ce bar ?

-Oh pas grand choses, je lui ai dit que j’étudiais l’espagnol et lui ai appris à sa demande quelques mots car comme tu dis c’est une fille bien.

Je me gardais bien de lui révéler quoi que ce soit et que parfois seul j’allais lui dire bonjour.

Mais revenons à mon étrange étudiant catho. La semaine suivante, il m’attendait devant mon petit hôtel de la Rue Bouffard, où il m’avait accompagné après son café offert la semaine avant.

Il allait être 14 heures et je lui proposais d’aller voir, puisqu’il m’avait dit s’intéresser à l’art, le Musée des Beaux Arts. Hélas, il était momentanément fermé et je lui proposais alors de remonter le Cours d’Albret pour boire quelque chose du côté de Gambetta ou de la Porte Dijeaux. Manque de chance, au moment où nous passions devant le fameux bar louche, F… revenait de faire une course. Elle me fit une bise, dit bonjour à Elle ouvrit la porte et nous laissa enter. -Il fallait voir la tête de Jean Jacques -, et je l’entendis me dire »Et bien venez boire quelque chose à l’intérieur !

Elle ouvrit la porte et nous laissa enter. Il fallait ? Jean Jacques avança et s’assit comme un automate. Une autre fille à la jupe ultra courte vint le voir. I ll avait l’air tétanisé. F.. parla à l’oreille de la fille qui repartit au bar. F.. nous demanda ce qu’on voulait boire et revint nous servir puis s’assit avec nous. Nous nous mîmes à discuter tous les deux comme deux vieux amis. Jean Jacques restait abasourdi, muet. Vu de l’extérieur la scène devait être surréaliste !

Quand nous sommes ressortis mon compagnon s’écria :

-Il faut que l’on discute !

Il avait l’air étrange, survolté et je me demandais qu’est-ce qu’il allait me dire. Il m’entraina vers un bar plus sérieux où nous aurions du nous rendre. Et là, je découvris un Jean Jacques subitement calme, sérieux et fus complètement déstabilisé par sa réaction !

-Mais ce n’est pas possible tu connais une prostituée, tu ne vas pas me dire que tu la paye pour coucher avec elle.

-Mais non, ce n’’est pas mon genre ; je l’ai connue par hasard et comme elle est gentille j’ai sympathisé avec elle car moi je ne pose pas d’étiquette sur les gens !

-Et bien justement. Moi aussi je la trouve convenable et bien élevée. Mais que fait-elle dans ce bar ? Je te propose un truc : il faut l’en sortir et là tu ne peux pas refuser. Tu te rends compte, il faut la sauver et la réinsérer dans la société ! Je mettrai même certains membres de mon Asso dans le coup !

La discussion dura alors une bonne heure. Il fut plus que difficile de faire comprendre à ce garçon certes généreux mais combien idéaliste et ignorant de certains faits de la vie, la particularité de la situation et son aspect dangereux. Je lui fis comprendre qu’elle était en quelque sorte prisonnière et que son gardien, si on se mêlait de ça, pouvait devenir très dangereux. Moi déjà je ne suis pas d’accord et je te conseille Toi aussi de ne surtout pas mettre ton nez là dedans : tu vas t’attirer des ennuis et mettre dans l’embarras tes autres membres qui je suppose réagiront comme moi.

-Comment ça ?

-Et bien tu as envie que deux ou trois gars inconnus t’attendent dans une rue, te tombent dessus, t’entrainent dans une cour ou un couloir et te fichent une telle dérouillée que tu resteras quelques temps à l’hôpital.

-Ah bon à ce point…Il resta un moment sans dire un mot, songeur puis me quitta simplement en me disant Au revoir !

Bizarrement jean Jacques ne me parla plus de son désir de bonne action risquée ! Pourtant je l’a rencontré quelques fois puis je suis entré dans la vie active dans mon département et ne le vis donc plus. Or quelques années plus tard je vins un jour passer une fin de semaine à Bordeaux ; Je me trouvais à la Librairie Mollat en train de regarder des livres sur l’Asie en vue d’un futur voyage quand j’entendis une voix qu’il me semblait connaître !.

-Mais c’est ne pas vrai. C’est Charles !

Je me retournai et vis jean Jacques. Il n’avait pas changé : toujours aussi blond, grand et mince. Comme midi arrivait nous sortîmes et décidâmes d’aller manger dans un restaurant chinois pas très éloigné.

