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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
Poèmes, Souvenirs de rencontres de personnages connus,Réactions d’Humeur,Musique, Peinture,Images de ma vie,Photos,Littérature,Autographes.

Nuit Blanche( Mus-Vid-) ou délire nocturne.

Nuit Blanche ou délire nocturne.(Vidéos).

 

Broyer du noir pendant une nuit blanche surtout pas..Très peu pour moi. Mais allez vous dire que viennent faire ces propos surprenants ?

Dans le voyage de la vie, il existe aussi des passages de zones de turbulences, de tempêtes. Chacun réagit à sa façon.

Bizarrement il y a toujours semble-t-il, comme parait-il pour les séismes des signes avants coureurs. Lundi soir ou même Vendredi matin très tôt j’ai, par hasard, car ce n’est pas mon habitude relevé, le nombre de visites du mois de mon Blog sur la page d’accueil « Blog Internautes ». Le lendemain vers 10H par curiosité, je regardais à nouveau ce nombre pour avoir une idées du nombre de visiteurs de la nuit. Oh surprise ! Le trou noir de la nuit avait avalé 307 visiteurs. Pfft. Disparus ! Etait-ce le travail destructif de lutins maléfiques, d’ondes négatives venus de vaisseaux spatiaux venus d’un autre monde qui avaient désintégré mon capital de visites comme la crise due à des spéculateurs immoraux a fait fondre les économies de petits épargnants. Ou ayant appris le bug informatique qui avait déréglé les réseaux informatiques de grandes sociétés, la plateforme de Blogs S-O avait-elle, elle aussi subi ses méfaits.

Je décidai d’écrire mon texte à partir de mes notes sur la suite de mon entrevue avec un jeune peintre qui s’était révélé être un militant actif du mouvement trotskyste. Mais même là une sorte de brouillard pesant rendait difficile ma rédaction. Etait-ce le sujet ? Etait-ce la tristesse ambiante avec un temps plus que maussade ?

Je revenais sur la page d’accueil Internautes. Le nombre de visites était remonté et je pouvais me rendre compte de la hausse. Mon texte envoyé, après vérification de son affichage, je passais à autre chose.

L’après midi vers 16 je regardais par curiosité et m’aperçus que mon texte si difficilement écrit avait disparu !Censure ? Bugg ? Magie noire ?Etrange quand même, aujourd’hui Vendredi, il n’est toujours pas réapparu !!! Si nécessaire je le remettrai !!

 

Mon moral était comme le temps car vu la pluie et la froidure, il m’était impossible d’exécuter quelques petits travaux nécessaires dans mon jardin (pompe, bananiers, mimosas, à protéger du froid à venir.)

Le soir arrivait. Pour pouvoir dormir, à cause de la faute professionnelle, faite bien sûr sans témoins, d’une jeune infirmière et d’une aide soignante (qui avaient osé me relever d’un seul coup sur mon lit, pour m’enlever le goutte à goutte, trois jours après une lourde opération de la colonne vertébrale dans un Etablissement Toulousain, et malgré les conseils pressants du grand neurochirurgien de surtout pas me bouger : voir mes archives :http://rochambeau.blogsudouest.com/2007/07/) qui ont occasionné chez moi un endormissement de mes pieds et des douleurs de plus en plus insoutenables quand arrive le soir, je suis donc obligé de prendre un ½ comprimé d’un calmant puissant qui endort les ondes électriques qui s’amplifient dans mes nerfs, le repos venu. Mais mon étourderie m’a fait oublier de racheter une nouvelle boite. Angoissé j’ai cherché quand même si je n’avais pas quelque part au moins un comprimé. Hélas rien. Une fois couché, malgré quelques fourmillements annonciateurs j’arrivais à m’endormir. Un cauchemar où un rocher avait coincé le bas de mes jambes me fit me réveiller. Malheureusement le cauchemar insupportable était bien la traduction d’une douleur réelle : une sorte d’étau brûlant qui  serrait à en crier  mes jambes du genou  au pied. Je n’avais dormi qu’une heure quarante. Je ne suis pas du tout genre, car peut-être habitué depuis longtemps, à m’appesantir sur ma douleur, à me plaindre, à pleurer sur mon sort. Non surtout pas Je n’allais pas appeler à cette heure tardive mon Amie, un parent ou un ami ! A quoi bon. Je savais que mon mal n’était pas mortel et j’étais seul, car la douleur vous fait seul au monde, à essayer de supporter ou d’amoindrir ces souffrances physiques. Je me levais, arpentais un nombre incalculable de fois mon couloir, faisais un certain nombre d’exercices et de massages pour essayer de stimuler mes muscles et mes nerfs. Mais mon esprit aussitôt en marche, pour l’empêcher de prendre pitié de moi, je l’oblige à penser à tout autre chose. Un moyen la radio. Pas de chance ! Une Gymnopédie d’Erik Saty. Mon humour heureusement toujours présent me fit accorder mes mouvements au tempo du morceau. Moi aussi je créais ma « Gymno pénible » ! Je changeais de canal et soudain la voix pure de la Canadienne Sarah MacLachlan  s’éleva dans « Angel ».Elle est accompagnée par l’Américain Josh Groban. (Sa filiation  est belle: Père d’origine Russe et Polonaise, juif qui s’est converti au christianisme en se mariant avec une Norvégienne! Creuset américain étonnant et respectable!)

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Un ange au moment ou assis sur le bord du lit je massais mes chevilles. Etrange hasard. J’avais entendu 2 jours avant cette chanson dans un épisode de Cold Case. Allez savoir pourquoi, avec mon esprit libéré, je me mis à penser aux élections américaines. Un noir président aux Etats-Unis ! Le retard accumulé en matière de racisme par les U.S.A sur la France allait subitement être inversé, car en France je ne pense pas que notre chauvinisme gaulois serait prêt à élire un Noir au poste suprême. Déjà que les élus de couleur se comptent chez nous sur les doigts d’une main. Bien sûr que je souhaite l’élection de cet homme qui transformerait l’esprit conquérant et provocateur de ce grand Pays. Noir et jeune, quel changement ! Et sans doute la route à nouveau de l’espoir, de la tolérance.Mais je me mis aussi à penser à ce Grand Pays colonisé où qu’on le veuille ou non , les spoliés, les cocus de l’histoire restent ces pauvres Indiens, dont on a parqué la plupart des Tribus dans des réserves, où ils croupissent rongés par la misère et l »alcool. Heureusement certains s’en sont sortis, comme cette jeune squaw, bardée de diplômes des plus grandes Universités, que j’ai vue dans un reportage et qui disait voter pour Obama pour défendre les minorités. Mais l’Idéal fabuleux serait qu’un(e) Sioux, un(e) Comanche ou un(e) Navajo devienne Président(e) de leurs anciennes terres ! Mais la douleur fait fuir mon esprit trop loin ! Revenons à B.Obama : arrivera-t-il à changer énormément de choses ? Déjà sur beaucoup de plans où il se montrait combatif et presque révolutionnaire (Irak, Afghanistan etc..) il a mis, beaucoup d’eau dans son vin. Comment arrivera-t-il à redresser l’économie sinistrée, à régler les problèmes du Moyen Orient, à prévoir l’émergence de Pays comme la Chine ou l’Inde ? Après tout nous sommes aux Etats-Unis et notre grille française de lecture n’est pas applicable pour comprendre cet esprit différent de ces habitants. Un démocrate en fait n’est peut-être qu’un républicain modéré. Oui je souhaite son élection. Les sondages lui donnent une certaine avance. Mais les élections américaines sont tellement complexes avec ses primaires, ses grands électeurs (on se souvient des voix étrangement reportés sur Bush au dernier moment !) et qui dit que dans le secret de l’isoloir le fonds raciste et conservateur de beaucoup qui ont dit leur préférence pour Barack, ne va pas subitement changer par une sorte de réflexe primaire ? Et les jeunes plus favorables au Démocrate iront-ils voter ? Et un vieux militaire conservateur, fatigué et encore bushisant, qui aurait menti sur beaucoup de choses (ses soi disantes tortures au cours de sa détention au Viet Nam-cf  démenties par ce reportage au Viet Nam fait d’archives des Vietcongs et de témoignages de son ancien garde, de son ancienne infirmière-cantinière), et qui surtout n’a qu’un programme plutôt flou ,et qui pour couronner le tout est flanqué d’une colistière gaffeuse, inconséquente, inexpérimentée ; ne risque-t-il pas d’être élu contre toute attente ?. Oh oui Obama, même s’il n’est pas parfait ( même s’il est pour la libre vente et le port autorisé des armes par tout américain, même si sa campagne-pub se chiffre par milliards). Mon esprit toujours pensant, (sympa car il me faisait oublier ma douleur) soudain je me mis à craindre pour sa vie. Il y a encore là-bas des fanatiques fous du K.K.K qui risquent de le trucider. N’oublions pas le Démocrate J-F Kennedy assassiné au bout de 2 ans,  et les Républicains, Mac Kinley, James Abram Garfield, abattu seulement 6 mois après son élection,( il décèdera 2 mois après) et surtout  le 1°, Abraham Lincoln.

