Dali Sens ! 1°.
(En raison de problèmes de connections, je n’ai pu, envoyer hier ma page.)
Dali
Sens
La licence de Dali en matière de dérèglement
moral et de dénonciations répétées et contradictoires dans le domaine des
différents courants artistiques, ses sinuosités idéologiques , « sa
vie étrange » m’a très jeune interpellé. Je me souviens de ses apparitions
époustouflantes, extravagantes, déconcertantes, ( arrivée en Rolls noire
remplie de choux-fleurs, apparition en habit d’homme grenouille, j’en passe et
des meilleurs) ,de ses déclarations alambiquées m’ont fait moi, l’adolescent, me
poser des questions sur l’équilibre de ce personnage, devenu bouffon, recherché
des médias et notamment de la télévision de l’époque. Comment un adulte pouvait
avoir un comportement aussi puéril, de potache lourd et se croyant comique ?
(Depuis je me suis aperçu que beaucoup d’adultes même dans le domaine
politique, redeviennent des enfants avec
des prestations futiles et niaises , des chamailleries de cour d’école et me
suis interrogé sur la véracité de ces actions : sont-elles fabriquées
inconsciemment par la trop grande lumière de la scène qui enivre, sont-elles
voulues pour paraître et être remarqué plutôt, qu’être simplement et agir sans
se préoccuper du regard des autres, ou bien est-ce un dérèglement de l’esprit bien réel ? Je
m’étais interrogé aussi à l’époque sur les déclarations agressives, le côté
anar et les contradictions de sa vie (origine plutôt bourgeoise à Monaco, puis devenu châtelain,)d’un Léo Ferré. Mais depuis je me suis
intéressé à son cas et ai compris ses refus des autres . Je vous narrerai
ma rencontre avec lui qui fut extra
ordinaire !
Pour en revenir à Dali, j’ai bien sûr lu les
échos indiscrets de sa vie, la bio
officielle, la semi officielle, certains de ses écrits. Et surtout j’en ai
parlé avec mon Ami psychiatre et son épouse psy aussi (psychologue puis
psychanalyste). « Ah Dali c’est un trésor pour notre profession :
c’est le type même « du violé intellectuellement » dans son enfance,
en niant son existence ; mais aussi , déséquilibre né entre un père plus que sévère,
des copains de classe horriblement ironiques à son égard et les amours trop
grandes de sa mère et de sa sœur au cours de son enfance : oui son
enfance explique en grande partie ses dérèglements violents ou progressifs et
son cheminement vers la construction d’un personnage à tout prix provocateur,
contradicteur, colérique, orgueilleux, rêveur à l’excès pour fuir sa réalité,
pour essayer d’exister. Surtout sur le plan sexuel il ne savait plus se
situer : sa sensibilité extrême et sa violence sous jacente se
contredisaient. Petit il se croyait une fille, puis un peu plus grand, ne savait
plus si c’étaient les filles ou les garçons qui l’intéressaient . Aussi son
désordre psychique sur le plan sexuel l’a poussé vers le voyeurisme ( vis à vis des
servantes, vis à vis même de sa jeune sœur), vers l’exhibitionnisme ( le matin il
aimait bien choquer ceux ou celles qui venaient le réveiller en se présentant à
eux, nu et en exhibant ses attributs de
garçon). Son désordre sexuel se traduisait aussi par la recherche du plaisir dans l’onanisme plus que répété.Il en
devint un paranoïaque pervers à la limite parfois de la schizophrénie,
avec un besoin constant de s’opposer par tous les moyens aux autres. Bouffées
délirantes à tendances déstructurantes, crises de nerfs se traduisant par une
animosité extrême, une instabilité déconcertante, un besoin de manipuler autrui
de façon perverse ou des accès de fou-rire sans fin, convictions délirantes avec refus de
la réalité. Ainsi il « s’éparpillait » dans ses choix ou ses actions..
Heureusement ce provocateur type avait gardé son vernis bourgeois avec des
restes de bonne manière ce qui l’a fait catalogué chez les dandys. De plus il a
eu la chance de rencontre Gala qui l’a rééquilibré sur un certain plan. Et c’est
indéniable il possédait un réel talent de dessinateur et de peintre” . Car
il ne faut pas oublier que dès l’age de
11 ans, il peignait avec déjà un certain talent. Car si Dali fut un bateau fou
errant d’un côté et de l’autre sur la mer de sa vie, il possédait un gouvernail à toute épreuve, son
intelligence, et une boussole fidèle et sûre : son instinct, sorte de côté
animal.
