Propos d’un matin de Septembre
Propos d’un matin de Septembre.
Pris par mes promesses de
travaux annexes, je suis obligé aujourd’hui de faire un billet de réflexions à
chaud. D’habitude je ne sais encore ce que je vais envoyer, la veille, mais je choisis
un thème le matin et ensuite travaille dessus pour l’envoyer en plusieurs
épisodes. Par exemple j’ai plein de projets : je dois vous parler d’une
construction et par voie de conséquence d’une invention extraordinaire, pour gagner
du temps en cette époque où tout devient rapide et ou la course aux économies
devient capitale. Une construction étrange, unique au monde , fruit du cerveau
de 2 ingénieurs français , et que j’ai, pu découvrir! Mais il faut monter les photos, les classer
pour montrer le déroulement de l’opération. Ça prend du temps et actuellement
je suis pressé par le temps.
J’ai d’autres sujets que j’ai
promis : un sur un ami japonais, un des maîtres de la gravure : Teizo
Ogaki. Mais je vous parlerai aussi de mes origines, de mon déchirement d’adolescent,
de De Gaulle vu autrement, et puis de ma ville d’adoption que j’aime et qui a
tellement changé.
Oui je me sens bien ici. Ce
matin encore je suis allé me faire faire une prise de sang pour des analyses.
En effet mon cardiologue a trouvé quelques bizarreries dans la marche folle de
mon cœur. Mais mon cœur n’en n’a toujours fait qu’à sa tête. Tiens en parlant de tête,il travaille
heureusement souvent avec mon cerveau, main dans la main, ou si je puis dire, globule à neurone réunis ! J’ai appris ainsi à naviguer à travers les écueils de la
vie, à devenir sage et méfiant tout en
essayant d’aller vers les autres et de les aider si nécessaire.
Dans ce matin frisquet, ça m’a
fait chaud au cœur de voir tous ces gens qui venaient avec plaisir me saluer et
échanger quelques mots : du balayeur de rues au P.D.G, de la secrétaire à
la photographe dont j’ai eu le fils comme élève, fils qui commence à se faire
un nom à Paris dans ce métier si difficile de ses Parents. Mais lui s’est
spécialisé dans la prise de vues.
Et le sourire chaud de ces
gens, la vie qui paraissait simple m’a fait penser à la mort. Je n’en ai pas peur,
mais ces histoires de santé m’amènent vers ce sujet inconsciemment. Ça
m’embêterait de quitter cette vie.
Ma nature est complexe. Je
crois en Dieu mais ne crois pas aux Eglises car eux ce sont des hommes avec
leurs qualités et leurs défauts, leur désir de pouvoir, leur peur ou leur haine
de celui qui ne pense par forcément comme eux.
Je me suis forgé à cette idée au
moment des leçons de catéchisme, voyant un curé respecté, bien en chair et en
chaire, qui commettait des péchés dans sa sacristie pendant qu’ils nous
laissaient travailler . Moi, voulant satisfaire un besoin pressant, je suis allé
lui demander la permission de sortir, et l’ai surpris et aperçu se régalant de pâtisseries, de
vin blanc.” Le pauvre, me suis-je dit, lui aussi succombe à la tentation. Ce n’est qu’un homme comme moi et Dieu ne l’a nullement empêché. Son désir était trop fort !” Il ne m’a pas vu. Mais mon cerveau aussitôt s’est mis en marche et
m’a fait réfléchir sur cette gourmandise, péché horrible contre lequel cet
homme d’église que je croyais intègre, nous mettait en garde, pêché qu’il
commettait allègrement ! J’étais gamin mais ce que j’avais vu a commencé à
aiguiser mon esprit critique et a mis en marche ma machine à réfléchir, à douter,à hésiter, à analyser, avant de prendre une décision qui ne s’est jamais plus arrêtée! Finalement je remercie ce prêtre avec ses
égarements d’homme tout court, lui qui se voulait un modèle parfait ! L’image alerte, l’écrit persuade, mais l’expérience forge les idées.
Puisque je parle de religion, plus tard j’ai vu un proche, un
gars bien, qui avait épousé une femme qui s’est révélée plus dure qu’un chameau ! Son fils de 20 ans était perdu. Il a tout tenté pour le sauver. Finalement il a autorisé un grand chirurgien de tenter le tout pour le tout afin d’ssayer de lui enlever cette sale tumeur au cerveau. Hélas, six mois après, son fils est parti à jamais. Et lhorrible harpie le lui a reproché…Double blessure si douloureuse…
Il était très croyant mais il a été obligé de divorcer ! Il a rencontré
heureusement une perle rare avec qui il s’est remarié, mais à son grand
désespoir il n’a jamais pu le faire à l’Eglise. Ça serait presque comique,
quand je vois que moi qui me suis marié civilement, car ma compagne était divorcée, je peux, après
plusieurs années de vie commune avec elle, je peux donc si je veux, aujourd’hui me marier à nouveau, à l’Eglise ! Etrangeté des dogmes des Eglises,
étrangeté des êtres humains .Bien sûr
parmi ces religieux il y a des gens formidables avec un cœur gros comme ça,
mais il y a aussi des personnes indignes. Il y a des religions qui essaient, ou
du moins certains de leurs membres qui tentent de moderniser leurs idées et de
donner de l’amour, mais d’autres sont rétrogrades et certains autres de leurs membres
sont presque fascisants et étouffent la liberté de beaucoup comme celle des
femmes. Et puis n’oublions pas que la majorité des guerres sont d’origine
religieuse ; les religions qui sont censées, disent ses membres, exister
pour prêcher la modestie, l’amour et le
respect du prochain. ! Souvent hélas elles
ne prêchent que pour « leur
propre paroisse » !
