Prix Goncourt 2007 à 49 ans !
Je me suis trompé ! Ce n’est
pas Olivier Adam qui a reçu ce fameux prix mais Gilles Leroy pour son livre
“Alabama song” Je ne le voyais pas Prix Goncourt car il figurait
aussi dans la sélection des autres grands prix littéraires français : le prix Renaudot, le prix Fémina et le prix
Médicis.

Gilles Leroy : né
en 58, a fait des études littéraires solides : hypokhâgne
et khâgne au lycée Lakanal , puis une DEUG de lettres et arts en 1977, une
licence et enfin une maîtrise de lettres modernes en 1979.
Il
écrit ensuite un mémoire sur le poète Henri Michaux.. Pendant
un certain temps il est journaliste dans la presse écrite et audiovisuelle.
Las de la ville,
il quitte Paris en 1996 pour se retirer à la campagne, dans le Perche ( comme Bécaud!) , où il se consacre
enfin à l’écriture. Mais, l’esprit
curieux, il voyage, se plonge dans les
littératures américaine et japonaise.
Ses écrits.
Habibi, roman, Michel de Maule, 1987
Maman est morte, récit, Michel de Maule, 1990,
Les derniers seront les premiers, nouvelles,
Mercure de France, 1991, prix Nanterre de la nouvelle, 1992
Madame X, roman, Mercure de France, 1992
Les jardins publics, roman, Mercure de France, 1994
Les maîtres du monde, roman, Mercure de France, 1996,
Folio, 1998
Machines à sous, roman, Mercure de France, 1998,
prix Valery-Larbaud, 1999, (sorti en Folio, en 2000)
Soleil noir, roman, Mercure de France,
2000, (sorti en Folio, en 2002
L’amant russe, roman, Mercure de France, 2002
Grandir, roman, Mercure de France, 2004, prix Millepages, prix
Cabourg, (sorti en Folio en 2005)
Le Jour des fleurs, théâtre, in “Mères et
fils”, Actes-Sud Papiers, 2004
Cet ouvrage est donc le douzième
livre de Gilles Leroy où il entremêle éléments biographiques et imaginaires de
la vie de Zelda Fitzgerald : son éditeur l’a appelé « son grand roman américain
». Gilles Leroy met l’accent sur la transgression qui, dit-il, est le mot clé
du destin de cette femme au destin hors normes.
Gilles Leroy s’est en quelques sorte
réincarné dans le personnage de
Zelda, travaillée par ses joies
et ses peines. Cette femme qui,
phagocytée, par la gloire de son mari
écrivain, dut lutter corps et âme toute
sa vie pour essayer, simplement d’être !
Voici trois citations révélatrices de ce personnage, mi ange, mi
démon.
« Et c’est là, à Westport, dans
la maison du bonheur, que la poupée en moi s’est déglinguée »
Une phrase qui annonce son accusation contre son mari de
l’écraser par sa personnalité !
La phrase qui révèle ses délires :
« Tu m’emmèneras au nord, dans ces villes de ton enfance,
Buffalo, Niagara, ensemble on se jettera dans les chutes pour voir qui rebondit
le mieux. »
Le passage qui dénonce
l’addiction de son mari à l’alcool !
« La
belle flasque allait beaucoup servir, cadeau étrange et criminel, quandj’y
repense. Scott l’égarait souvent et se maudissait de l’avoir sortie de sa poche
de veston puis il partait à sa recherche comme un fou. Il pouvait retourner une
chambre d’hôtel ou une maison en une demi-heure. On voyait l’angoisse grandir
minute après minute, mais l’angoisse de quoi au juste ? »
Mais qui est donc cette fameuse Zelda qui semble-t-il a envoûté
Gilles Leroy ?
Zelda est cette superbe blonde fille d’un membre de
la cour suprême d’Alabama est grand avocat, mais père peu aimant. Très vite
cette jeune fille a montré son refus des convenances en faisant des études
catastrophiques, en choquant les gens par des attitudes blessantes. Aussi elle
avait peu d’amis mais beaucoup d’admirateurs. Elle profita bien de ses succès.
Quand elle rencontra, après la première guerre mondiale l’écrivain Francis Scott
Fitgerald , elle l’admire en tant qu’écrivain mais le trouve faible et sans
caractère. Aussi sa liaison avec lui est très mouvementée : elle dit
qu’elle l’aime, mais profite avec délectation des autres hommes
rencontrés ! Pourtant ils se
marient en 1920 et s’installent à New-York et reçoivent les plus grands
écrivains. Ils sont considérés alors comme le couple qui incarne tout à fait
l’esprit des années 20 ! Scott
devient un écrivain célèbre tout en buvant de plus en plus. Ils voyagent et sont célébrés dans le monde entier. Les
réceptions, les fêtes se succèdent. La
rencontre, à Paris, avec Ernest Hémingway, lui aussi amateur d’alcool et de
belles femmes, donnera naissance à des incidents incroyables : crises
furieuses de jalousie, fausse tentative de suicide, etc. Mais la faiblesse de
chair de l’une et la jalousie de l’autre leur font vivre une vie plus que
tumultueuse, une vie infernale, qui les fait bien vite sombrer, chaque jour
davantage, dans les tentatives d’oubli et de fuite par l’alcool. Ainsi la santé
mentale, déjà fragile, de Zelda s’aggrave ; dépressions à répétitions,
délires, troubles obsessionnels compulsifs la mènent à la schizophrénie.
Pendant quelques périodes de calme, elle
écrira son célèbre et unique roman
« Save me the waltz » et peindra quelques toiles abstraites. Ils
auront pourtant un fils, « Scottie », élevé pratiquement que par des
nurses. Zelda mourra en 1948 à 48 ans !.
Etrange vie de ce couple qui s’aime, se déteste, se
jalouse, se déchire, se détruit. Un couple romantique, presque morbide, rongé
par l’alcool. Un sujet donc qui ne pouvait qu’intéresser un romancier !
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