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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
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Copier n’est pas créer ! Suite

Comme René Laporte avait défendu ces Editions Kra, j’ai voulu savoir d’où venait ce nom et pourquoi les Nazis avaient chercher les pires ennuis à cette Maison et à son patron.

Donc René Laporte avait défendu les Editions Kra !

 

En fait le nom de Kra venait de l’Editeur lui-même. En effet monsieur Simon Kra, père,  avait commencé ses activités après la guerre de 1914. De 1919 à 1930, les éditions Kra vont imprimer des éditions luxueuses illustrées de grands classiques de la littérature Il prit comme directeur littéraire le jeune André Malraux En effet en 1921, à 20 ans, Malraux  se marie avec Clara Goldschmidt,( la célèbre intellectuelle : traductrice, journaliste, résistante. Elle eut une fille, Florence avec Malraux).Mais en1923, Malraux, directeur littéraire des Éditions du Sagittaire, donne sa démission. Alors Simon Kra, l’éditeur, fit appel à Léon Pierre-Quint (28 ans) et à Philippe Soupault pour le remplacer. Pierre-Quint et Soupault réussirent un coup de maître l’année suivante en publiant le Manifeste du surréalisme d’André Breton. Il publia aussi  des ouvrages à ses amis, Gide et Proust qui font encore référence.Rôle novateur dans l’édition d’auteurs qui fera connaître donc les surréalistes comme André Breton, ou Robert Desnos, mais aussi Thomas Mann, Francis Scott Fitzgerald. Ces ouvrages seront illustrés par des gens devenus très célèbres comme Max Ernst, Salvador Dali, Pablo Picasso…
Avec la crise économique, la famille Kra est écartée des éditions du Sagittaire. Lucien et sa sœur Hélène continuent dans le milieu des livres et tiennent deux librairies au 6 et au 10 rue Blanche.. .  Son fils , Lucien, reprit la librairie mais  en 1940 , quand les allemands sont arrivés, et ont pillé puis dévasté la librairie Kra et la librairie Lipschitz. On s’est toujours demandé pourquoi ils avaient fait cela car les activités anti-raciales, avec les lois anti juives ne s’étaient pas développées avant 1942. On a compris que comme  Lucien Kra avait un franc-parler et qu’ il avait plusieurs fois manifesté publiquement sa haine de l’occupant, les Allemands s’étaient vengés. Les menaces deviennent de plus en plus réelles. La sœur Hélène plus prudente se cache. Lucien lui se croit protégé par son son statut d’ancien combattant décoré. Grossière erreur car le 23 avril 1944 Lucien est pris dans une rafle. Henriette, sa femme et Jean, son fils sont arrêtés à leur domicile de la rue du Parc Montsouris. Les Allemands les amènent tous  au camp de transit de Drancy. Puis comme tous,  ils seront déportés à Auschwitz par le convoi n°72 du 29 avril 1944 avec 1003 autres personnes dont 179 enfants ( dont plusieurs enfants d’Izieu tristement célèbres : quarante-quatre enfants juifs, réfugiés dans une colonie de vacances de ce village de l’Ain, village, ainsi que sept éducateurs les 44 enfants et 7 éducateurs qui s’y trouvaient furent raflés sur ordre de Klaus Barbie, responsable de la Gestapo de Lyon., au matin du 6 avril 1944 Tous furent déportés et gazés.)

J’ai parlé aussi de Léon-Pierre Quint

Léon Pierre-Quint (7 septembre 1895-1958), de son vrai nom Léon Steindecker, fut donc  un éditeur et un critique littéraire influent durant la première moitié du e siècle. Il dirigea en effet pendant plus de vingt ans ces Éditions du Sagittaire

 Léon Steindecker était né dans une famille de banquiers juifs.  Très jeune la tuberculose osseuse qui le fit souffrir toute sa vie, attaqua sa santé. Aussi il fut exempté du service militaire et échappa à la mobilisation de 1914. Il suivit des études de droit et obtint son doctorat tout en assistant aux cours de philosophie de Bergson au Collège de France. À 23 ans il découvre son  homosexualité, se fâche avec sa famille et prend le pseudonyme de « Léon Pierre-Quint ».

