Livre la Gaillarde !
Brive la Gaillarde.
Si Brive la Gaillarde a été rendue
célèbre grâce à Georges Brassens, elle a pris aussi une importance capitale
dans le domaine de la littérature avec sa fameuse Foire du Livre. A laquelle
j’y vais chaque année aux alentours de la Toussaint.
Cette année c’est cette fin de
semaine qui arrive.(26,27 et 28 Octobre)
Brive a pour moi en plus un parfum
d’enfance heureuse.
En effet, Brive et ses environs, a été le berceau paternel de ma Mère. Aussi
que de vacances j’ai pu passer chez ma tante qui habitait en face de la
gendarmerie d’alors. Ma tante ancienne Directrice d’Ecole, célibataire, avait
le don d’animer mes journées et nous avons visité tous les sites
alentours : châteaux, grottes. Il y avait un autre personnage auquel je
tiens à rendre hommage : L’oncle de ma Mère. Un type extraordinaire, un
homme bon, simple, généreux, volontaire, qui avait commencé au bas de l’échelle
en tant que garçon de café et qui avait terminé avec la création d’un des plus
célèbres cafés de Brive, le Café des Sports, siège de l’Etoile Briviste, le
club de football dont il fut une des chevilles ouvrières. Malgré son emploi du
temps très chargé et très fatigant, il prenait sur ses heures de repos, pour
former et entraîner les équipes poussins et minimes. Et pourtant il avait connu très jeune les
affres de la guerre de 14, cette boucherie inepte. Il fut même gazé par
l’hypérite. Je le revois partir sur son vélo avec son matériel dans des
sacoches. Aujourd’hui le stade de football porte son nom : André
Pestourie. Un hommage je pense bien mérité !
J’étais fier aussi étant gamin, que
dans l’équipe 1° de rugby, de Brive
jouait avec Domenech, mon cousin Roland Lefèvre. Excellent troisième ligne
centre, il fut sélectionné dans l’équipe de France qui fit sa tournée en
Nouvelle Zélande. ( Je passerai cette photo de l’Equipe de France). Il devint
ensuite pendant longtemps capitaine de l’équipe d’Aurillac. Brive où pour la
première fois j’allais avec l’assentiment de mon Père dans un célèbre dancing,
« Le Cardinal », (qui existe toujours et où de célèbres écrivains invités
par les grandes maisons d’édition qui rivalisent entre elles pour offrir le
meilleur champagne y finissent leurs nuits ; il faut dire que les jolies
hôtesses des stands y sont aussi !). Mon Père pourtant sévère et strict me
prêta même ses chaussures pour être plus chic.
Que de repas en famille chez les
cousins ai-je pu connaître à Brive ou dans les alentours ! Terrasson,
Pazayac, Sexcles, etc..
Mais maintenant j’y retourne depuis douze ans pour cette fameuse Foire. Je suis reçu encore chez des cousins : comme,Georges, le fils du Grand Oncle, ancien notaire et ami de Lycée du Maire. Ces relations et ma carte de Presse me permettent ainsi d’approcher tellement de gens connus auquel je peux, pour satisfaire ma passion, demander des autographes. Ainsi l’an dernier j’ai eu l’extrême chance de visiter en privé avec le Maire, et autres personnalités, une exposition qui se tenait dans les salons du théâtre, sur les caractères d’imprimerie, en compagnie de Jean d’Ormesson. J’ai pu discuter avec lui sur l’existence ou non de Dieu, interrogation qu’il menait dans son livre qui venait de sortir.
Mais j’ai pu aussi sympathiser au fil des années, avec bon nombre de personnalités.
Patrick Poivre d’Arvor, d’abord,
sans doute le plus intelligent, le plus simple ; nous avons des thèmes de
prédilection communs en littérature : la poésie, les voyages et ses
narrateurs. Quand j’avais fondé, dans ma ville, mon Club Littéraire avec son
concours de prose et de poésie, je lui avais écrit, comme je l’avais fait à de
très nombreux hebdomadaires ou journaux, pour lui demander s’il pouvait
annoncer dans une de ses émissions littéraires ce concours. Il me répondit
personnellement par une double carte, dans laquelle il m’expliquait très gentiment,
que hélas il ne pouvait pas car il recevait déjà une centaine de demandes du
même type. Quelques années plus tard je le rencontrais à Brive, lui demandais
de signer mon livre d’or ; il me posa quelques questions. Ainsi je lui
répondis d’où j’étais, que j’aimais la poésie, etc. En voyant mon prénom il me
demanda soudain : « Mais vous n’avez pas fondé un club
littéraire et vous ne m’avez pas écrit il y a quelques années pour annoncer un
concours ? » Je fus stupéfait par cette mémoire extraordinaire et
nous commençâmes à discuter. Lui disant que je connaissais bien Paul Guth avec
qui j’avais mangé à plusieurs reprises et qui m’avait même reçu pour boire le
thé, dans sa petite maison de vacances de la Rue Papou, P.P.D.A m’avoua qu’il
aimait bien l’œuvre de Paul Guth ; nous parlâmes du personnage, de son
humour, de ses idées, de sa gentillesse. Et à chaque fois que je retrouvais
Patrick Poivre d’Arvor, je lui donnais des nouvelles ce cher Paul, jusqu’à sa
mort un mois avant, en Octobre 97.
