logo
visu

Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
Poèmes, Souvenirs de rencontres de personnages connus,Réactions d’Humeur,Musique, Peinture,Images de ma vie,Photos,Littérature,Autographes.

Jours de Gala !!! 1°

Jours de Gala !!! 1°

La vie laborieuse de peintre courant après les expositions, les récompenses, l’homme avide de reconnaissance, la vie relationnelle et sociale parfois tumultueuse s’est arrêtée un jour. Le bateau ivre de Dali, ballotté par les tempêtes, fatigué par les courses, a fait relâche dans ce gentil port de Cadaquès puis dans cette anse perdue et sauvage de Port Lligat. Le capitaine avait subi les charmes d’une sirène surprenante, intelligente, calculatrice, croqueuse d’hommes ; une femme au charme mystérieux et étrange révélatrice du Moi enfoui de cet homme généreux mais compliqué, perturbé, exigeant.

Revenons donc à ce voyage de 1929, à Paris où Dali rencontre les Surréalistes ; Breton( vous pouvez voir sa maison à Saint-Cirq la Popie), Philippe Soupault ( que j’ai rencontré à Brive dans les années 80 : je fus étonné de le voir vivant ce qui le fit bien rire ! Un homme sympathique et simple.Comme je faisais étudier certains de ses textes à mes élèves, il en fut heureux ; on parla de Sabine Sicaud, de Pierre Seghers, de l’Ecole de Rochefort et j’oubliai de lui parler de son rôle important dans le mouvement surréaliste !)),

Donc parlons de cette rencontre avec les Surréalistes qui fut d’une importance capitale pour Dali aussi bien sur le plan humain ( et donc sexuel) que sur le plan artistique.

Durant sa période estudiantine, Dali à la recherche d’une sexualité réelle, croit connaître des influences homosexuelles qui se font ,dit-il, clairement sentir, (son ami homosexuel Garcia Lorca avait bien tenté de le sodomiser en vain lors de leurs vacances communes)

. Echec sans doute parce que, Dali ne le sait pas encore, mais ses toiles de jeunesse démontrent un besoin instinctuel de posséder les femmes.
Dans sa première autobiographie, Dali décrit des scènes de jeux érotiques avec une jeune fille de son âge. Pourtant ses désirs restent à l’état latent.Seule une femme sortant de l’ordinaire pourrait peut-être déclencher en lui l’élan salvateur ! Curieux de se découvrir,il raconte alors, ses recherches multiples pour rencontrer la femme parfaite, dans la rue ou dans les bordels de Paris. Et malgré cela, Dali affirme qu’il était vierge quand il rencontra son seul et unique amour, Gala

Déçu physiquement ( à cause en fait de son propre échec) par Lorca, il va se passionner alors , artistiquement, pour l’œuvre de son Ami de Grenade. Comme je l’ai déjà dit, il écrira un article « San Sebastian » en son honneur, il fera les décors et les costumes de « Mariana Pineda ». Pourtant,déjà proche des idées surréalistes, en 1928 ,Dali s’éloigne de Lorca, en remettant en question la validité de la poétique de Lorca qui vient de publier son « Romancero Gitano » Il le juge trop traditionnel et mélodramatique .

Mais dans l’histoire de l’art espagnol, cet amour impossible, cette amitié surprenante et inédite, à la fois amoureuse et créatrice, restera à jamais marquée en lettres d’or. En effet puisque leur complicité donnera naissance à des éblouissements mutuels qui auront des conséquences décisives sur la vie et l’œuvre de ces deux mythes du 20° siècle. Dali sera très fortement marqué par Lorca et surtout, lui qui à peur du départ irrémédiable, par sa mort. Même à la fin de ses jours Salvador parlera « d’une amitié tagique ».

Ainsi Dali va se retrouver à Paris, dans un vide sexuel et affectif et dans un une remise en question de son œuvre.

.En s’étant rapproché de son autre ami , Buñuel, aussi adepte du surréalisme, avec lequel il écrit le scénario et, depuis janvier 1929, prépare le tournage du film Un chien andalou qui doit se faire à Paris en avril 1929, Dali va plus encore adopter ces théories nouvelles. D’avril à juin, Dali réside à Paris où, grâce à Miro qui s’était déjà intéressé à son œuvre à la suite de ses expositions aux Galeries Dalmau, il connaît Tristan Tzara; ce dernier le fait connaître dans les milieux surréalistes. Ainsi, Dali signe un contrat pour une exposition avec le marchand Goemans.(Je vous reparlerai de ce mouvement artistique qui a tant marqué notre début de 20° S) Voici le célèbre Tableu de Marx Ernst:

dalisurrealistes-de-max-ernst.jpg

 

