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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
Poèmes, Souvenirs de rencontres de personnages connus,Réactions d’Humeur,Musique, Peinture,Images de ma vie,Photos,Littérature,Autographes.

Il a osé fuir !

Il a osé fuir !

Hier je m’étais levé de bonne heure

(j’ai failli écrire de bonheur. Ouh ! Les censeurs spécialisés dans l’orthographe auraient été si heureux de me le faire remarquer avec une certaine jouissance !Mais  après tout j’étais aussi joyeux, donc levé  avec bonheur) pour préparer le repas qui devait satisfaire les membres de ma famille. Question d’éducation, un repas pour moi,doit faire plaisir et mettre les gens dans un état de bonheur inconscient pour que le moment partagé autour de la table devienne festif. Si  le dimanche précédent ce fut la réception de mon amie et de  ses enfants et la semaine  avant d’amis, là c’était mon frère, ma nièce et son époux,  mon neveu et sa femme. Pour la préparation du repas (mais aussi pour tous les travaux annexes: mise en place des couverts puis après enlèvement, vaisselle, nettoyage des salles, rangement, etc..),  il fallait que je compte sur moi-même. En effet pas d’aide possible de mon Amie !Elle n’a hélas pu trouver, après son divorce et sa venue dans la région, qu’un de ces emplois aidés, créés  il y a pas mal de temps, par les socialistes, et que N.Sarkozy veut remettre au goût du jour! Elle ne gagne que 750 à 800 € par mois,,  avec son emploi de 27 heures payé par la région et surtout renouvelable chaque année. C’est-à-dire qu’elle n’est même pas sure de le conserver. Pourtant son emploi dans un Etablissement scolaire a un rôle important: et comme si elle était titulaire, elle doit non seulement accomplir le rôle d’une femme qu’elle a remplacée, titulaire qui elle gagnait 2200 €, mais qui plus est, elle ,doit  aussi accepter d’assister en plus à des réunions qui elles ne sont pas payées. (exploitation de l’homme par l’homme même dans l’administration, ou dans les collectivités régionales ou locales ,heureuses de trouver des employés  peu chers, même si ces dites collectivités dénoncent parfois  fortement- ces pratiques !)Étrange paradoxe ! Bref avec cet emploi qui sert à faire croire ,( sous gauche ou sous droite confondues) que le chiffre des demandeurs d’emplois baisse, elle n’a pas assez pour vivre et doit avoir un 2° boulot dans une Société d’aide à domicile : elle doit ainsi s’occuper d’une Mamie, atteinte de maladie d’Alzheimer et d’une autre Dame atteinte d’une sclérose en plaques et paralysée ! Ah la politique et ses théories relayée par des valets se disant intellectuels est bien belle sur le papier, mais dans la réalité les gens qui n’ont pas de travail , ceux qui vont être licenciés ou encore ceux qui accomplissent un vrai travail aidé payé au lance-pierres, connaissent les dures  vérités de cette époque pourrie.

Enfin revenons à mon repas. Heureusement, grâce à l’éducation  de ma Mère ( excellente cuisinière), qui tout petit me faisait goûter ses sauces, ses ragoûts ou autres préparations ,pour que je lui donne mon avis, puis à commencé à m’initier à la confection de plats, j’y ai pris goût ; Quand j’étais marié, ma femme , secrétaire notariale, travaillant le mercredi , c’était moi qui préparais ce jour là les repas et m’occupais de son fils ( qu’elle avait eu avec son 1° époux libanais), enfant que je considérais comme le mien. Quand nous recevions des amis je faisais aussi mes spécialités : soient espagnoles : (gaspacho, paella,…), soient pieds noirs ( brochettes, calamars farcis, épaule d’agneau, …) soient asiatiques ( canard au miel, porc au caramel, et..).

