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du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
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Dali Fin tragique 1

La vie de Dali a été un feu d’artifice de couleurs, de gags, de déclarations, d’écrits, d’honneurs (création en 71de son Musée à Cléveland, création (dans l’ancien théâtre) en 74 de son Musée à Figueras qu’il inaugure, reçu à l’Académie française des Beaux Arts à Paris en Mai 79 anobli par le Roi en 82 ; il devient Marquis de Pubol, etc), des thèmes où son génie s’est exprimé ( peinture, sculpture, gravures, décors de théâtre et d’opéra, haute couture , bijoux, architecture, parfums, etc..), d’inventions ( hologrammes, etc..).

Pourtant après la mort de Gala, le 12 Juin 82 ( il déclara d’ailleurs à cette annonce : » Gala n’est pas morte, elle ne mourra jamais), il semble que le moteur de son navire, se soit arrêté, sa voile descendue et son bateau a commencé à dériver. Etait-il revenu comme pour fermer l’orbe de sa vie à son point de départ, aux égarements, aux vagabondages de l’esprit de son enfance et de son adolescence ? En 83, on crée les parfums Dali dans des flacons, pour homme, en forme de testicules, et pour femme, en forme de lèvres. Mais lui abandonné, perdu, seul à Port Ligat s’en va à Putbol comme pour veiller la dépouille de sa muse. Il crée alors fin décembre 83 (était-ce sa seule volonté ?), la fondation Gala-Salvador Dali pour la protection et la conservation de ses œuvres.

Il peint sa dernière toile en 84 : »La queue d’aronde ».

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Il lui passe même par l’esprit, lui qui avait si peur de la mort, l’idée de se laisser mourir par déshydratation : il ne mange plus, devient cadavérique. De plus en plus paranoïaque, il reste pourtant dans le noir amis devant ses terreurs, il appuie de plus en plus sur le bouton d’appel de son infirmière. Le bouton vétuste provoque un court circuit qui déclenche un incendie en 84 et les rideaux, les couvertures de sa chambre se mettent à flamber. Il est choqué psychologiquement et même légèrement brûlé. Les journalistes, les télévisions par dizaines se précipitèrent pour l’nterviewer, vieillard décati, sans cheveu et moustache, pauvre homme à l’agonie avec des tubes dans les narines des pansements. Je ne mets pas cette vidéo car je la trouve trop indécente.

Il sera hospitalisé plusieurs fois à l’hôpital de Figueras. Heureusement il sera sauvé par son homme de confiance, Robert Descharmes. Il va se réfugier dans la Tour Galatéa de son Musée ( qu’il avait fait rajouter en l’honneur de Gala)

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Une équipe de journalistes aura l’indécence d’aller l’interviewer juste après. Mais par un acharnement thérapeutique dicté par l’intérêt on va lui interdire de mourir de suite. Il avait perdu sa flamboyance, sa verve, son panache, son goût de vivre. Par exemple à la fin de sa vie, il signait à ses visiteurs des feuilles blanches, en leur disant: « Tenez, faites donc du Dalí et enrichissez-vous ! »

Après avoir dérivé ce fut le naufrage. Avec cette mort de son seul amour et sa vieillesse qui l’handicape de plus en plus, le destin s’inverse. La vie lui avait apporté Amour,Génie et Gloire mais devant sa faiblesse ( il est de nouveau sujet à des terreurs,souffre du cœur, a du mal à respirer, est atteint de la maladie de Parkinson), certains et nombreux êtres avides de lucre, d’argent vont profiter de ce vieillard presque grabataire, affaibli. La danse macabre autour de ce pauvre hère va commencer. Les biographies officielles bizarrement cachent cette horrible et macabre manipulation d’un homme sans défense.

l’interrupteur électrique lui permettant d’appeler ses infirmières. Dali est gravement brûlé et devient aphone. Avec le ressac la solitude, la faiblesse, l’oubli tissent un grand linceul qui recouvre tout son être. Longue descente aux Enfers qui durera 7 ans puisqu’il mourra le 23 Janvier 89. Si lui a été critiqué pour son goût de l’argent alors qu’en fait c’était surtout Gala qui le poussait vers ce but, on a vu toute la rapacité toute la cupidité du genre humain à tous les niveaux .Son héritage pictural étant depuis longtemps acquis par des Musées, des particuliers ou des collectionneurs, son héritage d’argent étant dilapidé depuis longtemps, il ne restait que ses lieux recouverts de l’or de sa renommée universelle. Pourtant ces quelques biens ont fait naître des luttes féroces plus ou moins cachées entre Etat espagnol, gouvernement, province, villes de Figuéras et Cadaques et particuliers pour s’attribuer que le droit moral, le droit d’exploitations des objets qui portaient la marque Dali (ses Daliniaiseries comme il disait) ; parfums, cravates, chaussettes, tee shirts, ou même lithos subitement en augmentation. On le harcelait alors qu’il était devenu sans défense. On profita de sa faiblesse, de son agonie : On lui retira son passeport pour être sûr que sa mort arrive en Espagne, on lui fit changer des points de son testament. Ainsi,alors qu’il voulait que son corps repose au château de Pubol près de celui de Gala, on l’obligea a préciser qu’il serait enterré dans son château-musée pour donner encore un côté plus attractif à ce lieu.( Il repose sous une simple dalle blanche sans nom, sous la le fameux dôme.

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Juste une plaque ajoutée au mur précise son nom.

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Mais beaucoup de touristes foulent ce sol sans savoir que le corps du célèbre peintre repose en dessous ! Il semblerait qu’un aménagement a été apporté). Bizarrement il légua toute son œuvre et ses biens ( mais l’on sait pourquoi) à l’Etat espagnol et le gouvernement supprima toute forme d’impôts sur la possession de ses œuvres. Une sorte de danse macabre horrible s’instaura autour de sa personne pour le terroriser : on le séquestra, on le contrefit, on le pilla. Devenu un pantin, on va le maintenir en vie tant qu’on aura besoin de lui, pour des raisons médicales (essais de médicaments) que commerciales ! Comme on le vit prompt à signer plein de papiers et documents, beaucoup (hommes d’affaires, notables, hommes politiques) vont en profiter pour lui faire signer moult contrats et actes officiels ! On ira même quand il ne pourra plus signer jusqu’à lui faire apposer son doigt encré sur des documents. Puis devant sa faiblesse on relèvera carrément son empreinte et on en fera un timbre pour se libérer de lui !

