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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
Poèmes, Souvenirs de rencontres de personnages connus,Réactions d’Humeur,Musique, Peinture,Images de ma vie,Photos,Littérature,Autographes.

Le peintre Herdin

Herdin

Il y a une semaine j’ai été invité par une ravissante propriétaire d’une boutique-galerie Millefiori,spécialisée dans les objets et peintures sur Venise( masques, miroirs, tableaux d’albatre,etc..)  à un vernissage d’un peintre hors du commun. Herdin.

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Je suis donc allé dans cette petite chapelle romane de Pujols. Que de monde !

Quand j’ai vu les œuvres exposées, j’ai été frappé par la qualité, la précision, la lumière extraordinaire qui caractérisaient cette peinture. Je ne suis pas trop “Natures mortes”, mais je dois reconnaître que celles ci à la manière du 17° S sont surprenantes. Quel talent pour arriver à rendre des natures mortes vivantes !Il m’a montré sa manière de peindre.

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Quand j’ai vu l’artiste et parlé avec lui j’ai ressenti de suite une certaine sympathie pour ce personnage hors du commun.

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Car en plus de son talent de peintre il chante à merveille avec une voix fabuleuse, puissante à la Yvan Rebroff. Il a pris sa guitare et a commencé à chanter une ballade russe puis, To night, puis Love me tender.Herlin fantomatique dans la lumière irréelle du soir.

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Le public était subjugué par le son envoûtant de sa voix  qui résonnait  dans la vieille chapelle!


Herdin Radtke est né à Korschen, canton de Rastenburg, Prusse Orientale
le 5 avril 1943


Après la 2e guerre mondiale, sa mère Erna Korsch/Radtke se réfugie avec Herdin et son frère Bernd en Westphalie où, grace à la croix rouge, elle retrouve son mari Klaus Radtke. C’est là que Herdin effectue sa scolarité élémentaire; il chante dans une chorale d’enfants et dessine des chevaux avec passion.

Il fait ses études au lycée de Porz à Cologne, quitte l’école en 1960 et passe avec succès une éducation technique chez la fameuse maison ‘Klöckner/Humboldt/Deutz’. Il déclare: “A partir de maintenant je ne tiendrai plus jamais un marteau”.

Attiré par le chant, à 17 ans Herdin achète pour 40 DM dans une brocante sa première guitare, avec laquelle il accompagne ses compositions. Il dessine et peint passionnément à l’aquarelle. A 18 ans il suit des cours de l’école du spectacle du Nora Hengstenberg à Düsseldorf, et il fait des petits boulots tels que vendeur de voitures, serveur, disc-jockey et même ouvrier aux chantiers navals. Le week-end il joue avec son groupe. En 1961 il remporte le premier prix dans un concours de chant chez ‘Blatzheimbetriebe’ à Cologne. Ce prix lui est remis par Romy Schneider.
Intéressé par le dessin et la peinture il commence une carrière artistique avec quelques peintures à l’huile. De plus il compose et subsiste avec divers petits boulots.
Konstantin Wecker, compositeur allemand connu, découvre Herdin à Munich, il lui écrit quelques chansons et produit son premier disque avec Fred Bertelmann. Cependant la peinture l’occupe de plus en plus, et il décide pour cette raison de quitter l’Allemagne.
Herdin devient artiste libre et s’installe à Rome. C’est là qu’il est fasciné par la technique et le savoir faire des Maîtres Anciens. Passionné, il passe 3 années à raison de 14 heures par jour à étudier chez un professeur italien, afin de déchiffrer les techniques et les secrets du manièrisme. Le soir il vend ses tableaux sur le Piazza Navona, en s’accompagnant à la guitare, “une chanson aux lèvres”, pour financer ses études. C’est là qu’il fait la connaissance de Giorgio de Chirico au soir de sa vie (1888-1978).
Il s’installe à Pietra Santa en Toscane, et passe 2 années dans l’ancienne patrie de Michel-Ange. LaToscane lui inspire la peinture des natures mortes et de fleurs en bouquets. Il approfondit également sa connaissance des œuvres des anciens Hollandais et Flamands.
Divers voyages d’étude l’amènent en France, en Hollande, en Angleterre, puis il se fixe à Cadaqués à coté de Figueras, en Espagne où il séjourne. Là,  il étudie intensivement notamment l’œuvre de William Turner, le peintre de la lumière. Sa technique excellente et sa maîtrise des formes et des couleurs lui permettent de rencontrer Salvadore Dali qui n’habite pas loin de chez lui .Le voici, jeune, à droite