 Hier, donc, j’avais décidé de faire un repas gascon avec une salade (croutons aillés, gésiers confits, etc..) puis le plat principal était du magret des Landes grillé avec deux accompagnements possibles ; soient haricots blancs  « à la Charles » ( cuit avec graisse de canard, avec des lambeaux de canards, ail et oignon revenus, des condiments, etc) , soit autre possibilité : pommes fruits préparées au miel.Mon chien Aldo, curieux ,regardait mes préparations!

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 La journée était donc bien partie après les apéritifs et amuses gueules : chorizo, jambon serrano, tarte au fromage de chèvre, etc… Le repas fut apprécié. Les vins ‘ Saint Selve 2005 ( un délice), Côte de Saint Mont 2004. et  bien sûr le champagne vinrent « pimenter” la réunion !.  Mon chien devenu heureux devant tout ce monde fit l’intéressant. Mais les deux petites clochettes accrochées à son collier, agaçant ma nièce, elle voulut les enlever. Pour aller plus vite on lui enleva son collier où il a une plaque avec son nom et mon N° de téléphone !

Vers 17 H 10 tout le monde prit congé ,( mon neveu étant venu de Mont de Marsan ). Mon Amie dut elle aussi partir pour aller faire souper « sa petite Mamie ».

Pour plus de précautions j’avais mis mon Cairn Terrier dans la cuisine. Allant le voir, je vis la porte entr’ouverte. Je fus aussitôt inquiet car c’est un mâle terrier que je n’ai eu qu’à 6 mois, et  je connais son côté fugueur. Dans le jardin, son royaume habituel,

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nulle trace. Il avait bien filé mais par où. ??? Car me méfiant de ses tendances j’ai renforcé le grillage.Il avait pourtant forcément trouvé un moyen ! Le problème c’est que là c’était vraiment un chien perdu sans collier. Si quelqu’un le recueillait, il n’avait aucun moyen de me joindre.

Je partis le chercher dans tous les alentours. Revenu chez moi au bout d’une heure, je téléphonai à une voisine, ancienne Conseillère Générale, qui habite une grosse maison bourgeoise. Son parc est séparé de mon jardin par une sorte de cour close qui appartient à un commerçant qui vend du matériel de jardin. Se trouvant prisonnier dans cet espace, mon chien avait du passer dans en trouvant un trou dans la haie de ce parc, jouxtant cette cour. J’eus l’ancienne conseillère qui me confirma avoir vu mon chien qui sortait de leur parc par le portail s’ouvrant, télécommandé, alors qu’eux rentraient en voiture chez eux, une heure avant. Il avait filé dans la rue adjacente. Je suis donc reparti  à sa recherche. Puis mon Amie qui avait assisté la Mamie est revenue me rejoindre. Chacun de notre côté nous avons sillonné, malgré le temps menaçant et la nuit tombante, des dizaines de rues, jusque dans le centre de la ville, demandé à des gens. A 23 H je suis rentré étant sûr que je ne le retrouverai sans doute plus jamais. J’avais envisagé, ce matin,  déjà de mettre des affichettes avec sa photo, dans des commerces, de téléphoner aux Polices nationale et municipale, à la Radio locale, Radio 4, qui aurait passé une annonce gratuite, aux Vétérinaires.

Sur les conseils de mon Amie et de mon frère, j’avais laissé le portail extérieur entrebâillé.

Je me couchais mais bien mal dans ma peau. Un chien c’est un chien,mais on s’y attache. La pluie redoublait dehors. J’avais de la peine à trouver le sommeil malgré mes cachets contre la douleur. Finalement je commençais à sombrer dans une sorte d’inconscience quand j’entendis de grands coups contre ma porte d’’entrée. Aussitôt j’allumai. Il était 1H15 du matin. Je me précipitai avec un secret espoir et ouvris la porte. Incroyable, mais mon chien, complètement trempé entra à la vitesse grand V !  Il se frottait bizarrement le menton au sol. Je commençais à l’essuyer avec une serviette puis à le sécher avec un sèche-cheveux. Je lui fis un câlin. Il se calma, dégusta une biscotte et je mis son coussin près du radiateur.

