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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
Poèmes, Souvenirs de rencontres de personnages connus,Réactions d’Humeur,Musique, Peinture,Images de ma vie,Photos,Littérature,Autographes.

Propos d’un matin de Septembre

Propos  d’un matin de Septembre.

Pris par mes promesses de travaux annexes, je suis obligé aujourd’hui de faire un billet de réflexions à chaud. D’habitude je ne sais  encore ce que je vais envoyer, la veille, mais je choisis un thème le matin et ensuite travaille dessus pour l’envoyer en plusieurs épisodes. Par exemple j’ai plein de projets : je dois vous parler d’une construction et par voie de conséquence d’une invention extraordinaire, pour gagner du temps en cette époque où tout devient rapide et ou la course aux économies devient capitale. Une construction étrange, unique au monde , fruit du cerveau de 2 ingénieurs français , et que j’ai, pu découvrir! Mais il faut monter les photos, les classer pour montrer le déroulement de l’opération. Ça prend du temps et actuellement je suis pressé par le temps.

J’ai d’autres sujets que j’ai promis : un sur un ami japonais, un des maîtres de la gravure : Teizo Ogaki. Mais je vous parlerai aussi de mes origines, de mon déchirement d’adolescent, de De Gaulle vu autrement, et puis de ma ville d’adoption que j’aime et qui a tellement changé.

Oui je me sens bien ici. Ce matin encore je suis allé me faire faire une prise de sang pour des analyses. En effet mon cardiologue a trouvé quelques bizarreries dans la marche folle de mon cœur. Mais mon cœur n’en n’a toujours fait qu’à sa tête. Tiens en parlant de tête,il travaille heureusement souvent avec mon cerveau, main dans la main, ou si je puis dire,  globule à neurone réunis ! J’ai appris  ainsi à naviguer à travers les écueils de la vie, à devenir sage et méfiant  tout en essayant d’aller vers les autres et de les aider si nécessaire.

Dans ce matin frisquet, ça m’a fait chaud au cœur de voir tous ces gens qui venaient avec plaisir me saluer et échanger quelques mots : du balayeur de rues au P.D.G, de la secrétaire à la photographe dont j’ai eu le fils comme élève, fils qui commence à se faire un nom à Paris dans ce métier si difficile de ses Parents. Mais lui s’est spécialisé dans la prise de vues.

Et le sourire chaud de ces gens, la vie qui paraissait simple m’a fait penser à la mort. Je n’en ai pas peur, mais ces histoires de santé m’amènent vers ce sujet inconsciemment. Ça m’embêterait de quitter cette vie.

Ma nature est complexe. Je crois en Dieu mais ne crois pas aux Eglises car eux ce sont des hommes avec leurs qualités et leurs défauts, leur désir de pouvoir, leur peur ou leur haine de celui qui ne pense par forcément comme eux.

Je me suis forgé à cette idée au moment des leçons de catéchisme, voyant un curé respecté, bien en chair et en chaire, qui commettait des péchés dans sa sacristie pendant qu’ils nous laissaient travailler . Moi, voulant satisfaire un besoin pressant, je suis allé lui demander la permission de sortir, et l’ai  surpris et aperçu se régalant de pâtisseries, de vin blanc.” Le pauvre, me suis-je dit, lui aussi succombe à la tentation. Ce n’est qu’un homme comme moi et Dieu ne l’a nullement empêché. Son désir était trop fort !” Il ne m’a pas vu. Mais mon cerveau aussitôt s’est mis en marche et m’a fait réfléchir sur cette gourmandise, péché horrible contre lequel cet homme d’église que je croyais intègre, nous mettait en garde, pêché qu’il commettait allègrement ! J’étais gamin mais ce que j’avais vu a commencé à aiguiser mon esprit critique  et a mis en marche ma machine à réfléchir, à douter,à hésiter, à analyser, avant de prendre une décision  qui ne s’est jamais plus arrêtée! Finalement je remercie ce prêtre avec ses égarements d’homme tout court, lui qui se voulait un modèle parfait ! L’image alerte, l’écrit persuade, mais l’expérience forge les idées.

