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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Des Mots et des Maux
Poèmes, Souvenirs de rencontres de personnages connus,Réactions d’Humeur,Musique, Peinture,Images de ma vie,Photos,Littérature,Autographes.

Mon Bugg avec mon Ministre.

Mon Bugg avec mon Ministre.

Alors que j’étais Directeur d’Ecole, j’étais en grève administrative. Cette grève consistait à certes faire l’important travail administratif (et croyais moi que à ce poste on se rend compte de toute la paperasse nécessaire à la marche d’une école de 150 à 185 élèves !), mais à l’archiver et à ne surtout pas le transmettre à ses supérieurs : l’Inspection Primaire, l’Inspection Académique ou au Rectorat. Si personnellement j’envoyais mes prévisions d’effectif pour la rentrée suivante ( après une étude que je faisais auprès des services de la Mairie, des Offices de H.L.M, des Agents Immobiliers, etc..Même si au départ mes prévisions paraissaient un peu larges, = 95% elles ses révélaient justes ver le mois d’Octobre et parfois bien avant. En effet avec la vie nouvelle et ses aléas : mises au chômage, divorces, beaucoup d’enfants venus d’autres régions étaient inscrits), pour ne pas avoir de suppression de postes, le jour de la Rentrée je n’envoyais pas  à l’Inspection, comme j’aurais du le faire, le nombre de présents. Cela gênait énormément l’Education Nationale., Alors le jour de la Rentrée, l’Inspecteur Primaire ou ses Conseillers, venaient dans les Ecoles, pour contourner ce problème, compter dans chaque classe les élèves présents : Le rôle de directeur était très lourd avec en plus de ce travail de bureau, les différentes réunions ; les entretiens avec les Parents, les Assistantes sociales, les Psy, les Intervenants extérieurs, les Dames de Service, les Services de la Mairie ajoutés à la mise en place et l’Organisation des Conseils de Maîtres, de Cycles, d’Ecole, et bien sûr leurs comptes rendus écrits ! etc.. etc..Moi j’avais 6H en tout de décharge de classe  (une matinée et un après-midi pour accomplir ce travail mais certains directeurs n’avaient que 3 heures et d’autres d’Ecoles à classe unique n’avaient même pas 1H.).Ce surcroit de travail ne donnait droit qu’à une prime ridicule. Certains petits Collèges qui avaient aussi peu d’élèves que certaines Ecoles primaires étaient mieux lotis puisqu’un Principal était totalement déchargé de cours, avait qui plus est un secrétariat, une surveillance générale pour la discipline et une Intendance pour régler les problèmes de repas ! Un seul Ministre avait voulu donner un statut plus décent aux Directeurs d’Ecoles primaires ! René  Monory. Malheureusement il était de droite et les Syndicats auxquels s’étaient joint une Association de Parents d’Elèves ( la Fédération Cornec) firent une levée de boucliers  car notamment les directeurs pouvaient choisir les collègues avec qui travailler pour avoir une unité dans les méthodes pédagogiques. Donc ce furent les Instituteurs qui virent cela d’un mauvais œil. Certains Syndicats allèrent jusqu’à barrer les routes pour protester et distribuer des tracts.. Moi qui en bavais depuis 18 ans à faire des remplacements aux quatre coins du Départements, sans même des frais de déplacement payés, je m’inscrivis à ce Concours de Maître Directeur. Je trouvais qu’en dehors de toute polémique partisane, il y avait de sacrées avancées dans ce projet.  Quand je le passais, nous étions très nombreux, mais  je fus extrêmement surpris de voir tous ceux qui avaient protesté avec notamment des Représentants syndicaux de secteur à l’examen. Je fus reçu et fis le stage d’un mois avec les trois quarts de ces gens qui avaient hurlé, distribué des tracts aux automobilistes. J’obtins enfin un poste de Directeur. Mais la gauche revenue au pouvoir 1 an après,  avec L.Jospin au Ministère, annula ce décret et je me retrouvais simple directeur avec tous les avantages liés au Statut de Maître-Directeur envolés ! Même les anciens protestataires devenus Maîtres Directeurs regrettaient certains avantages : plus d’heures de décharge, salaire plus élevé, etc…

Donc en 94 notre grève était à son pic. Je proposais à certains chefs syndicaux d’écrire une lettre rappelant toutes nos revendications et de la remettre en mains propres à notre ministre que j’allais pouvoir rencontrer !