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Pris au sérieux par ce grand maître de l’art contemporain, Herdin découvre une nouvelle voie dans la création, et sa peinture est reconnue à l’échelle internationale. Il se consacre intensivement à l’étude de la lumière dans les tableaux de William Turner, selon sa citation: “Seul celui qui maîtrise l’ombre, peut peindre la lumière”. Après de longues expériences et bien des difficultés, il réussit à faire entrer la lumière dans ses tableaux. Cela sera dorénavant essentiel dans sa peinture. A Cadaqués où il a trouvé la sérénité il fait également quelques enregistrements musicaux.

Maintenant il vit à Saint Pompom en Dordogne où il a écrit « son manifeste Pomponiste sur la peinture”Il ex pose sur le continent américain, en Europe.

12 octobre 2008 - 1 commentaire
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Aïe ! Je deviens « terre à terre » !

 

Aïe ! Je deviens « terre à terre » !

Le ciel ose montrer son bout de nez de lumière et mon jardin oublié par mes travaux dits « intellectuels »,’ conférence, blog, etc ), me fait la gueule et me fait comprendre qu’il serait temps entre le retour, la « revenue » ( comme disait un poète), des ondées plus que violentes, il serait temps que je m’occupe de lui. Il me demande simplement d’être plus terre à terre : Gazon à tondre, plan de tomates à planter… Et comment résister à ce bleu provisoire des cieux. Ce bleu qui me fascine. La longueur d’onde émise par cette couleur doit avoir des effets magiques sur mon intellect. Bleu des yeux (et pas seulement celui des femmes qui m’ont ému ; mais mon Père avait les yeux bleus aussi), bleu du ciel, bleu de la Méditerranée, bleu de mon enfance et même bleus à l’âme et au corps qui m’ont marqué et fais plus apprécier encore ces cadeaux (car il y en a eu à plusieurs reprises , offerts par la vie ! ). Aussi cette vie je l’ai bue jusqu’à la lie. Même les lies ont un goût de nectar, si vous réfléchissez et savez que certains n’ont même pas eu cette chance de goûter cette amertume, cette âpreté, cette rugosité qui vous fait d’autant plus apprécier les sucreries, les douceurs. La vie, un slalom pour passer de l’ombre à la lumière et de la lumière à l’ombre. D’ailleurs pour vous habituer n’y-t-il pas cette nuit profonde et ces jours lumineux qui se succèdent ? Je suis loin de tous ces inassouvis, ces jamais contents, ces râleurs, ces révoltés, qui inconscients de la richesse qu’ils ont, pestent contre le moindre contre temps, contre le moindre problème. Ils auraient du vraiment souffrir, jeunes, physiquement, ils auraient du subir les tortures des douleurs, les angoisses des opérations pour comprendre le sens, la richesse de la vie. Les pauvres, ils sont bien portants, ne souffrent d’aucun travers grave, alors ils pleurent pour des broutilles, se plaignent des sévices de l’âge qui grandit bousculent même les plus faibles pour être les premiers quitte à tricher. Certains même écrivent dans le confort de leur chez eux sur les malheurs d’autrui, mais les ont-ils seulement côtoyés, les ont-ils essayer de les aider, de leur rendre un semblant de sourire, un peu de courage pour continuer. Ah certes ils écrivent, dénoncent… et vendent leurs livres ! Ah, promenez-vous à travers le monde, ou chez nous auprès d’exclus (par la vie ou par leur manque de force pour lutter).. La souffrance, hélas, on s’y habitue, elle devient notre maîtresse, notre compagne. Seule sa sœur impitoyable, la mort, la délivreuse de vie et donc paradoxalement de souffrances, peut à la rigueur nous effrayer. Aussi, même si je ne la crains pas vraiment, je voudrais qu’elle arrive bien tard. D’où surprise angoissée devant ce temps qui passe, devant ce jour qui s’obscurcit peu à peu pour devenir finalement nuit profonde.