A suivre : Toujours des souvenirs du chemin de ma Vie, retrouvés presque intacts dans un coin de ma mémoire, car tellement inoubliables. Le pauvre Jean Jacques tombé dans une aventure INCROYABLE bien malgré moi !

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/09/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique-suite/feed/
L’Etrange Etudiant Catholique. http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/08/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/08/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique/#comments Fri, 08 Aug 2008 13:21:57 +0000 rochambeau http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/08/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique/

L’Etrange Etudiant Catholique ou le Naïf aux 40 grands plans.

Etrange Personnage que j’ai connu un jour de 68 ? Je  partais de Talence pour revenir sur Bordeaux Centre  avec ma fameuse Simca mille (dont j’ai parlée V archives). J’ai vu un gars blond faire du Stop. Or il m’arrivait très souvent d’amener ou de ramener des étudiants. Ca leur faisait économiser un ticket de bus, je les déposais Place de la Victoire ou à Pey Berland. 

Ce gars là m’a paru tout de suite sortant de l’ordinaire ; vif, bavard, volontaire, idéaliste. Il était étudiant en Sciences (je l’avais d’ailleurs trouvé en face du monumental portail  aux grilles de fer (je ne sais si elle existe toujours) ? Il m’a raconté qu’il faisait partie d’un mouvement catholique étudiant qui aidait les jeunes dans le besoin mais qu’il s’occupait de tout un tas d’autres actions en faveur des vieilles personnes, etc..). Comme il ne me disait pas de m’arrêter, je continuais et me garais comme à mon habitude du côté de Pey Berland. ? Ce fut juste devant le Café Le Français ! Heureux temps où c’était si facile de ses garer là ou dans les rues  de Montbazon, Boulan, de la Boétie, de Castelmoron. Temps où l’on pouvait circuler dans la Rue Sainte Catherine et se garer dans des rues perpendiculaires ou au Parking Victor Hugo ( à étages) ; je ne sais s’il existe encore.

Ce jeune appelons le Jean-Jacques, voulut à tout prix m’offrir un café au Français. Alors il me posa plein de questions.

- « Es-tu catholique ?

-Oui mais après ma communion j’ai arrêté de croire aux hommes qui dirigeaient l’Eglise , même si certains étaient vertueux, d’autres étaient infâmes. Mais c’est le propre de l’homme : certains aiment obéir sans se poser de questions, d’autres sont prêts à tout pour monter dans la hiérarchie, d’autre se laissent aller, croyant être inattaquables, à leur plus bas instinct.

Pour ne pas le vexer j’ajoutais :

- Mais tu sais ces différents types d’homme ; le sincère et honnête, le servile, l’ambitieux à tous prix, le malveillant ou le vil, nous les retrouvons dans toutes les organisations ou systèmes de la Société, qu’ils soient religieux, politique, faisant partie des moteurs de l’Etat ou autres. Finalement j’ai plus confiance encor aux gens de la base, aux bénévoles qui font cela sur leur temps de libre.

-Ah formidable ! Je vais te faire entrer dans mon organisation. Tu sais dans mes projets, j’ai monté plein de plans d’actions et j’ai besoin de gens comme Toi pour m’épauler! !

-Non tu sais je ne suis là que de 2 à 3 jours. En effet je travaille en tant que pion dans ma ville d’origine et là bas je fais beaucoup de bénévolat dans plusieurs domaines. Alors non merci.

La conversation continua un moment. Il m’avoua qu’il était très timide et qu’il n’avait jamais eu de petites copines !

-mais comment mais dans tons Asso, il doit bien avoir des filles et qui plus est qui sont généreuses comme Toi. Et toi tu es intéressant sympathique!

-Non mais tu sais ce sont des filles plus que timides pour ne pas dire coincées et ma timidité me tétanise!

-Ah tu sais les filles, il faut savoir leur parler et je suis sûr qu’elle doivent être moins coincées que tu le penses. Si ça se trouve ctu serais surpris de découvrir comme certaines de tes copines sont coquines !

- Tu crois ?

-Oui j’en suis sûr. Ta timidité? Il suffit qu’une fasse les premiers pas et tu fondras !

Tu en esûr ?