Ce matin je l’ai retrouvé sec et calmé, tout heureux d’être à nouveau dans son environnement.

Il va bien falloir que je trouve une solution. Ah cette envie de fuir loin pour le plaisir d’être dans un milieu inconnu avec le goût latent de la curiosité et cette espèce d’adrénaline qui vous excite ! Ne l’ai-je point connu moi-même  en tant qu’être humain? Qui plus est c’est un mâle et la recherche d’une femelle, cet instinct inscrit en lui ,doit le tarauder et lui faire oublier son maître, sa maison. Instinct parfois plus fort que la raison, si l’on peut parler de « raison » chez un animal !! En tous les cas, ce qui est sûr c’est qu’il a du caractère! Fier, indépendant, cabochard !

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Propos d’un matin de Septembre

Propos  d’un matin de Septembre.

Pris par mes promesses de travaux annexes, je suis obligé aujourd’hui de faire un billet de réflexions à chaud. D’habitude je ne sais  encore ce que je vais envoyer, la veille, mais je choisis un thème le matin et ensuite travaille dessus pour l’envoyer en plusieurs épisodes. Par exemple j’ai plein de projets : je dois vous parler d’une construction et par voie de conséquence d’une invention extraordinaire, pour gagner du temps en cette époque où tout devient rapide et ou la course aux économies devient capitale. Une construction étrange, unique au monde , fruit du cerveau de 2 ingénieurs français , et que j’ai, pu découvrir! Mais il faut monter les photos, les classer pour montrer le déroulement de l’opération. Ça prend du temps et actuellement je suis pressé par le temps.

J’ai d’autres sujets que j’ai promis : un sur un ami japonais, un des maîtres de la gravure : Teizo Ogaki. Mais je vous parlerai aussi de mes origines, de mon déchirement d’adolescent, de De Gaulle vu autrement, et puis de ma ville d’adoption que j’aime et qui a tellement changé.

Oui je me sens bien ici. Ce matin encore je suis allé me faire faire une prise de sang pour des analyses. En effet mon cardiologue a trouvé quelques bizarreries dans la marche folle de mon cœur. Mais mon cœur n’en n’a toujours fait qu’à sa tête. Tiens en parlant de tête,il travaille heureusement souvent avec mon cerveau, main dans la main, ou si je puis dire,  globule à neurone réunis ! J’ai appris  ainsi à naviguer à travers les écueils de la vie, à devenir sage et méfiant  tout en essayant d’aller vers les autres et de les aider si nécessaire.

Dans ce matin frisquet, ça m’a fait chaud au cœur de voir tous ces gens qui venaient avec plaisir me saluer et échanger quelques mots : du balayeur de rues au P.D.G, de la secrétaire à la photographe dont j’ai eu le fils comme élève, fils qui commence à se faire un nom à Paris dans ce métier si difficile de ses Parents. Mais lui s’est spécialisé dans la prise de vues.

Et le sourire chaud de ces gens, la vie qui paraissait simple m’a fait penser à la mort. Je n’en ai pas peur, mais ces histoires de santé m’amènent vers ce sujet inconsciemment. Ça m’embêterait de quitter cette vie.

Ma nature est complexe. Je crois en Dieu mais ne crois pas aux Eglises car eux ce sont des hommes avec leurs qualités et leurs défauts, leur désir de pouvoir, leur peur ou leur haine de celui qui ne pense par forcément comme eux.