Je me suis recouché et rendormi malgré encore quelques élancements. Presque deux heures après redouleurs, reréveil, regymnastique. Tout simplement par la non prise d’un petit bout de cachet de quelques milligrammes ! C’est bizarre comme une sérénité peut-être troublée gravement par une simple étourderie !

Alors vite je repense à autre chose. Etrange fuite de l’esprit devant l’attaque du corps. L’esprit est-il plus fort que la chair ? Justement dans l’après-midi de la veille j’ai reçu un long appel d’un ancien copain non de classe mais de lycée. C’est fou comme avec Internet et deux Sites d’anciens élèves où je suis inscrit, je retrouve des anciens camarades, certains après 40 ans d’absence ! Celui là est aussi à un poste haut placé. Visiblement socialiste tendance Royal (je me suis bien sûr abstenu de dire quoique que ce soit sur elle, qui puisse le faire réagir et notamment les critiques dévastatrices de Michel Onfray que j’avais entendues juste avant lui, à propos de sa  candidate préférée,), il m’a dit être l’Ami d’un Intellectuel qui a rejoint l’Elue de Poitou Charente. Il m’a dit (c’est bizarre comme les gens vous parlent de choses qui ne vous intéresse pas forcément) «  qu’ils la poussaient, à ne pas se présenter au poste de Secrétaire du P.S. Tu comprends m’a-t-il dit, elle arrivera sans doute 3°. Alors on lui a fait comprendre que la chute de 80 000 inscrits au Parti, le changement continuel déjà fait ou à prévoir d’électrons plus que libres, ces chiens de chasse fous qui courent dans tous les sens, comme Montebourg ou même Hamon qui ne veut plus combattre avec le vieux râleur Emmanuelli et même son «  fidèle Peillon qui risque de la lâcher pour se tourner vers Hamon ou Aubry,  devrait la pousser à choisir le mouvement (qui lui est favorable) plutôt que le Parti trop actuellement dans l’interrogation négative. Alors si Delanoé arrivait 2°, se mettra-t-elle  avec lui contre Martine ou au contraire, se rangera-telle avec Aubry avec qui ça va mieux, pour enfoncer Delanoë , déjà fragilisé. On lui fait comprendre surtout qu’elle a plus de chance pour la Présidentielle de 2012, ayant quand même un fort capital de sympathies dans le peuple français. Elle commence à y réfléchir. » Et puis il m’a parlé d’une note interne au parti  avec plusieurs consignes, « appelant les organisateurs du scrutin à la plus grande méfiance vis-à-vis des fraudes qui furent nombreuses lors des précédents congrès. » Je repensais à ces confidences lointaines. Peut-être que ce qu’il m’a dit va s’avérer juste et alors c’est un scoop que je détiens. L’autre jour c’est un sarkoziste qui m’a avoué «  s’inquiéter des ruades  et rebellions de plus en plus violentes au sein même de l’U.M.P » ; ces révélations sur des coulisses d’un théâtre que je fuis me font certes m’interroger sur ceux qui me les confient comme si j’étais en osmose avec eux, mais surtout, elles ont l’avantage de tenir mon esprit à la réflexion vagabonde plutôt qu’à le tenir fixé sur mon mal.A propos du Congrès Socialiste, j’ai entendu hier, des députés européens Socio-Démocrates demander”Au Congès Socialiste, pour quelle motion va voter Sarkozy ? Etait-ce ironique pour notre Président ou pour le Parti Socialiste français????

Grace à ces pensées j’ai pu à nouveau après une demi heure d’exercices rendus ainsi automatiques  replonger dans un sommeil presque agréable.

Mais le matin à 7 heures, mes jambes malheureuses m’ont encore réveillé.

Direction mon salon. Et là j’ai télécommandé la mise en marche de ma chaîne où était resté un C.D. Et surprise agréable mon adolescence est remontée à la surface avec cette chanteuse que je trouvais bien jolie et dont la voix me charmait : Françoise HARDY.

“Message personnel”. J’aurai tellement aimé l’entendre parfois envoyé sur cassette par une amie timide et désirée.

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Des ronds dans l’eau.” Comme ces évènements amoureux de mon passé qui ont eu leur cœur brûlant et qui se sont éloignés en cercles concentriques au fil des mois pour s’effacer avec le temps.

 

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“Amitié”, un mot plein de chaleur qui m’a souvent aidé à traverser les passages glacés par la vie.

 

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Oh mon problème présent effacé dans ces mots poétiques ressurgis du passé ! Miracle !  Ces paroles murmurées sur lesquelles j’ai tant de fois rêvé, tant de fois flirté au cours de bals ou de surprises parties avec de jolies demoiselles venues habiter mes heures pour décorer de leurs geste graciles et amoureux les murs de ma vie . Elles furent l’instant de quelques mois peut-être, les trésors qui illuminaient mes jours et mes nuits. Aujourd’hui elles ont disparu dans les vagues du temps mais le temps avec sa gomme énorme, n’a pu effacer leurs empreintes légères qui ressemblent à des ailes vibrantes et colorées de papillons sur la fenêtre de ma mémoire. Elles devenues ailes encore assez  vivantes, encore assez palpitantes en ce matin gris d’Octobre pour faire fuir cette autre compagne, cette vieille sorcière qui n’arrête pas de me suivre, la douleur. Mais chut, j’ai trop honte, j’ai trop de pudeur, et je ne vous dirai rien de plus sur cette compagne que je déteste et que je trompe cyniquement en fuyant mentalement vers le passé ou les choses banales de la vie.

Ah, j’ajouterai peut-être ce poème de Sabine Sicaud cette Chère poétesse villeneuvoise morte à 15ans et demi. Je la connais fort bien puisque ma 1° conférence fut sur elle. Et je l’ai faite dans de nombreuses villes, jusqu’au Palais des Congrès de Bordeaux lac.

 

Douleur, je vous déteste

 En réponse à  « L’Honneur de souffrir » de  
ANNA DE NOAILLES.