Mais avec la crise économique du début des années 1930, la famille Kra dut abandonner( comme je l’ai signalé plus haut,) la direction du Sagittaire. C’est ainsi que Léon Pierre-Quint en devint l’actionnaire principal et l’éditeur en titre. Il conserva ce poste pendant plus de vingt ans. Outre les auteurs cités plus haut, il publia des auteurs aussi Valéry, René Crevel, ou Claude Simon. Il est évident que pendant l’Occupation, L-P Quint, accumulait tout ce qui pouvait déplaire aux Nazis : juif,  homosexuel et avec des idées de gauche !

Plus prudent que Lucien Kra, il  se cacha en Provence tandis que les Éditions du Sagittaire étaient accueillies dans les locaux des Cahiers du Sud à Marseille. Il ne revint à Paris qu’ après la Libération. Il reprit officiellement la direction du Sagittaire, mais les problèmes financiers s’accumulant, il finit par vendre, en 1951 ses Editions à Jérôme Lindon, fondateur et directeur des Éditions de Minuit. Jérôme Lindon est l’oncle de l’acteur, réalisateur et scénariste de cinéma français, Vincent fils d’un riche industriel.

Voilà où ces livres que j’ai en ma possession et qui ont appartenu à René Laporte m’ont conduit dans mes recherches.

Vous verrez comment René Laporte m’a amené aussi vers le thème de la copie, du plagiat.

Voici 2 autres dédicaces émouvantes, à René Laporte :

Une de : Armand LANOUX ( sa photo, au bord de la Marne, avec son geste symbolique, main droite en avant. Il terminait ses lettres par la formule” A vous la main ! ” )

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(ce Prix Apollinaire dont il parle dans la dédicace à René Laporte,, il l’obtint en pour “Colporteur”. Fait extraordinaire il eut ce prix en en 1953 en même temps que Jean Malrieux pour “Préface à l’Amour”. En 56 il eut l’Interallié pour “Commanadant Watrin” et le Goncourt en 63 pour “Quand la mer se retire”.Lanoux comme moi est né un 24 Octobre et a été Instituteur. Il est mort en 83 dans sa maison “Ecoute s’il pleut” à Champs sur Marne.)


 

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 Une de Luc DECAUNES( Surréaliste, qui fut aussi Instituteur, il fut le gendre d’Eluard  dont il écrivit 2 biographies.. Il fit partie de cette fameuse Ecole de Rochefort. J’en ai parlé avant hier.)

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Un poème de Luc Decaunes :

Pour ces gens

 

Il y a ceux qui se promènent

Très tard, quand le ciel s’est fermé,

Ceux qui rêvent dans les cafés,

Somnambules de la lumière.

 

Il y a ceux qui sont perdus,

Qui cherchent sur les bords du fleuve

Une Ariane au cœur de veuve,

A qui donner plus que son dû.

 

Il y a ceux qui désespèrent,

Que l’ombre tourmente et qui n’ont,

Pour rassurer leur cœur sans nom,

Que le feu noir d’un réverbère.

 

Ceux qui vont s’asseoir sur un banc

Pour épier la vie nocturne,

Les affamés, les taciturnes,

Les sans-amour, les sans talent…

 

E tous ces gens forment la chaîne

D’un espoir dont on ne dit rien:

Les hommes sont comme les chiens,

Ils attendent du jour qui vient,

Une caresse qu’ils comprennent.

Luc Decaunes

 

Louis l’Africain. Vidéo.( Fantômes du Passé)

Je vais suivre le conseil que l’on me donnait déjà alors que j’étais petit. Si tu as des problèmes, des soucis, il faut occuper ton esprit : fais quelque chose, écris ou rencontre d’autres personnes. Il faut réagir et essayer de se distraire, de rire!

Suivant ce conseil ancien je vais continuer à parler de ces fantômes du passé qui ont hanté d’une manière positive ma vie passée.

C’était encore à Bordeaux lors des mes Etudes. Le hasard m’avait connaître un Africain d’origine Gabonaise, je crois : Louis. Il finissait son droit et préparait son doctorat qu’il eut d’ailleurs. Il avait aussi une licence d’anglais. J’avais été fasciné moi le poète par moments dans les nuages et peu ordonné, par le charisme, le sérieux, le caractère solide de ce jeune homme à la volonté, au calme, et à l’intelligence incroyables. Toujours tiré à quatre épingles, il était affable, prévenant, à l’écoute des autres ? Quand il parlait, moi le bavard je l’écoutais avec respect.. Ensemble nous parlions de littérature (il aimait bien la littérature américaine) et de poésie : on évoquait bien sûr des gens comme Senghors, Césaire, Depestre, etc…ou des « Américains » Lanston Hugues et Richard Wright qu’il m’a fait découvrir. Mais nous parlions aussi, , goût en commun , des surréalistes. Sa culture était grande et nous parlions aussi de jazz, de cinéma ou abordions les problèmes de société ou même des sujets moins sérieux, car Louis avait un sens aigu de l’humour !