-Ecoute je te présenterai une étudiante que je connais et qui se dit assez coquine pour faire craquer même un séminariste ! J’essaierai de te la faire connaître! Tu en redemanderas !
Il avait l’air un peu fou fou, très et trop idéaliste, ingénu, crédule. Il me fit promettre de le revoir et il me fixa un rendez-vous.

Mes connaissances, vu ma facilité à communiquer étaient très diverses : depuis des anars jusqu’à des gens libertins. Ainsi j’avais connu un étudiant plutôt friqué qui était fasciné par les Dames de petite vertu ! Il m’avait amené dans des bars louches du Cours d’Albret ( en remontant vers la place Gambetta) ou des environs. Lui montait. Il insistait pour que j’en fasse de même. Devant mes refus il m’avait même un jour proposé de m’offrir une fille. Mais je lui avais expliqué que ces pauvres filles étaient pour la plupart de véritables esclaves et que pour moi, avoir une relation avec une jeune femme c’était forcément une relation consentie et désiré par les deux  sans question d’argent ou de cadeau. Ainsi je restais à boire un Perrier menthe ou une bière. Je pus de cette façon tisser des liens avec une jeune femme charmante qui bien sûr la 1+ fois essaya en venant s’asseoir sur mes genoux de se faire offrir une coupe de champagne ! Mais devant mon refus d’aller passer un moment tarifé avec elle. devant mes dénégations et mes explications, elle avait fini, étant intelligente et sympathique et me trouvant je suppose gentil et intéressant par discuter avec moi ; c’était souvent en tout début d’après-midi (avant d’aller en cours) et il y avait peu de monde pour les quatre filles. Je revins même seul discuter avec elle à plusieurs reprises. Je me mis même à lui donner quelques notions d’espagnol ! Ainsi un jour elle me confia son « mauvais destin  »: étudiante à Bordeaux, ses Parents travaillant en coopération pour plusieurs années en Afrique, elle avait rencontré un jeune anglais étudiant lui aussi et était sortie avec lui . Hélas elle se retrouva enceinte. L’anglais eut l’air d’accepter la chose et ils firent même des projets ! Sur le point d’accoucher, et les vacances arrivant, l’anglais disparut à jamais. Elle se retrouva donc seule avec un bébé. Ses parents à qui elle n’avait rien avoué continuaient à lui envoyer de l’argent. Pour vivre mieux, elle se mit à travailler comme vendeuse et mit son bébé en nourrice. Et un jour en fin d’après midi alors qu’elle se désaltérait, après son travail, à la terrasse du Régent, un homme d’une trentaine d’années, charmant, sympathique bien habillé l’aborda. Devant sa gentillesse elle consentit à sortir avec lui (restaurants, dancings ou boites de nuit). Il travaillait lui avait-il dit dans les affaires ce qui expliquait son train de vie. La relation étant bien vite devenue intime, il l’installa bientôt dans un petit appartement plus confortable que son petit studio, lui trouva une place bien rémunérée de vendeuse dans une boutique de lingerie. L’homme lui rendait souvent visite le soir et prétextant une maladresse de la nounou se chargea de trouver une femme qu’il connaissait bien dans les environs de Bordeaux, une femme remplie de qualités et aimant les enfants pour s’occuper de l’enfant. Tombée follement amoureuse de lui elle accepta ce placement et cela d’autant plus qu’il allait lui-même chercher l’enfant toutes les semaines d’abord puis toutes les quinzaines pour raison de trop de travail, le Vendredi et le ramenait à la campagne le dimanche soir ! Elle ne trouva même pas bizarre, ayant une confiance aveugle en cet homme, de ne pas avoir l’adresse ou le N° de téléphone de cette nourrice. Son fils arrivant le Vendredi propre, bien habillé et l’air heureux et en bonne santé, cela lui suffisait. Cette vie enfin heureuse et sans souci lui convenait

Et puis un Vendredi soir où elle n’avait pas son fils, le cher Monsieur bien sous tous rapports arriva avec deux amis. Il avait amené du champagne, des petits fours pour passer une agréable soirée. Très crédule, elle accepta sans méfiance cette idée de fête chez elle avec des collègues de son amoureux, bien, eux aussi, sous tous rapports……

 

 

A suivre…( avec de sacrés rebondissements tragiques et comiques où vous découvrirez les aventures incroyables de cet Etudiant Monsieur 100 000 volts, déclenchées sans le vouloir par moi  ! Et oui la vie c’est un mélange de tout cela ! )

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/08/l%e2%80%99etrange-etudiant-catholique/feed/
Louis l’Africain. Vidéo.( Fantômes du Passé) http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/07/louis-lafricain-fantomes-du-passe/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/07/louis-lafricain-fantomes-du-passe/#comments Thu, 07 Aug 2008 13:01:11 +0000 rochambeau http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/07/louis-lafricain-fantomes-du-passe/ Je vais suivre le conseil que l’on me donnait déjà alors que j’étais petit. Si tu as des problèmes, des soucis, il faut occuper ton esprit : fais quelque chose, écris ou rencontre d’autres personnes. Il faut réagir et essayer de se distraire, de rire!