Douleur, je vous déteste ! Ah ! que je vous déteste !
Souffrance, je vous hais, je vous crains, j’ai l’horreur
De votre guet sournois, de ce frisson qui reste
Derrière vous, dans la chair, dans le cœur…

Derrière vous, parfois vous précédant,
J’ai senti cette chose inexprimable, affreuse :
Une bête invisible aux minuscules dents
Qui vient comme la taupe et fouille et mord et creuse
Dans la belle santé confiante - pendant
Que l’air est bleu, le soleil calme, l’eau si fraîche !

Ah ! ” l’Honneur de souffrir ” ?… Souffrance aux lèvres sèches,
Souffrance laide, quoi qu’on dise, quel que soit
Votre déguisement - Souffrance
Foudroyante ou tenace ou les deux à la fois -

Moi je vous vois comme un péché, comme une offense
A l’allègre douceur de vivre, d’être sain
Parmi des fruits luisants, des feuilles vertes,
Des jardins faisant signe aux fenêtres ouvertes…

De gais canards courent vers les bassins,
Des pigeons nagent sur la ville, fous d’espace.
Nager, courir, lutter avec le vent qui passe,
N’est-ce donc pas mon droit puisque la vie est là
Si simple en apparence… en apparence !

Faut-il être ces corps vaincus, ces esprits las,
Parce qu’on vous rencontre un jour, Souffrance,
Ou croire à cet Honneur de vous appartenir
Et dire qu’il est grand, peut-être, de souffrir ?

Grand ? Qui donc en est sûr et que m’importe !
Que m’importe le nom du mal, grand ou petit,
Si je n’ai plus en moi, candide et forte,
La Joie au clair visage ? Il s’est menti,
Il se ment à lui-même, le poète
Qui, pour vous ennoblir, vous chante… Je vous hais.

Vous êtes lâche, injuste, criminelle, prête
Aux pires trahisons ! Je sais
Que vous serez mon ennemie infatigable
Désormais… Désormais, puisqu’il ne se peut pas
Que le plus tendre parc embaumé de lilas,
Le plus secret chemin d’herbe folle ou de sable,
Permettent de vous fuir ou de vous oublier !

Chère ignorance en petit tablier,
Ignorance aux pieds nus, aux bras nus, tête nue
A travers les saisons, ignorance ingénue
Dont le rire tintait si haut. Mon Ignorance,
Celle d’Avant, quand vous m’étiez une inconnue,
Qu’en a-t-on fait, qu’en faites-vous, vieille Souffrance ?

Vous pardonner cela qui me change le monde ?
Je vous hais trop ! Je vous hais trop d’avoir tué
Cette petite fille blonde
Que je vois comme au fond d’un miroir embué…
Une Autre est là, pâle, si différente !

Je ne peux pas, je ne veux pas m’habituer
A vous savoir entre nous deux, toujours présente,
Sinistre Carabosse à qui les jeunes fées
Opposent vainement des Pouvoirs secourables !

Il était une fois…
Il était une fois - pauvres voix étouffées !
Qui les ranimera, qui me rendra la voix
De cette Source, fée entre toutes les fées,
Où tous les maux sont guérissables ?

Je ne suis pas mort.

Je ne suis pas mort.

J’ai reçu des messages d’Amis sympathiques qui attendaient la suite de ma rencontre avec mon peintre besançonniste. Pas de problèmes je mettrai la suite et fin de cette rencontre même si certains( oh ils ne sont pas nombreux !!!), englués dans leur engagement primaire  qui  manquent d’humour et de recul, m’ont dit des choses pas très gentilles pour ne pas dire blessantes et insultantes , mots qui m’ont un peu laissé béat et groggy, devant tant de mépris et d’intolérance. Ils croient peut-être que  la plateforme leur appartient et ils voudraient qu’elle leur ressemble en m’interdisant de dire ce que je pense ou on ne voulant pas que je rapporte fidèlement certains propos de gens divers rencontrès au fil du hasard !. Un Ami psy et un Enseignant Ami voyant ces propos,  m’ont chiné:”Heureusement que ton cardiologue qui t’a dit -Pas de contrariété surtout’, t’a donné des médicaments assez forts pour calmer ton coeur. On aurait pu te tuer à distance ! Mince ils ont raté Rochambeau !”Mais comme tu as dit un jour.:Tu fais partie de ces mauvaises graines qui ne meurent pas ainsi !”( J’ai failli mettre 2 R à meurent ce qui aurait agacé mon professeur d’orthographe mais qui m’aurait permis de prendre mon 2° souffle !!!) Sur leurs conseils aussi- (ils étaient venus m’apporter le champagne que j’avais gagné grâce à mes pronostics sur l’attribution du Prix Nobel de Littérature,  breuvage que nous avons savouré autour de bonnes choses-), je ne publierai  ces commentaires navrants car ne ce serait pas sympa de ma part pour mes censeurs, car leurs propos les laisseraient apparaître sous un jour un peu sinistre pour ne pas dire ( reprenons leur mot,) consternant!.(Mes Amis m’ont dit aussi « Ceux qui s’en prennent  en le rappelant, à l’enseignant que tu étais ont du avoir quelque souci dans leur jeunesse avec cette profession ! Bizarre d’insister sur notre profession, que bien des gens accusent des dysfonctionnements de la Société»)

Mais un blog est pour moi  un espace de libertés. Et si je lis tous les avis de différents Blogs, qui m’éclairent souvent et me font même modifier mes avis ( ainsi une Bloggueuse avec beaucoup de tact , de délicatesse et d’intelligence, m’a fait comprendre , sur ma messagerie personnelle,que des vers d’un de mes poèmes pouvait être pris à contre sens, et ne devenaient pas très respectueux por la femme que j’évoquais: je l’ai aussitôt enlevé!), je suis forcément  contre les Censeurs et l’intolérance.

 Mais ne me dérobant pas aux accusations ou aux critiques, j’y répondrai d’une manière plaisante et sans esprit de revanche (Je me souviens toujours des conseils que m’avait donnés Léo Ferré ! « Ose dire merde aux P’tits cons qui veulent te marcher sur les pieds et mène ta vie comme tu l’entends : ».) 

Même pourquoi pas ouvrir un échange de lettres, une sorte de correspondance (tiens ça me rappelle quelque chose !!) sur des sujets sur lesquels on ne serait pas forcément d’accord ou au contraire sur d’autres où  on retrouverait des points de convergence?  La vie est si courte…

Ma voisine d’en face, une Mamie d’un dynamisme  et d’une ouverture d’esprit incroyable s’en est allée subitement. Ça choque un peu de voir arriver devant chez soi d’abord les Pompiers puis le Samu. Quand j’ai  le soir vu la voiture du thanatopracteur j’ai compris.

Hier je suis allé à son enterrement. Je ne verrai plus hélas ses volets s’ouvrir parfois en même temps que moi j’ouvrais les miens.Enterrement qui eut lieu dans la petite église du 13 ou 14° S de ce village niché au flanc d’une colline. et soudain ma mémoire s’est mise en marche. J’ai eu souvenance , alors que j’étais un mercenaire, un mobile si vous préférez, de l’Education National,e d’un remplacement de 15 jours dans l’Ecole de ce village. Et je me suis souvenu que la meilleure élève de la classe de C.P,( car j’avais plusieurs niveaux), était une adorable fillette non point française mais anglo saxonne, puis qu’elle  étaitl a fille du célèvre pianiste de jazz Chris Mac Grégor, venu se fixer pour un temps dans ces collines si douces. M’est alors reveniu en mémoire un de ses concerts au Centre Culturel de Villeneuve. Extraordinaire, il avait joué devant une salle survoltée, sans s’arrêter pendant 1Het 1/2 !