 

Derrière, de gauche à droite: Philippe Soupault, Jean Arp, Max Morise, Rafaele Sanzio ( !!! avec un béret!)), Paul Eluard, Louis Aragon, (déjà au 2° plan, car on l’éloignera à cause de son engagement communiste)André Breton,( avec la cape rouge) Giorgio di Chirico, Gala Eluard.(semblante fuyante)
Au premier plan: René Crevel (assis, de dos), Max Ernst, Fedor Dostoïevski, Théodore Fraenkel, Jean Paulhan, Benjamin Péret, Baargeld, Robert Desnos

Au Rendez vous des Amis 1922

Ce tableau fut exécuté par Max Ernst en 1922, alors qu’il venait de quitter la Suisse pour rejoindre Gala Eluard à Paris. Il représente le groupe au moment où le peintre l’a rencontré, flanqué , oh ironie !!!,de Raphaël (coiffé d’un béret) et de Dostoïevski (personnage barbu), deux ancêtres bien douteux du surréalisme. Ils doivent être là pour incarner deux modèles à fuir : une peinture religieuse et académique pour le premier, une conception réaliste du roman pour le second ?!C’est d’ailleurs sur un extrait de Crime et châtiment que Breton s’appuiera, dans le Manifeste, pour condamner la description. Et pour se moquer encore plus de ces deux ancêtres,, Ernst, assis irrévérencieusement sur les genoux de Dostoïevski, ne semble-t-il pas lui tirer la barbe ? Sur fond de paysage alpestre, (Ernst, Eluard et Gala ayant séjourné en Suisse) les membres du groupe paraissent disposés de manière allégorique : statique, le bloc de gauche s’oppose au dynamisme des personnages de droite qui ont l’air d’arriver en courant. La position quasi identique de leur main fait penser à une sorte de langage de sourd-muet. On pourra surtout commenter celle d’André Breton (cape rouge), lui le Maître, qui semble, en mage souverain, distribuer son onction au groupe. Seuls René Crevel (à gauche) se détourne sur un piano imaginaire et Gala Eluard (bientôt Dali), à droite, indique la sortie… Cette toile devenue mythique ignore curieusement Tristan Tzara et Francis Picabia.

Dès Juillet 29, il revient sur sa chère côte catalane où il a invité ses nouveaux amis surréalistes : arrivent donc :Luis Buñuel, Goemans, Magritte et son épouse, et surtout Éluard avec sa femme Gala et leur fille Cécile dans sa maison de Cadaqués. Tout ce beau monde mène alors une vie rêvée : baignades, promenades, parties d’échecs, repas bien arrosés, nuits dans un café club rempli de musique espagnole et de jazz. Mais Dali n’a d’yeux que pour cette troublante femme d’Eluard. Aussi il l’entraîne dans des promenades sans fin dans les rochers du Cap Créu. Il va entamer une cour sans retenue. Ce n’est pas facile pour lui, car il souffre alors, de sortes de crises de nerfs qui se traduisent par des crises de rire sans fin, poussées à leur paroxysme, puisqu’il en arrive à se rouler par terre !. Difficile avec cet handicap d’aligner quelque mots et de paraître sincère dans ses déclarations. Intérieurement il est terrorisé car il comprend de suite en voyant cette femme qu’elle seule, pourra le libérer de ses peurs intérieurs, pourra faire naître entre lui ce désir refoulé des femmes et qu’elle seule pourra lui faire réaliser son désir le plus secret : la séduire et la posséder. Car il en tombe de suite follement amoureux, amour fou qui le transforme ! Cette chair, ce corps, ces seins, ces jambes, lui font à la fois peur et le troublent jusqu’à l’obsession ! Il surmonte sa terreur presque, et il arrive donc, entre deux fous rires à lui déclarer sa flamme de la manière la plus romantique qu’il soit. dans cette mélancolie indicible de la solitude du cap Creus, au détour d’une calanque, à Es Cayals .

Gala, elle la femme expérimentée, sûre de son charme, énergique, volontaire, va être intriguée, amusée au départ, et finalement touchée par ce jeune peintre étrange, timide, maladroit et puceau. Elle a surtout reconnu avec sa lucidité extraordinaire, en lui, le talent fabuleux. Aussi elle va se laisser tenter par cette nouvelle aventure qui s’ouvre à elle et abandonner son mari et sa fille. Tout ce beau monde repartira les laissant seuls en tête à tête, en corps à corps !