Une autre fois, alors que nous
allions commencer à manger, avec mon Amie à une table de 4, dans un restaurant
bondé, la serveuse vint nous demander, si nous acceptions une dame seule à
notre table. A notre oui, elle appela la fameuse dame que je ne voyais
pas ; je pus lire alors sur le visage de mon Amie, de la surprise puis un
certain sourire heureux. Je me levais alors pour présenter la chaise à côté de
moi à cette inconnue et je découvris Eve Ruggiéri. Je la fis asseoir et
découvris qu’elle était plus jolie qu’à la télévision avec notamment de
superbes jambes ! La conversation à table entre nous trois, fut agréable.
Au fil des années je pus nouer des liens de complicité avec plusieurs écrivains ou journalistes : J-F, Kahn, Malek Chebel, mon ami Pierre Sansot ( hélas disparu) ou Alain Vircondelet, ces deux que je connaissais déjà ; mais aussi l’écrivain oranais Abdelkader Djémaï et notre amour commun de l’œuvre de Camus, Rachid Mimouni avec qui je m’étais découvert plein d’idées communes.
J’eus d’autres conversations,
sympathiques, amusantes parfois, riches avec plein d’autres grands noms.
De la politique : Roger Pierrefite l’ancien ministre de De Gaulle, Hubert de Védrine, Michel Rocard,
A.Begag, J-P Soisson, Alain Krivine, De Villepin( nous
avons parlé de poésie et fus abasourdi par sa culture en la matière !), R.Dumas.
J-Ch.Mittterand-
Des Sportifs: Thévenet, Poulidor
Des avocats : P.Lombard,(digne) Gilbert Collard(malin),Jacques Verges (énigmatique),Gisèle Halimi ( un peu ombrageuse).
Des chanteurs Lalanne, Henri Salvador avec qui je ne pus échanger que quelques mots tellement la foule autour de lui était grande,
Des gens du cinéma: Serge Moati ( aussi écrivain et homme de télé, Jean-Jacques Beinex
Des dessinateurs : Iturria,
Wolinski, Plantu, J.Faizant, H.Cueco
Des acteurs ; Marina Vlady (dont j’étais amoureux à seize ans !), Macha Méril, Nathalie Delon
Des gens de la télé ou journalistes : J- Kahn , Anne Marie Peisson, François de Closets. Marcel Jullian, A-M Peysson, Claude Guillaumin, Jean Bertolino, Joseph Poli, Philippe Labro, T.Desjardin, Ph.Alexandre, Ph.Vandel, B.Pivot, A.Rey,G-Y Benamou, Ph.Guillaumin , J.Lacouture, R.Colombani, J.Duhamel, Dominique Jamet, Claude Villers, O.Todd, Isabelle Alonso,
Yasmina Khadra,
F.Beigbeder, Michèle Fitoussi, Yves Berger, J-E Hallier, P.Assouline, P.Rambaud,
Yves Berger, Max Gallo, P.Bruckner, A.Brincourt, Rachid Boudjedra, A.Maalouf ,
etc…
J’eus même la chance de pouvoir
discuter avec l’abbé Pierre avec qui je parlais de mes souffrances physiques (
avant mon opération de ma colonne vertébrale. V.archives) et qui m’engueula presque en me disant
« Et qu’est-ce que vous croyez ? Qu’il n’y a que vous ? Moi
aussi, mais vous savez il faut accepter ; quand vous me voyez sur la scène
médiatique et que je veux faire passer des messages avec force, vous pensez que
je vais venir larmoyant et la mine abattue ? Sinon soyez sûr, le message,
le coup de gueule que je veux faire passer ne passerait pas. Il faut connaître
la psychologie de l’être humain, il aime bien celui qu’il peut admirer, celui
qu’il et donc celui qu’il peut écouter et aimer.
- Donc vous reconnaissez que vous savez
utiliser les médias et même jouer un rôle pour paraître plus vrai.
-Et bien sûr ; les médias m’ont
aidé d’ailleurs. Ce sont eux qui ont créé ma dégaine : le béret, la cape,
la canne. Vous savez ils aiment bien schématiser car nous sommes hélas au temps
du paraître et les gens aiment bien les icônes faciles à comprendre. Mais un homme
d’Eglise lui aussi est dans un certain temps et doit vivre avec ce temps, même
si je peux paraître un vieux dérangeant et d’une autre époque, je sais que
intellectuellement je dois me mettre au goût du jour si je veux qu’on m’écoute.