Guillaume Depardieu lui aussi s’en est allé. (J’ai une Amie dans le Missouri qui va encore me reprocher que je parle encore de mort. Mais pour moi il n’y a rien de triste pour ce Passage vers…

Je comprenais son mal être et sa révolte; voilà un gars qui a compris le regard pas toujours gentil des autres et qui a hélas connu la torture de la douleur qui ne vous lâche pas. Ah ceux qui sont bien portants peuvent faire les malins ; ils ne savent pas ce que c’est que vraiment souffrir jusqu’au bout du supportable et passer maintes fois dans ce milieu médical où il y a tant de gens merveilleux, de gens généreux, mais milieu dans lequel il faudrait dénoncer des choses pas très reluisantes où l’on retrouve l’envie de certains adeptes du toujours plus d’argent. Mais n’ayez aucune crainte, je ne vais pas pleurer. J’ai accepté mon sort. La plus belle leçon que j’ai pu recevoir c’est celle d’un autre grand bonhomme avec qui j’ai pu discuter : l’abbé Pierre qui à Brive m’a montré longuement ,que pour lui aussi la vie n’avait pas toujours été facile, mais qu’avant de se regarder, il fallait aller vers les autres..  Le voyage du destin sur les chemins hérissés de buissons épineux vous transforme en voyageur de la vie méfiant et qui ne s’embarrasse de pas trop de bagages qui emprisonnent votre pensée ! D’ailleurs tous les voyageurs dans quelque domaine que ce soit savent prendre un certain recul sur la vie. Eux ne sont  pas attachés par une corde aussi longue soit-elle. Cette liberté leur permet aussi d’aller vers les autres pour les aider ou tout simplement pour un échange chaleureux et bienfaisant pour chacun. La fraternité ça ne se scande pas, ça se vit sur le terrain. Déjà que la liberté n’est pas facile à trouver et  que si on parle d’égalité, il faut une sacrée lumière pour arriver à l’apercevoir l’espace d’une seconde.

Mais j’ai envie de vous offrir quatre photos toutes simples.(J’ai demandé bien  entendu les permissions de photographier et de publier°.)


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Une belle porte et une fenêtre bien fleuries. Avançons-nous lentement…

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La fenêtre.

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Mais approchons nous encore plus et nous distinguons un chat et une Mamie.

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Quelques pensées et un sourire heureux.Le chat symbole du mystère, la pensée symbole du rêve et de l’amitié, la Mamie, symbole du temps qui passe mais encore de la vie qui dure! Quiétude d’un village qui sommelle sous la douce lumière d’un après-midi d’automne.



Reprise..

Reprise..

Ce mot me fait penser à ces trous que les mères rafistolaient laborieusement avec de la laine et des aiguilles pour cacher les dégâts du temps.
Même si les brins de mots se mélangent, je ne dois pas trop perdre le fil de ma pensée.

Qu’il est difficile de revenir sur la route de mon Blog après cet intermède douloureux! « Des mots et des maux » Ah qu’il porte bien son nom. Cette reprise ne peut être construite que de mots qui viennent à l’esprit après un moment difficile. Le tissage sera peut-être laborieux, malaisé, compliqué. Mais parfois les discours sont faits de paroles jaillissantes du cœur et de l’esprit.

Oui, difficile de reprendre le chemin d’un Blog symbole de vitalité, d’énergie, de mouvance, quand on sort d’instants indicibles, tour à tour rapides et infinis… D’instants où le temps parfois semble suspendu, où le passé, le présent, le futur, tournent en rond, manège enivrant et perfide, instants où la vie et le néant se côtoient, où les questions, les interrogations se succèdent et restent sans réponses.

Les mêmes que se sont posées tant de philosophes sans apporter de réponse réelle. Instants où l’espoir, la vie et le désespoir, la peine s’interpénètrent, instants de doute où ceux qui vous entourent ne gèrent plus la gouvernance de leur être, instants où l’on se sent impuissant à aider véritablement, à réconforter, prisonnier que l’on est, du brouillard où l’on se trouve. Alors l’on se replie et notre esprit inquiet se met à errer sur les sentes de la réflexion, sur ce foutu temps qui s’en va en silence, comme un bouchon perdu sur le fil du courant.

Arrêter le temps, rêve insensé que j’ai eu parfois dans les archipels blonds et lumineux de joies éphémères ! L’ai-je seulement ralenti pour vivre pleinement ces moments qui me semblaient de félicité ? Accélérer le temps, autre songe vain, dans les traversées de rapides dangereux et douloureux de souffrances indomptables…

Mais le temps lui continue, quoique qu’on fasse sa course immuable, avec ses lumières et ses ombres, ses jours et ses nuits. L’homme veut mesurer ce temps, mais la notion de durée existe-t-elle à l’identique pour tous ? Bien sûr que non, elle est trop déformée par la subjectivité de chacun. Et malgré toutes les machines inventées par l’homme pour hacher, découper ce courant invisible, la durée reste une sorte de pâte à modeler, dans son esprit se croyant le plus fort, illuminé qu’il est par une illusion éblouissante.

Mais quand le temps d’un être proche s’arrête soudain de battre pour l’éternité, on réalise alors la valeur de la vie certes avec ses problèmes, ses malheurs, ses côtés amers, mais aussi avec ses joies, ses bonheurs, avec ces presque riens de valorisant, d’agréable, ces gens inconnus rencontrés avec leurs richesses, ces gens que l’on connaît déjà avec leur part de tendresse, de chaleur. C’est bizarre comme la mort nous apprend à aimer la Vie !

Sacré choc de voir un être industrieux, bon, généreux, au caractère bien trempé, au raisonnement si intense, un homme à la fois un peu anar, solitaire mais aussi ayant le goût de la fête, une présence quoi, aussi manifeste, s’en aller ! Etonnement de voir comment il a marqué des jeunes et des moins jeunes proches. Un être humain n’est pas comme ces bateaux qui laissent derrière eux, juste l’espace d’un instant un sillage évanescent. Lui, avec sa générosité, son besoin de justice, sa joie de vivre, sa personnalité très grande, a laissé un rayon indélébile de tendresse dans les âmes. Voir ce visage raidi à jamais mais resté noble avec sa moustache et ses longs cheveux grisonnants, avec pourtant cette espèce de regard canaille, presque narquois, ayant l’air de dire à cette P… de maladie « Je t’ai bien eu avec ta douleur, je me suis échappé de tes griffes » m’a laissé songeur. La vie est une pente raide à gravir. On s’accroche, on résiste, on continue à escalader. Mais certains, las, fatigués, sans espoir se laissent aller.

Et puis quelle réalité prend cette phrase « Tu es né poussière, tu redeviendras poussière » quand on voit ce qu’il reste après une crémation d’un être aussi présent, qui a su toute sa vie tenir fermement le gouvernail du navire de sa famille, contre vents et marées : un petit tas de cendres grisâtres répandues sur l’herbe verte du Jardin des Souvenirs…

Quelle leçon d’humilité, alors l’Homme peut recevoir. Nous ne sommes que de petites fourmis, peut-être la- borieuses, peut-être intelligentes, mais si faibles, si perdues, dans cet immense et puissant navire de la vie

La mort, la vie. Etrange dualité. La vie se résume en fait à un long couloir, où l’on entre par une porte, pour passer du néant à la vie, et après un plus ou moins long cheminement dans ce corridor parfois glissant, souvent tortueux, quelquefois presque désert, une deuxième porte qui s’ouvre subitement ou l’homme passe de la vie au néant ! La vie pour chacun n’est qu’une phrase entre parenthèse dans l’énorme manuscrit du monde. La mort, elle, n’est qu’une preuve de notre fragilité d’oiseau fatigué sur la petite branche de plus en plus frêle qui tremble.