Laissons le parler de cette rencontre miraculeuse:

“Son corps avait une complexion enfantine, ses omoplates et ses muscles lombaires cette tension un peu brusque des adolescents. En revanche, le creux du dos était extrêmement féminin et liait avec grâce le torse énergique et fier aux fesses très fines que la taille de guêpe rendait encore plus désirables….La beauté souffreteuse du visage n’était pas la seule élégance de ce corps. Je regardai sa taille cambrée par sa démarche de Victoire et me dis avec déjà une pointe d’humour esthétique: “Les victoires aussi ont le visage assombri par la mauvaise humeur. Il ne faut pas y toucher.” Pourtant j’allais la toucher, j’allais étreindre sa taille quand la main de Gala prit la mienne. C’était le moment de rire, et je ris avec une nervosité d’autant plus violente que cela en était plus vexant pour elle à ce moment précis. Mais Gala, au lieu de se sentir blessée par ce rire, s’en enorgueillit. D’un effort surhumain, elle pressa encore plus fort ma main, au lieu de la laisser tomber avec dédain comme n’importe quelle autre femme l’aurait fait. Son intuition médiumnique lui avait donné à comprendre le sens exact de mon rire si inexplicable aux autres. Mon rire n’était pas “gai” comme celui de tout le monde. Il n’était pas scepticisme ou frivolité, mais fanatisme, cataclysme, abîme et terreur. Et le plus terrifiant, le plus catastrophique de tous les rires, je venais de le lui faire entendre, de le jeter par terre à ses pieds. “Mon petit”, dit-elle, “nous n’allons plus nous quitter.

Et Dali va expliquer encore plus ce coup de foudre, en donnant la clef historique et freudienne de cet amour indissociable qui vient de naître et que la mort seule saura rompre:

“Elle serait ma Gravida (“celle qui avance”), ma victoire, ma femme. Mais pour cela, il fallait qu’elle me guérisse. Et elle me guérit, grâce à la puissance indomptable et insondable de son amour dont la profondeur de pensée et l’adresse pratique dépassèrent les plus ambitieuses méthodes psychanalytiques”.

Dali parle de Gravida car il venait de lire “Gravida”, roman de Jensen interprété, expliqué par Sigmund Freud, dans lequel l’héroïne, Gravida (délire et rêve) réussit la guérison psychologique du héros.

“J’approchais de la grande épreuve de ma vie, l’épreuve de l’amour”.

Mais qui est cette Gala, qui restera définitivement à ses côtés, devenant sa femme et sa muse pour le restant de ses jours ? Que va devenir ce couple sortant de l’ordinaire ? (lui a 23 ans et fuyait jusqu’alors les femmes, elle, 31-32 ans, la croqueuse d’hommes, sûre d’elle, calculatrice )

dali-et-gala-jeunes.jpg

Mon Ami Manolo RUIZ-PIPO

Mes Amis ou relations.

J’ai quand même eu la chance de rencontrer sur le chemin si riche de ma vie, des hommes, des femmes qui m’ont marqué par leur générosité, leur gentillesse, leur intelligence, leur respect d’autrui. Mais j’ai aussi eu la chance de nouer des liens d’amitié avec des gens qui avaient un sacré talent dans le domaine de l’art (peinture, écriture, peinture,..), un talent tellement grand qu’ils furent reconnus. Je vais vous parler de ceux là, non point par une sorte de forfanterie ridicule, mais parce que je les aimais en tant qu’homme et en tant qu’artiste. Mes propos ne seront qu’une sorte d’hommage pour les faire connaître à ceux qui ne les connaissent pas J’ai donc envie de partager avec vous leurs qualités, et ainsi les saluer en leur rendant vie l’instant d’un article bien que leurs œuvres les perpétuent encore. La plupart, hélas sont déjà partis. Leur chemin a pris soudain une pente difficile puis a disparu derrière ces collines bleues d’où l’on ne revient plus.

Les peintres.