Suivant ce conseil ancien je vais continuer à parler de ces fantômes du passé qui ont hanté d’une manière positive ma vie passée.

C’était encore à Bordeaux lors des mes Etudes. Le hasard m’avait connaître un Africain d’origine Gabonaise, je crois : Louis. Il finissait son droit et préparait son doctorat qu’il eut d’ailleurs. Il avait aussi une licence d’anglais. J’avais été fasciné moi le poète par moments dans les nuages et peu ordonné, par le charisme, le sérieux, le caractère solide de ce jeune homme à la volonté, au calme, et à l’intelligence incroyables. Toujours tiré à quatre épingles, il était affable, prévenant, à l’écoute des autres ? Quand il parlait, moi le bavard je l’écoutais avec respect.. Ensemble nous parlions de littérature (il aimait bien la littérature américaine) et de poésie : on évoquait bien sûr des gens comme Senghors, Césaire, Depestre, etc…ou des « Américains » Lanston Hugues et Richard Wright qu’il m’a fait découvrir. Mais nous parlions aussi, , goût en commun , des surréalistes. Sa culture était grande et nous parlions aussi de jazz, de cinéma ou abordions les problèmes de société ou même des sujets moins sérieux, car Louis avait un sens aigu de l’humour !

Ainsi cela m’a marqué, je vais vous conter des expériences qui nous ont fait bien rire. Louis parlait donc, un français parfait et sans accent. Ors, un peu poussé par moi, il s’habillait simplement (polo, jean) et nous allions dans des petits commerces : épiceries (qui existaient encore), mercerie, quincailleries ! Il pénétrait le premier et alors demandait, dans un langage ampoulé semé parfois de fautes de syntaxe et surtout avec un accent africain hyper prononcé avec les tics verbaux habituels, parfois difficilement compréhensible à la 1° écoute, un objet bien particulier dont il ne souvenait plus tout à fait du nom ! Alors il entrait dans des explications laborieuses avec force gestes ! Ce qui était comique, c’était la réaction des propriétaires, gérants ou vendeurs. Moi j’étais en retrait et je regardais les visages de ces hommes ou femmes soit étonnés, soit moqueurs, soit agressifs ou agacés (mais ce fut le cas plus rare). La plupart faisait de leur mieux pour le comprendre et, ce qui était très amusant, suivait de leur regard, les gestes d’explications très amples de Louis ! Les gens réagissaient à 90% d’une manière sympathique car il faut préciser que Louis avait une bouille superbe avec son grand sourire tellement sympathique ! Parfois il se mettait à rire très fort à la manière du célèbre comique Omar. ( Voic un sketc d’Omar et Fred !)

En principe ce rire surprenant, désopilant, communicatif, déclenchait l’hilarité générale dans le magasin. J’ai même plusieurs fois vu les autres clients rire jusqu’aux larmes. Parfois Louis se retournait, je lui donnais une de ses vestes et refaisant face à son interlocuteur, il reprenait son accent et son langage châtié et déclarait : « Voila, voyant votre difficulté à me comprendre, j’ai chassé le Noir de la Brousse et voilà le Noir de la ville ! » Il fallait voir alors la surprise du commerçant. Un boucher avait tellement rit et apprécié la farce qu’il nous avait invités le lendemain soir pour nous faire goûter de la « vraie viande » cuisinée par lui-même et par son épouse. Il en avait profité pour nous narrer, ce soir là, ses « exploits de sale collégien » !

Louis en sortant de ces récréations s’écriait « Sacré Charles tu m’entraines dans des délires de potaches, mais je me rends compte que j’y prends goût et je reconnais que cela me fait du bien. Ce n’est pas bien méchant et c’est bon parfois de sortir des sentiers battus. ! »

C’est regrettable qu’à l’époque je n’avais ni magnétophone portatif ou caméra. !