Ils prirent la chose avec le sourire et me dirent que je ne serai pas capable de lui remettre.

Or c’était lui qui devait en cette année 1994, présider la Remise des Prix du Jasmin d’Argent, un prix de poésie française et  occitane important qui existe depuis 1923. Parmi les noms connus du monde des Lettres, des Arts ou de la Politique on note entre autres les noms de : Marcel Prévost, Anna de Noaïlles, Georges Lecomte,Roland Dorgelès, Pierre Benoit, Louis Barthou, André Maurois,Fernandr Gregh, Gaston Monerville, Jacques Chastenet, André Chamson,Francis Didelot, Gabriel Delaunay, Prince De Btroglie, Baron Philippe de Montesquieu, Lucette Michaux-Chevry,etc.. Personnellement j’ai reçu 2 fois la médaille d’Argent : une fois elle me fut remise par Jean Sorel et la deuxième fois par Gonzague Saint-Bris avec qui j’avais sympathisé et avec qui j’ai conservé quelques liens.

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Donc chaque année, je suis invité à cette cérémonie et ai même droit à rencontrer les différentes personnalités venues présider cette Remise des Prix, en coulisse. Cette année ce fut Dominique de Villepin que j’avais déjà rencontré à Brive : un homme certes un peu distant mais charmant et très cultivé notamment en matière de poésie.

En 94 j’avais donc écrit ma lettre avec soin en exposant toutes nos doléances. Je l’avais montré à quelques collègues et deux ou trois syndicalistes qui m’avaient dit « Oui tu résumes bien nos problèmes et nos doléances mais tu rêves. Jamais tu ne pourras lui remettre ! ». Il ne savaient à quel point j’étais têtu !

Ce ministre était François Bayrou !

 

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Le jour dit j’étais dans la salle . Il fit un discours, je dois le reconnaître assez brillant. Mais je le trouvais un peu imbu de sa personne. Avant la fin de la cérémonie, je filais à l’arrière du Théâtre d’Agen, dans les coulisses et notamment dans la pièce où on allait lui remettre des pruneaux.

Il arriva. J’allais vers lui. Un membre du Jury me présenta. Il fut assez chaleureux et je lui parlais de Francis Jammes et de P-J Toulet, poètes de sa région. Le courant passait. J’attaquais alors :

-Est-ce que vous savez quelle est ma profession ?

- Ah non ! Et pourquoi me posez-vous cette question ?Peut-être Enseignant.

- Exactement. Mais en plus j’ai un rôle pas très reconnu par votre Ministère.

-Ah et quel est ce rôle ? dit-il avec le sourire.

- Et bien je suis directeur d’Ecole et en ce moment je suis comme 90% de mes collègues en grève administrative !

-  Ah oui ! Drôle de grève où vous continuez à recevoir entièrement votre salaire ! C’est un peu fort de café. Et je suppose que vous allez m’exposer vos problèmes.

- Et bien oui, puisque vous ne venez pas à nous je viens à vous ! Mais nous effectuons quand même notre travail administratif et nous l’archivons. Vous dites que c’est un peu fort de café, par contre avec votre Ministère, il n’y a pas de retour de bonté !

Il comprit mon jeu de mots ironique.

- Au moins, je vois que vous ne manquez pas d’humour !Et quel Syndicat représentez-vous ?

-Je représente les Directeurs ; peut importe qu’ils soient syndiqués à tel ou tel syndicat ou qu’ils ne soient pas syndiqués. Pour tous, le problème de surcharge de travail et avec en plus toutes les responsabilités qu’ils ont sur tous les plans, pour une prime indécente, est bien réel. Donc je vous ai tout consigné sur cette lettre que je vous remets en mains propres.

