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du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
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Toubib or not Toubib ?

Toubib or not Toubib

Sentant ma jambe droite de plus en plus douloureuse (brûlures le soir dans le mollet, crampes : voir cause- faute professionnelle dans une clinique après une lourde opération de la colonne vertébrale qui avait réussi- dans mes archives) j’ai décidé d’aller voir mon médecin que j’ai connu au Lycée. Il était je crois une ou deux classes au dessus de moi, avec Téchiné. M’ayant ausculté avec sérieux il s’est aperçu que cette droite- je parle bien sûr de ma jambe !- est bien gauche puisqu’elle ne répond plus sur le plan réflexe. Aïe… La faute à la L4.

Moi qui n’aime pas les chiffres, il s’est aperçu en plus que mon cœur battait par moments à trois temps : deux temps normaux et un temps plus faible. Peut-être à cause du proverbe ! Jamais 2 sans 3!

Ayant gardé le sens de l’humour, je lui ai dit qu’en fait, mon cœur dansait la valse à 3 temps. J’espérais seulement que ce ne fut pas « la Valse triste » de Sibélius ou encore moins « La valse de l’adieu » de Chopin si triste, si mélancolique.

En réfléchissant, je préfère encore que mon cœur batte parfois comme la valse de Chostakovitch, valse rendue célèbre par une publicité, ici dans une forme assez « lento » sinon je souffrirais d’arythmie !


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Ou encore qu’il batte par moments comme cette célèbre valse de Casse Noisette dite « Valse des Fleurs » de Tchaïkovski

Un peu plus rapide certes mais avec des fleurs. Et ce ballet est si parfait à voir !

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Chose amusante moi qui adorait danser ( rock, twist, madison, mashed potatoes, cha cha cha, mambo, slow, etc…) je n’ai jamais pu danser la valse. .Si les filles m’ont fait tourner la tête, la valse c’était pire ! Ce qui ne m’a jamais empêché, les rares fois ou quelqu’un m’énervait vraiment de tout envoyer valser ! Mais ce qui explique aussi que je goûte assez peu la valse actuelle des étiquette, notamment au niveau ( c’est bien le cas de le dire )de l’essence

J’ai parlé ensuite, à la suite de cette visite, avec un ami de problèmes cardiaques et de mort. Il me disait avec raison que mourir sans s’en rendre compte dans son sommeil ou dans son fauteuil tout simplement parce que son cœur a oublié, s’étant arrêté par inadvertance, de se remettre en marche était un adieu honorable. Moins traumatisant, si je puis dire, ( ! ! ) que mourir dans d’affreuses et longues souffrances !

Mais allez soyons optimiste. C’est pourquoi j’écris en vert…. Et contre Tout !!!!

26 août 2008 - Aucun commentaire
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Conclusions et réflexions ! (suite et fin N°9 !)

Après cette expérience plus que marquante, voilà pourquoi je pense que la santé est un capital fabuleux. Je crois aussi que dans le monde des soins, il y aurait beaucoup de choses à changer, notamment dans le côté relationnel entre soignants et malades. Tous ceux qui sont en contact avec des malades devraient suivre des cours de psychologie pour mieux parler avec des mots justes, rassurants et surtout respectueux à ceux qui sont dans la souffrance psychologique et physique. Le personnel hospitalier oublie souvent qu’un simple regard chaleureux, fait d’humanité, qu’une simple phrase gentille, effacent presque les murs de douleurs et de solitude qui enferment le malade. Même le simple progrès de la pompe à morphine, qui laisse le malade responsable de diminuer si nécessaire sa douleur, le plonge davantage dans cette solitude. Je sais que ce personnel a beaucoup de travail et j’ai vu aussi qu’il y en a d’humain : la deuxième équipe me l’a démontré. Donc quand on tombe malade, tomber dans un service sympathique est un coup de chance. Si votre opération n’est pas urgente et peut-être programmée, faites à l’avance une enquête et renseignez vous sur les tarifs pratiqués, sur les suppléments d’honoraires qui sont qualifiés parfois de « pour notabilité », sur le conventionnement de l’établissement avec votre mutuelle s’il s’agit du secteur privé, sur la qualité du service. En neurochirurgie j’ai trouvé les jeunes infirmières, pour la plupart peu matures et trop préoccupées par leurs montres ! Et fait bizarre je n’ai jamais vu d’infirmière en chef qui aurait put motiver ses troupes !