Quand j’ai arrêté mes études j’ai perdu de vue Louis. Lui aussi devait partir en voyage de découverte aux Etats-Unis. Il espérait rester là bas pour travailler soit en tant que Conseiller dans une grande entreprise, soit en tant qu’enseignant dans une Université ou une grande Ecole.

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/07/louis-lafricain-fantomes-du-passe/feed/
Tous citoyens vous êtes en danger http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/06/tous-citoyens-vous-etes-en-danger/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/06/tous-citoyens-vous-etes-en-danger/#comments Wed, 06 Aug 2008 11:12:22 +0000 rochambeau http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/06/tous-citoyens-vous-etes-en-danger/

Aujourd’hui je n’enverrai pas de billet ou d’article. En effet je suis pris dans une spirale ubuesque, où tout citoyen innocent, peut être englué dans une sorte de toile d’araignée. Vous avez beau faire appel aux responsables censés vous défendre, mais chacun vous envoie vers une autre personne qui lui même vous oriente vers quelqu’un d’autre. En fait le dit responsable n’est plus responsable ou ne peut vous renseigner bien qu’il soit à ce poste dans ce but ( !!!). Chacun se protégeant derrière des textes de lois, contredits par d’autres, oubliant la principale loi , c’est que “vous client d’une Société”, d’après le contrat que vous avez signé au départ,”vous êtes protégé et nullement responsable de tout dysfonctionnement interne, et qu’ eux seuls, dirigeant de la dite Société doivent non seulement vous protéger mais assurer leur responsabilité entière et se retourner si nécessaire vers des tiers malhonnêtes”.

Donc je me débats actuellement au mieux de ce piège ( 15 appels téléphoniques ce matin notamment !) et j’en parlerai peut-être une fois sorti de ce guêpier.

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/06/tous-citoyens-vous-etes-en-danger/feed/
Le lecteur de Serbo Croate http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/05/le-lecteur-de-serbo-croate/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/05/le-lecteur-de-serbo-croate/#comments Tue, 05 Aug 2008 12:09:42 +0000 rochambeau http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/05/le-lecteur-de-serbo-croate/

Raddé.

Etonnant personnage ; autant sa taille était impressionnante, autant son caractère était doux, presque timide. Il avait une culture très grande et parlait lentement de littérature, de civilisation. Il était Serbe mais ne m’a jamais parlé de politique, de nationalisme. Son ouverture d’esprit, son besoin d’aller vers les autres me faisaient comprendre que, s’il était venu en France, c’était surtout pour apprendre à découvrir une autre vision du monde.

Je l’ai donc connu en 67-68 et avions sympathisé ; puis je l’ai retrouvé( je l’avais incité à s’inscrire) pendant ce fameux voyage en Espagne d’Avril 69 où j’ai appris à mieux le comprendre.

Voici une photo prise pendant ce fameux voyage, à Requena, célèbre pour ses caves et ses dégustations !

esp-requena.jpg

Je fais « une démonstration » de « bebida al porron » pour nos amis Africains,Iraniens, etc…

Quand Raddé et moi, nous étions ensemble et marchions côte à côte, ça faisait sourire les autres. Un gars pas très grand comme moi et un gars de près de 2 mètres, bâti comme un haltérophile, c’est sûr ça attire le regard ! Je n’ai hélas pas de photo avec lui.Nous sommes restés trois jours à Valence où nous logions au foyer des Etudiants en plein Centre ville, un superbe endroit avec un immense salon où se trouvait un piano à queue : un petit ami d’une étudiante du groupe et qui l’avait accompagnée, futur concertiste, nous a fait un jour en fin d’après midi ( 18H.20H) un concert extraordinaire ! Je regardais Raddé : il était complètement captivé par cette musique de Chopin, de Mozart, de Bach , Rachmaninov ou encore Debussy et Ravel.. Mais le soir nous allions dans les bars à la façon espagnole : c’est à dire 20 minutes dans un lieu puis autre pause dans un autre. Parfois il y avait tellement de monde que les jeunes étaient jusque dans la rue. C’est bizarre mais avec lui je me sentais en sécurité ! J’étais sûr que personne même un gars un peu éméché, serait venu me chercher des histoires. Raddé avait une sacrée descente : cañas, ou vasitos de vin blanc sec accompagnés de tapas se succédaient. Un soir dans un bar typique, où jambons, saucissons, etc étaient suspendus au dessus de nous, il avait voulu goûter par besoin de connaître une sorte de brochette faite de petit piments rouges et de chorizo. Malgré ma mise en garde, il commença à la manger. Je vis alors son visage lentement blanchir puis rougir ! Il finit sa brochette mais il ne parlait plus et des larmes coulaient sur son visage. Il resta un moment ainsi et c’était assez impressionnant de voir ce colosse pleurer. Les voisins de bar le regardaient aussi avec étonnement. Il faut dire que ces piments sont du feu et une fois croqués il faut un moment avant que la brûlure qui irrite la bouche et le gorge se calment. Il me parla que bien plus tard en me disant seulement « J’aurais du t’écouter ! » et il se mit à rire.