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La nuit, qui comme la Mer arrive par vagues successives, la nuit mystérieuse, qui arrive de si loin, à pas de loup, comme dit le poète, ce cher Claude Roy, qui m’a écrit juste avant sa mort: j’entretenais une correspondance avec lui et lui avais parlé de mes travaux sur la Poésie avec mes élèves. intéressé, il espérait des poèmes de mes élèves que je faisais travailler sur ses textes,

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la nuit qui sort de je ne sais ou pour envahir lentement la terre.

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Je ne peux m’empêcher pour lui rendre hommage à ce cher Claude Roy, de mettre son merveilleux poème.


La nuit

Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit
A pas de loup de fougère et de menthe
Voleuse de parfum impure fausse nuit
Fille aux cheveux d’écume issus de l’eau dormante


Après l’aube la nuit tisseuse de chansons
S’endort d’un songe lourd d’astres et de méduses
Et les jambes mêlées au fuseau des saisons
Veille sur le repos des étoiles confuses


Sa main laisse glisser les constellations
Le sable fabuleux des mondes solitaires
La poussière de Dieu et de sa création
La semence de feu qui féconde les terres


Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuit
A pas de vent de mer de feu de loup de piège
Bergère sans troupeau glaneuse sans épis
Aveugle aux lèvres d’or qui marche sur la neige

Claude Roy


Ainsi mon envoi imprévu d’hier sur cette lumière et cette ombre, sur cette symbolique du temps qui s’enfuit. Alors si vous savez comme j’ai goûté ces instants d’évasion, cette nature sauvage et cette paisible, ces rochers tourmentés et rudes ( j’en reparlerai à propos de Dali, car je ne l’oublie pas, son enfance « détraquée » ( je vous parlerai d’un fait marquant chez le très jeune Dali, qui m’a fait penser au même, arrivé à Mitterrand dans son enfance ! Mais Mitterrand à l’esprit plus stable a su s’en débarrasser très vite, mais explique certains de ses tics ou penchants) a eu tellement d’importance sur sa vie ; les gris de cet âge ont fait que son esprit a tellement galopé qu’il a voulu devenir Soleil ! En effet je parlerai de l’influence de ses tourments sur sa vie. C’est drôle vous avez des bios officielles, lisses, respectueuses, pudiques sur lui et d’autres qui révèlent ses secrets les plus intimes, les plus dégradants avec une sorte de jouissance surprenante ( certains révèlent ou condamnent les travers d’autrui, car ils souffrent, tentant de le refouler, de le cacher, des mêmes tourments. Moi j’essaierai d’expliquer le pourquoi et le comment de cet homme qui a toujours voulu provoquer, choqué jusqu’à l’excès, qui a été fasciné par le Dieu Argent, qui s’est cherché dans les virages à 180° de son art passant de l’académie au cubisme, du surréalisme, au classicisme des grands maîtres (Vélasquez, Vermeer ou peintres italiens de la Renaissance). Je montrerai bien sûr ce nid de Dali, maison qui est l’explication du Moi profond de Dali, Port Lligat mais aussi Cadaquès ( où se sont passés tant d’évènements ! ), et ces paysages tourmentés du Cap Créu ou si doux de cette Mer paisible qui ont joué sur la construction d’expressions paradoxales dans son intellect. Les paysages où ont poussé ses racines marquent à jamais un être ! Moi j’en garde la lumière éblouissante et l’ombre reposante, la touffeur des journées lentes, le vol majestueux des cigognes ( vous en verrez ) ; la poussière, les forêts de pins parasols, les rues d’un village perdu où je courrais inconscient du destin de la vie, les coquelicots au long de champs de blé… ( tout s’explique)Mais d’où suis-je exactement ? De cette terre natale perdue mais gravée dans mon coeur, ou de cette Dordogne Corrèze réunies, et cette Espagne ( Levant et Andalousie) terre de mes aïeux ? Où suis-je maintenant dans cette Terre du Lot et Garonne ou réenracinée, j’ai poussé en tendant vers ce ciel presque toscan, les rameaux d’une pré adolescence et d’une adolescence avide s de s’épanouir. Je suis de partout et de nulle part, sorte d’apatride et d’adopté par plusieurs terres-mères à la fois, toutes aussi aimantes, qui expliquent peut-être ma soif d’horizons nouveaux (mes voyages) et peut-être même mon nomadisme sentimental! Besoin de bouger, de changer, inconstance de l’instant, du lieu, longue quête insatisfaite. Une ou deux personnes m’ont reproché mon parler vrai, mais seule la vérité évite tout malentendu, toute interprétation fantasque .