Puisque je parle de religion, plus tard j’ai vu un proche, un gars bien, qui avait épousé une femme qui s’est révélée plus dure qu’un chameau ! Son fils de 20 ans était perdu. Il a tout tenté pour le sauver. Finalement il a autorisé un grand chirurgien de tenter le tout pour le tout afin d’ssayer de lui enlever cette sale tumeur au cerveau. Hélas, six mois après, son fils est parti à jamais. Et lhorrible harpie le lui  a reproché…Double blessure si douloureuse… Il était très croyant mais il a été obligé de divorcer ! Il a rencontré heureusement une perle rare avec qui il s’est remarié, mais à son grand désespoir il n’a jamais pu le faire à l’Eglise. Ça serait presque comique, quand je vois que moi qui me suis marié civilement, car ma  compagne était divorcée, je peux, après plusieurs années de vie commune avec elle, je peux donc si je veux,  aujourd’hui me marier à nouveau,  à l’Eglise ! Etrangeté des dogmes des Eglises, étrangeté des  êtres humains .Bien sûr parmi ces religieux il y a des gens formidables avec un cœur gros comme ça, mais il y a aussi des personnes indignes. Il y a des religions qui essaient, ou du moins certains de leurs membres qui tentent de moderniser leurs idées et de donner de l’amour, mais d’autres sont rétrogrades et certains  autres de leurs membres sont presque fascisants et étouffent la liberté de beaucoup comme celle des femmes. Et puis n’oublions pas que la majorité des guerres sont d’origine religieuse ; les religions qui sont censées, disent ses membres, exister pour prêcher  la modestie, l’amour et le respect du prochain. ! Souvent hélas elles  ne  prêchent que pour «  leur propre paroisse » !

Mais s’il y a des gens biens parmi les religieux, partout, dans toutes les classes, dans tous les pays, j’ai rencontré des gens formidables . Mais partout aussi j’ai hélas aussi rencontré des tordus ! Dans le peuple, dans l’administration, dans la politique, dans l’art  dans l’armée, (bien que celle -là, je l’ai peu fréquentée !), etc… C’est l’Homme quoi.

J’étais dans l’Enseignement et je me suis senti bien dans la position de laïc. Là aussi j’ai trouvé des intégristes que nous appelions les « laïcards » (anti religieux à outrance) Et moi dans quelques domaines que ce soit je n’aime pas vraiment les intégristes qui ne sont jamais intègres, c’est-à-dire justes !. Mais la vraie laïcité est excellente, car elle respecte les autres quelque soit leur origine, leur religion, leurs idées. La réciprocité étant bien sûr obligatoire. Car l’opposition systématique, la violence des propos, la surdité ,sont néfastes à toute forme d’avancée. Je reparlerai de certains problèmes que j’ai du régler dans mon métier,pour faire respecter cette liberté de chacun en tenant compte de celle des autres. A partir de là, la confrontation d’idées différentes est excellente pour la construction d’un projet quel qu’il soit. Pour une maison ,toutes sortes de matériaux, et heureusement, sont utilisés.

C’est pour cela que rajouter à laïcité l’adjectif «  positive » est une redondance inutile. et surprenante. La laïcité, bien comprise est déjà positive en elle-même et sait replacer les religions, l’état, les partis, là où ils doivent rester pour une bonne marche de notre République : les détours en fonction du vent, les contournements, les marches à côté d’autres idées, fait du tort à l’unité même de notre Pays. La laïcité est unificatrice : elle est le ciment qui relie les matériaux différents de notre grande maison. N’oublions pas que l’origine du mot laïc vient du latin et surtout  du grec, et que ce terme veut dire « issu du peuple ». Donc comme moi, un Etat issu du Peuple, doit rester neutre et la loi de décembre 1905 a bien défini les limites à ne pas franchir.

Car la laïcité est une forme de neutralité non sourde, non aveugle, non dépourvue de bon sens mais quand même volontaire et constructive.

Et être neutre parfois ce n’est pas facile. Car tout le monde, qui sent ses intérêts ou ses idées agressés, peut vous critiquer.