Mes mots ne restent que des mots pour fuir les maux, mais, allez, l’espoir, l’envie de vivre me font reprendre à mon rythme mon escalade, en suivant les cordées et les grimpeurs solitaires.

La vie continue.

23 juillet 2008 - Aucun commentaire
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Je fus dans le coma!

Le jour où j’ai senti le souffle froid de la mort.

C’était le 10 Avril 1973. Le matin, j’avais quitté la villa où j’habitais avec mon Amie depuis 4 mois, à Penne d’Agenais. Elle s’était levée pour prendre le petit déjeuner avec moi, et je suis parti vers 7H20 du matin rejoindre ma classe de Pratiques Terminales. En passant à Trentels, j’achetais dans une boulangerie son excellent pain pour midi. Car j’étais très amoureux et j’avais promis à ma compagne de revenir manger avec elle à midi et de ramener le pain.

La matinée se passa bien avec mes élèves de 3° : j’en connaissais certains depuis mes débuts dans l’enseignement. En effet, j’en avais eu certains en 5° transition : issus de milieux défavorisés ou ayant eu un manque certain d’éducation, c’étaient des gamins certes difficles, mais attachants : en effet ils avaient surtout besoin d’amour, de fermeté, d’écoute et bien sûr de savoir. Je leur apportais tout cela : je me souviens qu’à la fin de l’année de 5° nous étions partis le matin à 8H, à pied de Fumel jusqu’à Bonaguil pour y pique niquer. Quelle merveilleuse journée sympathique fait de rires, de jeux. Le soir j’étais rentré chez moi crevé ( plus de 16 kms dans les jambes c’est fatigant !) mais heureux. En effet, avant de partir, le matin, après l’appel, ils avaient des airs de conspirateurs ! Ils m’avaient tous entouré et m’avaient posé sur la table un paquet : ils étaient impatients que je l’ouvre. J’ouvris le paquet : il y avait une pipe et un paquet de tabac.( A l’époque je fumais encore la pipe!) Malgré leur pauvreté, ils s‘étaient cotisé pour m’offrir ce cadeau de fin d’année. Je les ai remerciés avec des larmes aux yeux. Eux aussi étaient émus, mais tellement heureux de m’avoir fait plaisir. Dans ma carrière c’est sans doute le cadeau qui m’a le plus touché. Donc, le gros noyau connu, que je retrouvais en 3° était très content de me retrouver et avait donc créé dans la classe une bonne ambiance.. Ah ce n’était pas facile d’enseigner : moi le peu bricoleur je devais leur faire travailler le bois ! Le collège-lycée était tout neuf : donc on avait de superbes ateliers avec de magnifiques établis, mais….sans bois et…. sans outils ! Donc les huit heures d’atelier se passaient (c’était l’après-midi) à faire du sport sur un terrain assez loin de l’établissement : cross, parties mémorables de foot. Bien sûr, certains avaient fait des bêtises depuis la 5° (certains étaient qualifiés par la justice de pré-délinquants ! Je me souviens notamment d’un qui m’avait raconté ses bêtises : il volait des mobylettes avec un copain et puis ils les démontaient entièrement ; ensuite ils revendaient les pièces à un commerçant de cycles et vélomoteurs, ou vraiment bête ou très malhonnête !).

Ce 10 Avril donc, je sortis à midi en courant pour rejoindre ma voiture avec un paquet de photos que j’avais prises en Afrique ( les gendarmes les ramasseront éparpillées sur la route: je les ai tojours et vous en mettrai sur mon Blog), photos que j’avais montrées à mes élèves au cours d’une leçon sur le continent Africain.. Je trouvais un collègue que je connaissais depuis très longtemps : Michel, un gars sympa comme tout. Lui aussi habitait provisoirement à Penne et lui aussi était très amoureux : il venait de se marier ! Je lui proposais de venir avec moi, mais voyant ma voiture dans le mauvais sens, il me dit »Non viens avec moi, on ira plus vite car ma voiture est là-bas dans le bon sens ! Toi tu vas être obligé d’aller faire tout le tour pour reprendre l’autre voie » Je récupérais en vitesse,dans ma voiture mon pain et le rejoignis dans sa Wolswagen. En revenant, je tenais mes photos dans une main et mon pain dans l’autre. J’étais tourné vers lui, appuyé contre la portière pour mieux discuter avec lui.( A l’époque il n’y avait pas encore de ceinture de sécurité).Michel conduisait très bien : une longue ligne droite d’environ deux kilomètres avant Trentels. Il y avait un croisement avec une petite route qui descendait des coteaux et allait de l’autre côté de notre grande route prioritaire à un hameau du nom de Ladignac. Je me souviens qu’il cria :” Mais qu’est-ce qu’elle fait la bonne femme ? J’accélère pour être sûr de passer.” On passa donc à 100 ou 110 kms/heure. J’entendis un choc incroyable et surtout effroyable et sentis une douleur tellement grande que je perdis connaissance ! Je ne l’appris qu’après, mais la conductrice de la Citroën descendait à vive allure et croyant avoir le temps de traverser la grande route, malgré le stop, avant nous, elle accéléra et comme mon ami, lui aussi avait accéléré, elle vint heurter de plein fouet notre voiture à la hauteur de ma portière contre laquelle j’étais appuyé !Notre voiture fit trois tonneaux et alla heurter le muret d’un petit pont. Mon copain, par réflexe, s’était cramponné à son volant et se retrouva avec quelques égratignures. Il réalisa que je n’étais plus là. En fait au cours des tonneaux j’avais été éjecté, passant par le pare-brise éclaté ou la portière ouverte. Je gisais, inconscient sur la route. Il parait qu’un médecin, qui était célèbre à Villeneuve pour faire « passer les anges » des jeunes filles enceintes, moyennant bien sûr de grosses sommes, s’était arrêté, m’avait pris le pouls ; Il avait déclaré aux gendarmes et aux gens qui s’étaient arrêtés et qui restèrent médusés « Ce n’est rien ! Vous avez appelé l’ambulance. J’ai un rendez-vous au restaurant. Je vous laisse »

J’ai repris plus ou moins connaissance : j’avais horriblement mal dans tout le corps ; une sorte de crachin me mouillait le visage. Je me souviens vaguement d’une femme qui, en colère engueula même les gendarmes en criant : mais il faut le protéger ! » Elle alla chercher une couverture, m’enleva le pain que je serrais toujours dans mes bras et la mit sur moi. Je reperdis connaissance. Quand je retrouvai un peu mes esprits, j’étais dans l’ambulance. Il y avait une jeune femme en blanc qui me disait ” Oh mon pauvre, ne bougez pas, on vous emmène à la clinique.”

Quand je repris connaissance, j’étais dans un chambre inconnue : je reconnus mon amie qui me caressa la main et déposa un bisou sur mon front. Je pus articuler « Qu’est-ce qui m’est arrivé ? »

Le lendemain, mon Père amena mon Amie à Fumel pour qu’elle puisse récupérer ma voiture.

Voici donc un article de Sud ouest,( où je gis sur le côté gauche, notre voiture derrière, et l’Ami 6 break de la conductrice à droite avec plus d’avant !)! [ L’article avait été annoté par ma Mère et envoyé à ma soeur!]