Il eut un grand sourire.

-C’est bien, je vois que vous tenez à cœur votre mission. Donnez- là à mon Secrétaire.

-Ah non surtout pas, vous ne la lirez même pas.

-Je vous le promets.

Alors je sortis la lettre de l’enveloppe :

- Voilà si vous permettez je vais vous la lire, elle n’est pas très longue !

- Mais vous savez je suis votre Ministre et je sais à l’avance ce qu’elle contient.

- Ecoutez, vous voyez il y a la Presse et vous allez avoir la chance d’entendre les doléances de la bouche d’un directeur. Vous boirez ces mots à leur source ! Vous ne voulez pas que je la déchire devant tous ces gens !

Je vis les gens de l’association un peu gênés.

-Alors vous, vous êtes ce qu’on appelle un « tignousse » ! s’écria-t-il, en souriant! (Intérieurement il devait se dire ” Mais qu’est-ce que c’est que ce pingouin??”) Alors lisez puisque cela a l’air de vous faire plaisir !

- Ah non je suis plutôt triste de devoir vous rappeler nos conditions. Mais j’adore votre mot.

-Ah bon ! Quel mot ?

- Tignousse ! Vous dites vrai.

Il prit un air sympathique.

Et je commençais à lire la lettre. Au bout de cinq minutes il s’écria.

- Vous voyez vous me dites exactement ce que j’attendais.

- Oui et que comptez-vous faire pour améliorer nos conditions de travail, car en plus nous avons  la charge de plus de 20 élèves ? Certains en ont même 30 !

- Et bien nous travaillons là-dessus. Mais vous savez, il ne suffit pas de vouloir pour faire.

- Bon je ne veux pas vous importuner davantage. Prenez cette lettre et surtout promettez moi de la lire et d’essayer de trouver des solutions !

Il sourit.

-Bon je  vais essayer de penser à votre détermination.

Et il me dit au revoir,  et partit avec la lettre à la main.

Les réformes du rôle de Directeur ne furent pas vraiment visibles ( c’est plus qu’un euphémisme!) même avec les ministres qui suivirent.

Pour la petite histoire j’étais rentré dans l’Enseignement sous le ministère d’Alain Peyrefitte en tant que pion et en tant qu’instituteur sous Olivier Guichard. J’ai pris ma retraite sous Luc Ferry ! Parmi les ministres les plus « cool » qui ont su surfer sur les mécontentements des Enseignants sans faire de grandes réformes mais en parlant beaucoup : Jack Lang et François Bayrou.

Actuellement les Syndicats aimeraient qu’un nouveau statut soit rediscuté et un syndicat important écrit aujourd’hui dans son billet : 

« Il y a quelques années, l’opposition des enseignants au statut de “ maître-directeur “ ouvrait des perspectives, hélas, trop vite refermées. Pourtant, ce protocole semble constituer une étape nouvelle vers ce statut, tant décrié. »

Je peux vous dire honnêtement que je ne sais en aucune façon où en est le rôle de directeur aujourd’hui. J’ai pris ma retraite alors que je n’avais pas toutes les annuités ce qui m’a fait avoir une retraite amoindrie (les dernières années de cotisation comptant le plus). Une fois à la retraite j’avais tourné la page !Sans doute un ras le bol arrivé à son terme !

Trac et Poésie.

Vous savez quand l’équipage d’un avion place son appareil en position de décollage sur un point donné et fait avant d’effectuer la manœuvre, toutes les vérifications nécessaires, il se trouve alors dans un état d’incertitude, presque d’angoisse, et puis soudain , le métier, les choses apprises, l’expérience reviennent. Presque mécaniquement la liste des contrôles est déclinée dans la tête du pilote. Les gestes alors sûrs, réfléchis sont opérés.