Aujourd’hui mes pieds sont toujours endormis et les douleurs ont repris ; le dernier électromyogramme n’était pas fameux. En définitif, l’opération a peut être stoppé la future paralysie des jambes, m’a remis deux vertèbres en place mais sans doute à cause de la faute grave de ces deux femmes qui m’ont redressé sur le lit, alors qu’elles n’auraient pas du me bouger, mes pieds se sont rendormis. Mais que faire ? Revoir un autre neurologue dans un autre établissement et repasser sur la table d’opération pour une nouvelle tentative, qui peut-être, au vu de mes malformations sera encore plus risquée que la première.

Le seul vrai bénéfice, c’est que le port du corset pendant six mois, m’a fait maigrir de quatorze kilos ! J’essaie toujours de chercher le coin de bleu dans un ciel d’orage ! Après le port du corset, j’ai marché avec des cannes anglaises, suivi des séances de kinésithérapie, fait de l’aquagym, pour marcher correctement. Ainsi requinqué, j’essaye de tout recommencer, mais mes projets de voyage semblent définitivement tombés à l’eau et ces chevilles et pieds douloureux m’inquiètent à nouveau.

L’exclusion de ma chambre et d’autres surprises ! (N°8)

Je vais vous raconter maintenant ce que j’appelle mon exclusion de la chambre ; c’était le sixième jour, au moment du repas ; la petite Turque arrive et me demande. « Est-ce qu’on vous a dit, Monsieur, que vers treize heures dix, vous devez quitter votre chambre. En effet, nous devons la nettoyer, la désinfecter car à quatorze heures trente, un nouveau malade doit y venir. » Je lui réponds que je ne suis au courant de rien. Très gentiment elle me dit : « N’ayez aucune crainte, je rassemblerai vos affaires et avec le brancardier, nous vous les mettrons dans votre sac,sous le charriot. »

-”Mais où, va-t-on me mettre puisqu’il n’y a pas encore de place de libre dans la Maison de rééducation et de repos que j’ai demandé dans mon département ? ” -« Vous partagerez une chambre avec quelqu’un, dans l’établissement de rééducation qui jouxte la clinique et qui fait partie de la même société ! » A l’heure dite, me voilà transbahuté par un jeune brancardier très marrant à travers les ascenseurs et les souterrains du grand bâtiment. Comme prévu, la jeune Turque avait chargé tant bien que mal, mes affaires sous la plate forme du charriot. Je me retrouve dans une chambre de l’autre clinique où je comprends de suite que tout est différent du service de neurochirurgie. Le personnel médical, médecins, infirmières et aides soignantes, sont nettement plus sympathique et respectueux du malade. De plus dix minutes après mon arrivée, deux médecins me rendent visite avec mon dossier : ils regardent, semble-t-il avec surprise ma jambe droite, la tâtent, et me disent « Il faut qu’on vous redescende de suite au service angiologie, de la clinique pour des examens. Donc me revoilà amené à travers les couloirs, les souterrains jusqu’au service désigné. Incroyable mais hélas vrai, le médecin spécialiste découvre que j’ai une sacrée une phlébite ! Les infirmières du service de neurochirurgie, qui ne m’auscultaient jamais, n’avaient rien vu, faisant sans doute confiance aux petites piqûres quotidiennes dans l’aine ! Revenu dans le nouveau service, on me fait aussitôt une piqûre, on me donne des cachets, etc.. Heureusement que finalement on m’avait changé de service, car si j’étais resté dans ma première chambre, j’aurais pu passer de vie à trépas !