Je fus inquiet quand nous nous promenâmes sur une barque dans la huerta ( en la Albufera) de Valencia : le frêle esquif pencha dangereusement quand il monta. Des filles poussèrent des cris. Aussi voyant la peur que nous avions de sa masse, il partit en riant seul avec les deux espagnols organisateurs dans un barque menée par un paysan du coin. Voici une photo de notre barque sans lui ( il y avait en tout 9 barques !)

esp-albufera.jpg

A Bordeaux nous nous retrouvions parfois, avant le voyage de l’année 68-69 à refaire le monde. C’était notamment après Mai 68. Je le revois toujours avec moi, en train de visiter la Fac Pasteur ( aujourd’hui Musée) : tout était abîmé, des statues étaient ébréchées ou peintes en rouge, les murs étaient couverts de slogans parfois puérils, parfois intéressants. Il hocha la tête et dit seulement « Ces pauvres étudiants, fils de bourgeois gâtés veulent avoir mon régime et saccagent des richesses architecturales . Ils doivent être sacrément innocents ou masochistes ! Budapest de 56 ne les a pas touchés : ils étaient trop jeunes et la tentative de Dubcek à Prague va sombrer tôt ou tard. ? La puissante Russie ne pourra tolérer longtemps la trahison d’un de ses satellites et avec sa puissance moyenâgeuse fera rentrer ses pauvres serfs dans le rang !Mais ces jeunes qui veulent faire la révolution, s’y intéressent-ils vraiment ? Leur conscience politique n’a pas été encore construite avec la lecture de l’histoire! ( Quelques mois plus tard les paroles de Raddé furent vérifiées !) Car dans mon Pays, nous les Etudiants nous ne pouvons même pas lever le petit doigt pour nous débarrasser de cet étau communiste qui nous détruit lentement. Etrange paradoxe que la France où des fils du peuple, C.R.S tapent sur des fils de bourgeois révolutionnaires! Cette pseudo révolution ne sera que culturelle et pas politique. Elle ne changera pas ce capitalisme rampant qui envahira le monde mais elle aura fait évoluer certaines mœurs dans votre pays. Et puis votre vieille démocratie a les reins solides et ne peut être abattue ainsi !Bien sûr comme dans tout mouvement spontané, il y a eu des débordements dans tous ces happenings, ou dans ces associations sans doute éphémères comme le C.U.L ( Cercle d’Unions Lubriques) qui défile dans les rues de Bordeaux avec un camion décoré de petites culottes, invitant les jeunes à des récréations copulatives !Il faut bien que jeunesse se passe. Mais malgré les excès observés,je suis content d’avoir vécu cette expérience. Je suis sûr que dans trois mois ces ardents révolutionnaires se retrouveront sur les plages à la mode à se défouler dans d’autres domaines ! ». C’était la 1° fois que Raddé émettait une opinion aussi personnelle et je ne sus que répondre. Ça aurait été trop long de lui expliquer le pourquoi et le comment de l’évènement Il ne m’en parla plus jamais. Pendant le voyage, il échangea ses propos sur d’autres sujets,avec tout le monde, ayant soif de connaître ces gens venus d’ailleurs. Il ne parla pas de son pays .

La dernière fois que je le vis ce fut au New-York en Juin 69, devant un café. Il me confia ses intentions d’essayer de partir aux Etats-Unis ou au Canada…Mais il m’expliqua que ce serait une tâche plus que difficile pour lui.

Qu’est-il devenu?