Mais moi j’aime bien être seul sur cette barque, prête à accueillir qui que ce soit. Et sur cette mer de la vie que de rencontres faisons-nous !  Des gens qui se massent sur l’énorme bouée, sur le radeau de leurs idées qu’ils croient merveilleuses. Certes leur refuge flottant est bien ancré ! On croise des paquebots où d’autres s’agglutinent par besoin de sécurité et de confort sur des routes bien tracées : eux vous ignorent totalement. Mais hélas il y a aussi des navires rapides et luxueux, avec des passagers qui se croient seuls au monde, navires qui n’hésitent pas  pour foncer plus vite à vous faire chavirer. Il y a aussi les bateaux pirates qui n’hésiteraient pas à vous agresser. Les jours de tempête on croise les bateaux hôpitaux où se réfugient les blessés de la vie. Plus tristes sont les « boat-people » où s’entassent les fuyards de contrées dangereuses. Et puis surtout quand vous approchez de ports, que de bateaux qui ne bougent jamais, où se cachent les planqués de toujours, les égoïstes, les fabricants de frics  ou au contraire ceux qui en ont marre de se battre! Mais eux sont sur les quais débarqués par leur destin. Et oui devant la mer de la vie, on reste  souvent amer…

Et ces Propos  d’un matin de Septembre risquent d’être pour certains, désagréables, comme un café fort et sans sucre:alors pardon car le café est dangereux (paraît-il )pour le coeur)  mais, chose bien, le manque de sucre aussi peut-être très bénéfique… Alors…Penser librement, une richesse qui peut encore appartenir à chacun sur ces flôts incertains.. C’est ça la vie…

18 septembre 2008 - 2 commentaires
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Toubib or not Toubib ?

Toubib or not Toubib

Sentant ma jambe droite de plus en plus douloureuse (brûlures le soir dans le mollet, crampes : voir cause- faute professionnelle dans une clinique après une lourde opération de la colonne vertébrale qui avait réussi- dans mes archives) j’ai décidé d’aller voir mon médecin que j’ai connu au Lycée. Il était je crois une ou deux classes au dessus de moi, avec Téchiné. M’ayant ausculté avec sérieux il s’est aperçu que cette droite- je parle bien sûr de ma jambe !- est bien gauche puisqu’elle ne répond plus sur le plan réflexe. Aïe… La faute à la L4.

Moi qui n’aime pas les chiffres, il s’est aperçu en plus que mon cœur battait par moments à trois temps : deux temps normaux et un temps plus faible. Peut-être à cause du proverbe ! Jamais 2 sans 3!

Ayant gardé le sens de l’humour, je lui ai dit qu’en fait, mon cœur dansait la valse à 3 temps. J’espérais seulement que ce ne fut pas « la Valse triste » de Sibélius ou encore moins « La valse de l’adieu » de Chopin si triste, si mélancolique.

En réfléchissant, je préfère encore que mon cœur batte parfois comme la valse de Chostakovitch, valse rendue célèbre par une publicité, ici dans une forme assez « lento » sinon je souffrirais d’arythmie !


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Ou encore qu’il batte par moments comme cette célèbre valse de Casse Noisette dite « Valse des Fleurs » de Tchaïkovski

Un peu plus rapide certes mais avec des fleurs. Et ce ballet est si parfait à voir !

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Chose amusante moi qui adorait danser ( rock, twist, madison, mashed potatoes, cha cha cha, mambo, slow, etc…) je n’ai jamais pu danser la valse. .Si les filles m’ont fait tourner la tête, la valse c’était pire ! Ce qui ne m’a jamais empêché, les rares fois ou quelqu’un m’énervait vraiment de tout envoyer valser ! Mais ce qui explique aussi que je goûte assez peu la valse actuelle des étiquette, notamment au niveau ( c’est bien le cas de le dire )de l’essence

J’ai parlé ensuite, à la suite de cette visite, avec un ami de problèmes cardiaques et de mort. Il me disait avec raison que mourir sans s’en rendre compte dans son sommeil ou dans son fauteuil tout simplement parce que son cœur a oublié, s’étant arrêté par inadvertance, de se remettre en marche était un adieu honorable. Moins traumatisant, si je puis dire, ( ! ! ) que mourir dans d’affreuses et longues souffrances !