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une photo de moi après plus d’un mois

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et une photo de la voiture de mon Ami Michel (heureusement une solide Wolswagen !) qu’on avait amenée à la casse.

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Je m’en était tiré avec des côtes fêlées ( quand mon Amie me passait un liquide anti-douleurs, c’était malgré la douceur de ses gestes à peine supportable ! ), un doigt cassé et trois traumatismes : un rachidien, un crânien et un thoracique !


Conclusions et réflexions ! (suite et fin N°9 !)

Après cette expérience plus que marquante, voilà pourquoi je pense que la santé est un capital fabuleux. Je crois aussi que dans le monde des soins, il y aurait beaucoup de choses à changer, notamment dans le côté relationnel entre soignants et malades. Tous ceux qui sont en contact avec des malades devraient suivre des cours de psychologie pour mieux parler avec des mots justes, rassurants et surtout respectueux à ceux qui sont dans la souffrance psychologique et physique. Le personnel hospitalier oublie souvent qu’un simple regard chaleureux, fait d’humanité, qu’une simple phrase gentille, effacent presque les murs de douleurs et de solitude qui enferment le malade. Même le simple progrès de la pompe à morphine, qui laisse le malade responsable de diminuer si nécessaire sa douleur, le plonge davantage dans cette solitude. Je sais que ce personnel a beaucoup de travail et j’ai vu aussi qu’il y en a d’humain : la deuxième équipe me l’a démontré. Donc quand on tombe malade, tomber dans un service sympathique est un coup de chance. Si votre opération n’est pas urgente et peut-être programmée, faites à l’avance une enquête et renseignez vous sur les tarifs pratiqués, sur les suppléments d’honoraires qui sont qualifiés parfois de « pour notabilité », sur le conventionnement de l’établissement avec votre mutuelle s’il s’agit du secteur privé, sur la qualité du service. En neurochirurgie j’ai trouvé les jeunes infirmières, pour la plupart peu matures et trop préoccupées par leurs montres ! Et fait bizarre je n’ai jamais vu d’infirmière en chef qui aurait put motiver ses troupes !

Aujourd’hui mes pieds sont toujours endormis et les douleurs ont repris ; le dernier électromyogramme n’était pas fameux. En définitif, l’opération a peut être stoppé la future paralysie des jambes, m’a remis deux vertèbres en place mais sans doute à cause de la faute grave de ces deux femmes qui m’ont redressé sur le lit, alors qu’elles n’auraient pas du me bouger, mes pieds se sont rendormis. Mais que faire ? Revoir un autre neurologue dans un autre établissement et repasser sur la table d’opération pour une nouvelle tentative, qui peut-être, au vu de mes malformations sera encore plus risquée que la première.

Le seul vrai bénéfice, c’est que le port du corset pendant six mois, m’a fait maigrir de quatorze kilos ! J’essaie toujours de chercher le coin de bleu dans un ciel d’orage ! Après le port du corset, j’ai marché avec des cannes anglaises, suivi des séances de kinésithérapie, fait de l’aquagym, pour marcher correctement. Ainsi requinqué, j’essaye de tout recommencer, mais mes projets de voyage semblent définitivement tombés à l’eau et ces chevilles et pieds douloureux m’inquiètent à nouveau.

L’exclusion de ma chambre et d’autres surprises ! (N°8)

Je vais vous raconter maintenant ce que j’appelle mon exclusion de la chambre ; c’était le sixième jour, au moment du repas ; la petite Turque arrive et me demande. « Est-ce qu’on vous a dit, Monsieur, que vers treize heures dix, vous devez quitter votre chambre. En effet, nous devons la nettoyer, la désinfecter car à quatorze heures trente, un nouveau malade doit y venir. » Je lui réponds que je ne suis au courant de rien. Très gentiment elle me dit : « N’ayez aucune crainte, je rassemblerai vos affaires et avec le brancardier, nous vous les mettrons dans votre sac,sous le charriot. »

-”Mais où, va-t-on me mettre puisqu’il n’y a pas encore de place de libre dans la Maison de rééducation et de repos que j’ai demandé dans mon département ? ” -« Vous partagerez une chambre avec quelqu’un, dans l’établissement de rééducation qui jouxte la clinique et qui fait partie de la même société ! » A l’heure dite, me voilà transbahuté par un jeune brancardier très marrant à travers les ascenseurs et les souterrains du grand bâtiment. Comme prévu, la jeune Turque avait chargé tant bien que mal, mes affaires sous la plate forme du charriot. Je me retrouve dans une chambre de l’autre clinique où je comprends de suite que tout est différent du service de neurochirurgie. Le personnel médical, médecins, infirmières et aides soignantes, sont nettement plus sympathique et respectueux du malade. De plus dix minutes après mon arrivée, deux médecins me rendent visite avec mon dossier : ils regardent, semble-t-il avec surprise ma jambe droite, la tâtent, et me disent « Il faut qu’on vous redescende de suite au service angiologie, de la clinique pour des examens. Donc me revoilà amené à travers les couloirs, les souterrains jusqu’au service désigné. Incroyable mais hélas vrai, le médecin spécialiste découvre que j’ai une sacrée une phlébite ! Les infirmières du service de neurochirurgie, qui ne m’auscultaient jamais, n’avaient rien vu, faisant sans doute confiance aux petites piqûres quotidiennes dans l’aine ! Revenu dans le nouveau service, on me fait aussitôt une piqûre, on me donne des cachets, etc.. Heureusement que finalement on m’avait changé de service, car si j’étais resté dans ma première chambre, j’aurais pu passer de vie à trépas !

Autre surprise : la réception de la note de la clinique de retour chez moi ! La clinique n’était pas conventionnée avec ma mutuelle : résultat je devais payer le supplément chambre individuelle, 57 € par nuit soit la somme de 342 € pour six nuits ! Bien évidemment j’ai aussitôt téléphoné au service comptabilité de la clinique en lui expliquant que j’avais coché la case chambre individuelle au lieu de chambre à partager, à cause de la réflexion de la secrétaire et parce que j’étais angoissé par un examen douloureux que je devais subir juste après ; la dame m’a alors répondu ironiquement « Si maintenant il faut apprendre aux adultes à remplir un formulaire d’admission ! ». Je téléphonais alors à ma mutuelle en lui expliquant le pourquoi et le comment de la chose. Bien sûr mon interlocutrice fut écoeurée par le côté marchand de l’établissement et de son personnel. Elle me promit d’en parler à son directeur, et après une réunion des responsables, la section de mon département, décida de me rembourser dix euros par nuit, soit 60 sur 342 € ! Je dus donc payer de ma poche 282 € plus bien sûr les suppléments d’honoraires ! (A suivre.)