Autre surprise : la réception de la note de la clinique de retour chez moi ! La clinique n’était pas conventionnée avec ma mutuelle : résultat je devais payer le supplément chambre individuelle, 57 € par nuit soit la somme de 342 € pour six nuits ! Bien évidemment j’ai aussitôt téléphoné au service comptabilité de la clinique en lui expliquant que j’avais coché la case chambre individuelle au lieu de chambre à partager, à cause de la réflexion de la secrétaire et parce que j’étais angoissé par un examen douloureux que je devais subir juste après ; la dame m’a alors répondu ironiquement « Si maintenant il faut apprendre aux adultes à remplir un formulaire d’admission ! ». Je téléphonais alors à ma mutuelle en lui expliquant le pourquoi et le comment de la chose. Bien sûr mon interlocutrice fut écoeurée par le côté marchand de l’établissement et de son personnel. Elle me promit d’en parler à son directeur, et après une réunion des responsables, la section de mon département, décida de me rembourser dix euros par nuit, soit 60 sur 342 € ! Je dus donc payer de ma poche 282 € plus bien sûr les suppléments d’honoraires ! (A suivre.)

Un monde kafkadien. (suite 7)

Bien sûr, j’ai rempli à mon départ, le dit-questionnaire ! J’ai écrit presque deux pages ! » Quand j’ai revu deux mois plus tard, à une visite, le neurochirurgien, je lui dis que je ne sens toujours pas mes pieds et lui rappelle l’incident ; il me fait comprendre qu’ils sont trois chirurgiens dans le service de neurochirurgie et qu’ils ne s’occupent pas vraiment du personnel ! Il ajoute que je pouvais tenter une action en justice mais qu’elle n’aurait aucune chance d’aboutir, car je n’avais ni preuve, ni témoin ! Comme mon médecin généraliste, m’a fait faire une radio, d’après opération, ce qu’on n’avait pas fait à la clinique et que le chirurgien aurait du demander, il s’est aperçu qu’en fait il n’y avait pas de plaque au niveau de la L5 et de la L6, mais une sorte de masse sombre. De plus il semblait bien que le chirurgien n’avait élargi le canal qu’en un seul endroit. A la dite visite, je l’interroge donc deux fois, car je suis têtu, avant qu’il me réponde sur le pourquoi de ces deux découvertes. Il me répond : « Puisque vous tenez semble-t-il à le savoir, et bien j’ai immobilisé les deux vertèbres, non avec une plaque vissée mais avec un soudure avec un morceau d’os iliaque, car vos os se sont révélés friables et les vis ne tenaient pas. » Toujours aussi têtu, je lui demande pourquoi il ne m’avait pas fait faire une scintigraphie osseuse avant l’opération. « Et bien Monsieur, si je devais faire faire cet examen à tous mes futurs opérés, le trou de la Sécurité Sociale serait un gouffre, que dis-je, un abîme ! En principe ce problème touche essentiellement les femmes vieillissantes. Est-ce que vous rendez compte que vous êtes un cas Monsieur ? Quand aux deux autres étroitesse que je vous avais signalées, et bien, je me suis aperçu que c’étaient des compressions de la moelle dues à des poches de la graisse épidurale postérieure qui est passée par le dedans par l’avant : on nomme cela une lipomatose épidurale, car elles forment des lipomes. Ca ne m’a pas paru trop grave, la compression étant moins forte, et comme votre opération avait déjà duré un certain temps, je n’y ai pas touché ! ». Mes questions semblaient l’avoir agacé, lui le grand patron.Il termina la consultation en me disant:” Vos fourmillements passeront : il faut donner du temps au temps.”

En fait pendant mon séjour il n’est venu que deux fois plus le fameux soir ; les deux premières fois il était accompagné d’une femme d’environ quarante ans, une brune qui portait un dossier : qui était-elle, je ne sais, car je ne la revis jamais seule ; je n’avais aucune interlocutrice si ce n’est les infirmières ou aides soignantes, pressées et peu sympas : seules dans le lot deux jeunes infirmières et les deux aides soignantes qui m’avaient lavé la première fois étaient plus souriantes et compréhensives ! Les infirmières se contentaient de me donner dans un pilulier les médicaments le matin, de me prendre la température dans l’oreille avec un nouvel appareil, certaines me prenaient la tension. Mais personne, aucun médecin ne venait m’ausculter en détail. Et la nuit c’était le bouquet ! En effet, pour pouvoir dormir je fus obligé de mettre des boules « Qui est-ce » ! Il y avait trois équipes de nuit : la première, une femme et un homme d’une quarantaine d’années, peu bavards, mais sérieux et discrets surtout. Ensuite il y avait une équipe de filles qui devaient se raconter des blagues car elles n’arrêtaient pas de rire bruyamment et même de trépigner. Je les entendais bien, car leur salle jouxtait la mienne. La troisième était composée, elle aussi de gamines, qui elles, faisaient le soir, dans le couloir des concours de charriot : elles devaient les pousser jusqu’à une certaine limite, puis devaient se jeter dessus pour voir celle qui allait le plus loin ! Bien sûr, elles criaient, riaient ! »Tout cela paraît incroyable pourtant, hélas, c’est bien la réalité ! »