Mais allez soyons optimiste. C’est pourquoi j’écris en vert…. Et contre Tout !!!!

26 août 2008 - Aucun commentaire
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Reprise..

Reprise..

Ce mot me fait penser à ces trous que les mères rafistolaient laborieusement avec de la laine et des aiguilles pour cacher les dégâts du temps.
Même si les brins de mots se mélangent, je ne dois pas trop perdre le fil de ma pensée.

Qu’il est difficile de revenir sur la route de mon Blog après cet intermède douloureux! « Des mots et des maux » Ah qu’il porte bien son nom. Cette reprise ne peut être construite que de mots qui viennent à l’esprit après un moment difficile. Le tissage sera peut-être laborieux, malaisé, compliqué. Mais parfois les discours sont faits de paroles jaillissantes du cœur et de l’esprit.

Oui, difficile de reprendre le chemin d’un Blog symbole de vitalité, d’énergie, de mouvance, quand on sort d’instants indicibles, tour à tour rapides et infinis… D’instants où le temps parfois semble suspendu, où le passé, le présent, le futur, tournent en rond, manège enivrant et perfide, instants où la vie et le néant se côtoient, où les questions, les interrogations se succèdent et restent sans réponses.

Les mêmes que se sont posées tant de philosophes sans apporter de réponse réelle. Instants où l’espoir, la vie et le désespoir, la peine s’interpénètrent, instants de doute où ceux qui vous entourent ne gèrent plus la gouvernance de leur être, instants où l’on se sent impuissant à aider véritablement, à réconforter, prisonnier que l’on est, du brouillard où l’on se trouve. Alors l’on se replie et notre esprit inquiet se met à errer sur les sentes de la réflexion, sur ce foutu temps qui s’en va en silence, comme un bouchon perdu sur le fil du courant.

Arrêter le temps, rêve insensé que j’ai eu parfois dans les archipels blonds et lumineux de joies éphémères ! L’ai-je seulement ralenti pour vivre pleinement ces moments qui me semblaient de félicité ? Accélérer le temps, autre songe vain, dans les traversées de rapides dangereux et douloureux de souffrances indomptables…

Mais le temps lui continue, quoique qu’on fasse sa course immuable, avec ses lumières et ses ombres, ses jours et ses nuits. L’homme veut mesurer ce temps, mais la notion de durée existe-t-elle à l’identique pour tous ? Bien sûr que non, elle est trop déformée par la subjectivité de chacun. Et malgré toutes les machines inventées par l’homme pour hacher, découper ce courant invisible, la durée reste une sorte de pâte à modeler, dans son esprit se croyant le plus fort, illuminé qu’il est par une illusion éblouissante.

Mais quand le temps d’un être proche s’arrête soudain de battre pour l’éternité, on réalise alors la valeur de la vie certes avec ses problèmes, ses malheurs, ses côtés amers, mais aussi avec ses joies, ses bonheurs, avec ces presque riens de valorisant, d’agréable, ces gens inconnus rencontrés avec leurs richesses, ces gens que l’on connaît déjà avec leur part de tendresse, de chaleur. C’est bizarre comme la mort nous apprend à aimer la Vie !

Sacré choc de voir un être industrieux, bon, généreux, au caractère bien trempé, au raisonnement si intense, un homme à la fois un peu anar, solitaire mais aussi ayant le goût de la fête, une présence quoi, aussi manifeste, s’en aller ! Etonnement de voir comment il a marqué des jeunes et des moins jeunes proches. Un être humain n’est pas comme ces bateaux qui laissent derrière eux, juste l’espace d’un instant un sillage évanescent. Lui, avec sa générosité, son besoin de justice, sa joie de vivre, sa personnalité très grande, a laissé un rayon indélébile de tendresse dans les âmes. Voir ce visage raidi à jamais mais resté noble avec sa moustache et ses longs cheveux grisonnants, avec pourtant cette espèce de regard canaille, presque narquois, ayant l’air de dire à cette P… de maladie « Je t’ai bien eu avec ta douleur, je me suis échappé de tes griffes » m’a laissé songeur. La vie est une pente raide à gravir. On s’accroche, on résiste, on continue à escalader. Mais certains, las, fatigués, sans espoir se laissent aller.