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/05/le-lecteur-de-serbo-croate/feed/
Fantômes amis du Passé. http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/04/fantomes-amis-du-passe/ http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/04/fantomes-amis-du-passe/#comments Mon, 04 Aug 2008 12:03:44 +0000 rochambeau BordeauxEspagneronflementSuisse alémanique http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/04/fantomes-amis-du-passe/


Retournons sur la route de ma vie à la rencontre de personnages marquants, rencontrés et disparus dans les forêts de la vie.

Wilfrid, le Suisse Allemand ( ou alémanique).

C’est bizarre comme dans certaines périodes de notre vie nous avons côtoyé des gens qui faisaient partie presque de notre quotidien ; avec leur voix, leur rire, leurs tics ou habitudes ils nous étaient familiers, ils connaissaient une partie de notre vie et nous aussi nous savions beaucoup de choses sur la leur. Ils nous faisaient rire, nous passionnaient parfois par leurs différences. Visages, silhouettes, de plus en plus flous, qu’êtes-vous devenus ?

Bordeaux, années de fac : des gens rencontrés par hasard, des étudiants.

Notamment certains connus lors d’un voyage en Espagne« organisé » par deux espagnols. Voyage extraordinaire de 48 filles et 12 garçons : Des profs, une commerçante, deux filles de l’administration ( Poste et EDF) et surtout une majorité d’étudiants avides d’aventures et de découvertes ! Qui plus est une tour de Babel avec notamment, un couple de Péruviens, deux institutrices Iraniennes ( c’était du temps du Shah), une Ecossaise, une Allemande, un Ivoirien, un Comorien, un professeur agrégé d’Anglais de Grenade, une fille de Djibouti , un Suisse, etc.. le tout dans une ambiance sympathique et bon enfant.

J’ai partagé deux fois la chambre avec le Suisse allemand : Wilfrid. Ah c’était un sacré personnage : grand, mince mais solide, blond plus ou moins frisé avec des nuances de roux, une fine moustache. Un gars charmant d’un calme extraordinaire, poli, plein de principes, à l’accent bien sûr très prononcé. Son débit de paroles était lent, et ses explications fournies.

Je me souviens des deux soirs où j’ai du partager ma chambre avec lui. La 1° fois, les deux Espagnols avaient trouvé une sorte de foyer tenu par des sœurs ! C’était à Soria je crois. A vingt deux heures il fallait regagner nos chambres, heure bien surprenante pour l’Espagne ! Il est vrai que le dîner avait été à vingt heures !

Dans la chambre pendant que j’étais dans la salle de bain, Wilfrid arrangeait lentement son lit, rangeait les affaires de sa valise. Dès que je fus au lit je regardais avec un étonnement stupéfait la lenteur de ses gestes. Il se déshabilla et resta en caleçon assez comique, noir avec des rayures roses. Il mit sa chemise sur un cintre, rangea ses chaussures qu’il avait préalablement nettoyées et fait briller et ses chaussettes sur le rebord de la fenêtre, laissant les volets a moitié fermés et les vitres ouvertes. Puis à ma grande surprise, plia avec un soin extraordinaire son pantalon et le posa délicatement, après avoir relevé le matelas, sur le sommier ! Il arrangea à nouveau son lit et me déclara : « Tu vois Charles, voilà ma meilleure repasseuse. Demain mon pantalon aura les plis bien marqués  ». Puis il se dirigea dignement dans la salle de bain avec son « sac de nuit » ! Il en ressortit vêtu d’un pyjama blanc constellé de fleurs d’édelweiss ! J’écarquillais les yeux et me retint de rire. Puis il rangea son sac de nuit dans sa valise, s’étendit sur son lit. Son cérémonial avait du durer au moins trente minutes ! «  Charles, je te souhaite une bonne nuit car je vais fermer les écoutilles ! Demain  je te demande, s’il te plait de ne pas oublier de me réveiller car mon sommeil est lourd ! » « Oui Bonsoir » Wilfrid ! ». Je le vis alors prendre un objet que je découvrais pour la première fois. C’était une sorte de grand masque noir de tissu composé de deux cercles au rebord ouaté pour cacher les yeux et de deux branches de toile pour attacher le dit masque derrière la nuque. Mais ces branches possédaient au niveau des oreilles, de chaque côté un grand renflement en forme d’oreille, eux aussi aux rebords ouatés, qui s’appliquait exactement sur les dites oreilles. Ainsi accoutré, il se retrouvait complètement isolé du monde. Son visage avec son nez, fin, long et pointu, sa peau légèrement rosé et ce masque bizarre noir, avait quelque chose à la fois de comique, de surréaliste et d’effrayant. J’eus envie de le prendre en photo. Mais mon respect d’autrui me retint. J’éteignis la lumière et m’endormis. Je crois que cette nuit j’ai rêvé de Zorro.