« Puis on me mit un corset. Ce fut une jeune femme brune envoyée par une célèbre maison d’orthopédie qui m’avait pris les mesures : je me souviens de son sourire, de ses yeux et de sa beauté !

La faute professionnelle.( Suite 6)

Et bien, alors que mes pieds étaient endormis depuis longtemps avec cependant des fourmillements et des douleurs, le Vendredi matin, je ressens pour la première fois, depuis bien longtemps, mes pieds bouger sans douleurs. Je suis heureux comme tout ! J’en chialerais presque de bonheur. J’en parle avec joie à l’Algérienne qui m’a amené un café ! Mais c’est dur de ne pas bouger le tronc et de rester sur le dos ! J’ai juste le droit de bouger mes bras et de lever légèrement ma tête.

Etrangement les deux aides soignantes de la veille ne sont pas venues. Vers onze heures et quart, une infirmière et une aide soignante entrent dans la chambre. Je me souviendrais toute ma vie de leur visage. L’infirmière, une blonde de 22 à 25 ans, avec des sortes de petites couettes, pas sympa du tout et l’aide soignante, plus grande et plus âgée, la trentaine, avec des cheveux bruns assez courts et des mèches rouges, encore plus sévère. « Est-ce qu’on est venu faire votre toilette ? » demande sèchement la blondinette ! –« Non » -« Et bien ce n’est pas notre travail ! C’est celui des aides soignantes ! » Et elles s’en vont. Comment une femme qui fait ce travail et qui plus est jeune, peut-elle parler ainsi à un malade ? Ne leur apprend-t-on pas la psychologie ? Ou est-ce moi qui a une tête qui ne lui revient pas ? Si son métier lui paraît trop difficile et bien elle a qu’à en changer. Je suis vite interrompu dans mes réflexions, car cinq minutes plus tard, elles reviennent avec une drôle de tête. La blonde prend une cuvette, de l’eau, mon gant et ma savonnette et commence à me laver sans douceur. A ma grande surprise, elle pose le gant sur mon ventre et me dit presque méchamment « Le reste vous vous débrouillez » La brune, qui était à la gauche de mon lit, avec sa voix grave me dit « Je vais vous enlever votre goutte à goutte, mais il passe sous la manche de votre pyjama et ça me gène ! » Elle fait un clin de l’œil à la blonde qui se trouve, elle à ma droite. Et soudain, à ma grande stupéfaction, puisqu’on m’avait dit de ne surtout pas bouger, elle m’attrapèrent chacune par une épaule, me redressèrent vivement pour m’asseoir ! Je ressens malgré la morphine une grande douleur. La brune prend la veste du pyjama par l’épaule, la tire vers le haut pour me l’enlever, arrache le goutte à goutte, me met rapidement un pansement, me remet avec l’autre qui me tient, la veste : elles me recouchent. Furieux je lance à la brune : « Non mais vous délirez, on ne doit pas me bouger, le chirurgien l’a bien spécifié et vous m’avez fait très mal ».-« Oui c’est ça, plaignez-vous, vous n’allez pas m’apprendre mon boulot ! Et parlez-moi sur un autre ton ! » dit elle avec ironie !-« Oui mais celui qui a mal c’est moi et pas vous ! ». Elles s’en vont et me laissent complètement abasourdi et pantois. J’en parle à la femme des repas qui me dit d’en parler au neurochirurgien. Le soir, je ne sentais plus à nouveau mes pieds. A force de me plaindre auprès de la Chti qui était de fin de semaine, elle réussit à entrer en contact avec le chirurgien qui vient me voir le dimanche soir vers neuf du soir. Il est en costume-cravate car il a du assister à un congrès ou truc de ce genre. Il a l’air fatigué et agacé. Il touche mes pieds, me fait redresser mes orteils, et me dit qu’avec le temps, cela me passerait. A la narration de ce qui s’était passé avec les deux employées du Vendredi matin, il écoute distraitement et malgré mon insistance ne fait aucun commentaire si ce n’est : « A la fin de votre séjour vous remplirez un questionnaire et vous le direz si vous voulez ! » -« Mais enfin Docteur, c’est grave, vous aviez vous-même donné des consignes pour que je ne bouge pas pendant au moins quatre à cinq jours ! ». Il s’en va sans prononcer un mot. » Je suis abasourdi par ce manque d’écoute manifeste ! Mais optimiste, je me dis qu’après tout c’est lui le spécialiste et qu’il a peut-être raison.( A suivre)