Mais dans les épreuves, j’ai au contraire puisé une certaine forme de sagesse car dans le calme et l’esprit en éveil, nous pouvons mieux apprécier les petits plaisirs.

Ainsi à l’instant, chose inattendue, mon Amie qui ne pêche pas par son romantisme, vient de m’apporter un bouquet…. de coquelicots. !

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Attention qui m’a charmé, ému au plus haut point. Les êtres parfois rudes à l’extérieur vous surprennent parfois par leur Moi plus fragile.

Et dans la même lignée, je vous envoie deux de ces témoignages, de ces commentaires d’Amis qui me font chaud au cœur. Ils me l’envoient sur mon adresse courriel car comme ils le disent, ils ont essayé en vain de laisser un commentaire sur le blog.

D’ailleurs je joins l’explication, d’un lecteur plus ferré que moi en matière d’informatique !

Ah j’oubliais : pour certains Amis, je suis Carlito ( le petit Charles ! je raconterai un jour ma rencontre « bousculée » avec le « Grand » !)

Bonsoir Carlito!

Je viens de parcourir Cadaqués etc…je me suis régalée spirituellement, ton récit est si bien détaillé que j´ai eu l´impression d´y être moi-même.- Va faire un tour à Málaga et tu nous ramènes une visite des lieux de Picasso.- Félicitations.- Grosses bises du bout du monde.- (au Sud,Argentine. Mouna est au bout du monde au Nord, Canada.).- Lyliane.-

CARLITO

Comme Lyliane je me suis laissé bercer par les lignes sans bouchon de “Rochambeau”.
Heureusement je n’avais pas mes grillades en marche…

Comme aurait dit le Maître “Fan / tas / tique” tout ce qui peut bouillir sous nos crânes !

En plus de ses talents du narrateur, le préposé au CANON fait chauffer le fût avec son copain Bonnessian.
Si tu avais pommé la carte, tu aurais touché vraiment le fond du TROU !

L’automatisme des CANON est phénoménal et tu en tires le meilleur profit.
La restitution sur le Blog excellente.
Ne le dis pas à ta dame, elle hausserait les épaules…

Extra.

A+

RG

Je leur ai demandé bien évidemment la permission de les publier. Voici la réponse de « l’informaticien averti » :

Oui bien sûr .

d’autant plus que pour laisser un commentaire.. il faut :

autoriser les cookies, donc réduire la sécurité sur le net… j’ai fait ! temporairement bien sûr.

entrer un identifiant… j’ai fait, mais encore faut-il avoir été identifié !

puis un mot de passe…on se fait jeter.. ou on te dit vous allez recevoir une confirmation…

depuis cet am, j’attends encore !

Une marche à suivre explicite serait la bienvenue.

Si c’est pareil pour tous tes lecteurs…

A+

RG

http://rolbert38.over-blog.fr


Mariés depuis des siècles.


Chez les êtres humains le mariage dure peu ! De toutes façons, hélas, la mort met toujours un terme aux unions les plus solides.

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Par contre sur notre terre il y a des unions fabuleuses qui remontent à des temps immémoriaux et dureront peut être jusqu’à la fin de notre monde. Ainsi le mariage de notre rivière Lot avec ce noble fleuve qu’est la Garonne est toujours aussi beau. Leur union, même si on la prend de haut est toujours tellement admirable. Ce vieux et majestueux, Monsieur le Lot, bleu roi et cette grande Dame bleue comme le ciel, encore mutine mais un peu essoufflée en ces temps de canicule, ont longtemps hésité semble-t-il avant de confluer en justes noces : ou du moins c’est ce dur à cuir venu du rude Massif Central qui a du drôlement réfléchir dans sa tête et pas seulement réfléchir le ciel ! Il a essayé de l’éviter puis est revenu vers elle, succombant à son côté plus impétueux et plus folâtre ! Ah, s’il l’avait connue avec son allure vive et un peu folle de sa jeunesse pyrénéenne ! Deux eaux qui se cherchent, deux eaux qui se frôlent, deux eaux qui s’unissent en mélangeant leurs rêves d’éternité. Union lente et silencieuse de leurs corps coulants qui ne font plus qu’un, réunion fusionnelle ; se mélanger, s’associer, communier, s’étreindre, s’accorder, s’apparier, s’accoupler, faire lit commun, emprunter à deux le même chemin, c’est partager cette intimité qui vous rend seuls au monde .

