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Des Mots et des Maux
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Oui! C’était PIAF ! V

Rencontre Parisienne N°3

Avec mon envie de visiter Paris, et en tant que passionné d’autographes, mon espoir de rencontrer des gens connus, avec ma carte Sésame en poche, je sillonnais Paris dans tous les sens. Ce jour là, j’étais allé à dessein vers le Boulevard Lannes, du côté de Passy, où je savais qu’habitait une des plus grandes chanteuses françaises qui triomphait alors avec « Mylord » de G.Moustaki et « Non je ne regrette rien » de Charles Dumont. Elle devait malgré ses récents problèmes de santé faire deux fois l’Olympia en 61 et 62 avant de chanter devant un parterre de personnalités internationales, du haut de la Tour Eiffel. Elle devait mourir le 10 Octobre 63, officiellement le même jour que Jean Cocteau. En fait elle était morte, le 9, la veille sur la Côte d’Azur, du côté de Grasse et Cocteau en apprenant le lendemain, la nouvelle, eut un malaise et mourut. C’est pour elle et Paul Meurisse qu’il avait écrit la pièce « Le Bel Indifférent »

Mais revenons à ce fameux jour de 61, sans doute que je ne savais pas qu’une chance insensée était avec moi. Ca faisait plusieurs fois que j’étais passé, parti, revenu, quand, comme dans un rêve, je la vis descendre d’une voiture. Je fus complètement fasciné par l’apparition de cette petite bonne femme, qui semblait si fragile et qui pourtant semblait dégager une sorte de force indicible de par son allure volontaire et sa voix puissantre: étrange paradoxe qui m’a impressionné! Elle était entourée de trois hommes qui semblaient prêts à accomplir le moindre de ses désirs (le jeune grand brun devait être Théo. C’est au début de l’été 61, un mois peut-être avant, qu’elle avait rencontré cet homme qui fut le dernier homme de sa vie, Théophanis Lamboukas, qu’elle baptisa du nom de Sarapo,( traduction de “je t’aime” en grec, langue maternelle du jeune homme). J’étais tellement émue de la voir à cinquante centimètres de moi que je ne me souviens même plus du type de la voiture, ni du boulevard, ni de l’immeuble ! Je n’avais encore qu’un petit carnet mais sans stylo : malgré cet handicap je n’hésitais pas une seconde et m’adressais à elle en lui demandant gentiment de me signer mon papier. Elle me regarda avec ses grands yeux assez fascinants ; malgré son physique et sa fragilité inquiétante, il se dégageait de ce petit bout de femme une présence, un pouvoir extraordinaire « Et bien c’est si poliment et si agréablement demandé que je vais te signer une photo. » Elle sortit d’une espèce de vieux sac à main noir sa photo et à ma grande surprise elle en tira son tube de rouge à lèvres. Comme si tout était réglé d’avance, un homme lui tourna le dos et se pencha en avant ; un autre plaça une sorte de grand cahier, et elle signa la photo avec son rouge à lèvres. « Tiens voilà mon jeune. Dis-donc, t’as pas l’air de Paname toi quand tu parles ! » Et elle se mit à rire ! Je la remerciais avec véhémence. « Bon tu es content, c’est le principal ! » Et tous s‘engouffrèrent par une grande porte dans un immeuble. Bien sûr, vous avez compris que j’avais rencontré par hasard Edith PIAF!

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29 août 2007 - Aucun commentaire
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