 Et bien je me trouve moi aussi dans cet avant phase de décollage à la fois enivrante et apeurante. Je n’ai plus envie de raconter des souvenirs de rencontres anciennes ou récentes sur mon blog. Car pour moi mon écriture sur cet écran blanc doit être un jaillissement sincère sorti de ma mémoire fidèle, sans construction préalable, sans à priori d’intérêt. Et écrire sous une sorte de parésie sous jacente de mon esprit, de sténose partielle du débit de l’écoulement de mes mots m’est impossible.

En effet je connais actuellement une sorte de trac de comédien, de diseur. Cette anxiété inconsciente et légère qui vous prend avant une prise de parole en public. C’est Sarah Bernhart qui disait que le trac est le compagnon du talent.

Je ne sais si j’ai du talent mais cet après-midi à 15H je dois faire une Conférence, à Agen,  devant un public. Et le respect que j’ai de ces gens qui seront venus m’écouter, l’envie inconsciente de faire passer mes émotions, la peur d’un incident technique toujours possible me tient dans un état étrange. Pourtant je sais que dès que j’aurai pris la parole, le voyage commencera.

Aussi je me contenterai de vous envoyer seulement un poème né de mes rêves récents en guise d’offrande et une rose d’automne qui somnole dans mon jardin à l’abandon.


Images.

.

Oh images lointaines

Nimbées de soleil et de vent,

Mes mystérieuses navigantes,

Mes traversières de saisons,

Mes visiteuses de la nuit,

Les yeux fermés, que votre lueur soit

Dans la source de mon âme

Et fasse naître dans le creux du soir

L’ombre bleue de l’enfance !

Je vous regarde, fasciné

Mes venantes de si loin !

Allez, je vous reconnais

Malgré les années passées lentement.

Je vous en prie, ne partez pas si rapidement !

A La courbure de ma vie,

Amarrez-vous, ne serait-ce qu’un instant,

Dans la rade blonde de mon rêve,

Et laissez décharger vos cargaisons de souvenirs,

Que j’entasserai

Grain à grain,

Avec mes doigts tremblants

Au grenier bleu de ma mémoire.

 

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22 octobre 2008 - 6 commentaires
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Chanson:Êtes-vous “Douai”. Vidéos.

Etrange période du début des années 80.Je venais de divorcer et chantais dans une chorale de plus de 100 participants. Je faisais partie des basses. Chez les alti, il y avait mon ex-femme. Après les répétitions nous étions un petit groupe dont elle faisait partie à aller prendre comme un rituel un bon chocolat chaud. C’était à la fois agréable et triste de la voir avec sa beauté, sa blondeur, rire, deviser comme si de rien n’était. Pourtant je savais que pour elle autant que pour moi ce naufrage avait été éprouvant… Il y avait plus de 20 ans que je l’avais connue et séduite. Puis la vie nous avait séparés. Quelques éclaircies, malgré une autre vie pour chacun. Puis à nouveau des retrouvailles, une vie commune avec son petit garçon. Puis l’ex, jaloux sans doute qu’elle soir revenue à son point de départ, qui a tout fait tout pour que notre union capote. Travail de sape long , « achat  d’avocat, de Président de tribunal »( mais oui mais c’était en Afrique… quoique que dans certains pays occidentaux…) et puis une épée de Damoclès au dessus d’elle : le risque de perte de son fils. Alors après des années, cette œuvre de démolition est arrivée à son but et  notre construction s’est écroulée doucement, sans bruit. Heureusement je m’étais lancé en plus de mon métier dans l’animation du Club Littéraire dont je vous ai parlé. Je faisais donc venir des conférenciers, des spectacles, des chanteurs autour de la poésie.

 Un avec qui je fus pendant trois jours a su, vu son expérience me remonter le moral : Pierre SEGHERS avec qui je suis resté ami jusqu’à sa mort. Je devais aller faire une conférence à la Maison de la Poésie à Paris, je devais écrire un livre sur Sabine Sicaud qu’il aurait édité et qui aurait été présenté pour cette conférence.. Bien qu’ayant abandonné sa Maison d’Editions avec sa célèbre collection « Poètes d’aujourd’hui », il éditait parfois par plaisir, des livres qui lui tenaient à cœur. Problème d’ayant droit, son emploi du temps chargé, le temps a passé et il est parti.