Et puis quelle réalité prend cette phrase « Tu es né poussière, tu redeviendras poussière » quand on voit ce qu’il reste après une crémation d’un être aussi présent, qui a su toute sa vie tenir fermement le gouvernail du navire de sa famille, contre vents et marées : un petit tas de cendres grisâtres répandues sur l’herbe verte du Jardin des Souvenirs…

Quelle leçon d’humilité, alors l’Homme peut recevoir. Nous ne sommes que de petites fourmis, peut-être la- borieuses, peut-être intelligentes, mais si faibles, si perdues, dans cet immense et puissant navire de la vie

La mort, la vie. Etrange dualité. La vie se résume en fait à un long couloir, où l’on entre par une porte, pour passer du néant à la vie, et après un plus ou moins long cheminement dans ce corridor parfois glissant, souvent tortueux, quelquefois presque désert, une deuxième porte qui s’ouvre subitement ou l’homme passe de la vie au néant ! La vie pour chacun n’est qu’une phrase entre parenthèse dans l’énorme manuscrit du monde. La mort, elle, n’est qu’une preuve de notre fragilité d’oiseau fatigué sur la petite branche de plus en plus frêle qui tremble.

Mes mots ne restent que des mots pour fuir les maux, mais, allez, l’espoir, l’envie de vivre me font reprendre à mon rythme mon escalade, en suivant les cordées et les grimpeurs solitaires.

La vie continue.

23 juillet 2008 - Aucun commentaire
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Retour sur ce départ.

La mort…
Avoir parlé d’une Parente et d’une Amie qui s’en sont récemment allées sur les chemins de cette vie, sentiers qui ont disparu soudain pour eux derrière les collines voilées, ces chemins d’où l’on ne revient plus, semblent avoir ému d’autres personnes; en effet trois blogs ont fait référence à ce mot terrible.
Mais dans mon coeur et ma mémoire, les souvenirs restent. Pour parler d’Ina, cette artiste, en plus de ses enfants, a laissé d’autres témoignages d’amour: ses tableaux. Je ne reparlerai pas de sa joie de vivre, de son besoin inné de justice, de sa générosité, de sa délicatesse et de sa retenue malgré une volonté de fer Des Amis ont lu ce que j’avais dit d’elle. Il voudraient que je reparle de ce fameux jour de Mai 79 (j’ai retrouvé la date: 28 ans déjà!)), où j’avais loué un car suivi par une caravane de voitures. Des artistes peintres, Jean-Claude Maurel, Chantal Lanvin (alors Conservatrice de notre Musée), Mme G.Julien (dont le fils est poète), des écrivains comme Katia Alexandre (qui écrivait des nouvelles de science-fiction; elle en écrivit notamment avec Michel Jeury qu’elle me fit connaître. Il fut avant d’être le romancier que nous connaissons un des maîtres de ce genre littéraire) faisaient partie de ce groupe.
Nous avions envahi la propriété que Lazlo avait presque fini de restaurer, maison de pierres blottie au flanc d’une colline. Il nous reçut dans son immense atelier au milieu de ses tableaux. Ce jour, sur le chemin de ma vie, que ma mémoire remonte, est un de ces souvenirs lumineux qui éclaire toujours mon présent. Voici donc
deux photos et un extrait d’article parus dans la Presse, témoignages de cet après-midi de communion et d’amitié..

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Kristina, Lazlo et Moi.

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3 octobre 2007 - 1 commentaire
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Putain de crabe!*

Pu…n de crabe*…

…qui saisit le corps et ne le lâche plus. Impuissance, révolte, tristesse devant cette force du mal qui emporte ceux qu’on aime après les avoir humiliés, fait souffrir physiquement et moralement. Même les traitements les plus lourds sont encore la plupart du temps, sans efficacité. Quand arrivera-t-on à faire disparaître ces odieuses métastases cannibales qui se reproduisent si vite et mangent le corps en détruisant inexorablement les cellules des malades atteints.