Je me suis forgé à cette idée au moment des leçons de catéchisme, voyant un curé respecté, bien en chair et en chaire, qui commettait des péchés dans sa sacristie pendant qu’ils nous laissaient travailler . Moi, voulant satisfaire un besoin pressant, je suis allé lui demander la permission de sortir, et l’ai  surpris et aperçu se régalant de pâtisseries, de vin blanc.” Le pauvre, me suis-je dit, lui aussi succombe à la tentation. Ce n’est qu’un homme comme moi et Dieu ne l’a nullement empêché. Son désir était trop fort !” Il ne m’a pas vu. Mais mon cerveau aussitôt s’est mis en marche et m’a fait réfléchir sur cette gourmandise, péché horrible contre lequel cet homme d’église que je croyais intègre, nous mettait en garde, pêché qu’il commettait allègrement ! J’étais gamin mais ce que j’avais vu a commencé à aiguiser mon esprit critique  et a mis en marche ma machine à réfléchir, à douter,à hésiter, à analyser, avant de prendre une décision  qui ne s’est jamais plus arrêtée! Finalement je remercie ce prêtre avec ses égarements d’homme tout court, lui qui se voulait un modèle parfait ! L’image alerte, l’écrit persuade, mais l’expérience forge les idées.

Puisque je parle de religion, plus tard j’ai vu un proche, un gars bien, qui avait épousé une femme qui s’est révélée plus dure qu’un chameau ! Son fils de 20 ans était perdu. Il a tout tenté pour le sauver. Finalement il a autorisé un grand chirurgien de tenter le tout pour le tout afin d’ssayer de lui enlever cette sale tumeur au cerveau. Hélas, six mois après, son fils est parti à jamais. Et lhorrible harpie le lui  a reproché…Double blessure si douloureuse… Il était très croyant mais il a été obligé de divorcer ! Il a rencontré heureusement une perle rare avec qui il s’est remarié, mais à son grand désespoir il n’a jamais pu le faire à l’Eglise. Ça serait presque comique, quand je vois que moi qui me suis marié civilement, car ma  compagne était divorcée, je peux, après plusieurs années de vie commune avec elle, je peux donc si je veux,  aujourd’hui me marier à nouveau,  à l’Eglise ! Etrangeté des dogmes des Eglises, étrangeté des  êtres humains .Bien sûr parmi ces religieux il y a des gens formidables avec un cœur gros comme ça, mais il y a aussi des personnes indignes. Il y a des religions qui essaient, ou du moins certains de leurs membres qui tentent de moderniser leurs idées et de donner de l’amour, mais d’autres sont rétrogrades et certains  autres de leurs membres sont presque fascisants et étouffent la liberté de beaucoup comme celle des femmes. Et puis n’oublions pas que la majorité des guerres sont d’origine religieuse ; les religions qui sont censées, disent ses membres, exister pour prêcher  la modestie, l’amour et le respect du prochain. ! Souvent hélas elles  ne  prêchent que pour «  leur propre paroisse » !

Mais s’il y a des gens biens parmi les religieux, partout, dans toutes les classes, dans tous les pays, j’ai rencontré des gens formidables . Mais partout aussi j’ai hélas aussi rencontré des tordus ! Dans le peuple, dans l’administration, dans la politique, dans l’art  dans l’armée, (bien que celle -là, je l’ai peu fréquentée !), etc… C’est l’Homme quoi.

J’étais dans l’Enseignement et je me suis senti bien dans la position de laïc. Là aussi j’ai trouvé des intégristes que nous appelions les « laïcards » (anti religieux à outrance) Et moi dans quelques domaines que ce soit je n’aime pas vraiment les intégristes qui ne sont jamais intègres, c’est-à-dire justes !. Mais la vraie laïcité est excellente, car elle respecte les autres quelque soit leur origine, leur religion, leurs idées. La réciprocité étant bien sûr obligatoire. Car l’opposition systématique, la violence des propos, la surdité ,sont néfastes à toute forme d’avancée. Je reparlerai de certains problèmes que j’ai du régler dans mon métier,pour faire respecter cette liberté de chacun en tenant compte de celle des autres. A partir de là, la confrontation d’idées différentes est excellente pour la construction d’un projet quel qu’il soit. Pour une maison ,toutes sortes de matériaux, et heureusement, sont utilisés.