Ainsi cela m’a marqué, je vais vous conter des expériences qui nous ont fait bien rire. Louis parlait donc, un français parfait et sans accent. Ors, un peu poussé par moi, il s’habillait simplement (polo, jean) et nous allions dans des petits commerces : épiceries (qui existaient encore), mercerie, quincailleries ! Il pénétrait le premier et alors demandait, dans un langage ampoulé semé parfois de fautes de syntaxe et surtout avec un accent africain hyper prononcé avec les tics verbaux habituels, parfois difficilement compréhensible à la 1° écoute, un objet bien particulier dont il ne souvenait plus tout à fait du nom ! Alors il entrait dans des explications laborieuses avec force gestes ! Ce qui était comique, c’était la réaction des propriétaires, gérants ou vendeurs. Moi j’étais en retrait et je regardais les visages de ces hommes ou femmes soit étonnés, soit moqueurs, soit agressifs ou agacés (mais ce fut le cas plus rare). La plupart faisait de leur mieux pour le comprendre et, ce qui était très amusant, suivait de leur regard, les gestes d’explications très amples de Louis ! Les gens réagissaient à 90% d’une manière sympathique car il faut préciser que Louis avait une bouille superbe avec son grand sourire tellement sympathique ! Parfois il se mettait à rire très fort à la manière du célèbre comique Omar. ( Voic un sketc d’Omar et Fred !)

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En principe ce rire surprenant, désopilant, communicatif, déclenchait l’hilarité générale dans le magasin. J’ai même plusieurs fois vu les autres clients rire jusqu’aux larmes. Parfois Louis se retournait, je lui donnais une de ses vestes et refaisant face à son interlocuteur, il reprenait son accent et son langage châtié et déclarait : « Voila, voyant votre difficulté à me comprendre, j’ai chassé le Noir de la Brousse et voilà le Noir de la ville ! » Il fallait voir alors la surprise du commerçant. Un boucher avait tellement rit et apprécié la farce qu’il nous avait invités le lendemain soir pour nous faire goûter de la « vraie viande » cuisinée par lui-même et par son épouse. Il en avait profité pour nous narrer, ce soir là, ses « exploits de sale collégien » !

Louis en sortant de ces récréations s’écriait « Sacré Charles tu m’entraines dans des délires de potaches, mais je me rends compte que j’y prends goût et je reconnais que cela me fait du bien. Ce n’est pas bien méchant et c’est bon parfois de sortir des sentiers battus. ! »

C’est regrettable qu’à l’époque je n’avais ni magnétophone portatif ou caméra. !

Quand j’ai arrêté mes études j’ai perdu de vue Louis. Lui aussi devait partir en voyage de découverte aux Etats-Unis. Il espérait rester là bas pour travailler soit en tant que Conseiller dans une grande entreprise, soit en tant qu’enseignant dans une Université ou une grande Ecole.

Jours de Gala 3°

MMM

Jours de Gala ( .3°)

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Cependant derrière l’image officielle d’un amour idyllique sublimé et raconté par Salvador durant toute sa vie,

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des évidences plus concrètes nous montrent un tout autre décor.
En 40 ne semble-t-il pas déjà triste?

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Si l’on regarde bien, d’abord, ils forment un couple peu assorti. Avec ses apparences excentriques, très dandy, Dali semble en parfaite opposition avec l’allure sobre et austère en tailleur Chanel de Gala. Économe de ses effets et de ses paroles, mystérieuse presque mystique - elle lit l’avenir dans les cartes - Gala offre une performance en société toute en opposition à un Salvador Dali joueur, dynamique, beau parleur, de plus en plus confiant en lui même avec le temps.