Ma belle sœur il y a presque deux mois s’en est allée à cinquante six ans, abrutie de morphine, le corps détruit ; une Amie enseignante à la retraite se trouve en phase terminale.

Et l’autre après-midi, je suis allé à la sépulture d’une autre Amie qui s’en est allée à cinquante neuf ans elle aussi ,diminuée, cadavérique, le corps déformé par la douleur, mais pourtant l’esprit plein de vie, d’envie de se battre et de projets, tant était grande sa foi en l’avenir. C’était Kristina, Ina pour les Amis, douce, énergique, généreuse et pleine de talent, de père français et de mère norvégienne ; elle peignait des peintures naïves douces comme son regard qui révélait sa fraîcheur d’âme et sa confiance en la vie! Son regard s’est éteint et ne verra plus son mari Lazlo, cet homme si bon, traumatisé par son passé horrible mais à qui elle avait su insuffler le courage de continuer et ses deux filles Anna et Eva Kristina.

Cette cérémonie empreinte de simplicité et surtout d’amour m’aura marqué à jamais. Si l’orage à l’extérieur menaçait, nous étions tous réunis dans cette petite église romane dans une atmosphère de simplicité, d’amour, de respect. Et que dire de cette famille réunie, si soudée, où pourtant quatre religions étaient représentées ( catholique, protestante, juive et musulmane), symbolique même d’une famille tolérante, ouverte, généreuse où tout était conseillée mais où rien n’était imposée : la preuve une fille catholique, une autre protestante, mariées à des hommes de confessions différentes.

Après la mise au tombeau poignante, la famille (avec Lazlo et Odette la fille de la famille qui l’avait accueilli en France en 56, ses deux filles et leurs maris, les parents dignes, respectables, une sœur , une nièce et même une Amie d’enfance d’Ina) a réuni les Amis les plus proches dans la grande salle aux pierres apparentes de cette ferme, où la grande table regorgeait de douceurs et d’eau, de thé et de café : cette table ouverte, symbole de générosité et d’amitié, autour de laquelle tous communiaient avec bien sûr beaucoup d’émotion, mais de retenue, les souvenirs heureux d’avec Ina. Si certes son corps reposait là-bas dans le petit cimetière, sous le ciel devenu comme par miracle, plus apaisé, son âme rayonnante, sa présence indicible était avec nous.

J’ai connu Lazlo , ce poète et peintre surtout, d’origine hongroise,quand il est venu s’installer au début des années 70, dans mon département près de ma ville. J’ai tout de suite sympathisé avec cette famille adorable et ai décidé avec mon Club Rencontre, que j’avais fondé de faire une visite dans son atelier. Nous étions nombreux ; des artistes, des amateurs d’arts, des poètes. J’avais tout organisé et tout apporté pour boire le verre de l’Amitié. Ah comme cette famille était heureuse, ce couple pacifique et attachant, et leurs deux petites filles si espiègles ! J’ai fait venir les journalistes pour faire connaître ce peintre et poète hongrois, j’ai moi-même écrit des articles sur ce couple qui sortait de l’ordinaire.