Une autre venue dont m’a particulièrement touché : celle de Pia Colombo (je vous ai parlé d’elle : cf mes archives.)

Mais avant j’avais décidé de faire venir un chanteur qui n’était pas du tout commercial, qui ne faisait pas de bruit et qui me plaisait bien : Jacques DOUAI, ce surprenant troubadour du 20° siècle.]

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http://www.youtube.com/watch?v=0R9GHsCda_U

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Le soir  de son tour de chant arriva. Or dans notre chorale dirigée par M-T.D , il y avait au programme un de ses succès ; « File la laine ».


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Par amitié pour moi, celle qui me dirigeait et tous les choristes me proposèrent de venir chanter ce soir là cette chanson pour en faire la surprise et faire plaisir à Jacques DOUAI .

Je l’avais averti qu’il y aurait une sorte de cadeaux d’amitié à la fin de son spectacle. Après l’entracte, les choristes qui avaient revêtu leur tenue, s’engouffrèrent dans les coulisses. A la fin du spectacle, je fis mettre Jacques DOUAI sur le côté et l’avertis ainsi que les nombreux spectateurs qu’une surprise était imminente. Les choristes entrèrent par les deux côtés et se rangèrent. Je les rejoignis. La chef de chœur entra à son tour, se plaça et nous lança dans la chanson. Ce moment est un peu flou dans ma tête mais je sais qu’un grand sourire éclaira le visage de Jacques DOUAI et qu’il se joignit à nous ! Et chose extraordinaire, le public qui chanta avec nous le refrain… Les paroles résonnaient tellement en moi sur ce temps qui avait filé, sur ce feu aux flammes éteintes qui couvait encore sous la cendre…Etrange mystère d’une chanson qui semble sans prétention mais qui par mystère, par magie, s’installe sans vous demander la permissions dans votre mémoire.


Dans la chanson de nos pères
Monsieur de Malbrough est mort
Si c’était un pauvre hère
On n’en dirait rien encore
Mais la dame à sa fenêtre
Pleurant sur son triste sort
Dans mille ans, deux mille peut-être
Se désolera encore.

File la laine, filent les jours
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour.

Hennins aux rubans de soie
Chansons bleues des troubadours
Regrets des festins de joie
Ou fleurs du jolie tambour
Dans la grande cheminée
S’éteint le feu du bonheur
Car la dame abandonnée
Ne retrouvera son cœur.

File la laine, filent les jours
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour.

Croisés des grandes batailles
Sachez vos lances manier
Ajustez cottes de mailles
Armures et boucliers
Si l’ennemi vous assaille
Gardez-vous de trépasser
Car derrière vos murailles
On attend sans se lasser.

File la laine, filent les jours
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
.

 

Quelques critiques sur Jacques DOUAI

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Folie “Sainte” ?

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SEMAINE SAINTE

 

 

0 toi, Ami de France

 

Resté là-bas

 

Dans la quiétude tendre

 

De ta vie provinciale

 

Parfois si monotone,

 

Je t’écris d’ici,

 

De cette terre bénie des dieux.

 

Toi qui connais cette terre d’Andalousie,

 

Terre de Babel

 

Où tant de peuples meurtris,

 

Où tant d’arrivées triomphantes,

 

0nt édifié au fil du temps

 

Sous la sueur et le sang

 

Châteaux et Villes,

 

Somnolents

 

Sous le soleil blond

 

Aux touffeurs d’Orient.

 

Toi qui aimes Séville la tranquille,

 

Séville la calme,

 

Séville la touriste,

 

Bercée par le pas riant

 

De chevaux cordouans ;

 

Par la musique surannée

 

Des calèches sonnantes.

 

Toi qui apprécies

 

Séville l’estivale

 

Où des moineaux bavards

 

Piaillent dans le Parc Maria Luisa

 

Quand le matin renaît.