Un monde kafkadien. (suite 7)

Bien sûr, j’ai rempli à mon départ, le dit-questionnaire ! J’ai écrit presque deux pages ! » Quand j’ai revu deux mois plus tard, à une visite, le neurochirurgien, je lui dis que je ne sens toujours pas mes pieds et lui rappelle l’incident ; il me fait comprendre qu’ils sont trois chirurgiens dans le service de neurochirurgie et qu’ils ne s’occupent pas vraiment du personnel ! Il ajoute que je pouvais tenter une action en justice mais qu’elle n’aurait aucune chance d’aboutir, car je n’avais ni preuve, ni témoin ! Comme mon médecin généraliste, m’a fait faire une radio, d’après opération, ce qu’on n’avait pas fait à la clinique et que le chirurgien aurait du demander, il s’est aperçu qu’en fait il n’y avait pas de plaque au niveau de la L5 et de la L6, mais une sorte de masse sombre. De plus il semblait bien que le chirurgien n’avait élargi le canal qu’en un seul endroit. A la dite visite, je l’interroge donc deux fois, car je suis têtu, avant qu’il me réponde sur le pourquoi de ces deux découvertes. Il me répond : « Puisque vous tenez semble-t-il à le savoir, et bien j’ai immobilisé les deux vertèbres, non avec une plaque vissée mais avec un soudure avec un morceau d’os iliaque, car vos os se sont révélés friables et les vis ne tenaient pas. » Toujours aussi têtu, je lui demande pourquoi il ne m’avait pas fait faire une scintigraphie osseuse avant l’opération. « Et bien Monsieur, si je devais faire faire cet examen à tous mes futurs opérés, le trou de la Sécurité Sociale serait un gouffre, que dis-je, un abîme ! En principe ce problème touche essentiellement les femmes vieillissantes. Est-ce que vous rendez compte que vous êtes un cas Monsieur ? Quand aux deux autres étroitesse que je vous avais signalées, et bien, je me suis aperçu que c’étaient des compressions de la moelle dues à des poches de la graisse épidurale postérieure qui est passée par le dedans par l’avant : on nomme cela une lipomatose épidurale, car elles forment des lipomes. Ca ne m’a pas paru trop grave, la compression étant moins forte, et comme votre opération avait déjà duré un certain temps, je n’y ai pas touché ! ». Mes questions semblaient l’avoir agacé, lui le grand patron.Il termina la consultation en me disant:” Vos fourmillements passeront : il faut donner du temps au temps.”

En fait pendant mon séjour il n’est venu que deux fois plus le fameux soir ; les deux premières fois il était accompagné d’une femme d’environ quarante ans, une brune qui portait un dossier : qui était-elle, je ne sais, car je ne la revis jamais seule ; je n’avais aucune interlocutrice si ce n’est les infirmières ou aides soignantes, pressées et peu sympas : seules dans le lot deux jeunes infirmières et les deux aides soignantes qui m’avaient lavé la première fois étaient plus souriantes et compréhensives ! Les infirmières se contentaient de me donner dans un pilulier les médicaments le matin, de me prendre la température dans l’oreille avec un nouvel appareil, certaines me prenaient la tension. Mais personne, aucun médecin ne venait m’ausculter en détail. Et la nuit c’était le bouquet ! En effet, pour pouvoir dormir je fus obligé de mettre des boules « Qui est-ce » ! Il y avait trois équipes de nuit : la première, une femme et un homme d’une quarantaine d’années, peu bavards, mais sérieux et discrets surtout. Ensuite il y avait une équipe de filles qui devaient se raconter des blagues car elles n’arrêtaient pas de rire bruyamment et même de trépigner. Je les entendais bien, car leur salle jouxtait la mienne. La troisième était composée, elle aussi de gamines, qui elles, faisaient le soir, dans le couloir des concours de charriot : elles devaient les pousser jusqu’à une certaine limite, puis devaient se jeter dessus pour voir celle qui allait le plus loin ! Bien sûr, elles criaient, riaient ! »Tout cela paraît incroyable pourtant, hélas, c’est bien la réalité ! »

« Puis on me mit un corset. Ce fut une jeune femme brune envoyée par une célèbre maison d’orthopédie qui m’avait pris les mesures : je me souviens de son sourire, de ses yeux et de sa beauté !

La faute professionnelle.( Suite 6)

Et bien, alors que mes pieds étaient endormis depuis longtemps avec cependant des fourmillements et des douleurs, le Vendredi matin, je ressens pour la première fois, depuis bien longtemps, mes pieds bouger sans douleurs. Je suis heureux comme tout ! J’en chialerais presque de bonheur. J’en parle avec joie à l’Algérienne qui m’a amené un café ! Mais c’est dur de ne pas bouger le tronc et de rester sur le dos ! J’ai juste le droit de bouger mes bras et de lever légèrement ma tête.

Etrangement les deux aides soignantes de la veille ne sont pas venues. Vers onze heures et quart, une infirmière et une aide soignante entrent dans la chambre. Je me souviendrais toute ma vie de leur visage. L’infirmière, une blonde de 22 à 25 ans, avec des sortes de petites couettes, pas sympa du tout et l’aide soignante, plus grande et plus âgée, la trentaine, avec des cheveux bruns assez courts et des mèches rouges, encore plus sévère. « Est-ce qu’on est venu faire votre toilette ? » demande sèchement la blondinette ! –« Non » -« Et bien ce n’est pas notre travail ! C’est celui des aides soignantes ! » Et elles s’en vont. Comment une femme qui fait ce travail et qui plus est jeune, peut-elle parler ainsi à un malade ? Ne leur apprend-t-on pas la psychologie ? Ou est-ce moi qui a une tête qui ne lui revient pas ? Si son métier lui paraît trop difficile et bien elle a qu’à en changer. Je suis vite interrompu dans mes réflexions, car cinq minutes plus tard, elles reviennent avec une drôle de tête. La blonde prend une cuvette, de l’eau, mon gant et ma savonnette et commence à me laver sans douceur. A ma grande surprise, elle pose le gant sur mon ventre et me dit presque méchamment « Le reste vous vous débrouillez » La brune, qui était à la gauche de mon lit, avec sa voix grave me dit « Je vais vous enlever votre goutte à goutte, mais il passe sous la manche de votre pyjama et ça me gène ! » Elle fait un clin de l’œil à la blonde qui se trouve, elle à ma droite. Et soudain, à ma grande stupéfaction, puisqu’on m’avait dit de ne surtout pas bouger, elle m’attrapèrent chacune par une épaule, me redressèrent vivement pour m’asseoir ! Je ressens malgré la morphine une grande douleur. La brune prend la veste du pyjama par l’épaule, la tire vers le haut pour me l’enlever, arrache le goutte à goutte, me met rapidement un pansement, me remet avec l’autre qui me tient, la veste : elles me recouchent. Furieux je lance à la brune : « Non mais vous délirez, on ne doit pas me bouger, le chirurgien l’a bien spécifié et vous m’avez fait très mal ».-« Oui c’est ça, plaignez-vous, vous n’allez pas m’apprendre mon boulot ! Et parlez-moi sur un autre ton ! » dit elle avec ironie !-« Oui mais celui qui a mal c’est moi et pas vous ! ». Elles s’en vont et me laissent complètement abasourdi et pantois. J’en parle à la femme des repas qui me dit d’en parler au neurochirurgien. Le soir, je ne sentais plus à nouveau mes pieds. A force de me plaindre auprès de la Chti qui était de fin de semaine, elle réussit à entrer en contact avec le chirurgien qui vient me voir le dimanche soir vers neuf du soir. Il est en costume-cravate car il a du assister à un congrès ou truc de ce genre. Il a l’air fatigué et agacé. Il touche mes pieds, me fait redresser mes orteils, et me dit qu’avec le temps, cela me passerait. A la narration de ce qui s’était passé avec les deux employées du Vendredi matin, il écoute distraitement et malgré mon insistance ne fait aucun commentaire si ce n’est : « A la fin de votre séjour vous remplirez un questionnaire et vous le direz si vous voulez ! » -« Mais enfin Docteur, c’est grave, vous aviez vous-même donné des consignes pour que je ne bouge pas pendant au moins quatre à cinq jours ! ». Il s’en va sans prononcer un mot. » Je suis abasourdi par ce manque d’écoute manifeste ! Mais optimiste, je me dis qu’après tout c’est lui le spécialiste et qu’il a peut-être raison.( A suivre)