L’histoire de Lazlo fut à ses débuts terrible ; lui, a connu l’enfer du communisme quand tant d’intellectuels de salon, utopistes et irresponsables soutenaient encore ce régime barbare. Lazlo, voulut continuer des études à l’Université de Budapest. Mais hélas, son Père n’étant pas membre du parti, il n’a pas eu droit à une bourse ; aussi, il a du très jeune aller dans les pays colonisés par la toute puissante Russie, travailler pendant toutes ses vacances pour payer ses études : il a travaillé dans toutes sortes de branches. Bien sûr on ne lui donnait que des travaux pénibles. Ainsi, il a même travaillé comme docker (d’où des tassements de vertèbres). Heureusement son dernier travail fut dans les Chemins de fer hongrois. En effet, quand les Russes ont envahi son pays et sa capitale, comme tous les jeunes et les moins jeunes, il est allé manifesté à mains nues. Mais quand les mitrailleuses, des chars russes, se sont mises à cracher la mort, traumatisé par la vue de certains camarades déchiquetés, il est parti comme un fou se réfugier dans cette gare qu’il connaissait si bien. Ses amis cheminots lui ont conseillé de fuir. Il n’a plus revu ses Parents.Ils l’ont caché dans un train partant pour l’Autriche où la Croix Rouge l’a recueilli et l’a envoyé en Suisse. Là, la Croix Rouge s’est mise en contact avec celle de France, puisqu’il parlait français. La Croix Rouge française l’a placé en Normandie, dans une famille française qui l’a recueilli. A Rouen. Là il a fondé une Académie d’Arts, il a rencontré Ina, s’est marié, ils ont eu leurs deux filles. Mais son mal de dos persistant, il n’a pu supporter le climat humide et est venu restaurer une jolie ferme de mon département avec bien sûr beaucoup de dettes. Connaissant des amateurs d’arts (médecins, etc ;;), je les amenais dans son Atelier. Quand on a des Amis, on s’oublie et on met sa vitalité pour les aider.

Les filles, elles aussi, sont devenues artistes.

Anna qui a maintenant a trente cinq ans, est peintre . Eva Kristina la deuxième est illustratrice dans une Maison d’édition et écrit. Son 1° roman, publié chez Stock, « Les Inattendus » a été salué par la critique. Sujet difficile, roman sans pathos, dérangeant, d’une simplicité effrayante et d’une tristesse indicible.

Nous retrouvons dans ce roman toute cette douleur enfouie que l’on retrouve chez le Père. Car Lazlo est pudique et se confie peu, si ce n’est pour le psychologue averti, dans ses tableaux ! Tableaux tourmentés avec ses rapaces qui dénoncent un régime féroce, ou emplis de douceur avec ses oiseaux de paix qui traduisent malgré tout son espoir en l’homme. Dans ce visible si vous regardez derrière la première impression, vous arrivez à dialoguer avec cet invisible sous jacent.. Cette Ina; son épouse,volontaire, pleine de vitalité sous des dehors calmes, avec une aura de bonté et de bienveillance, s’occupait des enfants, de la cuisine, des papiers administratifs, des démarches, du jardin et surtout elle peignait des tableaux de facture naïve qui reflétaient son âme d’enfant avec ce besoin de justice, d’entente entre les hommes et aussi sa foi. Car Ina était une catholique sincère. Elle a su avec sa force de conviction redonner vie à la peinture de Lazlo, ce Protestant lui, plus calme et introverti et traumatisé intérieurement par son passé : sa peinture s’est beaucoup plus colorée. Que deviendra sa peinture maintenant que la lumière douce de son Amour Ina s’en est allée. Car, étrange retour du choc dans le mur, si les condamnés s’en vont, vaincus par ce Pu…. De crabe*, ceux qui les aimaient restent seuls et désemparés. Et comment les aider ? Quoi leur dire ? Et vous entendent-ils. Je le vis avec mon frère. Quarante ans de vie commune avec une femme qu’on aime, arrêtés brusquement, laissent des traces indélébiles. Heureusement que ses enfants , Odette et ses Amis le soutiennent.

*”Putain de Crabe” ; c’est ainsi que Brassens appelait le cancer.

Voici quelques liens pour mieux connaître cette famille d’artistes.

Kristina :

http://feuetlumiere.org/espnum/rub_art/art243.htm

Lazlo

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A1szl%C3%B3_Mindszenti

http://laszlo.mindszenti.free.fr/bio.html

Mais aussi :

 
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/lalibrairiefrancophone/index.php?id=51395
 

http://grillo.over-blog.com/

http://laszlo.mindszenti.free.fr/famille.html

http://www.evene.fr/livres/livre/eva-kristina-mindszenti-les-inattendus-24292.php

Lazlo et Ina lors de notre première rencontre: Lazlo heureux et songeur, Ina rayonnante et effacée derrière son Amour de mari.

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28 septembre 2007 - Aucun commentaire
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