Enfin dans ma chambre.(Suite 5)

A peine installé dans ma chambre et mes affaires rangées, une jeune infirmière brune pas très sympa, vient m’ordonner de me déshabiller, de prendre une douche, de me sécher et ensuite de me laver le corps avec de la bétadine. En partant, comme si elle s’adressait à un gamin elle me lance : « Et vous avez intérêt à bien le faire car je viendrais vérifier ! » Je suis un peu surpris mais m’exécute. J’en ressors jaune-marron ! Je me couche. On me donne des cachets. Le lendemain matin à six heures et demi on vient me réveiller et rebelote : douche, séchage, bétadine. Puis on vient me faire une piqûre. On m’amène dans la salle d’opération. Ma vue est un peu trouble mais je trouve le moyen de plaisanter avec les deux infirmières, une iranienne et une française : elles m’attachent, me mettent sous perfusion et je m’endors. Je n‘ai pas de souvenirs de la salle de réveil, mais je me souviens de mon lit où l’on m’a ramené et où on m’a dit surtout de rester sur le dos et de ne pas bouger ! De toutes façons j’ai au moins cinq branchements : goutte à goutte, pompe à morphine, pompe à humeur branchée dans le dos, électrodes sur la poitrine,… Le soir j’ai un coup de fil de mon frère et de mon Amie : j’arrive à répondre avec la bouche pâteuse. Il me semble que je me trouve sur une île perdue dans les brumes et leurs voix semblent sortir d’un autre monde. Dans la nuit la douleur revient : l’infirmière de garde, m’explique le maniement de la pompe à morphine. Le lendemain, vers onze heures, deux aides-soignantes, une turque et une française viennent me faire la toilette puisque je dois rester sur le dos et ne peux bouger avec une balafre de dix centimètres au niveau des lombaires. Elles sont adorables : au début j’ai un peu honte puis me laisse faire. Après tout elles ont l’habitude . Elles me lavent entièrement sans me bouger, le devant, de la tête aux pieds, avec un gant et une cuvette remplie d’eau : elles me savonnent, changent l’eau et rincent le gant, me rincent pour m’enlever le savon, puis m’essuient avec ma serviette. Leur douceur et leur gentillesse m’ont fait complètement m’abandonner. Ca me change de la rudesse des autres infirmières, peu sympas, très jeunes et surtout préoccupées par leur montre et (les ayant entendues) leurs trente cinq heures avec leurs R.T.T. Seules une jeune qui a fait ses études d’infirmière dans ma ville et une autre petite marrante d’Albi se montrent souriantes et pleines de bonne volonté. Il y a aussi une femme d’environ quarante ans, une chti comme elle me dit, aussi peu souriante mais plus humaine que les autres : elle au moins, est plus à mon écoute et discute avec moi ! ( A suivre.)

