Jours de Gala 3°
MMM
Jours
de Gala ( .3°)
Cependant derrière l’image officielle d’un amour idyllique sublimé et raconté par Salvador durant toute sa vie,
des évidences plus concrètes nous montrent un
tout autre décor.
En 40 ne semble-t-il pas déjà triste?
Si l’on regarde bien, d’abord, ils forment un couple peu assorti.
Avec ses apparences excentriques, très dandy, Dali semble en parfaite
opposition avec l’allure sobre et austère en tailleur Chanel de Gala. Économe
de ses effets et de ses paroles, mystérieuse presque mystique - elle lit
l’avenir dans les cartes - Gala offre une performance en société toute en
opposition à un Salvador Dali joueur, dynamique, beau parleur, de plus en plus
confiant en lui même avec le temps.
Au fil des années, tenant d’une main de fer la carrière de Salvador, Gala gère
à son gré les contrats de son mari. C’est elle dès le départ qui a su tirer
parti de la générosité de la famille des Noaïlles, riches mécènes (ils
financèrent « L’âge d’or » de Buñuel et Dali).C’est aussi avec les
vingt mille francs que leur procure le vicomte de Noailles en échange d’un
tableau, La vieillesse de Guillaume Tell, que Dali a pu acheter les maisons de pêcheurs de Port Lligat (
lieu de naissance de son Père), maisons qu’il a ensuite rassemblées et
restaurées à son idée. tout près de Cadaqués, qui deviendra leur résidence définitive
en Espagne. N’oublions pas que Dali est fasciné par ce paysage de Port
Lligat et du cap de Creus, un endroit aride, minéral, qui servira de fond à la
plupart de ses paysages surréels. , Elle
prend les commandes, négocie férocement ses moindres réalisations artistiques
et encaisse les dividendes… En fait, dès la fin des années 30, la relation
Gala-Dali s’est stabilisée en une sorte de partenariat économique complexe.
Dali travaille seul mais ne sort jamais sans Gala. Il est vrai que parfois elle lui sert de garde du corps.En effet, Dali trop fier d’attirer les gens, est souvent entouré d’une nuée de personnes. Lorsque Gala arrive, elle le libère et même parfois, face à des importuns agressifs, elle est capable de gifler le (la) malotru(e) ou même de lui donner un coup de pied. Aussi on la craint!
Dans les années 40, une fois le couple exilé aux États-Unis pour cause de
guerre en Europe, Gala ne joue plus ni l’égérie, ni au partenaire heureux de se
prêter aux délires sexuels de Dali. Elle se transforme en mère et geôlière.
Lassée de vivre par procuration et pour Dali, elle commence à s’éloigner,
allant de relation sexuelle en relation sexuelle avec de jeunes garçons. Dali
lui continue à travailler et à gagner de
l’argent pour que Gala puisse satisfaire sa gloutonnerie sexuelle et son besoin
de rester jeune (liftings). Gala ne suporte pas de vieillir, elle qui est de 9
ans l’aînée de Dali. Elle devient de plus en plus avide et violente.
Progressivement, elle délègue les affaires courantes à des hommes de confiance
plus ou moins sérieux. Elle passe des commandes sans cesse et va même jusqu’à
enfermer Dali dans son atelier jusqu’à ce qu’il les honore. Sa phobie du manque
d’argent la ronge.
Incapable d’assumer psychologiquement cette situation, Dali élève Gala au rang
de madone intouchable et lui pardonne tous ses excès. Malgré lui dans ses
tableaux des années 40-50 , il ne peut s’empêcher de la peindre telle qu’elle
est. froide et hautaine. Oui la Madone de Port Lligat était loin dans le temps…

« Rendre visible l’invisible, l’autre face de nous-mêmes et de l’univers », une des devises de Dali. Justement sans s’en rendre compte son comportement dans le monde n’a-t-il pas révélé, sans qu’il le veuille son être secret.
Un moment de bonheur pour Dali; le retour vers lui de son Père.
Et malgré leurs cœurs blessés, torturés, les trois enfin réunis.Dali secret, Dali à nu en tant qu’homme, avec sa famille restante.
En effet on peut se demander si Dali, phagocyté par les rêts de Gala, n’a pas tenté de fuir cette geôle invisible, cette solitude, où il s’est retrouvé en prenant ce comportement de plus en plus étrange pour l’extérieur. Pour exister lui-même alors qu’elle le réduisait à l’état de robot peignant, et se rendant compte que la nef de leur « amour », de leur complicité s’était désintégrée (du moins du côté de Gala) sur les rochers de Port LLigat, n’a-t-il pas multiplié des déclarations surprenantes pour ne pas dire plus que critiquables ou ne s’est-il pas engouffré dans cette course à l’argent qui en fait n’était pas pour lui mais pour essayer de garder une parcelle de cette liaison en comblant tous les désirs de Madame? Le retour de bâton fut rapide : en critiquant les thèses surréalistes, en tenant des propos plutôt clémentd pour ne pas dire favorables sur certains visages du nazisme, ses relations avec Franco, ses visites au Pape, son attachement à la monarchie, l’on fait se fâcher avec les surréalistes ( Breton l’avait surnommé avec l’anagramme de ses noms et prénoms « Avida Dollar ») et d’autres intellectuels. Mais sorti de ses « récréations spectaculaires » où il faut reconnaître, il prenait un plaisir certain, il a heureusement avec son travail acharné, son intelligence il a pu se lancer dans de nombreuses expériences intéressantes dans tous les domaines et travailler avec les plus grands. Reconnu comme un vrai artiste innovant, n’a-t-il pas ouvert la route au Pop Art et à la peinture moderne qui en a découlé ? Peinture moderne qu’il a pourtant critiquée ou du moins « certaines artistes qui se disent peintres mais qui ne font que des barbouillages d’enfant sans avoir appris les bases de la technique et qui ne sont même pas capables de vous faire un dessin qui se tient » ou « Commence par apprendre à dessiner et à peindre comme les anciens maîtres » dit-il, « tu pourras ensuite faire comme tu voudras, chacun te respectera ». « Pas de chef-d’oeuvre dans la paresse ! »..
Sur ce point on peut lui donner raison car hélas,
80% des acheteurs n’y connaissent rien et achètent pour être « in »
n’importe quoi. Les petits malins en profitent : les sites sur Internet
pullulent. Les revues d’art sérieuses le dénoncent d’ailleurs.
Devant le rejet physique
de Gala, Dali a tenté des « expériences » avec certains de ses
modèles, amis des expériences déviantes car le pauvre Salvador n’a pas du souvent faire s’accrocher Gala aux rideaux de leurs chambre et encore moins les autres superbes modèles qu’il côtoyait! Il f préférait les palper ou assister à leurs ébats qu’ils organisait ! C’était sa compensation grâce à son voyeurisme!.
Voilà une chanson que Dali aurait pu “se chanter” quand elle l’a abandonné. et qu’il s’est retrouvé seul, dans sa “Galaxie”…..
