Au fil des années, tenant d’une main de fer la carrière de Salvador, Gala gère à son gré les contrats de son mari. C’est elle dès le départ qui a su tirer parti de la générosité de la famille des Noaïlles, riches mécènes (ils financèrent « L’âge d’or » de Buñuel et Dali).C’est aussi
avec les vingt mille francs que leur procure le vicomte de Noailles en échange d’un tableau, La vieillesse de Guillaume Tell, que Dali a pu acheter les maisons de pêcheurs de Port Lligat ( lieu de naissance de son Père), maisons qu’il a ensuite rassemblées et restaurées à son idée. tout près de Cadaqués, qui deviendra leur résidence définitive en Espagne. N’oublions pas que Dali est fasciné par ce paysage de Port Lligat et du cap de Creus, un endroit aride, minéral, qui servira de fond à la plupart de ses paysages surréels. , Elle prend les commandes, négocie férocement ses moindres réalisations artistiques et encaisse les dividendes… En fait, dès la fin des années 30, la relation Gala-Dali s’est stabilisée en une sorte de partenariat économique complexe. Dali travaille seul mais ne sort jamais sans Gala. Il est vrai que parfois elle lui sert de garde du corps.En effet, Dali trop fier d’attirer les gens, est souvent entouré d’une nuée de personnes. Lorsque Gala arrive, elle le libère et même parfois, face à des importuns agressifs, elle est capable de gifler le (la) malotru(e) ou même de lui donner un coup de pied. Aussi on la craint!

Dans les années 40, une fois le couple exilé aux États-Unis pour cause de guerre en Europe, Gala ne joue plus ni l’égérie, ni au partenaire heureux de se prêter aux délires sexuels de Dali. Elle se transforme en mère et geôlière. Lassée de vivre par procuration et pour Dali, elle commence à s’éloigner, allant de relation sexuelle en relation sexuelle avec de jeunes garçons. Dali lui continue à travailler et à gagner de l’argent pour que Gala puisse satisfaire sa gloutonnerie sexuelle et son besoin de rester jeune (liftings). Gala ne suporte pas de vieillir, elle qui est de 9 ans l’aînée de Dali. Elle devient de plus en plus avide et violente. Progressivement, elle délègue les affaires courantes à des hommes de confiance plus ou moins sérieux. Elle passe des commandes sans cesse et va même jusqu’à enfermer Dali dans son atelier jusqu’à ce qu’il les honore. Sa phobie du manque d’argent la ronge.

Incapable d’assumer psychologiquement cette situation, Dali élève Gala au rang de madone intouchable et lui pardonne tous ses excès. Malgré lui dans ses tableaux des années 40-50 , il ne peut s’empêcher de la peindre telle qu’elle est. froide et hautaine. Oui la Madone de Port Lligat était loin dans le temps…

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« Rendre visible l’invisible, l’autre face de nous-mêmes et de l’univers », une des devises de Dali. Justement sans s’en rendre compte son comportement dans le monde n’a-t-il pas révélé, sans qu’il le veuille son être secret.


Un moment de bonheur pour Dali; le retour vers lui de son Père.

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Et malgré leurs cœurs blessés, torturés, les trois enfin réunis.Dali secret, Dali à nu en tant qu’homme, avec sa famille restante.

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En effet on peut se demander si Dali, phagocyté par les rêts de Gala, n’a pas tenté de fuir cette geôle invisible, cette solitude, où il s’est retrouvé en prenant ce comportement de plus en plus étrange pour l’extérieur. Pour exister lui-même alors qu’elle le réduisait à l’état de robot peignant, et se rendant compte que la nef de leur « amour », de leur complicité s’était désintégrée (du moins du côté de Gala) sur les rochers de Port LLigat, n’a-t-il pas multiplié des déclarations surprenantes pour ne pas dire plus que critiquables ou ne s’est-il pas engouffré dans cette course à l’argent qui en fait n’était pas pour lui mais pour essayer de garder une parcelle de cette liaison en comblant tous les désirs de Madame? Le retour de bâton fut rapide : en critiquant les thèses surréalistes, en tenant des propos plutôt clémentd pour ne pas dire favorables sur certains visages du nazisme, ses relations avec Franco, ses visites au Pape, son attachement à la monarchie, l’on fait se fâcher avec les surréalistes ( Breton l’avait surnommé avec l’anagramme de ses noms et prénoms « Avida Dollar ») et d’autres intellectuels. Mais sorti de ses « récréations spectaculaires » où il faut reconnaître, il prenait un plaisir certain, il a heureusement avec son travail acharné, son intelligence il a pu se lancer dans de nombreuses expériences intéressantes dans tous les domaines et travailler avec les plus grands. Reconnu comme un vrai artiste innovant, n’a-t-il pas ouvert la route au Pop Art et à la peinture moderne qui en a découlé ? Peinture moderne qu’il a pourtant critiquée ou du moins « certaines artistes qui se disent peintres mais qui ne font que des barbouillages d’enfant sans avoir appris les bases de la technique et qui ne sont même pas capables de vous faire un dessin qui se tient » ou « Commence par apprendre à dessiner et à peindre comme les anciens maîtres » dit-il, « tu pourras ensuite faire comme tu voudras, chacun te respectera ». « Pas de chef-d’oeuvre dans la paresse ! »..