Le lendemain, mon réveil sonna et j’eus le temps d’aller prendre ma douche, m’habiller. Wilfrid n’avait pas bougé et dormait toujours sur le dos avec sa figure d’extra terrestre. Je dus le secouer fortement pour le réveiller. Il enleva son accoutrement et me regarda étonné. « Ah oui, j’y suis ! Je te souhaite le Bonjour Charles ! Ca va je suis réveillé. Je te remercie. Tu peux disposer si tu le désires ! » Il regarda sa montre, s’étira, se leva, sortit son sac de nuit où se trouvait sa trousse à toilette et où il rangeait son pyjama, et de blanc et d’édelweiss vêtu, une grande serviette rouge sur l’épaule, il se dirigea comme un  empereur, vers la salle de bain.

Je le laissai et descendis ma valise. Il apparut à la table du petit déjeuner une demie heure après, impeccable et frais rasé.

Une autre fois, je dus partager la chambre avec lui. Il monta à neuf heures et demie au lit. « Charles, ne te déranges pas pour moi tu pourras allumer. Bonne Nuit ! »

Vers deux heures, arrivé à la chambre je tentai en vain plusieurs fois d’ouvrir la porte, mais elle était fermée de l’intérieur. Heureusement nous n’étions pas dans un palace mais dans une pension de famille de Madrid  et nous avions eu la chance d’avoir une salle de douche pour nous deux. Pour mon bonheur, la fenêtre de cette salle, aux vitres peintes en blanc, donnait sur le couloir. Je m’aperçus que l’espagnolette n’avait pas été tournée et je pus après avoir poussé les deux montants, escalader le muret-rebord et entrer. Heureusement il n’y avait personne dans le couloir car on aurait pu trouver mon entrée par une fenêtre plutôt bizarre. Dans la chambre Wilfrid, comme la fois d’avant dormait sur le dos, avec son accoutrement. Il avait eu la gentillesse d’allumer la lampe sur ma table de nuit. Seul problème, une sorte de sifflement, de râle puissant et sonore sortait de sa bouche ouverte. Je me lavais les dents,  me mis en tenue de nuit, éteignis et attendis. Mais son espèce de ronflement intersidéral m’empêchait vraiment de dormir. Alors, comme j‘ai la faculté de pouvoir souffler entre une dent du bas et une dent du haut légèrement cassé pendant mon enfance, ce qui me fait émettre un sifflement hyper strident, aux limites des ultra sons, son que je peux moduler à ma guise, j’émis cette sorte de stridulation continue, lentement et de plus en plus forte en espérant surtout qu’il arriverait à franchir la barrière de ses protections auditives !. Le ronflement aigu de Wilfrid s’arrêta alors comme par enchantement. Ravi je m’apprêtais à plonger dans un sommeil réparateur quand le bruit helvétique s’éleva de plus belle ! Les murs de la chambre comme les montagnes de son pays semblaient décupler le bruit. Alors là mon sifflement se fit encore plus aigu et plus violent. Wilfrid dans le noir, se mit à pousser des sortes de grognements, toussa deux ou trois fois, se racla la gorge et puis ce fut enfin le silence !

Wilfrid, un gars extrêmement calme et gentil que nous invitâmes plusieurs fois dans le petit groupe formé au retour du voyage. Un soir, chez une prof d’espagnol basque, retournée depuis dans son Bayonne natal,  il nous fit une fondue inoubliable !

Qu’est-il devenu cet helvète si poli et si pacifique quarante après ? Un banquier ? Un ingénieur  peut-être  à la retraite dans sa région du côté de Bâle ou de Zurich !

Je revois aussi Radde, un autre personnage attachant connu pendant ce périple espagnol. Ce lecteur de Serbo croate, à la Fac Pasteur,  était un homme impressionnant par sa stature, son calme, son intelligence. Mais j’en parlerai une autre fois.

]]>
http://rochambeau.blogsudouest.com/2008/08/04/fantomes-amis-du-passe/feed/