manoloph1.jpg

Avant tout je parlerai de mon Ami Manolo RUIZ-PIPO, rencontré dans une galerie où il exposait. Sa joie de vivre, sa gentillesse, son humour nous ont rapprochés. Cet Ami peintre était un de ces hommes du Sud jovial, intelligent, au grand cœur, bavard. Nous nous ressemblions au niveau du caractère et des goûts : amour de l’art en général, des voyages, de l’humour, des gens rencontrés, des femmes, des bonnes choses qui font qu’un repas devienne une fête, et nous sommes donc devenus amis. Non seulement j’aimais l’homme heureux de vivre mais j’aimais aussi ses œuvres., qu’admirent d’autres milliers de personnes, ses œuvres éternelles faites d’ombres et de lumières et de ces couleurs qui reflètent son Andalousie natale. Il avait dans sa jeunesse, après être partie de son Espagne natale, de sa ville si belle, si envoûtante, Grenade, cette oasis de verdure au milieu des Sierras arides, pied de nez semble-t-il de la nature ou des Hommes, paradoxe déjà, ville symbole de tous les contraires ! Ville symbole de liberté et Ville symbole d’oppression, ville musulmane et ville chrétienne, ville ancienne et ville moderne. Ville où l’histoire a laissé ses témoignages de pierre ou ses blessures dans les âmes ; pierres ocres de l’Alhambra, fièrement dressé sur son piedestal , luxuriance fraîche des jardins du Generalife , symbole d’une occupation musulmane ou pendant un certain temps, le Califat était un modèle de gouvernance, de tolérance et de paix. Blessures tout juste cicatrisées de cette guerre civile où les morts furent nombreuses. Quand je pense à Grenade je ne peux m’empêcher de penser à ces poèmes de Lorca appris dans mon Lycée de province. Grenade où l’esprit Andalou est resté authentique malgré les remous du temps.

Manolo, qui était un homme du présent et d’avenir me parlait peu de sa jeunesse, sauf si je l’amenais insensiblement sur ses routes du passé. Né en 1929, il fit des études primaires plus que moyennes, préférant déjà, pendant les cours dessiner ou même caricaturer ses professeurs. Son Père, un homme intelligent, libre-penseur, proche de sa famille, ne lui en tenait pas rigueur et au contraire, l’encourageait à dessiner encore plus. Manolo vécut donc ses premières années dans une atmosphère d’amour, de bonheur, de liberté. Mais hélas à sept ans seulement, il découvre l’absurdité de la guerre civile et ses conséquences tragiques : une nuit, son Père chéri, est enlevé brutalement à sa famille. On ne le retrouvera jamais. Cela rappelle étrangement, la disparition de Federico Garcia-Lorca, retrouvé mort.

Ces épreuves terribles, déclenchèrent chez l’enfant cet appétit immense de vie, de liberté et ce besoin incommensurable d’humanité dans sa vie quotidienne. Son Grand-Père maternel, alors le prend en charge et l’amène dans une ville protégée :Barcelone. A 13 ans, Manolo est reçu à l’Ecole des Arts et Métiers, la Lonja, où Picasso fut élève lui aussi. Il y apprend pour se perfectionner le dessin et obtient une bourse pour entrer aux Beaux Arts. Vivant dans un milieu modeste, il connaît les difficultés de la vie laborieuse : ouvrier métallurgiste, puis dessinateur et restaurateur de tableaux anciens.

Dès l’age de 17 ans, il expose ses œuvres dans des Salons de groupe, puis dès 1954-55, il a droit à des expositions personnelles et côtoie les plus grands peintres : Picasso, (Andalou), Dali, Miro et Grau Sala.(Catalans)

Après son service militaire, il passe un concours et gagne une bourse qui lui permet de suivre les cours des Beaux Arts de Paris. Il va souvent au Louvre, travailler en étudiant les tableaux de Georges de Latour ou de Louis Le Nain. Il retrouve à Paris Picasso qui le prend sous son aile ; ainsi il ira souvent travailler au Bateau-Lavoir. Picasso, devenu son ami, lui présente les grands galeristes ou marchands de tableaux, notamment Jeannine Castel. Il commence à exposer dans la capitale avec des peintres comme Fautrier, Brasilier.En 1957 il remporte le Grand prix de peinture de Villeneuve ( où l’on compte aussi comme lauréats : Bierge,Tanaka, Schenck ,etc..) En mai 1960, il entre au Musée d’Art Moderne. Puis c’est Londres où il est merveilleusement accueilli par le monde de l’Art. Puis ce nomade épris de liberté s’installera pendant 10 ans en Italie, à Bologne : il exposera alors à Milan, Venise, Florence et deviendra l’ami du célèbre Giorgio Di Chirico.

Peu à peu ses tableaux sont exposés dans l’Europe entière ? Il ira notamment à Amsterdam où il se passionne pour Rembrandt et Vermeer.

D’ailleurs preuve de ses pérégrinations, Manolo aura trois fils : Rodrigo né en France, Orlando né en Italie et Flavio né en Hollande !

En 1971, il fait la connaissance d’un grand collectionneur australien de Newcastle ( Australie), William Browmore, possesseur d’œuvres de Modigliani, Renoir, Picasso, Degas,Monet, Max Ernst et il ajoute Manolo Ruiz-Pipo ! Il fera découvrir à Picasso ce pays extraordinaire et le fera exposer à Sydney, Newcastle.