 

Toi qui reviens souvent l’été

 

Dans cette Séville presque océane,

 

Dormant parfois

 

Sous la chaleur de Juillet,

 

Je sais pourtant

 

Que tu ne connais point Séville l’ensorcelante,

 

Où notre âme vagabonde,

 

Où notre âme enfin s’envole,

 

Pour oublier ce temps présent

 

Qui fait parfois mal

 

A force de nous échouer

 

Sur des chemins oubliés

 

De la vie !

 

Tu ne connais point Séville la folle,

 

La pieuse, la contemplative,

 

Celle qui prie, chante et rit,

 

Celle de la Semaine Sainte !

 

Je suis dans ce fleuve humain,

 

Perdu, balloté

 

Entraîné par ce courant surréaliste !

 

Je ne sais plus,

 

Je ne peux plus lutter !

 

Je me laisse emmener,

 

Ivre de folie et de bruit,

 

Je me laisse emporter

 

Par ces vagues de démence mille fois recommencées.

 

Je ne peux plus résister

 

Mon coeur bat plus fort

 

Au rythme fou de la rumeur grandissante.

 

Oh vertige inconnu

 

Qui me fait vaciller

 

Qui es-tu?

 

Etais-tu caché aux entrailles chaudes

 

De mon corps

 

Que je ne sens plus.

 

Symbole oublié de la vie

 

Vertige que je ne savais plus

 

Tu montes doucement.

 

Lancinant.

 

Je ne suis plus moi

 

Je ne suis plus rien

 

Je ne suis plus que cette chose pensante

 

Qui se laisse aller.

 

Pourtant un frémissement indicible

 

D’une peur venue d’ailleurs,

 

L’espace d’un instant

 

Me saisit.

 

Mais je l’oublie bien vite.

 

Je suis enfin bien

 

Je reste là.

 

Je ne bouge plus

 

Sous un pont de pierre sculptée,

 

Et je regarde ce flot s’écouler

 

Ce flot mille fois recommencé

 

Ce flot de joie

 

Ce flot de bruit

 

Ce flot de cris

 

Ce flot de ferveur

 

Ce flot de folie

 

Ce flot de peur

 

Se retire lentement d’ici

 

Avec un grondement sourd

 

Mais renaît encore plus violent

 

Encore plus grand

 

Là-bas

 

Où se balancent doucement

 

Les vaisseaux fantômes

 

Aux falots éclairants

 

De pasos dorés

 

Qui lentement

 

S’en vont se perdre

 

Dans la nuit

 

Aux senteurs de sueurs et d’encens.

 

Oui mon Ami,

 

Tu ne sais pas encore

 

La marée déferlante

 

Du Vendredi Saint !

 

Tu ne sais pas Séville,

 

Archipel devenu

 

Au cap ultime de la raison !

ANDALOUSIE - Pâques 17.4.87. Puerto de Santa Maria. Ecrit spontanément après une Nuit Blanche sans idées noires!

Charles

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Fantomatique…

 

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Enfin sur le fond vert d’une porte,l’apparition d’une Sévillane, flamme de chair dans la nuit magique ! Songe ou réalité dans cette Nuit de cris, de sangria, de profane et de sacré ?

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22 février 2008 - 1 commentaire
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Lac Atitlan, poème

Je suis seul sur mon lit

Les autres sont partis sur le lac.

Je suis malade, j’ai mal,

Ce mal sournois qui frappe les touristes fragiles.

J’ai les boyaux qui se tordent horriblement,

Mais ce mal intense

Je ne le sens plus

Car j’ai un mal plus grand encore ! J’ai le mal de toi.

Je crève de ne point te voir.

Je me torture l’esprit et je tremble

Non de fièvre, mais je tremble pour toi.

Des oiseaux tropicaux sifflent près de là

Un air de radio nostalgique s’égrène dans le lointain.

J’ai envie de crier ton nom

Mais tu ne l’entendrais pas.

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Lac Atitlan. Guatemala 87

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28 août 2007 - Aucun commentaire
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