Ah il était loin le temps où Dali armé d’un pistolet, jouait à faire peur!

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MM

 

 


DALI Fin tragique 2

En visitant le refuge de Dali, son havre de paix je me suis souvenu de la plupart de ces anecdotes amusantes de sa vie qui avaient fait mes délices il y a longtemps, tout en ayant conscience déjà à l’époque qu’il s’agissait d’un personnage hors du commun. Je me souvenais notamment de cet interview qui aurait du être sérieuse et empreinte d’une certaine solennité, puis qu’il s’agissait de celle faite par Denise Glaser dans son émission « Discorama ».

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Mais avec Dali c’était forcément une véritable pièce moderne, courte et décoiffante en trois actes, une sorte de happening télévisé ! Avec mes Parents on en avait vu une rediffusion en 63 et je me souviens de la réflexion de mon Père » Cet homme joue les fous, il fait son cinéma. En fait je suppose qu’il est d’une intelligence supérieur. Et par dérision il se moque des gens, il les fait marcher et eux comme des moutons le suivent. Il a raison de profiter de la bêtise humaine !

Mais en visitant ce dernier refuge de Dali où la mort était venue chercher Gala, à ce lieu dernier témoin de sa vie d’homme libre, j’ai pensé à son exil, à sa fuite et surtout à sa lente agonie fabriquée ; j’ai alors réfléchi à cet irrespect, cette arrogance, cet état « d’homme » sans foi ni loi, cet instinct carnassier ou carnivore, qui naît chez certains hommes, touchés par une folie soudaine, engendrée par l’avidité, l’esprit de lucre, l’envie de pouvoir.Ils en arrivent à profiter d’un vieillard sans défense, à l’agonie. Et le plus terrible c’est que cette forme de démence peut toucher les êtres les mieux éduqués, les plus lettrés, les responsables les plus importants (politiques ou commerciaux). Alors pour eux, l’homme qui les gène est devenu un objet qu’il faut utiliser puis détruire, éliminer. Hélas cet instinct tribal, cette volonté de puissance n’a point disparu.

Je pensais aussi à la farce grotesque de cette mort pitoyable. Après l’avoir avili, profité de lui jusqu’à son dernier souffle, fait passer pour fou, aujourd’hui on l’honore, on le glorifie, on le porte aux nus et surtout on vend son nom ! Mais pour Moi il restera le fameux Dali avec ses lumières et ses ombres, Dali le surdoué resté adolescent d’esprit, Dali dont on n’a pas fini de découvrir tous les secrets de ses oeuvres!

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Mais en visitant cette maison, j’ai eu surtout conscience que je pénétrais dans l’intimité du peintre, et bizarrement j’ai complètement oublié que j’existais, je me suis retrouvé hors du temps comme si mon esprit flottait hors de mon corps. En essayant de ne pas être au milieu du petit groupe je me suis retrouvé dans le silence de certaines pièces comme ne communion avec quelque chose qui me dépassait. Des dizaines de sensations, des dizaines de sentiments tournaient dans ma tête : solitude, paix, miracle, dérive, fantaisie, imagination, éternité, néant, lutte entre l’ombre et la lumière, entre la raison et Ces objets empreints d’une personnalité si extra ordinaire, ces lieux qui ont été témoins de tant de scènes privées ont jeté sur moi une sorte de voile invisible, d’étonnement, de respect, d’émotion. Surtout quand je me suis retrouvé dans le lieu mythique, le saint des saints, le royaume, l’Eden, le paradis ou l’enfer, le lieu de tous les instants, de toutes les folies apocalyptiques, de toutes le fuites vers l’inconnu, des dérives vers l’éternité, centre de l’imaginaire, le centre de ce labyrinthe qu’est ce refuge, l’atelier.

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Emotion devant ces tubes de peintures en train de sécher,

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les pinceaux abandonnés

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et surtout devant cette toile inachevée.

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Une main créatrice avait disparu à jamais ?

J’ai vécu cette visite à la fois comme une épreuve, comme un voyage dans l’espace, comme une renaissance, comme un artiste qui soudain reconstruit toutes ses illusions. Etait-je Dalinien plus que jamais, ou était- je dans une errance soudaine ?Dali ne peut pas vous laisser insensible…

Quel choc à la sortie. Soudain dans la lumière violente de cet Avril ensoleillé, j’ai mis un moment avant de revenir à la réalité. Ce fut comme une longue et lente remontée vers la surface du présent, après une plongée profonde en apnée dans le temps. Mon esprit en ébullition s’est peu à peu calmé avec le regard si doux et si bleu de cette mer apaisante, de cette mer infinie, de cette mer mystérieuse.

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Il a fallu reprendre le cours d’une vie matérielle : récupération de nos objets laissés à la consigne, retour silencieux vers la voiture. Même ma compagne ne disait rien.Je la regardais, je regardais ces autres femmes touristes et en marchant je pensais à la Femme en général, qui a tenu tant de place dans la vie du peintre ou du moins dans son esprit et dans son œuvre !Sa FantasFemmagorie”!

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Juste deux phrases échangées entre mon Amie et moi, se répondant, pour penser aux nourritures du corps après celles de l’esprit.Il était 15h20. Direction Cadaquès pour y trouver un petit restaurant.

Jours de Gala 3°

MMM

Jours de Gala ( .3°)

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Cependant derrière l’image officielle d’un amour idyllique sublimé et raconté par Salvador durant toute sa vie,

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des évidences plus concrètes nous montrent un tout autre décor.
En 40 ne semble-t-il pas déjà triste?