Sur ce point on peut lui donner raison car hélas, 80% des acheteurs n’y connaissent rien et achètent pour être « in » n’importe quoi. Les petits malins en profitent : les sites sur Internet pullulent. Les revues d’art sérieuses le dénoncent d’ailleurs.

Devant le rejet physique de Gala, Dali a tenté des « expériences » avec certains de ses modèles, amis des expériences déviantes car le pauvre Salvador n’a pas du souvent faire s’accrocher Gala aux rideaux de leurs chambre et encore moins les autres superbes modèles qu’il côtoyait! Il f préférait les palper ou assister à leurs ébats qu’ils organisait ! C’était sa compensation grâce à son voyeurisme!.

Voilà une chanson que Dali aurait pu “se chanter” quand elle l’a abandonné. et qu’il s’est retrouvé seul, dans sa “Galaxie”…..


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Jours de Gala !!! 1°

Jours de Gala !!! 1°

La vie laborieuse de peintre courant après les expositions, les récompenses, l’homme avide de reconnaissance, la vie relationnelle et sociale parfois tumultueuse s’est arrêtée un jour. Le bateau ivre de Dali, ballotté par les tempêtes, fatigué par les courses, a fait relâche dans ce gentil port de Cadaquès puis dans cette anse perdue et sauvage de Port Lligat. Le capitaine avait subi les charmes d’une sirène surprenante, intelligente, calculatrice, croqueuse d’hommes ; une femme au charme mystérieux et étrange révélatrice du Moi enfoui de cet homme généreux mais compliqué, perturbé, exigeant.

Revenons donc à ce voyage de 1929, à Paris où Dali rencontre les Surréalistes ; Breton( vous pouvez voir sa maison à Saint-Cirq la Popie), Philippe Soupault ( que j’ai rencontré à Brive dans les années 80 : je fus étonné de le voir vivant ce qui le fit bien rire ! Un homme sympathique et simple.Comme je faisais étudier certains de ses textes à mes élèves, il en fut heureux ; on parla de Sabine Sicaud, de Pierre Seghers, de l’Ecole de Rochefort et j’oubliai de lui parler de son rôle important dans le mouvement surréaliste !)),

Donc parlons de cette rencontre avec les Surréalistes qui fut d’une importance capitale pour Dali aussi bien sur le plan humain ( et donc sexuel) que sur le plan artistique.

Durant sa période estudiantine, Dali à la recherche d’une sexualité réelle, croit connaître des influences homosexuelles qui se font ,dit-il, clairement sentir, (son ami homosexuel Garcia Lorca avait bien tenté de le sodomiser en vain lors de leurs vacances communes)

. Echec sans doute parce que, Dali ne le sait pas encore, mais ses toiles de jeunesse démontrent un besoin instinctuel de posséder les femmes.
Dans sa première autobiographie, Dali décrit des scènes de jeux érotiques avec une jeune fille de son âge. Pourtant ses désirs restent à l’état latent.Seule une femme sortant de l’ordinaire pourrait peut-être déclencher en lui l’élan salvateur ! Curieux de se découvrir,il raconte alors, ses recherches multiples pour rencontrer la femme parfaite, dans la rue ou dans les bordels de Paris. Et malgré cela, Dali affirme qu’il était vierge quand il rencontra son seul et unique amour, Gala

Déçu physiquement ( à cause en fait de son propre échec) par Lorca, il va se passionner alors , artistiquement, pour l’œuvre de son Ami de Grenade. Comme je l’ai déjà dit, il écrira un article « San Sebastian » en son honneur, il fera les décors et les costumes de « Mariana Pineda ». Pourtant,déjà proche des idées surréalistes, en 1928 ,Dali s’éloigne de Lorca, en remettant en question la validité de la poétique de Lorca qui vient de publier son « Romancero Gitano » Il le juge trop traditionnel et mélodramatique .

