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Des Mots et des Maux
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Gare à Dali !


J’ai parlé de la solitude intérieure de Dali et de sa timidité. Dali s’il avait du génie, était incapable d’accomplir des choses courantes de la vie, et surtout administratives, etc. C’est ainsi qu’avec Gala, lorsqu’ils montaient, dans les années 50 ; en train à Paris, Gala avec l’aide de leurs employés faisaient charger dans un wagon tous les toiles peintes à Port Lligat. Et arrivés à Perpignan, c’était Gala qui faisaient descendre toutes les toiles enveloppées et prêtes à être envoyées à des Galeries, à des collectionneurs.. Elle se chargeait de ce travail : enregistrement, formulaires de douanes, envois. Elle trouvait qu’en France les envois étaient plus sûrs d’arriver mais c’était surtout pour éviter les nombreux contrôles plus que tatillons des douanes franquistes !. Pendant ce temps, Dali se morfondait pendant plus de deux heures sur le quai :

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il s’asseyait, faisait les cents pas .C’est sans doute ainsi, que furieux, il a eu l’idée d’appeler cette Gare « El centro ( Trou du C.. en langage populaire espagnol !) del mundo ». Les journaux français et les édiles locales l’ont pris par la suite, cette boutade au sens propre du terme et organisé manifestations, réceptions en l’honneur de Dali qui devait bien se marrer intérieurement ! Mais devant ce contre sens, et tout ce qu’il provoque pour une ville à la recherche d’une renommée nationale, il a tout de suite vu le profit qu’il pouvait en tirer et va exploiter à fond cette géniale et surprenante dénomination. Ainsi dans son journal ; il ose écrire dans son journal, avec l’exagération verbale qui le caractérise.

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« C’est toujours à la gare de Perpignan, au moment où Gala fait enregistrer les tableaux qui nous suivent en train, que me viennent les idées les plus géniales de ma vie. Quelques kilomètres avant déjà, au Boulou, mon cerveau commence à se mettre en branle, mais l’arrivée à la gare de Perpignan est l’occasion d’une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative. » .

Alors il se met à regarder méticuleusement les installations de ce édifice ferroviaire étrange et dans son délire créateur, il arrive à se convaincre qu’il se trouve dans ce lieu, devant la représentation symbolique de la bible du monde. La Gare de Perpignan fut la plus importante découverte de la méthode paranoïaque-critique de Dali. Si cette idée est devenue pour Dali la source d’une vertigineuse réussite internationale, la ville, elle, est devenue connue dans l’univers entier comme la porte du nouveau monde, ! Et qui plus, elle est devenue un incontournable laboratoire de l’exploration surréaliste. Résultat devant cette renommée soudaine, Dali est honoré par la Ville: un jour,fait un voyage triomphal effectué dans le Roussillon en 1965, et déclare avoir trouvé a trouvé l’inspiration d’un tableau emblématique intitulé «Le Mystique de la Gare de Perpignan». La toile est monumentale (406 X 295 cm)

L’oeuvre fut aussitôt présentée en décembre 1965 à New York, puis elle a transité par Paris et dans d’autres lieux, au gré des aléas du marché de l’Art Elle a terminé son voyage en 1978 au célèbre Musée Ludwig de Cologne. La composition est en forme de croix de Malte, et montre une projection érotique du célèbre couple de «L’Angelus» de Millet, disposée autour d’une tête lumineuse du Christ crucifié. Au sommet de cette explosion mystique, un étrange fourgon ferroviaire couronne le tout. Il s’agit du «Wagon de Dali”

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J’ai trouvé dans une revue, que ce soi disant wagon, a été retrouvé en 1986 par le chercheur dalinien Roger Michel Erasmy derrière la Gare de Perpignan. Il était à l’abandon et habité par un clochard. Le propriétaire, le transporteur perpignanais Raymondis, s’est laissé convaincre avec subvention à la clef, de transformer cette remorque rail-route en plate-forme culturelle active. Transféré en 1994 au sud des Pyrénées, le «Wagon de Dali» a été utilisé dans le contexte touristique du «triangle dalinien» comme «plus petit espace surréaliste du monde». En 1995, on inaugura officiellement le dit wagon . Ce fut un véritablement événement culturel répercuté par tous les médias ! On fit participer une certaine Marlène Mourreau, une femme pulpeuse, soi disante vedette de la télévision franco-espagnole,Elle correspondait paraît-il totalement aux fantasmes érotiques de Salvador Dali. Evènement culturel, canular, la fantasmagorie de Dali continuait plus vivante que jamais !!

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Depuis dix ans, le «Wagon de Dali» fonctionne dans le midi comme « espace culturel vivant, mis au service de la promotion de l’Art fantastique ». J’ai même lu ( je vous le transmets sous toutes réserves !) « qu’au mois d’octobre 2005, le fourgon a été paraît-il, transporté en Bavière pour figurer comme attraction surréaliste au centre d’une opération ponctuelle dédiée à la gloire de Dali. A la tête du le collectif des «Héritiers de Dali» ; le peintre allemand Angerer-der-Aeltere, aurait alors présenté au musée de Wolnzach une exposition fantastique qui fut ouverte à des peintres de l’Est. En cette circonstance, le wagon a accueilli une dizaine de toiles créées spécialement autour du thème de l’Europe. Une opération «Wagon Portes ouvertes» proposée au public bavarois a ensuite débuté une tournée européenne »

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