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Si l’on regarde bien, d’abord, ils forment un couple peu assorti. Avec ses apparences excentriques, très dandy, Dali semble en parfaite opposition avec l’allure sobre et austère en tailleur Chanel de Gala. Économe de ses effets et de ses paroles, mystérieuse presque mystique - elle lit l’avenir dans les cartes - Gala offre une performance en société toute en opposition à un Salvador Dali joueur, dynamique, beau parleur, de plus en plus confiant en lui même avec le temps.

Au fil des années, tenant d’une main de fer la carrière de Salvador, Gala gère à son gré les contrats de son mari. C’est elle dès le départ qui a su tirer parti de la générosité de la famille des Noaïlles, riches mécènes (ils financèrent « L’âge d’or » de Buñuel et Dali).C’est aussi
avec les vingt mille francs que leur procure le vicomte de Noailles en échange d’un tableau, La vieillesse de Guillaume Tell, que Dali a pu acheter les maisons de pêcheurs de Port Lligat ( lieu de naissance de son Père), maisons qu’il a ensuite rassemblées et restaurées à son idée. tout près de Cadaqués, qui deviendra leur résidence définitive en Espagne. N’oublions pas que Dali est fasciné par ce paysage de Port Lligat et du cap de Creus, un endroit aride, minéral, qui servira de fond à la plupart de ses paysages surréels. , Elle prend les commandes, négocie férocement ses moindres réalisations artistiques et encaisse les dividendes… En fait, dès la fin des années 30, la relation Gala-Dali s’est stabilisée en une sorte de partenariat économique complexe. Dali travaille seul mais ne sort jamais sans Gala. Il est vrai que parfois elle lui sert de garde du corps.En effet, Dali trop fier d’attirer les gens, est souvent entouré d’une nuée de personnes. Lorsque Gala arrive, elle le libère et même parfois, face à des importuns agressifs, elle est capable de gifler le (la) malotru(e) ou même de lui donner un coup de pied. Aussi on la craint!

Dans les années 40, une fois le couple exilé aux États-Unis pour cause de guerre en Europe, Gala ne joue plus ni l’égérie, ni au partenaire heureux de se prêter aux délires sexuels de Dali. Elle se transforme en mère et geôlière. Lassée de vivre par procuration et pour Dali, elle commence à s’éloigner, allant de relation sexuelle en relation sexuelle avec de jeunes garçons. Dali lui continue à travailler et à gagner de l’argent pour que Gala puisse satisfaire sa gloutonnerie sexuelle et son besoin de rester jeune (liftings). Gala ne suporte pas de vieillir, elle qui est de 9 ans l’aînée de Dali. Elle devient de plus en plus avide et violente. Progressivement, elle délègue les affaires courantes à des hommes de confiance plus ou moins sérieux. Elle passe des commandes sans cesse et va même jusqu’à enfermer Dali dans son atelier jusqu’à ce qu’il les honore. Sa phobie du manque d’argent la ronge.

Incapable d’assumer psychologiquement cette situation, Dali élève Gala au rang de madone intouchable et lui pardonne tous ses excès. Malgré lui dans ses tableaux des années 40-50 , il ne peut s’empêcher de la peindre telle qu’elle est. froide et hautaine. Oui la Madone de Port Lligat était loin dans le temps…

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« Rendre visible l’invisible, l’autre face de nous-mêmes et de l’univers », une des devises de Dali. Justement sans s’en rendre compte son comportement dans le monde n’a-t-il pas révélé, sans qu’il le veuille son être secret.


Un moment de bonheur pour Dali; le retour vers lui de son Père.

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Et malgré leurs cœurs blessés, torturés, les trois enfin réunis.Dali secret, Dali à nu en tant qu’homme, avec sa famille restante.

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En effet on peut se demander si Dali, phagocyté par les rêts de Gala, n’a pas tenté de fuir cette geôle invisible, cette solitude, où il s’est retrouvé en prenant ce comportement de plus en plus étrange pour l’extérieur. Pour exister lui-même alors qu’elle le réduisait à l’état de robot peignant, et se rendant compte que la nef de leur « amour », de leur complicité s’était désintégrée (du moins du côté de Gala) sur les rochers de Port LLigat, n’a-t-il pas multiplié des déclarations surprenantes pour ne pas dire plus que critiquables ou ne s’est-il pas engouffré dans cette course à l’argent qui en fait n’était pas pour lui mais pour essayer de garder une parcelle de cette liaison en comblant tous les désirs de Madame? Le retour de bâton fut rapide : en critiquant les thèses surréalistes, en tenant des propos plutôt clémentd pour ne pas dire favorables sur certains visages du nazisme, ses relations avec Franco, ses visites au Pape, son attachement à la monarchie, l’on fait se fâcher avec les surréalistes ( Breton l’avait surnommé avec l’anagramme de ses noms et prénoms « Avida Dollar ») et d’autres intellectuels. Mais sorti de ses « récréations spectaculaires » où il faut reconnaître, il prenait un plaisir certain, il a heureusement avec son travail acharné, son intelligence il a pu se lancer dans de nombreuses expériences intéressantes dans tous les domaines et travailler avec les plus grands. Reconnu comme un vrai artiste innovant, n’a-t-il pas ouvert la route au Pop Art et à la peinture moderne qui en a découlé ? Peinture moderne qu’il a pourtant critiquée ou du moins « certaines artistes qui se disent peintres mais qui ne font que des barbouillages d’enfant sans avoir appris les bases de la technique et qui ne sont même pas capables de vous faire un dessin qui se tient » ou « Commence par apprendre à dessiner et à peindre comme les anciens maîtres » dit-il, « tu pourras ensuite faire comme tu voudras, chacun te respectera ». « Pas de chef-d’oeuvre dans la paresse ! »..

Sur ce point on peut lui donner raison car hélas, 80% des acheteurs n’y connaissent rien et achètent pour être « in » n’importe quoi. Les petits malins en profitent : les sites sur Internet pullulent. Les revues d’art sérieuses le dénoncent d’ailleurs.