La saccoradiculographie tourne au cauchemar ! ( Suite 4°)

Le radiologue, un corse, l’air très sympa, me fait me déshabiller et commence à chercher sur l’écran l’endroit où il trouvera un trou de conjugaison valable pour entrer son énorme aiguille : vu le phénomène de la canne bambou, il hoche la tête et se demande comment il va pouvoir faire. Je regarde l’heure : il est 9h moins vingt ! Finalement il trouve un orifice au niveau des dorsales, le trouve un peu innervé mais tente le coup. Je n’ai même pas pensé au fait que l’on ne m’a même pas fait un test pour savoir si je ‘étais pas allergique à l’iode ! Le radiologue farfouille, c’est douloureux mais supportable car je ne suis pas trop douillet ; et finalement l’aiguille entre d’un seul coup ! Alors là, c’est horrible : je crois ma dernière heure arrivée. Une douleur phénoménale m’arrache un hurlement et à ma grande surprise, ma jambe gauche se dresse mécaniquement, tandis que mon muscle de cuisse arrière se met à tressauter violemment. Je ne sais si c’est le grand adducteur ou le droit interne. C’est horrible : je ne savais pas qu’une douleur physique aussi grande pouvait exister. Je sens que je commence à tourner de l’œil ; le radiologue et son assistante ont l’air affolés ; cette dernière appelle un brancardier ; un liquide jaunâtre, sans doute le produit iodé, à taché mon tricot de peau posé sur la table : je suis toujours conscient mais la douleur est si déchirante que je crois que ce sont mes dernières secondes de vie !

Rebelle jusqu’au bout, je me révolte contre le fait de souffrir autant pour mourir. Peut-être est-ce le pendant de ce qu’a du souffrir ma mère pour me mettre au monde ! Et ce muscle qui n’arrête pas de tressauter : on le voit bouger sous la peau de ma cuisse : on me charge sur un charriot et on me transporte à toute vitesse dans une chambre (je ne me doutais même pas qu’il y avait à ce niveau là des salles de radio, ce type de pièces. Je remarque dans le coin supérieur à gauche une caméra. Je me dis : « Ta mort va être filmée ! ». Après tout, la souffrance est trop grande, je ne suis pas un héros, ce sera une délivrance, et je crois que je n‘ai pas trop mal vécu ! Le radiologue, son assistante et le brancardier me placent sur le lit. Le médecin a l’air affolé, ce qui renforce mes craintes. Il n’arrête pas de me demander si la douleur baisse, me prend le pouls, regarde mes yeux ! Au bout d’un moment il s’en va continuer son travail et me laisse sous la garde de son assistante. Pour qu’elle reste avec moi, c’est que l’affaire est sérieuse ! Entre chaque patient il revient me voir, me parler. Tant bien que mal j’essaie de m’habituer, de dompter cette douleur qui est maintenant quand même dix fois moins douloureuse que l’incroyable coup de poignard de tout à l’heure. La femme me fait avaler un cachet, essaie de me masser la cuisse où le muscle s’agite toujours autant ! Je comprends que l’aiguille, après une certaine résistance, est entrée d’un coup sans qu’il puisse la contrôler et qu’elle a touché la moelle épinière, d’où la douleur inacceptable. Pourvu que l’aiguille n’ait pas lésé la moelle. Décidément je n’ai pas de chance. Mais surtout il faut que je lutte et que je ne m’embarque pas sur le radeau de la déprime ! Il me semble que la douleur se calme : avec mes deux mains j’essaie de calmer l’affolement de mon muscle ! Midi arrive : la douleur a du diminuer de moitié : la femme est partie : le radiologue avec sa blouse blanche revient, prend une chaise et s’assoit en me prenant la main : « Je ne vais pas manger : je vais vous tenir compagnie ! ». Je vois à son visage qu’il a l’air plus qu’inquiet. Je le trouve sympa et me voilà que je me surprends, alors que je risque de passer de vie à trépas ou d’avoir des séquelles, à presque le plaindre en me disant « Je n’aimerai pas être à sa place ! » : ça devient dans ma tête le monde à l’envers. Est-ce ma générosité naturelle ou mon désir inconscient d’être à ce moment-là, dans la peau d’un autre ? Il me fait parler de tout et de rien, me fait bouger les bras et les jambes ; je comprends qu’il a peur que je reste paralysé ou que je ne puisse plus parler, moi le bavard impénitent ! La douleur devient supportable, le muscle ne bouge presque plus. J’ai faim. Le Corse qui doit me quitter me fait porter un repas que je dévore. L’assistante revient me voir deux ou trois fois. Vers seize trente, on vient me chercher avec un charriot pour m’amener dans ma chambre.( A suivre)

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