Quand en 1975, Manolo revient en Europe, il est déjà un peintre consacré dont les toiles s’exposent dans le monde entier. :de Paris à Sydney, De New-York à Madrid, de l’Italie aux pays Bas ! Et surtout des musées importants ont fait l’acquisition de ses œuvres.

En 80, Manolo s’installe dans notre Lot et Garonne, à côté de ce magnifique château de Bonaguil ( château dans lequel son frère, le célèbre pianiste et compositeur Antonio Ruiz-Pipo ( 1934.1997) jouera après de sacrés problèmes pour monter le piano !) Ils seront à la base de la création des “Nuits Musicales de Bonaguil”, qui se transformeront en ” Festival” où les plus grands interprètes sont venus jouer dans ce cadre grandiose !

Ensuite il a habité du côté de Clairac puis près d’Agen où il eut l’extrême joie que sa charmante épouse Anne lui donne en 90, un fils :Olivier.

J’aime l’œuvre de Manolo car elle est le véritable reflet de son âme : nostalgie de son Andalousie, esprit de liberté et de tolérance, amour de la femme : on la retrouve dans ses tableaux à tous les stades de sa vie : jeune fille, fragile, mère, grand-mère. Nomade sentimental pendant un certain temps, il a donc voulu rendre hommage à la, la fragilité féminine, mais devenu Père il a voulu aussi mettre en relief, la condition sacrée de la maternité. Et forcément il a peint aussi la grâce, la joie, l’innocence pure des enfants.

(Suivront deux pages d’autres tableaux:Femmes et autres scènes, Puis ses Nus.)

manolo-maternite.jpg

manolo-maternite-bleue.jpg

On retrouve aussi ses amis communiant autour d’un bon repas ! Son esprit indépendant ne l’a jamais laissé s’enfermer dans un groupe, dans une école, un mouvement.

Ses toiles sont l’aboutissement d’un long travail de préparation ( croquis sur ses nombreux carnets, études, essais, ébauches) et d’une maturation lente où il se plongeait longuement. Manolo, en pur Andalou, pétri de traditions ancestrales, a peint bien sûr des scènes tauromachiques : mais son âme sensible a représenté le toréador, plus en brute sadique qu’en héros d’un ballet coloré et flamboyant au milieu d’une arène en folie. Le final n’étant plus un sacrifice rituel mais une vulgaire exécution. Dans ces toiles le taureau est toujours mis en valeur.


manolo-taureau-chargeant.jpg

manolo-taureau.jpg

manolo-grand-taureau.jpg

manolo-taureaux-sous-oliviers.jpgJe ne vais pas faire une étude exhaustive de son œuvre qui serait bien longue : il y a tellement de choses à dire sur ses œuvres. Pour sûr nous y retrouvons les influences d’un Caravage, d’un De La Tour mais aussi celle de tous ses ancêtres ibériques : Velasquez, Zurbaran et même Goya ; en effet sa peinture est avant tout celle d’un peintre espagnol, où l’on retrouve ces mélanges contrastés de douceur et de violence, de lumière et d’ombres. Malgré une approche traditionnelle de la couleur, on retrouve toujours cette modernité du trait. Mais surtout, ce qui prédomine dans ses toiles c’est cette lumière qu’il a su, malgré ses origines andalouses, atténuer : elle semble sourdre naturellement. Comme par magie elle nous atteint, nous, spectateur qui en ressentons quelque chose d’indicible, le choc mystérieux de la beauté ; alors sans s’en rendre compte nous atteignons les champs de l’irrationnel, de l’émoi. Les mots ne veulent plus rien dire ; sa peinture s’admire, se déguste en lents regards emplis de silence.Nous tombons à sa vue dans une jouissance, une jubilation intérieure. En connaissant sa passion de la vie, son humanisme, sa sensibilité, nous comprenons mieux ses toiles et dessins et il me fait penser, Moi, au souvenir qu’il avait gardé de cette mystique du bonheur de vivre qu’il avait gardé de Lorca et de la douceur sensuelle d’un manuel de Falla : deux hommes, deux œuvres dans deux domaines autres qui sont les clefs pour ouvrir les portes du jardin secret de Manolo.

manoloremerc.jpg
Une excellente soirée chez moi avec Manolo, sa femme et deux autres couples d’amis.

manolo-repas3.jpg

Ina Mindzenti récemment disparue ( voir archives) et Manolo au cours d’un sacré repas chez moi!

manolo-repas2.jpg

manolo-ecrtit.jpg

manolo-ecrit2.jpg

Fermer
Envoyer à l'email