Devant le rejet physique de Gala, Dali a tenté des « expériences » avec certains de ses modèles, amis des expériences déviantes car le pauvre Salvador n’a pas du souvent faire s’accrocher Gala aux rideaux de leurs chambre et encore moins les autres superbes modèles qu’il côtoyait! Il f préférait les palper ou assister à leurs ébats qu’ils organisait ! C’était sa compensation grâce à son voyeurisme!.

Voilà une chanson que Dali aurait pu “se chanter” quand elle l’a abandonné. et qu’il s’est retrouvé seul, dans sa “Galaxie”…..


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Jours de Gala !!! 1°

Jours de Gala !!! 1°

La vie laborieuse de peintre courant après les expositions, les récompenses, l’homme avide de reconnaissance, la vie relationnelle et sociale parfois tumultueuse s’est arrêtée un jour. Le bateau ivre de Dali, ballotté par les tempêtes, fatigué par les courses, a fait relâche dans ce gentil port de Cadaquès puis dans cette anse perdue et sauvage de Port Lligat. Le capitaine avait subi les charmes d’une sirène surprenante, intelligente, calculatrice, croqueuse d’hommes ; une femme au charme mystérieux et étrange révélatrice du Moi enfoui de cet homme généreux mais compliqué, perturbé, exigeant.

Revenons donc à ce voyage de 1929, à Paris où Dali rencontre les Surréalistes ; Breton( vous pouvez voir sa maison à Saint-Cirq la Popie), Philippe Soupault ( que j’ai rencontré à Brive dans les années 80 : je fus étonné de le voir vivant ce qui le fit bien rire ! Un homme sympathique et simple.Comme je faisais étudier certains de ses textes à mes élèves, il en fut heureux ; on parla de Sabine Sicaud, de Pierre Seghers, de l’Ecole de Rochefort et j’oubliai de lui parler de son rôle important dans le mouvement surréaliste !)),

Donc parlons de cette rencontre avec les Surréalistes qui fut d’une importance capitale pour Dali aussi bien sur le plan humain ( et donc sexuel) que sur le plan artistique.

Durant sa période estudiantine, Dali à la recherche d’une sexualité réelle, croit connaître des influences homosexuelles qui se font ,dit-il, clairement sentir, (son ami homosexuel Garcia Lorca avait bien tenté de le sodomiser en vain lors de leurs vacances communes)

. Echec sans doute parce que, Dali ne le sait pas encore, mais ses toiles de jeunesse démontrent un besoin instinctuel de posséder les femmes.
Dans sa première autobiographie, Dali décrit des scènes de jeux érotiques avec une jeune fille de son âge. Pourtant ses désirs restent à l’état latent.Seule une femme sortant de l’ordinaire pourrait peut-être déclencher en lui l’élan salvateur ! Curieux de se découvrir,il raconte alors, ses recherches multiples pour rencontrer la femme parfaite, dans la rue ou dans les bordels de Paris. Et malgré cela, Dali affirme qu’il était vierge quand il rencontra son seul et unique amour, Gala

Déçu physiquement ( à cause en fait de son propre échec) par Lorca, il va se passionner alors , artistiquement, pour l’œuvre de son Ami de Grenade. Comme je l’ai déjà dit, il écrira un article « San Sebastian » en son honneur, il fera les décors et les costumes de « Mariana Pineda ». Pourtant,déjà proche des idées surréalistes, en 1928 ,Dali s’éloigne de Lorca, en remettant en question la validité de la poétique de Lorca qui vient de publier son « Romancero Gitano » Il le juge trop traditionnel et mélodramatique .

Mais dans l’histoire de l’art espagnol, cet amour impossible, cette amitié surprenante et inédite, à la fois amoureuse et créatrice, restera à jamais marquée en lettres d’or. En effet puisque leur complicité donnera naissance à des éblouissements mutuels qui auront des conséquences décisives sur la vie et l’œuvre de ces deux mythes du 20° siècle. Dali sera très fortement marqué par Lorca et surtout, lui qui à peur du départ irrémédiable, par sa mort. Même à la fin de ses jours Salvador parlera « d’une amitié tagique ».

Ainsi Dali va se retrouver à Paris, dans un vide sexuel et affectif et dans un une remise en question de son œuvre.

.En s’étant rapproché de son autre ami , Buñuel, aussi adepte du surréalisme, avec lequel il écrit le scénario et, depuis janvier 1929, prépare le tournage du film Un chien andalou qui doit se faire à Paris en avril 1929, Dali va plus encore adopter ces théories nouvelles. D’avril à juin, Dali réside à Paris où, grâce à Miro qui s’était déjà intéressé à son œuvre à la suite de ses expositions aux Galeries Dalmau, il connaît Tristan Tzara; ce dernier le fait connaître dans les milieux surréalistes. Ainsi, Dali signe un contrat pour une exposition avec le marchand Goemans.(Je vous reparlerai de ce mouvement artistique qui a tant marqué notre début de 20° S) Voici le célèbre Tableu de Marx Ernst:

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Derrière, de gauche à droite: Philippe Soupault, Jean Arp, Max Morise, Rafaele Sanzio ( !!! avec un béret!)), Paul Eluard, Louis Aragon, (déjà au 2° plan, car on l’éloignera à cause de son engagement communiste)André Breton,( avec la cape rouge) Giorgio di Chirico, Gala Eluard.(semblante fuyante)
Au premier plan: René Crevel (assis, de dos), Max Ernst, Fedor Dostoïevski, Théodore Fraenkel, Jean Paulhan, Benjamin Péret, Baargeld, Robert Desnos