Dali est donc né en 1904. Voilà un extrait de
son journal : »Dans la ville de Figueras, à la onzième heure du treizième jour du moi de mai 1904, devant
M.Miguel Comas Quintana, juge municipal
et lettré de cette ville,, et son secrétaire Francisco Sala y Sabria, a
comparu Don Salvador Dali y Cusi,natif de Cdaques, province de Gérone, âgé de
quarante et un ans, marié, notaire domicilié en cette ville rue de Monturiol n°
20, afin que l’on inscrivit sur le registre de l’état civil, la naissance d’un
enfant. A cet effet il a déclaré : Ledit enfant est né 20 rue Monturiol, à
huit heures quarante cinq minutes, le onze du mois de l’année en cours. On lui
donnera les prénoms de Salvador, Felipe et Jacinto. Il est le fils légitime de
son épouse doña Felipa Dome Domenech, âgée de trente ans, native de Barcelone
et domiciliée également, 20 rue Monturiol » En fait si le Père de Dali le
pénomme Salvador, c’est en quelque sorte pour faire revivre u frère, mort, une
année plus tôt , jour pour jour, à l’âge de 3 ans, officiellement d’une
maladie. Mais il semblerait, d’après la rumeur d’alors, que le Père hyper
sévère serait en fait à l’origine de ce décs : violence, accident ?
Aussi le Père pour déculpabiliser, a voulu avec saon épouse faire revivre, en
ce nouveau né, l’enfant défunt. D’où son prénom, le port des vêtements du
disparu jusqu’à 3 ans, utilisation des mêmes objets (timbale, couverts,
jouets) : une sorte de volonté manifeste de réincarner le disparu en ce nouveau fils et ainsi en ne lui
reconnaissant pas une existence réelle, une personnalité propre. Secret de
famille pesant. Quand Salvador a appris bien jeune, cette sorte de substitution ;
il en a tellement été choqué, qu’il en
perd la notion d’exister, si ce n’est à travers un frère inconnu.
Dali Bébé :
D’où ses
problèmes de personnalité, son besoin inconscient d’exister par tous les
moyens : d’où ses provocations répétées pour affirmer son Moi, système
d’attaque qui en fait est un système de
défense qui révèle son désarroi profond.
Car si rassuré dans le milieu familial, il était frondeur, farceur, à
l’extérieur, il devenait timide, mystérieux. Aussi pour mieux exister, il
décida très jeune, d’être à tous prix différent des autres, être unique, pour
exister vraiment et tout faire pour que les autres s’intéressent à lui. Il
écrivit : « Une thèse de psychanalyse m’a révélé le drame qui se
trouve à la base de ma structure tragique ; Il s’agissait de la présence
inéluctable, au fond de loi, de mon frère mort, que mes parents avaient
tellement adoré qu’à ma naissance, le même prénom Salvador. Le choc a été
violent comme celui d’une révélation ».
Les parents vont tout faire en le traînant
chez des psys de l’époque pour vérifier
son équilibre, son intelligence. Car le Père voulait que cet enfant
soit au dessus de la moyenne.
Se disant libéral, au lieu de le mettre dans une école privée, il le mettra à l’école communale, en maternelle, dès l’âge de 4 ans, avec les enfants du peuple. En 1908 donc, année où naît sa jeune sœur Anna Maria.
Mais très rapidement les autres élèves vont repérer ce fils de bourgeois
trop bien habillé, et vont s’acharner sur lui, d’autant que ce nouveau paraît
faible, efféminé : railleries, farces de mauvais goût (comme arriver par
derrière et lui mettre dans sa chemise des sauterelles. Dali, alors terrorisé,
hurlait et faisait de grands bonds sous l’hilarité générale) se succèdent et font souffrir intérieurement le jeune Salvador.
Bien sûr, malgré le maître de qualité,,Estéban Trayter, Dali ne travaille pas ; il regarde souvent une reproduction de « L’angélus » de Millet qui se trouve dans la classe ou par la fenêtre les cyprès qui le font rêver de fuite.