Mais dans l’histoire de l’art espagnol, cet amour impossible, cette amitié surprenante et inédite, à la fois amoureuse et créatrice, restera à jamais marquée en lettres d’or. En effet puisque leur complicité donnera naissance à des éblouissements mutuels qui auront des conséquences décisives sur la vie et l’œuvre de ces deux mythes du 20° siècle. Dali sera très fortement marqué par Lorca et surtout, lui qui à peur du départ irrémédiable, par sa mort. Même à la fin de ses jours Salvador parlera « d’une amitié tagique ».

Ainsi Dali va se retrouver à Paris, dans un vide sexuel et affectif et dans un une remise en question de son œuvre.

.En s’étant rapproché de son autre ami , Buñuel, aussi adepte du surréalisme, avec lequel il écrit le scénario et, depuis janvier 1929, prépare le tournage du film Un chien andalou qui doit se faire à Paris en avril 1929, Dali va plus encore adopter ces théories nouvelles. D’avril à juin, Dali réside à Paris où, grâce à Miro qui s’était déjà intéressé à son œuvre à la suite de ses expositions aux Galeries Dalmau, il connaît Tristan Tzara; ce dernier le fait connaître dans les milieux surréalistes. Ainsi, Dali signe un contrat pour une exposition avec le marchand Goemans.(Je vous reparlerai de ce mouvement artistique qui a tant marqué notre début de 20° S) Voici le célèbre Tableu de Marx Ernst:

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Derrière, de gauche à droite: Philippe Soupault, Jean Arp, Max Morise, Rafaele Sanzio ( !!! avec un béret!)), Paul Eluard, Louis Aragon, (déjà au 2° plan, car on l’éloignera à cause de son engagement communiste)André Breton,( avec la cape rouge) Giorgio di Chirico, Gala Eluard.(semblante fuyante)
Au premier plan: René Crevel (assis, de dos), Max Ernst, Fedor Dostoïevski, Théodore Fraenkel, Jean Paulhan, Benjamin Péret, Baargeld, Robert Desnos

Au Rendez vous des Amis 1922

Ce tableau fut exécuté par Max Ernst en 1922, alors qu’il venait de quitter la Suisse pour rejoindre Gala Eluard à Paris. Il représente le groupe au moment où le peintre l’a rencontré, flanqué , oh ironie !!!,de Raphaël (coiffé d’un béret) et de Dostoïevski (personnage barbu), deux ancêtres bien douteux du surréalisme. Ils doivent être là pour incarner deux modèles à fuir : une peinture religieuse et académique pour le premier, une conception réaliste du roman pour le second ?!C’est d’ailleurs sur un extrait de Crime et châtiment que Breton s’appuiera, dans le Manifeste, pour condamner la description. Et pour se moquer encore plus de ces deux ancêtres,, Ernst, assis irrévérencieusement sur les genoux de Dostoïevski, ne semble-t-il pas lui tirer la barbe ? Sur fond de paysage alpestre, (Ernst, Eluard et Gala ayant séjourné en Suisse) les membres du groupe paraissent disposés de manière allégorique : statique, le bloc de gauche s’oppose au dynamisme des personnages de droite qui ont l’air d’arriver en courant. La position quasi identique de leur main fait penser à une sorte de langage de sourd-muet. On pourra surtout commenter celle d’André Breton (cape rouge), lui le Maître, qui semble, en mage souverain, distribuer son onction au groupe. Seuls René Crevel (à gauche) se détourne sur un piano imaginaire et Gala Eluard (bientôt Dali), à droite, indique la sortie… Cette toile devenue mythique ignore curieusement Tristan Tzara et Francis Picabia.