Au Rendez vous des Amis 1922

Ce tableau fut exécuté par Max Ernst en 1922, alors qu’il venait de quitter la Suisse pour rejoindre Gala Eluard à Paris. Il représente le groupe au moment où le peintre l’a rencontré, flanqué , oh ironie !!!,de Raphaël (coiffé d’un béret) et de Dostoïevski (personnage barbu), deux ancêtres bien douteux du surréalisme. Ils doivent être là pour incarner deux modèles à fuir : une peinture religieuse et académique pour le premier, une conception réaliste du roman pour le second ?!C’est d’ailleurs sur un extrait de Crime et châtiment que Breton s’appuiera, dans le Manifeste, pour condamner la description. Et pour se moquer encore plus de ces deux ancêtres,, Ernst, assis irrévérencieusement sur les genoux de Dostoïevski, ne semble-t-il pas lui tirer la barbe ? Sur fond de paysage alpestre, (Ernst, Eluard et Gala ayant séjourné en Suisse) les membres du groupe paraissent disposés de manière allégorique : statique, le bloc de gauche s’oppose au dynamisme des personnages de droite qui ont l’air d’arriver en courant. La position quasi identique de leur main fait penser à une sorte de langage de sourd-muet. On pourra surtout commenter celle d’André Breton (cape rouge), lui le Maître, qui semble, en mage souverain, distribuer son onction au groupe. Seuls René Crevel (à gauche) se détourne sur un piano imaginaire et Gala Eluard (bientôt Dali), à droite, indique la sortie… Cette toile devenue mythique ignore curieusement Tristan Tzara et Francis Picabia.

Dès Juillet 29, il revient sur sa chère côte catalane où il a invité ses nouveaux amis surréalistes : arrivent donc :Luis Buñuel, Goemans, Magritte et son épouse, et surtout Éluard avec sa femme Gala et leur fille Cécile dans sa maison de Cadaqués. Tout ce beau monde mène alors une vie rêvée : baignades, promenades, parties d’échecs, repas bien arrosés, nuits dans un café club rempli de musique espagnole et de jazz. Mais Dali n’a d’yeux que pour cette troublante femme d’Eluard. Aussi il l’entraîne dans des promenades sans fin dans les rochers du Cap Créu. Il va entamer une cour sans retenue. Ce n’est pas facile pour lui, car il souffre alors, de sortes de crises de nerfs qui se traduisent par des crises de rire sans fin, poussées à leur paroxysme, puisqu’il en arrive à se rouler par terre !. Difficile avec cet handicap d’aligner quelque mots et de paraître sincère dans ses déclarations. Intérieurement il est terrorisé car il comprend de suite en voyant cette femme qu’elle seule, pourra le libérer de ses peurs intérieurs, pourra faire naître entre lui ce désir refoulé des femmes et qu’elle seule pourra lui faire réaliser son désir le plus secret : la séduire et la posséder. Car il en tombe de suite follement amoureux, amour fou qui le transforme ! Cette chair, ce corps, ces seins, ces jambes, lui font à la fois peur et le troublent jusqu’à l’obsession ! Il surmonte sa terreur presque, et il arrive donc, entre deux fous rires à lui déclarer sa flamme de la manière la plus romantique qu’il soit. dans cette mélancolie indicible de la solitude du cap Creus, au détour d’une calanque, à Es Cayals .

Gala, elle la femme expérimentée, sûre de son charme, énergique, volontaire, va être intriguée, amusée au départ, et finalement touchée par ce jeune peintre étrange, timide, maladroit et puceau. Elle a surtout reconnu avec sa lucidité extraordinaire, en lui, le talent fabuleux. Aussi elle va se laisser tenter par cette nouvelle aventure qui s’ouvre à elle et abandonner son mari et sa fille. Tout ce beau monde repartira les laissant seuls en tête à tête, en corps à corps !

Laissons le parler de cette rencontre miraculeuse:

“Son corps avait une complexion enfantine, ses omoplates et ses muscles lombaires cette tension un peu brusque des adolescents. En revanche, le creux du dos était extrêmement féminin et liait avec grâce le torse énergique et fier aux fesses très fines que la taille de guêpe rendait encore plus désirables….La beauté souffreteuse du visage n’était pas la seule élégance de ce corps. Je regardai sa taille cambrée par sa démarche de Victoire et me dis avec déjà une pointe d’humour esthétique: “Les victoires aussi ont le visage assombri par la mauvaise humeur. Il ne faut pas y toucher.” Pourtant j’allais la toucher, j’allais étreindre sa taille quand la main de Gala prit la mienne. C’était le moment de rire, et je ris avec une nervosité d’autant plus violente que cela en était plus vexant pour elle à ce moment précis. Mais Gala, au lieu de se sentir blessée par ce rire, s’en enorgueillit. D’un effort surhumain, elle pressa encore plus fort ma main, au lieu de la laisser tomber avec dédain comme n’importe quelle autre femme l’aurait fait. Son intuition médiumnique lui avait donné à comprendre le sens exact de mon rire si inexplicable aux autres. Mon rire n’était pas “gai” comme celui de tout le monde. Il n’était pas scepticisme ou frivolité, mais fanatisme, cataclysme, abîme et terreur. Et le plus terrifiant, le plus catastrophique de tous les rires, je venais de le lui faire entendre, de le jeter par terre à ses pieds. “Mon petit”, dit-elle, “nous n’allons plus nous quitter.

Et Dali va expliquer encore plus ce coup de foudre, en donnant la clef historique et freudienne de cet amour indissociable qui vient de naître et que la mort seule saura rompre:

“Elle serait ma Gravida (“celle qui avance”), ma victoire, ma femme. Mais pour cela, il fallait qu’elle me guérisse. Et elle me guérit, grâce à la puissance indomptable et insondable de son amour dont la profondeur de pensée et l’adresse pratique dépassèrent les plus ambitieuses méthodes psychanalytiques”.

Dali parle de Gravida car il venait de lire “Gravida”, roman de Jensen interprété, expliqué par Sigmund Freud, dans lequel l’héroïne, Gravida (délire et rêve) réussit la guérison psychologique du héros.

“J’approchais de la grande épreuve de ma vie, l’épreuve de l’amour”.

Mais qui est cette Gala, qui restera définitivement à ses côtés, devenant sa femme et sa muse pour le restant de ses jours ? Que va devenir ce couple sortant de l’ordinaire ? (lui a 23 ans et fuyait jusqu’alors les femmes, elle, 31-32 ans, la croqueuse d’hommes, sûre d’elle, calculatrice )

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Dali errance,délivrance.