Enfin dans ma chambre.(Suite 5)

A peine installé dans ma chambre et mes affaires rangées, une jeune infirmière brune pas très sympa, vient m’ordonner de me déshabiller, de prendre une douche, de me sécher et ensuite de me laver le corps avec de la bétadine. En partant, comme si elle s’adressait à un gamin elle me lance : « Et vous avez intérêt à bien le faire car je viendrais vérifier ! » Je suis un peu surpris mais m’exécute. J’en ressors jaune-marron ! Je me couche. On me donne des cachets. Le lendemain matin à six heures et demi on vient me réveiller et rebelote : douche, séchage, bétadine. Puis on vient me faire une piqûre. On m’amène dans la salle d’opération. Ma vue est un peu trouble mais je trouve le moyen de plaisanter avec les deux infirmières, une iranienne et une française : elles m’attachent, me mettent sous perfusion et je m’endors. Je n‘ai pas de souvenirs de la salle de réveil, mais je me souviens de mon lit où l’on m’a ramené et où on m’a dit surtout de rester sur le dos et de ne pas bouger ! De toutes façons j’ai au moins cinq branchements : goutte à goutte, pompe à morphine, pompe à humeur branchée dans le dos, électrodes sur la poitrine,… Le soir j’ai un coup de fil de mon frère et de mon Amie : j’arrive à répondre avec la bouche pâteuse. Il me semble que je me trouve sur une île perdue dans les brumes et leurs voix semblent sortir d’un autre monde. Dans la nuit la douleur revient : l’infirmière de garde, m’explique le maniement de la pompe à morphine. Le lendemain, vers onze heures, deux aides-soignantes, une turque et une française viennent me faire la toilette puisque je dois rester sur le dos et ne peux bouger avec une balafre de dix centimètres au niveau des lombaires. Elles sont adorables : au début j’ai un peu honte puis me laisse faire. Après tout elles ont l’habitude . Elles me lavent entièrement sans me bouger, le devant, de la tête aux pieds, avec un gant et une cuvette remplie d’eau : elles me savonnent, changent l’eau et rincent le gant, me rincent pour m’enlever le savon, puis m’essuient avec ma serviette. Leur douceur et leur gentillesse m’ont fait complètement m’abandonner. Ca me change de la rudesse des autres infirmières, peu sympas, très jeunes et surtout préoccupées par leur montre et (les ayant entendues) leurs trente cinq heures avec leurs R.T.T. Seules une jeune qui a fait ses études d’infirmière dans ma ville et une autre petite marrante d’Albi se montrent souriantes et pleines de bonne volonté. Il y a aussi une femme d’environ quarante ans, une chti comme elle me dit, aussi peu souriante mais plus humaine que les autres : elle au moins, est plus à mon écoute et discute avec moi ! ( A suivre.)

La saccoradiculographie tourne au cauchemar ! ( Suite 4°)

Le radiologue, un corse, l’air très sympa, me fait me déshabiller et commence à chercher sur l’écran l’endroit où il trouvera un trou de conjugaison valable pour entrer son énorme aiguille : vu le phénomène de la canne bambou, il hoche la tête et se demande comment il va pouvoir faire. Je regarde l’heure : il est 9h moins vingt ! Finalement il trouve un orifice au niveau des dorsales, le trouve un peu innervé mais tente le coup. Je n’ai même pas pensé au fait que l’on ne m’a même pas fait un test pour savoir si je ‘étais pas allergique à l’iode ! Le radiologue farfouille, c’est douloureux mais supportable car je ne suis pas trop douillet ; et finalement l’aiguille entre d’un seul coup ! Alors là, c’est horrible : je crois ma dernière heure arrivée. Une douleur phénoménale m’arrache un hurlement et à ma grande surprise, ma jambe gauche se dresse mécaniquement, tandis que mon muscle de cuisse arrière se met à tressauter violemment. Je ne sais si c’est le grand adducteur ou le droit interne. C’est horrible : je ne savais pas qu’une douleur physique aussi grande pouvait exister. Je sens que je commence à tourner de l’œil ; le radiologue et son assistante ont l’air affolés ; cette dernière appelle un brancardier ; un liquide jaunâtre, sans doute le produit iodé, à taché mon tricot de peau posé sur la table : je suis toujours conscient mais la douleur est si déchirante que je crois que ce sont mes dernières secondes de vie !

Rebelle jusqu’au bout, je me révolte contre le fait de souffrir autant pour mourir. Peut-être est-ce le pendant de ce qu’a du souffrir ma mère pour me mettre au monde ! Et ce muscle qui n’arrête pas de tressauter : on le voit bouger sous la peau de ma cuisse : on me charge sur un charriot et on me transporte à toute vitesse dans une chambre (je ne me doutais même pas qu’il y avait à ce niveau là des salles de radio, ce type de pièces. Je remarque dans le coin supérieur à gauche une caméra. Je me dis : « Ta mort va être filmée ! ». Après tout, la souffrance est trop grande, je ne suis pas un héros, ce sera une délivrance, et je crois que je n‘ai pas trop mal vécu ! Le radiologue, son assistante et le brancardier me placent sur le lit. Le médecin a l’air affolé, ce qui renforce mes craintes. Il n’arrête pas de me demander si la douleur baisse, me prend le pouls, regarde mes yeux ! Au bout d’un moment il s’en va continuer son travail et me laisse sous la garde de son assistante. Pour qu’elle reste avec moi, c’est que l’affaire est sérieuse ! Entre chaque patient il revient me voir, me parler. Tant bien que mal j’essaie de m’habituer, de dompter cette douleur qui est maintenant quand même dix fois moins douloureuse que l’incroyable coup de poignard de tout à l’heure. La femme me fait avaler un cachet, essaie de me masser la cuisse où le muscle s’agite toujours autant ! Je comprends que l’aiguille, après une certaine résistance, est entrée d’un coup sans qu’il puisse la contrôler et qu’elle a touché la moelle épinière, d’où la douleur inacceptable. Pourvu que l’aiguille n’ait pas lésé la moelle. Décidément je n’ai pas de chance. Mais surtout il faut que je lutte et que je ne m’embarque pas sur le radeau de la déprime ! Il me semble que la douleur se calme : avec mes deux mains j’essaie de calmer l’affolement de mon muscle ! Midi arrive : la douleur a du diminuer de moitié : la femme est partie : le radiologue avec sa blouse blanche revient, prend une chaise et s’assoit en me prenant la main : « Je ne vais pas manger : je vais vous tenir compagnie ! ». Je vois à son visage qu’il a l’air plus qu’inquiet. Je le trouve sympa et me voilà que je me surprends, alors que je risque de passer de vie à trépas ou d’avoir des séquelles, à presque le plaindre en me disant « Je n’aimerai pas être à sa place ! » : ça devient dans ma tête le monde à l’envers. Est-ce ma générosité naturelle ou mon désir inconscient d’être à ce moment-là, dans la peau d’un autre ? Il me fait parler de tout et de rien, me fait bouger les bras et les jambes ; je comprends qu’il a peur que je reste paralysé ou que je ne puisse plus parler, moi le bavard impénitent ! La douleur devient supportable, le muscle ne bouge presque plus. J’ai faim. Le Corse qui doit me quitter me fait porter un repas que je dévore. L’assistante revient me voir deux ou trois fois. Vers seize trente, on vient me chercher avec un charriot pour m’amener dans ma chambre.( A suivre)

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