C’est pour cela que rajouter à laïcité l’adjectif «  positive » est une redondance inutile. et surprenante. La laïcité, bien comprise est déjà positive en elle-même et sait replacer les religions, l’état, les partis, là où ils doivent rester pour une bonne marche de notre République : les détours en fonction du vent, les contournements, les marches à côté d’autres idées, fait du tort à l’unité même de notre Pays. La laïcité est unificatrice : elle est le ciment qui relie les matériaux différents de notre grande maison. N’oublions pas que l’origine du mot laïc vient du latin et surtout  du grec, et que ce terme veut dire « issu du peuple ». Donc comme moi, un Etat issu du Peuple, doit rester neutre et la loi de décembre 1905 a bien défini les limites à ne pas franchir.

Car la laïcité est une forme de neutralité non sourde, non aveugle, non dépourvue de bon sens mais quand même volontaire et constructive.

Et être neutre parfois ce n’est pas facile. Car tout le monde, qui sent ses intérêts ou ses idées agressés, peut vous critiquer.

Mais moi j’aime bien être seul sur cette barque, prête à accueillir qui que ce soit. Et sur cette mer de la vie que de rencontres faisons-nous !  Des gens qui se massent sur l’énorme bouée, sur le radeau de leurs idées qu’ils croient merveilleuses. Certes leur refuge flottant est bien ancré ! On croise des paquebots où d’autres s’agglutinent par besoin de sécurité et de confort sur des routes bien tracées : eux vous ignorent totalement. Mais hélas il y a aussi des navires rapides et luxueux, avec des passagers qui se croient seuls au monde, navires qui n’hésitent pas  pour foncer plus vite à vous faire chavirer. Il y a aussi les bateaux pirates qui n’hésiteraient pas à vous agresser. Les jours de tempête on croise les bateaux hôpitaux où se réfugient les blessés de la vie. Plus tristes sont les « boat-people » où s’entassent les fuyards de contrées dangereuses. Et puis surtout quand vous approchez de ports, que de bateaux qui ne bougent jamais, où se cachent les planqués de toujours, les égoïstes, les fabricants de frics  ou au contraire ceux qui en ont marre de se battre! Mais eux sont sur les quais débarqués par leur destin. Et oui devant la mer de la vie, on reste  souvent amer…

Et ces Propos  d’un matin de Septembre risquent d’être pour certains, désagréables, comme un café fort et sans sucre:alors pardon car le café est dangereux (paraît-il )pour le coeur)  mais, chose bien, le manque de sucre aussi peut-être très bénéfique… Alors…Penser librement, une richesse qui peut encore appartenir à chacun sur ces flôts incertains.. C’est ça la vie…

18 septembre 2008 - 2 commentaires
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Reprise..

Reprise..

Ce mot me fait penser à ces trous que les mères rafistolaient laborieusement avec de la laine et des aiguilles pour cacher les dégâts du temps.
Même si les brins de mots se mélangent, je ne dois pas trop perdre le fil de ma pensée.

Qu’il est difficile de revenir sur la route de mon Blog après cet intermède douloureux! « Des mots et des maux » Ah qu’il porte bien son nom. Cette reprise ne peut être construite que de mots qui viennent à l’esprit après un moment difficile. Le tissage sera peut-être laborieux, malaisé, compliqué. Mais parfois les discours sont faits de paroles jaillissantes du cœur et de l’esprit.

Oui, difficile de reprendre le chemin d’un Blog symbole de vitalité, d’énergie, de mouvance, quand on sort d’instants indicibles, tour à tour rapides et infinis… D’instants où le temps parfois semble suspendu, où le passé, le présent, le futur, tournent en rond, manège enivrant et perfide, instants où la vie et le néant se côtoient, où les questions, les interrogations se succèdent et restent sans réponses.

Les mêmes que se sont posées tant de philosophes sans apporter de réponse réelle. Instants où l’espoir, la vie et le désespoir, la peine s’interpénètrent, instants de doute où ceux qui vous entourent ne gèrent plus la gouvernance de leur être, instants où l’on se sent impuissant à aider véritablement, à réconforter, prisonnier que l’on est, du brouillard où l’on se trouve. Alors l’on se replie et notre esprit inquiet se met à errer sur les sentes de la réflexion, sur ce foutu temps qui s’en va en silence, comme un bouchon perdu sur le fil du courant.