La maison de Dali m’a fait penser à une sorte de bateau avec ses différentes cabines( 15 pièces au total !), étages, ses coursives, couloirs escaliers, mais les hublots étaient comme sur un yacht de grandes baies vitrées où l’on voyait la mer Elles laissaient passer une lumière douce, tamisée, envoûtante. Maison bateau où Dali a tant fait de croisières sur les eaux parfois troubles, parfois agitées, parfois si calmes, de ses rêves, de ses cauchemars, de ses délires, de ses folies de ses fantasmes. Il s’en croyait le capitaine, mais c’est bien Gala qui commandait le plus souvent. Maison immense, bateau-fantôme qui m’a entraîné sur les chemins surannés du passé avec ses souvenirs, son ameublement surprenant où même délirant où tous les styles se côtoient : meubles Louis XIV, salon marocain,, meubles des années 70 plutôt kitch. Oui osons ; maison yacht immobile, si riche, ancrée depuis si longtemps au fond de sa fameuse et tant aimée anse de Port Lligat. Protégée par la petite île et les rochers solides et monstrueux du Cap Créu !

Quelques marches, et puis soudain c’est l’arrivée sur le pont, à l’air libre : terrasse, jardin, patio, piscine. Après le rêve, l’enivrement subit par l’alcool de cette lumière si forte, presque aveuglante. Réveil revigorant où pourtant les souvenirs des rêves daliniens refaisaient surface. Lumière souvenir si pure, si éclatante qui m’a ramené à sa vitesse dans mon enfance oubliée .Et ce chuintement d’une brise si légère dans les branches des oliviers, et cet air iodée qui faisait tourner mon regard vers cette immense flaque de bleu étale !

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Tableau extraordinaire Bonheur profond, joie soudaine ressentie au plus profond de moi..Je suis monté, descendu, fureté, mitraillé, j’ai oublié les douleurs dans mes mollets. La magie opérait.. Mais moi le bavard je ne vais plus rien dire, sans quelconque commentaire; je vais seulement aligner les photos pêle-mêle et vous laisser découvrir ce jardin, cet Eden, ce paradis, simple au départ,  mais que Dali au fil des ans, a décoré, égayé suivant son humour, ses fantasmes…Bassins, statues,fontaines, objets diverses et fantasques. Je ne vais rien dire…enfin je vais essayer…

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Oeuf, amphore sous escalier. Que de symboles encore. Mais ce serait trop long à expliquer ! Non j’ai promis..

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Pigeonnier aux perchoirs daliniens faits de fourches de bois pour la fenaison .Pigeonnier,escale de ces symboles de liberté, oiseaux, auxquels l’homme a tout fait pour leur ressembler.

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…..

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…Et depuis le jardin où git le cadavre géant des rêves de Dali ( que je vous montrerai), je découvre ces deux têtes énormes. Je croyais que c’étaient celles de Gala et Dali, tendrement rapprochés, mais une guide m’a précisé:’Non, c’est Castor et Pollux”.Soit ! Mon esprit toujours marche. Je replonge dans mes études et le mythe de Castor et Pollux, ces frères batailleurs, qui sont allés délivrer leur sœur.

De l’arrière:

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…De face, se cachant derrière les branches des oliviers.Mais pourquoi Castor et Pollux ? Je réfléchis toujours..Les frères jumeaux. Dali et son double? Dali allant à deux, comme eux, délivrer sa soeur Gala ?Non ce n’est pas ça…

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Dali et son Frère mort qui l’habitait?Voilà la clef! Oui ça y est je me souviens de la conférence de Dali expliquant “qu’il a tout fait pour tuer son frère mort,- ce frère détesté puis vénéré dont il fit le portrait-,

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oui j’ai tout fait pour le tuer, me débarrasser ainsi de mon double trop lourd à porter, et de cette façon, trouver l’immortalité !” Son frère qui a dominé sa plus tendre enfance et qui réuni avec lui enfin délivré, veillait et veille encore , sur Port Lligat ! Etrange, mais je vous expliquerai…

Demain nous continuerons la visite de ce jardin extraordinaire où l’eau, autre symbole, rafraîchit.

21 mai 2008 - Aucun commentaire
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Aïe ! Je deviens « terre à terre » !

 

Aïe ! Je deviens « terre à terre » !

Le ciel ose montrer son bout de nez de lumière et mon jardin oublié par mes travaux dits « intellectuels »,’ conférence, blog, etc ), me fait la gueule et me fait comprendre qu’il serait temps entre le retour, la « revenue » ( comme disait un poète), des ondées plus que violentes, il serait temps que je m’occupe de lui. Il me demande simplement d’être plus terre à terre : Gazon à tondre, plan de tomates à planter… Et comment résister à ce bleu provisoire des cieux. Ce bleu qui me fascine. La longueur d’onde émise par cette couleur doit avoir des effets magiques sur mon intellect. Bleu des yeux (et pas seulement celui des femmes qui m’ont ému ; mais mon Père avait les yeux bleus aussi), bleu du ciel, bleu de la Méditerranée, bleu de mon enfance et même bleus à l’âme et au corps qui m’ont marqué et fais plus apprécier encore ces cadeaux (car il y en a eu à plusieurs reprises , offerts par la vie ! ). Aussi cette vie je l’ai bue jusqu’à la lie. Même les lies ont un goût de nectar, si vous réfléchissez et savez que certains n’ont même pas eu cette chance de goûter cette amertume, cette âpreté, cette rugosité qui vous fait d’autant plus apprécier les sucreries, les douceurs. La vie, un slalom pour passer de l’ombre à la lumière et de la lumière à l’ombre. D’ailleurs pour vous habituer n’y-t-il pas cette nuit profonde et ces jours lumineux qui se succèdent ? Je suis loin de tous ces inassouvis, ces jamais contents, ces râleurs, ces révoltés, qui inconscients de la richesse qu’ils ont, pestent contre le moindre contre temps, contre le moindre problème. Ils auraient du vraiment souffrir, jeunes, physiquement, ils auraient du subir les tortures des douleurs, les angoisses des opérations pour comprendre le sens, la richesse de la vie. Les pauvres, ils sont bien portants, ne souffrent d’aucun travers grave, alors ils pleurent pour des broutilles, se plaignent des sévices de l’âge qui grandit bousculent même les plus faibles pour être les premiers quitte à tricher. Certains même écrivent dans le confort de leur chez eux sur les malheurs d’autrui, mais les ont-ils seulement côtoyés, les ont-ils essayer de les aider, de leur rendre un semblant de sourire, un peu de courage pour continuer. Ah certes ils écrivent, dénoncent… et vendent leurs livres ! Ah, promenez-vous à travers le monde, ou chez nous auprès d’exclus (par la vie ou par leur manque de force pour lutter).. La souffrance, hélas, on s’y habitue, elle devient notre maîtresse, notre compagne. Seule sa sœur impitoyable, la mort, la délivreuse de vie et donc paradoxalement de souffrances, peut à la rigueur nous effrayer. Aussi, même si je ne la crains pas vraiment, je voudrais qu’elle arrive bien tard. D’où surprise angoissée devant ce temps qui passe, devant ce jour qui s’obscurcit peu à peu pour devenir finalement nuit profonde.