Dès Juillet 29, il revient sur sa chère côte catalane où il a invité ses nouveaux amis surréalistes : arrivent donc :Luis Buñuel, Goemans, Magritte et son épouse, et surtout Éluard avec sa femme Gala et leur fille Cécile dans sa maison de Cadaqués. Tout ce beau monde mène alors une vie rêvée : baignades, promenades, parties d’échecs, repas bien arrosés, nuits dans un café club rempli de musique espagnole et de jazz. Mais Dali n’a d’yeux que pour cette troublante femme d’Eluard. Aussi il l’entraîne dans des promenades sans fin dans les rochers du Cap Créu. Il va entamer une cour sans retenue. Ce n’est pas facile pour lui, car il souffre alors, de sortes de crises de nerfs qui se traduisent par des crises de rire sans fin, poussées à leur paroxysme, puisqu’il en arrive à se rouler par terre !. Difficile avec cet handicap d’aligner quelque mots et de paraître sincère dans ses déclarations. Intérieurement il est terrorisé car il comprend de suite en voyant cette femme qu’elle seule, pourra le libérer de ses peurs intérieurs, pourra faire naître entre lui ce désir refoulé des femmes et qu’elle seule pourra lui faire réaliser son désir le plus secret : la séduire et la posséder. Car il en tombe de suite follement amoureux, amour fou qui le transforme ! Cette chair, ce corps, ces seins, ces jambes, lui font à la fois peur et le troublent jusqu’à l’obsession ! Il surmonte sa terreur presque, et il arrive donc, entre deux fous rires à lui déclarer sa flamme de la manière la plus romantique qu’il soit. dans cette mélancolie indicible de la solitude du cap Creus, au détour d’une calanque, à Es Cayals .

Gala, elle la femme expérimentée, sûre de son charme, énergique, volontaire, va être intriguée, amusée au départ, et finalement touchée par ce jeune peintre étrange, timide, maladroit et puceau. Elle a surtout reconnu avec sa lucidité extraordinaire, en lui, le talent fabuleux. Aussi elle va se laisser tenter par cette nouvelle aventure qui s’ouvre à elle et abandonner son mari et sa fille. Tout ce beau monde repartira les laissant seuls en tête à tête, en corps à corps !

Laissons le parler de cette rencontre miraculeuse:

“Son corps avait une complexion enfantine, ses omoplates et ses muscles lombaires cette tension un peu brusque des adolescents. En revanche, le creux du dos était extrêmement féminin et liait avec grâce le torse énergique et fier aux fesses très fines que la taille de guêpe rendait encore plus désirables….La beauté souffreteuse du visage n’était pas la seule élégance de ce corps. Je regardai sa taille cambrée par sa démarche de Victoire et me dis avec déjà une pointe d’humour esthétique: “Les victoires aussi ont le visage assombri par la mauvaise humeur. Il ne faut pas y toucher.” Pourtant j’allais la toucher, j’allais étreindre sa taille quand la main de Gala prit la mienne. C’était le moment de rire, et je ris avec une nervosité d’autant plus violente que cela en était plus vexant pour elle à ce moment précis. Mais Gala, au lieu de se sentir blessée par ce rire, s’en enorgueillit. D’un effort surhumain, elle pressa encore plus fort ma main, au lieu de la laisser tomber avec dédain comme n’importe quelle autre femme l’aurait fait. Son intuition médiumnique lui avait donné à comprendre le sens exact de mon rire si inexplicable aux autres. Mon rire n’était pas “gai” comme celui de tout le monde. Il n’était pas scepticisme ou frivolité, mais fanatisme, cataclysme, abîme et terreur. Et le plus terrifiant, le plus catastrophique de tous les rires, je venais de le lui faire entendre, de le jeter par terre à ses pieds. “Mon petit”, dit-elle, “nous n’allons plus nous quitter.

Et Dali va expliquer encore plus ce coup de foudre, en donnant la clef historique et freudienne de cet amour indissociable qui vient de naître et que la mort seule saura rompre:

“Elle serait ma Gravida (“celle qui avance”), ma victoire, ma femme. Mais pour cela, il fallait qu’elle me guérisse. Et elle me guérit, grâce à la puissance indomptable et insondable de son amour dont la profondeur de pensée et l’adresse pratique dépassèrent les plus ambitieuses méthodes psychanalytiques”.

Dali parle de Gravida car il venait de lire “Gravida”, roman de Jensen interprété, expliqué par Sigmund Freud, dans lequel l’héroïne, Gravida (délire et rêve) réussit la guérison psychologique du héros.

“J’approchais de la grande épreuve de ma vie, l’épreuve de l’amour”.

Mais qui est cette Gala, qui restera définitivement à ses côtés, devenant sa femme et sa muse pour le restant de ses jours ? Que va devenir ce couple sortant de l’ordinaire ? (lui a 23 ans et fuyait jusqu’alors les femmes, elle, 31-32 ans, la croqueuse d’hommes, sûre d’elle, calculatrice )

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