Moi aussi, ma vie n’est pas marrante,tous les jours . Quand je me
couche le soir en me demandant si je vais pouvoir dormir et quand je me
réveille le matin avec des douleurs partout, moi aussi je me révolte mais
j’accepte. Et alors il faut accepter. Au lieu de vous regarder, essayer
d’observer les autres et aidez ceux qui n’ont pas la vie facile. Et puis vivez,
vous souffrez mais vous n’êtes pas handicapé, alors profitez en. Vous verrez
vous penserez moins à vos problèmes et supporterez mieux vos douleurs !
-Et la mort vous la craignez ?
Il éclata presque de rire.
- J’espère que vous plaisantez. D’abord je suis un chrétien, je crois en une autre vie, bien sûr il m’est arrivé de me poser des questions mais souvent le doute raffermit ses convictions. Et puis vous savez parfois je souffre tellement que je me dis qu’un vieux bonhomme comme moi aimerait bien voir de l’autre côté. J’ai fait mon temps vous savez.
Merci, Monsieur l’Abbé Pierre d’avoir bien voulu parler avec moi en me donnant une leçon d’humilité, et d’avoir signé mon Livre d’Or
En tous les cas ce que j’ai remarqué,
ce sont la gentillesse, la simplicité, la disponibilité, l’ouverture d’esprit
de ces gens connus qui me signaient gentiment mon livre d’or sans que je leur
achète leur livre et surtout ce que j’ai apprécié, c’est qu’avec la
plupart, malgré la notoriété qu’ils avaient, ils discutaient, m’écoutaient,
répondaient à mes questions, moi qui n’étais qu’un passant inconnu, alors que
dans ma propre ville, il est difficile souvent de parler à quelqu’un qui a
acquis un titre de conseiller ou autre ! Il faut prendre rendez-vous,
etc..
En douze ans, seules deux personnes
refusèrent et pas très gentiment de me donner seulement leur signature :
deux femmes ! Yvette Horner l’an dernier, ( mais son âge et son caractère l’excusent!) et en 1989, Ségolène
Royal ! Il est vrai qu’à l’époque elle ne sollicitait pas les attentions
des électeurs à l’échelon national; elle venait d’être élue, députée des Deux Sèvres en 88.. Je venais de discuter longuement avec Rachid Mimouni, E-Charles-Roux,
G-E Clancier, H.Bazin, Yvan Audouard mais aussi avec F-Mallet-Joris, G.Dormann,
R.Deforges , A.Boudard, F.Nourissier,Ph.ragueneau, E.Robles, R.Sabatier,
enfin que des gens de talent et sympathiques quand soudain je vois cette chère
Ségolène. Elle présentait un livre appelé « Le Ras le bol des bébés
zappeurs » sur les enfants et la télé. Je fus surpris de la voir derrière
sa table à moitié retournée, au lieu de s’occuper de son livre ; elle
s’entretenait avec une dame très B.C.B.G de Brive (avec veste de fourrure, robe
de prix), j’attendis la fin de la conversation. Ségolène y évoquait ses enfants
et notamment sa fille. Quand elle eut terminé, je lui demandai très
poliment : « Pardon Madame, auriez-vous la gentillesse de bien
vouloir me dédicacer mon livre d’or ? » A ma grande surprise elle me
regarda avec un sourire mi-moqueur, mi- méchant et me lança avec une sorte de
rire sarcastique : « Mais vous n’avez qu’à acheter mon livre,
mon pauvre ! » Je suis en principe très sympathique mais lorsque je
me sens agressé, le scorpion se réveille
et je peux devenir ironique et caustique ! « Mais
Madame, êtes-vous bien sûr d’être socialiste ?
- Mais pourquoi vous me posez cette
question bizarre ?
- Et bien tout simplement, je pense
que vous êtes une femme intelligente, je suppose, alors est-ce que vous croyez que je
pourrais m’acheter tous les livres des écrivains et des vrais eux, à qui je demande leurs
signatures pour ma collection? Je me permets de vous signaler que jusqu’à présent, ils l’ont
tous accepté avec gentillesse ! Vous êtes la première à me refuser cela.
»
-Bon ça va, donnez-moi votre papier,
je vais vous le signer !
-Non merci Madame, ce que vous appelez un bout
de papier est un superbe livre d’or qu’une personne très chère m’a offert et
qui contient des phrases sympathiques, des signatures des plus grands écrivains
qui sont venus à Brive et même des dessins de Faizant, de Cabu . Au revoir
Madame. J’aurais du dire “Adieu” car je comptais la revoir cette année, puisque pendant sa campagne présidentielle, elle devait, c’était promis-juré, sortir un livre; mais comme l’arlésienne, sa parution a été repoussée de mois en mois, et il n’a toujours pas été mis sur les rayons. Donc je verrai pas si elle a changé !