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La nuit, qui comme la Mer arrive par vagues successives, la nuit mystérieuse, qui arrive de si loin, à pas de loup, comme dit le poète, ce cher Claude Roy, qui m’a écrit juste avant sa mort: j’entretenais une correspondance avec lui et lui avais parlé de mes travaux sur la Poésie avec mes élèves. intéressé, il espérait des poèmes de mes élèves que je faisais travailler sur ses textes,

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la nuit qui sort de je ne sais ou pour envahir lentement la terre.

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Je ne peux m’empêcher pour lui rendre hommage à ce cher Claude Roy, de mettre son merveilleux poème.


La nuit

Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit
A pas de loup de fougère et de menthe
Voleuse de parfum impure fausse nuit
Fille aux cheveux d’écume issus de l’eau dormante


Après l’aube la nuit tisseuse de chansons
S’endort d’un songe lourd d’astres et de méduses
Et les jambes mêlées au fuseau des saisons
Veille sur le repos des étoiles confuses


Sa main laisse glisser les constellations
Le sable fabuleux des mondes solitaires
La poussière de Dieu et de sa création
La semence de feu qui féconde les terres


Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuit
A pas de vent de mer de feu de loup de piège
Bergère sans troupeau glaneuse sans épis
Aveugle aux lèvres d’or qui marche sur la neige

Claude Roy


Ainsi mon envoi imprévu d’hier sur cette lumière et cette ombre, sur cette symbolique du temps qui s’enfuit. Alors si vous savez comme j’ai goûté ces instants d’évasion, cette nature sauvage et cette paisible, ces rochers tourmentés et rudes ( j’en reparlerai à propos de Dali, car je ne l’oublie pas, son enfance « détraquée » ( je vous parlerai d’un fait marquant chez le très jeune Dali, qui m’a fait penser au même, arrivé à Mitterrand dans son enfance ! Mais Mitterrand à l’esprit plus stable a su s’en débarrasser très vite, mais explique certains de ses tics ou penchants) a eu tellement d’importance sur sa vie ; les gris de cet âge ont fait que son esprit a tellement galopé qu’il a voulu devenir Soleil ! En effet je parlerai de l’influence de ses tourments sur sa vie. C’est drôle vous avez des bios officielles, lisses, respectueuses, pudiques sur lui et d’autres qui révèlent ses secrets les plus intimes, les plus dégradants avec une sorte de jouissance surprenante ( certains révèlent ou condamnent les travers d’autrui, car ils souffrent, tentant de le refouler, de le cacher, des mêmes tourments. Moi j’essaierai d’expliquer le pourquoi et le comment de cet homme qui a toujours voulu provoquer, choqué jusqu’à l’excès, qui a été fasciné par le Dieu Argent, qui s’est cherché dans les virages à 180° de son art passant de l’académie au cubisme, du surréalisme, au classicisme des grands maîtres (Vélasquez, Vermeer ou peintres italiens de la Renaissance). Je montrerai bien sûr ce nid de Dali, maison qui est l’explication du Moi profond de Dali, Port Lligat mais aussi Cadaquès ( où se sont passés tant d’évènements ! ), et ces paysages tourmentés du Cap Créu ou si doux de cette Mer paisible qui ont joué sur la construction d’expressions paradoxales dans son intellect. Les paysages où ont poussé ses racines marquent à jamais un être ! Moi j’en garde la lumière éblouissante et l’ombre reposante, la touffeur des journées lentes, le vol majestueux des cigognes ( vous en verrez ) ; la poussière, les forêts de pins parasols, les rues d’un village perdu où je courrais inconscient du destin de la vie, les coquelicots au long de champs de blé… ( tout s’explique)Mais d’où suis-je exactement ? De cette terre natale perdue mais gravée dans mon coeur, ou de cette Dordogne Corrèze réunies, et cette Espagne ( Levant et Andalousie) terre de mes aïeux ? Où suis-je maintenant dans cette Terre du Lot et Garonne ou réenracinée, j’ai poussé en tendant vers ce ciel presque toscan, les rameaux d’une pré adolescence et d’une adolescence avide s de s’épanouir. Je suis de partout et de nulle part, sorte d’apatride et d’adopté par plusieurs terres-mères à la fois, toutes aussi aimantes, qui expliquent peut-être ma soif d’horizons nouveaux (mes voyages) et peut-être même mon nomadisme sentimental! Besoin de bouger, de changer, inconstance de l’instant, du lieu, longue quête insatisfaite. Une ou deux personnes m’ont reproché mon parler vrai, mais seule la vérité évite tout malentendu, toute interprétation fantasque .

Mais dans les épreuves, j’ai au contraire puisé une certaine forme de sagesse car dans le calme et l’esprit en éveil, nous pouvons mieux apprécier les petits plaisirs.