Plus puissants ils sont prêts, devenus une clepsydre géante, à compter les degrés du temps qui s’écoule lui aussi. Eux seuls peut-être ont goûté le sel et le miel de l’éternité ! La voilà ragaillardie. En gazouillis, en gargouillis, en clapots, clapotis, clapotages et clapotements, en murmures, en bruissements et chuintements, mais aussi joignant le geste à la parole, en frôlements, en tourbillons, en bouillonnements, en ondulations, leurs jeux d’amour se font ! C’est tellement mieux à deux d’affronter ce réel changeant sans penser au lendemain. Car ils ont tout connu dans leur longue vie : la folie ou l’égoïsme des hommes qui les ont muselés, enfermés, qui ont pompé leur eau vitale, qui les ont souvent presque empoisonnés, qui ont volé leurs habitants qui animent leurs corps, les poissons d’argent ! Là où ils ont été heureux c’est lorsqu’ils ont coulé en accord avec la nature, bordés par des centaines d’arbres différents loin des bruits naturels et artificiels que font les hommes : cris, vociférations, vacarmes, tapages, charivari, brouhahas, tintamarres, tohu-bohu, mais encore détonations des 14 juillet, claquements, vrombissements de moteur, hurlements de sirènes ; Ils sont bien petits ces êtres humains mais combien bruyants et gênants !

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Oui, ils préfèrent couler à l’ombre de ces sentinelles vivantes aux feuilles bariolées, narcissistes jusqu’à se mirer dans leurs flots ; oui, ils préfèrent aussi être caressés par des herbes longues et douces ! ! Mais le Lot, ce mach’eau, parfois l’énerve ; il fait le gros dos ou si vous préférez le gros d’eau ! Alors elle se met en colère et ses débordements sont légendaires, colères que l’homme affolé et conscient de sa petitesse a essayé de tempérer ! Parfois elle paresse. Lui a toujours été calme et pacifique au point souvent de se prélasser aussi en méandres, en cingles qui font la beauté de sa traversée des collines cadurciennes. Son lit était aussi plus étroit et plus profond.

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Désormais il s’étale avec elle dans sa couche large et confortable que les hommes ont appelé vallée. Il ne sait pas le pauvre qu’elle pratique la polyandrie et qui plus est, qu’elle a l’esprit si libre, qu’elle a ouvert son lit aussi bien à l’Ariège, qu’au Tarn et à bien d’autres encore. Même avec lui, elle continuera à étreindre d’autres affluents de tous genres ! Bisexualité innée, sensualité à fleur d’eau. Inassouvie, jusqu’au terme de sa vie, cette érotomane éternelle, s’est prise sur sa fin arrivant, d’une passion maladive pour ce Roi puissant qu’est l’Atlantique qui la domine, l’impressionne, la séduit, la trouble, la fascine l’émeut, l’obsède, l’excite,l’enivre, l’agite ! Elle en oublie ses maris et ses maîtresses ! Aussi, bouleversée, désorientée, déconcertée, perturbée, ensorcelée, pour se donner du courage, car elle redoute, elle craint l’Océan, ce monarque aux courroux célèbres, ce charmeur herculéen des autres créatures d’eau, Seine, et Loire, ce colosse ondoyant, versatile, elle prend la main de son Amie la Dordogne, elle aussi éprise, pour aller jusqu’au bout de cette attirance obsessionnelle.

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A deux elles s’étalent, ondoyantes, désirables, aliénées, soumises et offertes avant se jeter à flots perdus dans les vagues de ses draps ondulants ! Leur union se remarque par ce long et tumultueux baiser d’écume.

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Si le ciel pudique jette un voile de nuages sur cette copulation indécente…………

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…. les hommes, eux ces indiscrets surprenants ont construit cet immense et longiligne cyclope de pierre pour mieux observer cette étreinte incroyable

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Parfois même, l’océan indécent ose les pénétrer, sans complexe par ce phénoménal et indicible mascaret qui trahit la violence de ses ruts et la force de sa puissance virile ! Mouvement des eaux ( en latin “aestus”) qui a donné aestuarium, oui, estuaire en français, mouvement des eaux perpétuel, pouls de ce temps qui passe !

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Images personnelles et de Google Earth.

24 septembre 2007 - Aucun commentaire
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