Arrêter le temps, rêve insensé que j’ai eu parfois dans les archipels blonds et lumineux de joies éphémères ! L’ai-je seulement ralenti pour vivre pleinement ces moments qui me semblaient de félicité ? Accélérer le temps, autre songe vain, dans les traversées de rapides dangereux et douloureux de souffrances indomptables…

Mais le temps lui continue, quoique qu’on fasse sa course immuable, avec ses lumières et ses ombres, ses jours et ses nuits. L’homme veut mesurer ce temps, mais la notion de durée existe-t-elle à l’identique pour tous ? Bien sûr que non, elle est trop déformée par la subjectivité de chacun. Et malgré toutes les machines inventées par l’homme pour hacher, découper ce courant invisible, la durée reste une sorte de pâte à modeler, dans son esprit se croyant le plus fort, illuminé qu’il est par une illusion éblouissante.

Mais quand le temps d’un être proche s’arrête soudain de battre pour l’éternité, on réalise alors la valeur de la vie certes avec ses problèmes, ses malheurs, ses côtés amers, mais aussi avec ses joies, ses bonheurs, avec ces presque riens de valorisant, d’agréable, ces gens inconnus rencontrés avec leurs richesses, ces gens que l’on connaît déjà avec leur part de tendresse, de chaleur. C’est bizarre comme la mort nous apprend à aimer la Vie !

Sacré choc de voir un être industrieux, bon, généreux, au caractère bien trempé, au raisonnement si intense, un homme à la fois un peu anar, solitaire mais aussi ayant le goût de la fête, une présence quoi, aussi manifeste, s’en aller ! Etonnement de voir comment il a marqué des jeunes et des moins jeunes proches. Un être humain n’est pas comme ces bateaux qui laissent derrière eux, juste l’espace d’un instant un sillage évanescent. Lui, avec sa générosité, son besoin de justice, sa joie de vivre, sa personnalité très grande, a laissé un rayon indélébile de tendresse dans les âmes. Voir ce visage raidi à jamais mais resté noble avec sa moustache et ses longs cheveux grisonnants, avec pourtant cette espèce de regard canaille, presque narquois, ayant l’air de dire à cette P… de maladie « Je t’ai bien eu avec ta douleur, je me suis échappé de tes griffes » m’a laissé songeur. La vie est une pente raide à gravir. On s’accroche, on résiste, on continue à escalader. Mais certains, las, fatigués, sans espoir se laissent aller.

Et puis quelle réalité prend cette phrase « Tu es né poussière, tu redeviendras poussière » quand on voit ce qu’il reste après une crémation d’un être aussi présent, qui a su toute sa vie tenir fermement le gouvernail du navire de sa famille, contre vents et marées : un petit tas de cendres grisâtres répandues sur l’herbe verte du Jardin des Souvenirs…

Quelle leçon d’humilité, alors l’Homme peut recevoir. Nous ne sommes que de petites fourmis, peut-être la- borieuses, peut-être intelligentes, mais si faibles, si perdues, dans cet immense et puissant navire de la vie

La mort, la vie. Etrange dualité. La vie se résume en fait à un long couloir, où l’on entre par une porte, pour passer du néant à la vie, et après un plus ou moins long cheminement dans ce corridor parfois glissant, souvent tortueux, quelquefois presque désert, une deuxième porte qui s’ouvre subitement ou l’homme passe de la vie au néant ! La vie pour chacun n’est qu’une phrase entre parenthèse dans l’énorme manuscrit du monde. La mort, elle, n’est qu’une preuve de notre fragilité d’oiseau fatigué sur la petite branche de plus en plus frêle qui tremble.

Mes mots ne restent que des mots pour fuir les maux, mais, allez, l’espoir, l’envie de vivre me font reprendre à mon rythme mon escalade, en suivant les cordées et les grimpeurs solitaires.

La vie continue.

23 juillet 2008 - Aucun commentaire
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