Ainsi à l’instant, chose inattendue, mon Amie qui ne pêche pas par son romantisme, vient de m’apporter un bouquet…. de coquelicots. !

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Attention qui m’a charmé, ému au plus haut point. Les êtres parfois rudes à l’extérieur vous surprennent parfois par leur Moi plus fragile.

Et dans la même lignée, je vous envoie deux de ces témoignages, de ces commentaires d’Amis qui me font chaud au cœur. Ils me l’envoient sur mon adresse courriel car comme ils le disent, ils ont essayé en vain de laisser un commentaire sur le blog.

D’ailleurs je joins l’explication, d’un lecteur plus ferré que moi en matière d’informatique !

Ah j’oubliais : pour certains Amis, je suis Carlito ( le petit Charles ! je raconterai un jour ma rencontre « bousculée » avec le « Grand » !)

Bonsoir Carlito!

Je viens de parcourir Cadaqués etc…je me suis régalée spirituellement, ton récit est si bien détaillé que j´ai eu l´impression d´y être moi-même.- Va faire un tour à Málaga et tu nous ramènes une visite des lieux de Picasso.- Félicitations.- Grosses bises du bout du monde.- (au Sud,Argentine. Mouna est au bout du monde au Nord, Canada.).- Lyliane.-

CARLITO

Comme Lyliane je me suis laissé bercer par les lignes sans bouchon de “Rochambeau”.
Heureusement je n’avais pas mes grillades en marche…

Comme aurait dit le Maître “Fan / tas / tique” tout ce qui peut bouillir sous nos crânes !

En plus de ses talents du narrateur, le préposé au CANON fait chauffer le fût avec son copain Bonnessian.
Si tu avais pommé la carte, tu aurais touché vraiment le fond du TROU !

L’automatisme des CANON est phénoménal et tu en tires le meilleur profit.
La restitution sur le Blog excellente.
Ne le dis pas à ta dame, elle hausserait les épaules…

Extra.

A+

RG

Je leur ai demandé bien évidemment la permission de les publier. Voici la réponse de « l’informaticien averti » :

Oui bien sûr .

d’autant plus que pour laisser un commentaire.. il faut :

autoriser les cookies, donc réduire la sécurité sur le net… j’ai fait ! temporairement bien sûr.

entrer un identifiant… j’ai fait, mais encore faut-il avoir été identifié !

puis un mot de passe…on se fait jeter.. ou on te dit vous allez recevoir une confirmation…

depuis cet am, j’attends encore !

Une marche à suivre explicite serait la bienvenue.

Si c’est pareil pour tous tes lecteurs…

A+

RG

http://rolbert38.over-blog.fr


Sexe dans le Nid de Dali? ()2°

Sexe présent inconsciemment dans l’antre du peintre???

Que de choses ai-je pu lire sur Dali! Sur sa vie avec sa famille et ses Amis (remarquez la majuscule à Amis et non à famille, mais j’ai hésité, car à part le Père…), sur ses perversions, sur sa Gala, sur ses changements de caps multiples dans sa peinture, sur sa fin bien triste. J’en ai des choses encore à dire.

En attendant voici encore d’autres photos du Nid douillet de ce Cygne (signe de folie, signe de génie, signes S.O.S peut-être). Mais si le couple de cygnes est paraît-il très fidèle ce ne fut pas le cas de ces deux là : lui pervers sexuel aimant les expériences, avec des modèles ou certaines de ses admiratrices a du bien tenter “quelques dérives orgasmiques” malgré ses dénégations,( je ne citerai pas une célèbre femme qui s’en flatte). elle, volcan toujours en éveil, laissant elle aussi à ses pulsions une liberté qui pouvait prendre des chemins détournés. D’ailleurs vers la fin, au grand dam de Salvador, leurs unions physiques n’étaient plus que virtuelles et Gala s’offrit quelques jeunes garçons puissants.Mais je vous parlerai plus en détails de ce couple indéniable, de ce couple mythique ( la femme n’est pas que “l’avenir de l’homme”: elle peut-être son présent, son étai, sa Mère qui gèere tout -comme le fut Gala-,sa boussole,son éveil, son stimulateur,son égérie, sa muse, son révélateur. Dans la conférence sur André Crochepierre que je viens de faire, je me suis attaché à montrer l’importance de sa femme dans son parcours, Amélie et André, un couple en symbiose parfaite! Que de couples célèbres ou que d’hommes devenus célèbres peut-être grâce à l’amour puissant de leur compagne !)Mais quel cheminement tortueux depuis le jeune et l’adolescent timide, inconstant, imprévisible et complexé à la recherche de sa sexualité ( onanisme, homosexualité, voyeurisme) jusqu’au Dali provocateur à l’excès! Sa folie schizophrénique galopante qui le rongeait se transformera en un délire autre, créatif et enrichissant sans doute de la découverte de l’amour physique avec une femme, cette femme, sa Gala, sa Gradiva qu’il vénérait !

  Oui à propos de Gala et Salvador,j’en aurai des choses à dire sur ce couple uni jusqu’à la folie créatrice et sur leurs problèmes psychologiques et notamment de ceux de Salvador: problèmes qui s’expliquent par son enfance plus que perturbée par une éducation étrange où il vivait à la place d’un absent. Fait plus que déstabilisant qui ne pouvait que le traumatiser.Heureusement son talent, son intelligence et Gala ont su le remettre dans le sillage de la création et du succès.

Mais revenons à ce nid d’amour, à ce nid ou ces deux cygnes se posèrent, ce nid où ces drôles d’oiseaux surent déployer leurs ailes pour s’envoler au dessus de ce monde trop bien ordonné, rangé, étiqueté.

Et continuons à regarder avec curiosité, quelques objets à l’intérêt évident, des objets à la signification inconnue qui laisse à notre imagination toute liberté d’interprétation, ou objet à la symbolique sous-jacente manifeste.

Objets multiples comme ces photos avec notamment ce cheval qui symbolisait pour Dali, la virilité et ce couple de cygnes ( encore) qui pour lui représentait le couple qu’il formait avec sa Gala.