Mais s’il y a des gens biens
parmi les religieux, partout, dans toutes les classes, dans tous les pays, j’ai
rencontré des gens formidables . Mais partout aussi j’ai hélas aussi rencontré des tordus !
Dans le peuple, dans l’administration, dans la politique, dans l’art dans
l’armée, (bien que celle -là, je l’ai peu fréquentée !), etc… C’est l’Homme quoi.
J’étais dans l’Enseignement et
je me suis senti bien dans la position de laïc. Là aussi j’ai trouvé des
intégristes que nous appelions les « laïcards » (anti religieux à
outrance) Et moi dans quelques domaines que ce soit je n’aime pas vraiment les
intégristes qui ne sont jamais intègres, c’est-à-dire justes !. Mais la
vraie laïcité est excellente, car elle respecte les autres quelque soit leur
origine, leur religion, leurs idées. La réciprocité étant bien sûr obligatoire.
Car l’opposition systématique, la violence des propos, la surdité ,sont néfastes
à toute forme d’avancée. Je reparlerai de certains problèmes que j’ai du régler
dans mon métier,pour faire respecter cette liberté de chacun en tenant compte de celle des
autres. A partir de là, la confrontation d’idées différentes est excellente
pour la construction d’un projet quel qu’il soit. Pour une maison ,toutes sortes
de matériaux, et heureusement, sont utilisés.
C’est pour cela que rajouter à
laïcité l’adjectif « positive » est une redondance inutile. et surprenante. La
laïcité, bien comprise est déjà positive en elle-même et sait replacer les
religions, l’état, les partis, là où ils doivent rester pour une bonne marche
de notre République : les détours en fonction du vent, les contournements,
les marches à côté d’autres idées, fait du tort à l’unité même de notre Pays.
La laïcité est unificatrice : elle est le ciment qui relie les matériaux
différents de notre grande maison. N’oublions pas que l’origine du mot laïc
vient du latin et surtout du grec, et
que ce terme veut dire « issu du peuple ». Donc comme moi, un Etat
issu du Peuple, doit rester neutre et la loi de décembre 1905 a bien défini les
limites à ne pas franchir.
Car la laïcité est une forme de
neutralité non sourde, non aveugle, non dépourvue de bon sens mais quand même
volontaire et constructive.
Et être neutre parfois ce n’est
pas facile. Car tout le monde, qui sent ses intérêts ou ses idées agressés,
peut vous critiquer.
Mais moi j’aime bien être seul sur cette barque, prête à accueillir qui que ce soit. Et sur cette mer de la vie que de rencontres faisons-nous ! Des gens qui se massent sur l’énorme bouée, sur le radeau de leurs idées qu’ils croient merveilleuses. Certes leur refuge flottant est bien ancré ! On croise des paquebots où d’autres s’agglutinent par besoin de sécurité et de confort sur des routes bien tracées : eux vous ignorent totalement. Mais hélas il y a aussi des navires rapides et luxueux, avec des passagers qui se croient seuls au monde, navires qui n’hésitent pas pour foncer plus vite à vous faire chavirer. Il y a aussi les bateaux pirates qui n’hésiteraient pas à vous agresser. Les jours de tempête on croise les bateaux hôpitaux où se réfugient les blessés de la vie. Plus tristes sont les « boat-people » où s’entassent les fuyards de contrées dangereuses. Et puis surtout quand vous approchez de ports, que de bateaux qui ne bougent jamais, où se cachent les planqués de toujours, les égoïstes, les fabricants de frics ou au contraire ceux qui en ont marre de se battre! Mais eux sont sur les quais débarqués par leur destin. Et oui devant la mer de la vie, on reste souvent amer…
Et ces Propos d’un matin de Septembre risquent d’être pour certains, désagréables, comme un café fort et sans sucre:alors
pardon car le café est dangereux (paraît-il )pour le coeur) mais, chose bien, le
manque de sucre aussi peut-être très bénéfique… Alors…Penser librement, une richesse qui peut encore appartenir à chacun sur ces flôts incertains.. C’est ça la
vie…
